‹ Les tapisseries de Raphaël au Vatican et dans les principaux musées ou collections de l'Europe; étude historique et critique accompagnée de neuf eaux-fortes ou planches sur ouivre et de 125 illustrations reproduites directement d'après les dessins, cartons ou tentures de haute lisseChapitre 4 sur 28 · LA PF CH K MI R AC P LE · texte numérisé non relu

LA PF CH K MI R AC P LE

LES ACTES DES APOTRES

Dans un dessin de la bibliothèque de S. M. la Reine à Windsor, la composition est conforme à celle du carton : seuls les accessoires, les poissons, les grues, manquent encore. Un dessin de la même collection, le Christ, dans une barque, avec saint Pierre et saint André, et deux apôtres qui retirent le filet sur une sorte de rade, est trop retravaillé pour qu’il soit possible de juger de son authenticité.

Le second carton, la Vocation de saint Pierre ou Pasce oves, est inspiré de ce passage de saint Jean (xxi, 18-19) : « Après qu’ils eurent dîné, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jona, m’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Il lui dit : Pais mes agneaux... »

Les vicissitudes par lesquelles a passé le modèle qui a servi à préparer la figure du Christ sont des plus instructives : Raphaël a d’abord esquissé ce modèle à la sanguine (Musée du Louvre), les jambes nues ; le haut du corps et la ceinture recouverts par une sorte de blouse ; le bras droit étendu vers le sol ; le bras gauche levé. Dans un dessin faisant partie de la collection royale de Windsor, le maître a fait un pas de plus : retournant sa figure en sens inverse, mais, sans la modifier, il a ajouté neuf autres figures, les unes drapées, les autres en chemise et en chausses collantes, représentant les apôtres : dès lors le parti pris général de la scène était arrêté 1 .

Dans les trois fragments de cartons du musée de Chantilly (anciennes collections Boehm et Reiset ; huit têtes d’apôtres à la pierre noire, très largement lavées d’aquarelle et de gouache), M. Lafenestre voit « sinon la main unique de Raphaël, mais certainement la main d’un de ses collaborateurs les plus convaincus, Penni ou Jules Romain, agissant sous ses yeux et peut-être avec son aide 2 .

On se souvient que le Pérugin avait représenté un sujet analogue, la Remise des clefs , sur les parois de la chapelle Sixtine. Voilà donc Raphaël s’attaquant de nouveau au thème traité par

trouvent sur le rivage, le premier debout, le second agenouillé. Une copie, à la plume, du dessin de Vienne, exécutée, d'après une annotation moderne, par Girolamo da Carpi, figure au musée du Louvre parmi les dessins non exposés attribués à Raphaël (n° 3952). Une autre étude pour la Pêche miraculeuse , également conservée dans la collection Albertine, est fausse.

i- — Un autre dessin du Louvre contient les douze personnages (Braun, n° 2 52 ) ; mais ce dessin ne provient très certainement pas de la main de Raphaël.

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