‹ Les tapageurs: comédieChapitre 36 sur 144 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OLGA

Je suis une ingrate, oar M. Cardonat m'adore.

JORDANE.

Qui ne vous adorerait?

OLGA

Je vous suis si reconnaissante de ce que vous faites pour lui...

JORDANE.

Pour vous !

OLGA

Votre amitié le grandit à mes yeux et je commence à être fière de Timportance qu'il prend et qu'il vous doit. Vous allez encore me croire vaniteuse? Non, c'est un autre sentiment indéfini et que je ne m'explique pas.

JORDANE.

Un sentiment tout féminin. Votre charme le plus grand, c'est qu'en vous tout est femme, jusqu'à la moindre de vos pensées. C'est adorable. Je vous ai dit que je vous montrerais tout ce que Paris a de vraiment curieux. Je veux que vous assistiez demain, sous le masque, à une redoute. Elle n'aura pas la haute saveur parisienne de celles que nous avons eues cet hiver. Elle est donnée par un étranger, le prince Orbeliani.

OLGA, vivement.

Le prince Orbeliani ?

JORDANE.

Vous le connaissez?

OLGA

Non.

JORDANE.

C'est un Géorgien, élevé en France, et qui a tout à fait nos mœurs, sauf qu'il ne peut rester plus de dix minutes sans fumer: 11 aura un grand effort à faire demain. J'aurai une invitation pour M. Cardonat, qui tient à s'y montrer ; vous irez de votre côté.

OLGA

Non, non, je n'irai pas.

JORDANE.

Personne ne pourra vous deviner sous le masque.

OLGA

Je ne peux pas. . . je n'ose pas...

JORDANE.

A'uriez-vous une raison pour ne pas aller, même masquée, chez le prince Orbeliani?

OLGA

Aucune.

JORDANE.

Prouvez-le moi.

OLGA

Prenez garde!

Clarisse entre avec Valentîne.

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