‹ Les tapageurs: comédieChapitre 39 sur 144 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

portable et très compromettant, mais c'est un geurçon de coeur, qui fera un excellent mari, malgré ses allures tapageuses. Mon rêve. serait de le marier avec une femme qu'il aimerait, pour qu'il donne le bon exemple à son père.

VALENTINE

Le bon exemple à son père ! . . . Voilà tout ce que vous avez trouvé. Tenez, je vous admire. (Elle s'assied.) Vous êtes Fange de la résignation.

CLARISSE

Oh! il y a bien quelques révoltes... Mais vous savez comment je me suis mariée. J'étais orpheline, mon tuteur était ministre; j'allais souvent à la Chambre, j'y entendais M. de Jordane. Je me suis enthousiasmée de son talent d'abord, puis de son caractère, puis de sa personne ; et je lui ai à peu près fait ofifrir ma main.

VALENTINE

Avec quelques millions dedans : il y a des orateurs qui' naissent heureux.

Je ne dois pas être trop exigeante. Je suis la femme d'un homme célèbre, ^'ai un des salons les plus recherchés de Paris. J'aurais même des adorateurs.

VALENTINE

Le prince Orbeliani.

CLARISSE

Le prince... l'éloquent Saint-Chamas... Mon mari a pour moi des' égards affectueux, un respect tendre; et je ne regarde pas comme des rivales ces beautés à la mode qu'on a l'air de nous préférer si obstinément. Elles ne nous prennent rien de ce que nos maris ont de vraiment bon dans l'esprit et dans le cœur. Si M. de

Jordane venait à aimer une femme de notre monde, je sentirais alors que je le perds ; mais il est toujours pour moi l'homme que j'admire et que j'aime.

VALENTINE

Vous l'admirez trop !

CLARISSE

J'ai besoin d'enthousiasme, moi, et je ne comprends dans la vie que les extrêmes. Je suis une mondaine effrénée, comme je serais une carmélite fervente! Et je prends la joie comme la douleur, avec passion. Mais voilà ce que je ne dis jamais à personne. (Raoul entre par la gauche.) Ëtes> vous allée chez mon tuteur?

VALENTINE

Chez M. Bridier? Oui, j'ai vu Geneviève.

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