ACTE PREMIER
RAOUL
N'est-ce pas, mademoiselle?
BRIDIEB.
Il a toutes vos qualités, Jordane.
JORDANE.
Et tous mes défauts, ne le ménagez pas.
CLARISSE
Mais il devient à la mode, maintenant, de se battre pour un rien dans notre monde. C'est effrayant.
BRIDIER.
Effrayant, madame. Quand on nous a annoncé brutalement que Raoul se battait, j'en ai ressenti une telle émotion que j'ai fait peur à Geneviève; elle s'est presque évanouie.
TOUS
Ah!
Mon père !
Évanouie!
GENEVIÈVE
VALENTINE
BRIDIER.
Cette enfant m'adore, vous le savez.
RAOUL
Et elle a bien raison.
MADAME DESCOURTOIS, à part.
. Mais c'est une révélation, cela.
GENEVIÈVE
Je vous assure que mon père exagère beaucoup quand il parle d'évanouissement. Au contraire, j'ai voulu tout
de suite ramener ici pour le rassurer. (À Raoul à demivoix.) Vous ne nous trompez pas, au moins?
RAOUL
Pas du tout. •
GENEVIÈVE
C'est que ce monsieur donnait des détails...
RAOUL
J'ai si peu l'intention de risquer ma vie que je vous demande une valse pour après -demain.
GENEVIÈVE
La première.
RAOUL
C'est un engagement.
GENEVIÈVE
Vous savez qu'au dernier bal les bonnes langues ont prétendu que j'avais beaucoup trop dansé avec vous.
RAOUL
Et ce petit racontar vous émeut?
GENEVIÈVE
Oh! pas du tout. Les racontars ne n'émeuvent jamais. J'ai le courage de mes opinions.
RAOUL
Et quelles sont vos opinions?
Mes opinions sont que vous dansez parfaitement.
RAOUL
Elles ne sont pas compromettantes.
GENEVIÈVE
Je l'espère bien* ?