SCÈNE XVI y
RAOUL, LE DOCTEUR, JORDANE, LE PRINCE, SAINT-CHAMAS, BALISTRAC, VALAJOL,
pnis GUSTAVE.
Le prince entre avec Balistrac, Yalajol et Saint-Ghamas.
LE PRINCE
Rien d'obligatoire pour les hommes ; la fête n'est pas pour eux.
RAOUL
Toujours galant, le prince.
LE PRINCE
N'est-ce pas, mon cher?
JORDANE.
Ah! prince, on vous attendait avec impatience.
LE PRINCE
Je gagnais soixante-quinze mille francs au club ; je ne pouvais pas partir avant de les avoir reperdus.
Vous êtes un joli joueur, vous!
LE PRINCE
N'est-ce pas?
JORDANE.
Parlons de votre redoute, mais pas trop haut, il est inutile que ces dames nous entendent.
On s^assied.
LE PRINCE
Pourquoi?
J0RDA.NE, seul, debont.
Parce que ça ne les regarde pas. (Baissant la voix.) Moi, d'abord, j'ai un alibi. Je prononce un discours sur le libre-échange à trois heures, au Havre. Mais il y a un train à sept heures... Vous ne me trahirez pas?
RAOUL, soariant.
C'est un peu naïf.
JORDANE, vivement.
J'arriverai très tard. Les gens sérieux seront partis. Les journaux raconteront mon voyage, et ceux qui m'auront vu chez le prince se seront trompés.
LE PRINCE
Vous m'amusez, vous.
JORDANE.
Ce n'est pas pour madame de Jordane. Madame de Jordane est une femme supérieure qui n'apprend jamais que ce qu'elle doit savoir. Mais on dit trop que j'aime le plaisir, il est des gens qui finiraient par le croire. Quand on est encore un homme politique... n'est-cô pas, Saint-Chamas?
SAINT-CHAMAS.
11 faut se tenir.
JORDANE.
Ça n'empêche pas de s'amuser, (au prince.) Les femmes costumées et masquées?