ACTE DEUXIÈME
PUYJOLET, après avoir cherché des yeux, à madame Descourtois.
Je ne peux pas la retrouver.
MADAME DESCOURTOIS.
Quelle est sa toilette ?
PUYJOLET.
Je ne sais pas bien. Je ne remarque jamais ces choseslà.
MADAME DESCOURTOIS.
Oh I mais, alors, elle se venge : vous ne la retrouverez pas.
PUYJOLET.
Par exemple !
DESCOURTOIS, qui vient 'd'entrer par la gauche.
Ah! Clémence!
Vous savez, monsieur Descourtois, que dans une redoute on ne doit pas s'occuper de sa femme.
DESCOURTOIS.
Pourquoi, chère amie ?
MADAME DESCOURTOIS.
Parce que je suis masquée. On vous croirait en bonne fortune.
DESCOURTOIS.
Ah!
Il disparaît avec Puyjolet; madame Descourtois s'assied au fond. — Applaudissements dans la coulisse.
GUSTAVE, revenant le premier de la salle,
Bravo! bravo I C'est crevant! c'a été crevant!
Le prince reparaît avec la chanteuse à son bras.
TOUS
Bravo! bravo! bravo!
LE PRINCE) à la chanteuse.
Charmante! charmante! Tu restes à souper, neroublie pas.
La chanteuse salue et prend le bras de Valajol, qui Pemmène par la gauche.
LE DOCTEUR, accourant de la salle.
Exquis! exquis! « Connaissez -vous Joséphine? le teint frais, la taille fine, elle a du poivre dans l'œil... » Ça ne veut rien dire, mais c'est exquis, .(au prince.) Ma cliente.
LE PRINCE
Ne pourriez-vous pas lui donner une voix moins commune?
LE DOCTEUR
Mais, prince, avec une voix distinguée, elle serait figurante à la Renaissance, et elle ne gagnerait pas de quoi payer son médecin.
Ils remontent et se perdent dans la foule.