RAPHAËL. . PORTRAIT DF. LEON X
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peignit plus tard le Jugement dernier. A une hauteur de 6 mètres à partir du sol, ajoute le commandant Paliard, à qui j’emprunte ces détails, depuis le jubé jusqu’au fond, huit pilastres simulés, prolongement de ceux qui sont placés entre les fenêtres, sont peints à fresque ; de l’un à l’autre pendent des étoffes également à fresque, sur lesquelles sont tracés, en petit, des Sixte IY sans nombre, et peints des chênes, ou plutôt des rouvres, emblèmes des délia Rovere. Des huit pilastres qui ornent les côtés, sept seulement sont à découvert, à cause du trône du Pape, à gauche, qui en cache un. Aussi les tapisseries ne reçurent-elles ensemble que sept bordures larges, les unes faisant corps avec elles, les autres tissées à part et rapportées. Les bordures rapportées ont été souvent décousues, pour être changées, suivant l’ordre dans lequel plus tard, ailleurs qu’à la Sixtine, les tapisseries
de l’autre h Les compartiles différences de largeur dépassent 5 mètres, tandis peine un.
ches de Platner et de Passapontifïcal devaient prendre la Vie de saint Pierre et Etienne ; à sa droite, les saint Paul.
dès i5i4, ainsi à l’époque où force et toute la fraîcheur de Actes des Apôtres semblent La rémunération accordée à i,ooo ducats, représentant pouvoir actuel de l’argent.
Giovanni Francesco Penni, assista son maître dans ce ment chargé de composer les dures horizontales, sent ce que l’on peut apdes Actes des Apôtres , sauf à nous attacher , dans quelques instants, à leur contenu même.
11 résulte jusqu’à l’évidence des documents les plus dignes de foi que, les cartons achevés, Léon X s’adressa aux ateliers de Bruxelles, et non à ceux d’Arras, pour les traduire en haute lisse : son choix s’arrêta sur un tapissier déjà connu par d’importants travaux, Pierre Yan iàelst. Revendiquer pour Arras la gloire d’avoir traduit sur le métier les cartons des Actes des Apôtres est une chimère. A l’époque où Léon X forma le projet de recourir aux ateliers flamands, les haute-lissiers arrageois avaient depuis longtemps fermé boutique ; menacés dès le milieu du xv e siècle par la concurrence bruxelloise, leur ruine fut consommée par le sac de leur ville en 1477. Il résulte des recherches de M. Guesnon que, si de 1423 à 1442 cinquante-deux tapissiers
ont été placées à côté l’une ments sont inégaux : de là des tapisseries, dont les unes que d’autres en atteignent à Il résulte des rechervant qu’à la gauche du trône place les quatre scènes de la Lapidation de saint cinq scènes de la Vie de Commencé peut-être Raphaël était dans toute la la production, les cartons des avoir été achevés en i5iô. leur auteur s’éleva au total à plus de 5 o,ooo francs, au Au témoignage de Vasari, surnommé « il Fattore », vaste travail ; il fut spécialecartons destinés aux bor-
Terminons dès à pré- Portrait de Raphaël peint par lui-même.
(École d’Athènes.)
peler l’histoire extrinsèque
i . — Le Couronnement de la Sainte Vierge \ d’après un carton de Raphaël , Tapisserie retrouvée au Vatican : Paris, i 873, p. 3 .
furent admis à la bourgeoisie, le nombre des admissions ne s’éleva plus qu’à vingt et une entre 1463 et 1482, enfin à neuf seulement pour le demi-siècle compris entre les années 1483 et 1534. Ce n’étaient pas là des forces suffisantes pour mener à fin rapidement le travail gigantesque que Léon X brûlait de voir terminer L
Afin de rendre l’interprétation aussi fidèle que possible, on chargea un peintre flamand, qui venait de fréquenter l’atelier de Raphaël et qui retournait dans son pays natal, Bernard Van Orley, de surveiller les tapissiers 2 .
Commencé en i 5 i 5 ou en i 5 16, le tissage était terminé, pour sept cartons du moins, en 1519 ; le 26 décembre de cette année, la Pêche miraculeuse, la Vocation de saint Pierre, la Lapidation de saint Etienne, la Guérison du Paralytique, Elymas frappé de cécité , la Conversion de Saül, la Lapidation de saint Etienne, brillaient sur les murs de la chapelle Sixtine.
Leur exposition provod’enthousiasme, tandis qu’elle d’ardentes rancunes. N’ayant ennemis ou plutôt les jaloux âme divine eût-elle pu provoforcèrent du moins de le déreusement pour sa gloire, se songer à les fixer par écrit, tiano del Piombo fut moins au papier ses critiques de une parenthèse pour dire que donna beau jeu aux anti-Ranaux avaient à peine été enavait mis d’empressement à ces cartons étaient dessinés ner. On se rejeta sur les
Portrait de Bernard Van Orley.
(D’après la Gravure du Recueil de Lampsonius.)
qua chez les uns un délire rallumait au- coeur des autres pu entraver le travail, les de Raphaël (comment cette quer des inimitiés ?) s’efnigrer. Michel-Ange , heucontenta de bons mots, sans Son ami et complice Sebasbien inspiré lorsqu’il confia mauvaise foi. Et ici j’ouvre l’exposition des tapisseries phaëlistês ; les cartons origitrevus à Rome, tant Léon X les expédier à Bruxelles , et comme Raphaël savait dessitapisseries, destinées, elles,
à demeurer exposées à perpétuité, et ces tapisseries, j’ai à peine besoin de le rappeler, n’étaient que des interprétations plus ou moins parfaites de l’œuvre créée par le divin maître d’Urbin.
Malgré leur habileté, malgré la surveillance incessante de Bernard Van Orley, les tapissiers de Bruxelles s’étaient, en effet, rendus coupables de plus d’une erreur : le modelé est généralement trop ressenti, les têtes parfois très grossières, notamment dans le Sacrifice de Lystra. Dans la Vocation de saint Pierre, le paysage, composé de teintes jaunes et vertes, est interprété avec beaucoup de rudesse. Pour ce qui est de la gamme, elle manque d’ordinaire d’harmonie et de tenue : le rouge, le carmin, l’or, le jaune, le bleu, alternent sans se faire suffisamment valoir. Les ouvriers de Van Aelst ont évidemment voulu faire honneur à leur patron ; ils ont prodigué l’or et
1. — Voy. Van Drivai, Des Tapisseries de haute-lisse à Arras après Louis XL — Arras, 1874. — Guesnon. Décadence de la Tapisserie à Arras depuis la seconde moitié du xv e siècle . Ibid. — Van Drivai, Question des Tapisseries d’Arras. Réponse à M. Guesnon. Ibid. — Guesnon , Réplique à l’auteur des Tapisseries d’Arras. Ibid.
2. — On ignore la date précise du voyage de Van Orley en Italie. Le dernier biographe du maître, M. A. Wauters, croit qu’il séjourna à Rome vers 1 5 14 : en 1 5 1 5 et pendant les années suivantes, il résida dans les Pays-Bas, où il exécuta de nombreuses peintures ( Bernard Van Orley; Paris, 1893, p. 14).
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surtout le rouge cramoisi, qui ne manque dans aucune des tentures et qui y détonne. Il est vrai qu’il faut tenir compte, dans une certaine mesure, de la décoloration que le temps a fait subir aux laines et aux soies, décoloration qui n’a pas été égale pour tous les tons. Le résultat le plus satisfaisant, au point de vue du coloris, a été obtenu dans la Pêche miraculeuse : le réalisme et la minutie des Flamands s'y sont donné carrière dans le dessin des grues du premier plan, qui sont merveilleu- sement rendues.
gnages d’admi par le pape et par tifîcale vengèrent ques de quelques correspondant bre amateur véninio Michiel se fît sentiment général vit, le 27 décemlettre curieuse :
Noël passées, le dans sa chapelle pisseries (la huiencore terminée), cident (dans les ont été jugées le qui ait été fait qu’à nos jours, brité d’autres tade l’antichambre celles du marquis près les cartons celles des rois déric de Naples.
Le dessin de ces tapisseries a été
Portrait de Léon X. — (Miniature du xvi* Siècle. — Collection de M. Prospcr Valton.) f
exécuté par Ra- phaël d Urbin,
peintre excellent, qui a reçu du pape 100 ducats par tapisserie. La soie et l’or y sont entrés en grande quantité. Le tissage a coûté i, 5 oo ducats pièce, soit en tout, comme le pape même la dit, 1 ,600 ducats pièce, bien que l’on crût et que l’on répandit le bruit que chacune avait coûté 2,000 ducats '. »
Ainsi, dans un intervalle de moins de dix ans, la chapelle Sixtine s’enrichit des deux plus extraordinaires interprétations de la Bible et des Évangiles qu’ait produites l’art moderne : les
1 . — Le ducat ou florin d'or du xvr siècle pesait environ 3 grammes et demi. 11 représente au moins une cinquantaine de francs de notre monnaie.
Les témoiration prodigués toute la cour pon- Raphaël des critidétracteurs . Le romain du célètien Marc-Antol’interprète du lorsqu’il lui écribre 1619, cette « Les fêtes de pape a exposé sept pièces de tatième n’étant pas exécutées en Oc- Flandres). Elles plus bel ouvrage dans ce genre jusrnalgré la célépisseries, celles du pape Jules II, de Alantoue d’ade Mantegna, et Alphonse ou Fré-
fresques de Michel-Ange et les tapisseries de Raphaël. Ces grandes pages, qui marquent le point culminant de la peinture de la Renaissance, s’imposent à l’admiration plus encore par le sérieux et la conviction que par tant de qualités artistiques du premier ordre. Avant et après, les Écritures saintes ont inspiré bien des chefs-d’œuvre ; mais en est-il un seul dont l’auteur, renonçant à tout artifice étranger, se soit pénétré à ce point de l’esprit du texte sacré ?
défaut de témoignages écrits, demandons aux dessins mêmes de Raphaël de nous apprendre par quelles phases la composition de chaque scène a passé. Les informations que nous recueillerons de ce côté sont malheureusement fort précaires ; du moins, elles jetteront de-ci de-là un jour sur les habitudes de travail du maître.
Il est arrivé, en effet, pour les dessins qui ont servi à préparer les cartons des Actes des Apôtres , ce qui est arrivé pour les autres études appartenant à la dernière période de la vie de Raphaël : ils ont presque tous disparu, alors que de nombreux croquis et esquisses, se rapportant aux peintures des périodes ombrienne et florentine, sont parvenus jusqu’à nous. Voici, ou je m’abuse, l’explication de la rareté de ces documents : au début, Raphaël faisait usage de la mine d’argent ou de l’encre, procédés qui attaquent à peine le papier. Vers la fin de sa vie, par. contre, il se servait, de préférence, de procédés tels que le lavis et d’ingrédients tels que le bistre, qui rongent les substances fibreuses. D’où la disparition de la plupart de ses études (dans quel triste état ne se trouve pas le dessin du musée du Louvre, les Cinq Saints , lavé de bistre sur trait à la plume, rehaussé de blanc !).
J’ajouterai que les dessins de la dernière manière, étant moins poussés que les premiers, ont, par suite, moins tenté la convoitise des collectionneurs.
Dans, l’élaboration des cartons des Actes des Apôtres, Raphaël, fidèle à une habitude qu’il conserva d’un bout à l’autre de sa carrière, tira plus d’une fois parti des études qu’il avait faites dans sa jeunesse, sauf à les rajeunir, à les transfigurer, par un effort nouveau. Ce système, dont il nous a laissé tant d’exemples, il l’appliqua, entre autres, à la figure principale de la Lapidation de saint Étienne. Déjà, dans un dessin appartenant à sa première manière (Université d’Oxford), il avait essayé de représenter un homme agenouillé, les bras levés dans l’attitude de la prière, attendant le martyre. Au moment de préparer le carton, il se souvint du motif qu’il avait esquissé quelque dix ans auparavant et le reprit, mais en le modifiant.
la veille de s’attaquer au thème que lui avait indiqué Léon X, Raphaël, toujours si respectueux à l’égard de la tradition iconographique, a dû passer en revue l’interprétation que ses prédécesseurs avaient donnée des Actes des Apôtres. Et, tout d’abord, constatons qu’il s’est renfermé strictement dans le cadre même des Actes, renonçant à traiter ce que l’on pourrait appeler le côté romain de la biographie de saint Pierre et de saint Paul : je veux dire l’arrivée des deux apôtres dans la Ville éternelle, leur dispute avec Simon le Mage, le Domine quô vadis, leur martyre '.
i- — La Dispute de saint Pierre avec Simon le Mage et le Domine quô vadis forment le sujet des fresques peintes dans
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Collection Albertine à Vienne
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Quelle place les récits des A des avaient-ils jusque-là tenue dans l’art? Quel parti en avaient tiré les artistes du moyen âge et ceux de la Première Renaissance ? En un mot, quels enseignements Raphaël put-il demander à ses devanciers, et en quel état livra-t-il cette donnée à ses successeurs? Telles sont les réponses auxquelles je vais essayer de répondre.
Le récit de la mission confiée aux hommes nouveaux et de bonne volonté, l’illustration de la parole Ite ad omnes gentes , avaient, dès le début, tenté les artistes. Les sculpteurs des sarcophages, les peintres des mosaïques s’étaient plu à représenter le Christ au milieu de ses disciples, les investissant de ce mandat sacré. Célèbre entre toutes ces illustrations était la mosaïque exécutée au ix e siècle dans un des triclinia du Latran et à laquelle se rattache le double souvenir de Léon III et de Charlemagne.
On y voyait (la composition n’est plus connue que par des copies) le Christ apparaissant aux onze apôtres après sa résurrection et leur confiant l’apostolat.
La Vocation de saint Pierre ou la Remise des clefs défraya elle aussi de bonne heure les sculptures des sarcophages, les fresques ou les mosaïques des basiliques; elle se maintint en honneur d’un bout
à l’autre du moyen âge, ainsi que pendant toute la durée de la Renaissance.
Un cycle de peintures murales particulièrement intéressant et qui, par le choix des sujets, se rapproche sur plus d’un point des cartons de Raphaël, est celui de la chapelle Saint-Jean, au palais des Papes, à Avignon (vers i3q5). Les auteurs des fresques, élèves de Simone di Martino (Simone Memmi), y ont représenté la Pêche miraculeuse (le Christ dans la barque en compagnie de trois disciples qui rament avec frénésie), la Vocation des Enfants de Zébédée (le Christ, accompagné de deux apôtres, en accueille deux autres), Saint Pierre ressuscitant Tabitha.
Plus près de Raphaël, Masolino et Masaccio, dont l’œuvre fut continuée par Filippino Lippi, ornèrent la chapelle des Brancacci, dans l’église du Carminé à Florence, d’un cycle de fresques
les embrasures des fenêtres de la salle de Y Incendie du Bourg : ils y sont complétés par la Vocation de saint Pierre et par Y Apparition du Christ aux apôtres après sa résurrection (Saint Jean, ch. xxi). Voy. Passavant, t. II, pp. i G 3 - 1 64.
Saint Pierre implorant le Christ. — (Fragment de la Pêche miraculeuse, d’apres le Carton du South Kensington Muséum.»
représentant : la Vocation de saint Pierre , la Barque de saint Pierre , le Christ ordonnant à saint Pierre de payer le tribut. Saint Pierre pêchant. Saint Pierre et Saint Jean guérissant les malades en les couvrant de leur ombre. Saint Pierre distribuant les aumônes , Saint Pierre baptisant, la Résurrection du Jils du roi , la Résurrection de Ta bit ha, la Guérison du Paralytique. Raphaël, comme on le verra dans un instant, s'inspira plus d’une fois de ces compositions, qu’il avait eu l’occasion d étudier pendant son séjour à Florence.
A Rome même, à la cour des Papes, la tentation était grande de rappeler, au moyen d’oeuvres d’art, le rôle que la Ville éternelle avait joué dans la vie des deux princes des apôtres. Les fresques (de date indéterminée, peut-être exécutées sous Martin V),qui ornaient le portique de la basilique de Saint-Pierre, retraçaient la Chute de Simon le Mage , le Domine quô vadis , le Martyre de saint Pierre et de saint Paul , etc. Des sujets analogues étaient sculptés sur les portes de bois et les portes de bronze de la basilique, exécutées sous le règne d’Eugène IV.
Au Vatican également, dans la chapelle privée de Nicolas V, Fra Angelico et Benozzo Gozzoli avaient illustré la vie de saint Étienne et de saint Laurent.
Enfin, dans la chapelle Sixtine même, Sixte IV, comme il a été dit ci-dessus, avait fait représenter la Vocation de saint Pierre et de saint André , la Remise des clefs à saint Pierre.
La Remise dés Clefs, par le Pérugin. — (Chapelle Sixtine.) J j çJq I’oXcUTICII de
ces différents cycles qu’aucune tradition iconographique rigoureuse (analogue à celle qui régissait les Saintes Cènes ) ne présidait à l’ordonnance des différents épisodes empruntés aux Actes des Apôtres , et que Raphaël à cet égard jouissait d’une entière liberté. Il en profita pour étudier directement le texte même du Nouveau Testament et pour en dégager le sens profond. Un peu plus tard, lorsqu’il fut chargé de décorer les Loges, nous le voyons procéder de même vis-à-vis de l’Ancien Testament.
Aussi rien n’est-il plus normal, plus loyal, que son interprétation. Il ne cherche pas à côté, ne se perd pas en tentatives ou en tours de force étrangers à la donnée principale, mais s’attaque résolument à celle-ci, avec l’inébranlable résolution d’en mettre en lumière la signification religieuse. Michel-Ange, je ne crains pas de l’affirmer, n’eùt pas procédé avec une telle correction. Où le Sanzio et le Buonarroti se rencontrent, c’est dans le dédain de la pompe, de l’éclat. Raphaël pouvait dire de ses héros ce que Michel-Ange disait des prophètes de la chapelle Sixtine : « Les personnages que j’ai peints étaient pauvres, leur simplicité sainte méprisait la richesse. » Comme ces drames, si simples et à la fois si pathétiques, sont profondément humains ! Comme les personnages — on n’ose dire les acteurs, car rien n’est théâtral ici, — sont bien à la mission qu’ils ont à remplir, dans la logique de leur caractère et de leur situation ! Quelle sûreté, quelle fermeté,
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sitions encore , Rapoint fait abstraction porain : ici, ni portes fresques des du temps. S’inspirant chel-Ange, il s’efforce atmosphère plus sepréoccupations ou jour, sans toutefois l’individualité à cha-
Des considéraobligèrent le maître à jets : comme les tatinées à recouvrir des minés, il se vit forcé sions sur ces comainsi que le Saint le Tremblement de teur, alors que d’audéveloppaient sur
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quelle conviction ! Pas un trait qui ne porte, pas un geste qui ne réponde à quelque mouvement de l’âme ! Le maître a rompu avec l’idylle, à laquelle il a si largement sacrifié dans les Madones de la période ombrienne et de la période florentine, non moins qu’avec les grandioses évocations mi-historiques, mi-philosophiques, de la Salle de la Signature. C’est véritablement la langue
des Évangiles qu’il sans fard, forte et Dans aucune
Il ne semble pas commençant son tral’ordre chronologique parmi les composile plus manifestement élèves, il en est deux,
Etude pour le Christ de la Vocation de Saint Pierre. — (Musée du Louvre.)
parle, une langue populaire.
autre de ses compophaël n’avait à ce de l’élément contem-
que Raphaël, en vail, se soit astreint à des sujets : en effet, tions qui trahissent l’intervention de ses la Lapidation de
saint Étienne et la Conversion de saint Paul , qui occupent le milieu de la série, tandis que le Saint Paul à l’Aréopage , qui la termine et la couronne, a très certainement pour auteur le maître lui-même.
traits, comme dans Stances, ni costumes de l’exemple de Mide se placer dans une reine , à l’abri des des complaisances du renoncer à donner cun de ses héros.
tions étrangères à l’art sacrifier plusieurs supisseries étaient descompartiments déterd’en régler les dimenpartiments. Il arriva Paul en prison ou terre fut tout en hautres compositions se une largeur énorme.
a première composition, la Pêche miraculeuse, forme l’illustration de ce récit de saint Luc (v. io) : « Quand il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; toutefois, sur ta parole, je jetterai le filet. Ce qu’ayant fait, ils prirent une si
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grande quantité de poisson, que leur filet se rompait. De sorte qu’ils firent signe à leurs compagnons, qui étaient dans l’autre barque, de venir à leur aide; ils y vinrent, et ils remplirent les deux barques tellement qu’elles s’enfonçaient. Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux pieds de Jésus et lui dit : Seigneur, retire-toi de moi ; car je suis un homme pécheur. Car la frayeur l’avait saisi et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu’ils, avaient faite, de même que Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient compagnons de Simon. Alors Jésus dit à Simon : N’aie point de peur, désormais tu seras pêcheur d’hommes vivants. »
Laissant de côté 1-’ appréciation même de cette composition (on la trouvera, ainsi que celle des autres scènes, dans la monographie que j’ai consacrée à Raphaël), de même que je renvoie
aux ouvrages de Passavant 1 et de M. Ruland 2 pour la description des esquisses ou des gravures se rapportant à chaque carton, je m’efforcerai de mettre en lumière quelques faits inédits ou peu connus.
Plusieurs dessins nous permettent de suivre, pour la Pêche miraculeuse , la filiation des idées de son auteur. Dans une esquisse à la plume, rehaussée de blanc et lavée à la sépia, faisant partie de la collection Albertine, à Vienne (ancienne collection Crozat), le premier plan est occupé par des femmes assises sur le rivage et des hommes debout. Les deux barques sont reléguées à l’arrière-plan. Toute cette partie de la composition est déjà arrêtée dans les lignes principales : le Christ assis, saint Pierre qui le remercie avec ferveur, les deux apôtres qui retirent les filets, enfin le vieillard qui rame, ont, ou peu s’en faut, la même attitude que dans le carton. Seul l’apôtre debout à côté de saint Pierre diffère : il rame, tandis que dans le carton il remercie également le Christ. On remarque que les deux barques ont déjà ces proportions exiguës dont on a fait un crime à Raphaël 3 .