Die italienischen Hand\eichnungen der Albertina
LES ENFANTS JOUANT Tapisseries d’après les Cartons de Jean d'Udine Collection de Madame la Princesse Mathilde
LES ENFANTS JOUANT Tapisseries d'après les Cartons de Jean d'Udine Collection de Madame la Princesse Mathilde
LES ENFANTS JOUANT ET LES GROTESQUES 5i
bable que l’une de ces deux pièces fait double emploi avec celles qui ont été décrites ci-dessus).
XXI. - — Ronde d’Enfants. Dessin du Cabinet des Estampes de Dresde. Six Amours nus dansent une ronde autour d’un globe, au-dessus duquel se développent les branches d’un palmier. La guirlande traditionnelle, terminée par les festons qui retombent, est suspendue entre les six danseurs. Dans le haut, de chaque côté, un oiseau qui vole (gravé p. 52).
On constate dans les Enfants jouant deux éléments assez disparates: les Enfants' mis-, dessinés avec une rare sûreté et une rare élégance, puis les quadrupèdes et volatiles qui trahissent une préoccupation toute différente et où le souci de l’exactitude l’emporte sur la poursuite du style ; nul doute qu’il ne faille reconnaître dans ces derniers la main de Jean d’Udine, Y ani-
malier par excellence du
Pour qui connaît l’esliberté et la fantaisie qui tions, la composition des aisément : L’auteur ne s’y ter des motifs gracieux et la plus pittoresque. Bon cependant cru découvrir sortes d’allusions satiri-
A la suite des pièces l’artiste anonyme que l’on Maître au dé a gravé une nance différente et d’un mais qui témoigne d’une Amours ailés et nus jouant pés à tresser des guirlanlancent une boule ou dardent un javelot. Ici l’intervention directe de Raphaël est palpable : l’esquisse originale provient incontestablement de sa main. (Voy. la gravure de la p. 5o.)
Un simple rapprochement entre cette composition et celle des Enfants jouant suffit à prouver que les cartons de ceux-ci ont pour auteur, non le maître lui-même, mais un de ses élèves travaillant sous sa direction, c’est-à-dire, d’après le témoignage de Vasari, qui mérite ici une entière créance, l’élégant et ingénieux ornemaniste Jean d’Udine.
Portrait de Jean d’Udine.
(D’après la Gravure publiée par Vasari.)
xvi e siècle.
prit de la Renaissance, la entraient dans ses créa- Enfants jouant s’explique est préoccupé que d’invende les disposer de la façon nombre de critiques ont dans ces cartons toutes qUes ! Rien de plus faux.
décrites sous les n os I à I /, désigne sous le nom de composition d’une ordonstyle beaucoup plus pur, inspiration identique : huit dans un bois, les uns occudes , tandis que d’autres
La suite exécutée par Jean d’Udine, sous l’inspiration de Raphaël, eut une grande vogue auprès des amateurs et des artistes de la Renaissance : Jules Romain ou un de ses élèves l’i mi ta dans une composition qui nous est conservée dans la tapisserie donnée par Guillaume de Mantoue, marquis de Montferrat, à la cathédrale de Milan, où cette tapisserie se trouve de nos jours encore : on y voit six Amours nus folâtrant au milieu de festons ’.
i . — Cette pièce est gravée dans mon Histoire de la Tapisserie en Italie, p. 29.
Nous savons en outre que la cour de Mantoue possédait, dans la seconde moitié du xvn e siècle, dix tapisseries avec des figures d’enfants (« con figure di Puttini »), provenant de la succession du cardinal Hercule. En 1671, la fille du duc Ferdinand III de Guastalla apporta en dot àu duc de Mantoue une autre série de « Puttini », tissée d’argent, d’or et de soie, et composée de six pièces, mesurant 39 brasses et demie de tour, et 5 brasses 3/4 de haut, soit 226 brasses carrées
ux Enfants jouant firent pendant les Grotesques ; ici encore ce fut Jean d’Udine qui, au témoignage de Yasari, dessina les cartons. Quant aux tapisseries mêmes, elles étaient destinées à servir à la décoration d’un des appartements du Vatican, le
Consistoire. Cette plus connue que contenues dans res, comprenait surant ensemble cours. Au milieu développaient les l’indication : la phe de Vénus , les le, la Fortune, les les Sept Vertus, Mars, le Triomenfin les Arts libè-
suite, qui n’est par les mentions d’anciens inventaihuit pièces , me- 63 o aunes 3/4 de de grotesques se sujets dont voici Nef et le Triom- Travaux d’Hercu- Sept (sic) Muses, le Triomphe de phe de Bacchus, raux 1 2 .
Les inventaires du Vatican mentionnent une suite de neuf tapisseries appelées Grotteschi di Gregorio XIII, qui étaient probablement imitées des Grotesques de Jean d’Udine.
La cour de Mantoue fit également exécuter une suite de Grotesques, inspirée, selon toute vraisemblance, de celle du Vatican. Cette suite comprenait douze pièces, mesurant 5 brasses 1/2 de haut, et 67 brasses de tour, soit 368 1/2 brasses 3 .
1. — Braghirolli, Suite Manifatture di Ara\\i in Mantova, pp. 45, 49, 5 i.
2. — Pour plus de détails, voy. T Histoire de la Tapisserie en Italie , p. 28.
3 . — Sulle Manifatture di Araz&i in Mantova ; Mantoue, 1879, p. 5 i.