‹ Les tapageurs: comédieChapitre 78 sur 144 · ACTE DEUXIÈME i · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME i

LE DOCTEUR

Je ne le quitte plus.

AGATHE, à part.

A la bonne heure! Ils seront punis tous les deux.

BALISTRAC, regardant à gauche.

Voici le prince.

LE DOCTEUR

Mon cher Balistrac...

Il le retient pour lui tâter le pouls et ne le lâche plus. — Cardonat revient avec Arcadie par le fond.

ARCADIE, à Gardonat.

Alors, VOUS êtes un grand banquier? C'est une jolie position, cela.

CARDONAT.

Assez jolie!... Si j'étais femme, moi, je ne voudrais avoir pour amis que des gens de finance. Les jours où ils gagnent, ils donnent tout, et les jours où ils perdent, ils ne reprennent rien.

Le prince entre par la gauche.

ARCADIE

Je vais vous présenter au prince, (au prince.) Prince, je vous présente M. Gardonat, banquier, un de mes bons amis.

Le prince salue et passe.

CARDONAT.

11 est froid.

Il remonte.

ARCADIE, à part.

J'ai fait un four.

Elle s^éloigne.

LE PRINCE, à Raoul. *

Vous ne nous avez donc pas amené Nadine?

Non, prince, non, j'ai rompu avec Nadine.

LE PRINCE

Il a dû vous en coûter.

RAOUL

Très cher.

LE PRINCE

Alors, ce soir, vous êtes en bonne fortune?

RAOUL

Platoniquement.

LE PRINCE

Êtes-vous amoureux?

RAOUL

Si je l'étais, je ne vous l'avouerais pas : vous vous moqueriez de moi.

LE PRINCE

Mais pas du tout 1 Je ne suis pas l'homme qu'on imagine... on ne me connaît pas. J'ai eu dans ma vie une passion violente, à peine éteinte aujourd'hui.

RAOUL

Vous m'étonnez beaucoup.

LE PRII<(CE.

J'ai adoré une jeune fille remarquablement belle.

RAOUL

Qui a été votre maîtresse ?

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