‹ Les tapageurs: comédieChapitre 42 sur 144 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RAOUL

N'est-ce pas, mademoiselle?

BRIDIEB.

Il a toutes vos qualités, Jordane.

JORDANE.

Et tous mes défauts, ne le ménagez pas.

CLARISSE

Mais il devient à la mode, maintenant, de se battre pour un rien dans notre monde. C'est effrayant.

BRIDIER.

Effrayant, madame. Quand on nous a annoncé brutalement que Raoul se battait, j'en ai ressenti une telle émotion que j'ai fait peur à Geneviève; elle s'est presque évanouie.

TOUS

Ah!

Mon père !

Évanouie!

GENEVIÈVE

VALENTINE

BRIDIER.

Cette enfant m'adore, vous le savez.

RAOUL

Et elle a bien raison.

MADAME DESCOURTOIS, à part.

. Mais c'est une révélation, cela.

GENEVIÈVE

Je vous assure que mon père exagère beaucoup quand il parle d'évanouissement. Au contraire, j'ai voulu tout

de suite ramener ici pour le rassurer. (À Raoul à demivoix.) Vous ne nous trompez pas, au moins?

RAOUL

Pas du tout. •

GENEVIÈVE

C'est que ce monsieur donnait des détails...

RAOUL

J'ai si peu l'intention de risquer ma vie que je vous demande une valse pour après -demain.

GENEVIÈVE

La première.

RAOUL

C'est un engagement.

GENEVIÈVE

Vous savez qu'au dernier bal les bonnes langues ont prétendu que j'avais beaucoup trop dansé avec vous.

RAOUL

Et ce petit racontar vous émeut?

GENEVIÈVE

Oh! pas du tout. Les racontars ne n'émeuvent jamais. J'ai le courage de mes opinions.

RAOUL

Et quelles sont vos opinions?

Mes opinions sont que vous dansez parfaitement.

RAOUL

Elles ne sont pas compromettantes.

GENEVIÈVE

Je l'espère bien* ?

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