VALENTINE, CLARISSE, AGATHE
CLARISSE, venant avec Agathe du salon à gauche.
Est-ce que Raoul deviendrait galant?
VALENTINE
Il est si étourdi!
RAOUL
Je vous ai offert d'être grave.
Je refuse.
CLARISSE
Envoyez-moi M. de Jordane et le docteur Bajol.
RAOUL
Pour les jeunes égarées? A l'instant.
Il sort au fond.
CLARISSE
Nous les oublions tout à fait, nos jeunes égarées!
Elles s'asseyent toutes trois au guéridon à droite. AGATHE.
Nous avons M. de Jordane et le docteur à conquérir.
VALENTINE
Quand tiendrons-nous notre première séance?
CLARISSE
Samedi, à trois heures, chez moi; nous dépouillerons
notre correspondance et nous recevrons les dons des personnes généreuses auxquelles nous avons écrit.
VALENTINE
Savez- vous ce qu'il me proposait, ce fou de Raoul? De me conduire demain à la redoute du prince.
Oh ! il devient impossible I
AGATHE
Ce sera très curieux, dit-on.
CLARISSE
On parle d'un concert...
AGATHE
Avec des artistes de cafés chantants.
CLARISSE
On les entend maintenant dans nos salons.
AGATHE
Ce n'^st pas le même répertoire.
VALENTINE
Toutes les femmes seront masquées.
AGATHE
Oh! mais alors?...
CLARISSE
Comment, Agathe, vous iriez là?
AGATHE
Je ne l'ai pas dit !
VALENTINE
Et toutes les beautés à la mode y seront !
CLARISSE
Précisément.