‹ Les tapageurs: comédieChapitre 48 sur 144 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RAOUL

Vous avez bien raison.

VALENTINE

Comment, j'ai raison!

RAOUL

Vous êtes une de ces femmes adorables qui sont nées pour être veuves ; elles ne peuvent pas rester demoiselles, et les maris ne leur vont pas.

VALENTINE

Mon motif est plus sérieux. J'£ii passé mes quatorze lunes de ménage à me quereller avec M. de Folny. Il aimait le calme, j'aimais le bruit : nous ne pouvions pas nous entendre. Enfin, il a cédé, c'est-à-dire... j'ai eu la douleur de le perdre : je m'en tiens là I

Elle se lève.

Tenons-nous-en là!

VALENTINE

Vous! vous trouverez quelque jeune personne bien naïve...

RAOUL

Je n'y tiens pas du tout.

VALENTINE, passant.

Ou moins naïve, qui vous adorera!

RAOUL

11 faudrait attendre le délai fixé par la famille et la solennité bête du grand jour. J'aime au comptant, moi, à tort et à travers.

VALENTINE

Eh bien ! eh bien ! je vous prie de ne pas me tenir de

pareils discours. -^ Vous savez qu'elle chante faux, mademoiselle Nadine?

RAOUL

Les jours de pluie. — Vous n'avez pas envie d'aller demain à la redoute du prince Orbeliani?

VALENTINE

Perdez-vous la tôte?

RAOUL

Toutes les femmes seront masquées.

Raison de plus !

RAOUL

Et puis liberté complète, on s'isole ou Ton se rencontre à son gré, et pendant toute la soirée un concert varié occupe les maris ou les importuns.

VALENTINE

EUe est très impertinente, votre proposition. ^

RAOUL

Personne ne vous saurait là, que moi qui vous accompagnerais !

VALENTINE

Je vous prie de ne pas ajouter un mot.

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