‹ Les tapageurs: comédieChapitre 35 sur 144 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

CARDONAT, OLGA, JORDANE, LE DOCTEUR.

JORDANE, allant à Olga.

Vous partez déjà, madame?

OLGA

Non, j'ai demandé à M. Cardonat de me montrer tous les objets d'art qui ornent vos salons. Je suis curieuse comme toutes les étrangères.

JORDANE.

Permettez-moi de vous en faire les honneurs. J'ai là quelques bibelots assez curieux. La mode a été un moment aux bibelots. Voilà un sablier qui a appartenu à

Marguerite de Valois. (Pendant que le docteur et Gardonat sortent.)

Que d'heures charmantes a dû mesurer ce petit objet-là! — Serez-vous jeudi à l'ambassade d'Autriche?

OLGA

Grâce à vos bons soins, je serai partout. Mon existence n'est plus qu'une longue fête, et je suis tout affolée de plaisirs.

LE DOCTEUR, sortant avec Gardonat.

Vous me parliez de votre société nouvelle.

GARDONAT.

Oui, nous avons été interrompus; voulez- vous faire fortune?

LE DOCTEUR

Oui. — (a part.) Puisqu'il n'y a plus de remède...

JORDANE, À Olga.

Voyez cette merveille, une lampe japonaise. Elle doit éclairer très peu le demi -jour des soirées heureuses. — Vous rendez-vous bien compte de votre succès? Comprenez-vous bien votre triomphe?

OLGA

Je ne le sens jamais mieux que lorsque je suis près de vous. J'ai eu de cruelles déceptions en arrivant en France. M. Gardonat, qui était un personnage dans nos provinces, ne comptait plus à Paris. Je sentais le vide... vous allez mal me juger. ^

JORDANE.

Pourquoi? On ne peut se soustraire à sa destinée : la vôtre est de régner.

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