‹ Les tapisseries de Raphaël au Vatican et dans les principaux musées ou collections de l'Europe; étude historique et critique accompagnée de neuf eaux-fortes ou planches sur ouivre et de 125 illustrations reproduites directement d'après les dessins, cartons ou tentures de haute lisseChapitre 5 sur 28 · Galette des Beaux-Arts, 1880, t. II, pp · texte numérisé non relu

Galette des Beaux-Arts, 1880, t. II, pp

La Vocation de Saint Pierre. — (Fragment d’un Carton conservé au Musée de Chantilly.)

son maître. Une première fois il s'était inspiré (mais avec quelle indépendance !) d’un tableau du Pérugin, le « Sposalizio » ou Mariage delà Vierge , aujourd’hui conservé au musée de Caen. Peutêtre les critiques ont-ils attaché trop d’importance à la similitude, très générale, de l’arrangement. En réalité, l’œuvre de l’élève est bien autre, infiniment plus vivante et plus distinguée. Dans la Vocation de saint Pierre, tout, le cadre comme la composition, diffère; Raphaël semble avoir oublié jusqu’à l’existence de la fresque dans le voisinage de laquelle sa tapisserie était appelée à prendre place.

Rappelons que dans les fresques des embrasures de fenêtres de la salle de l’Incendie du Bourg , un élève de Raphaël a traité à son tour le même sujet (Passavant, t. II, p. i 63 ; Landon, n° 243).

La Guérison du Paralytique à la Belle Porte du Temple illustre un miracle de saint Pierre et

dans les termes suivants (m, 1-1 1) :

impotent dès sa naissance, qu’on jours à la porte du temple, appelée mène à ceux qui entraient dans le et Jean qui allaient entrer dans le mène. Mais Pierre et Jean ayant dit : Regarde-nous, et il les regarrecevoir quelque chose d’eux, gent ni or; mais ce que j’ai, je te le Nazareth, lève-toi et marche. Et leva ; et à l’instant les plantes et rent fermes. Et il se leva, martemple... »

Pour ce carton, comme pour plusieurs autres, les études préliminaires font défaut.

Un des motifs de la composition a fait fortune et a été reproduit à l’infini dans les tapisseries aussi bien que dans les peintures. Je veux parler des colonnes vitéennes, c’est-à-dire des colonnes torses, historiées d’enfants jouant au milieu de pampres, que Raphaël avait lui-même copiées sur les douze colonnes en marbre existant à Saint-Pierre de Rome

Nous voyons reparaître ces colonnes dans la Présentation au temple , qui fait partie des tapisseries de la Vie du Christ, également conservées au Vatican ; puis dans le tableau similaire de Bagnacavallo, au musée du Louvre; dans une des pièces de Y Histoire d’Arthémise, tapisserie dont un exemplaire appartient au Garde-Meuble national et un autre à M. Ffoulke ; pour ne point parler d’innombrables ouvrages plus modernes.

La Mort d’Ananie , sujet rarement abordé par les prédécesseurs de Raphaël, forme un autre épisode de l’histoire de saint Pierre (Actes, iv, 3 q, 37; v, 1-11) : « Un certain homme, nommé Ananie, avec Saphira sa femme, vendit une possession, et il retint une partie du prix, du con-

1. — D’après M° r Barbier de Montault, les colonnes vitéennes ou vitinées seraient un don de Constantin, qui les aurait fait acheter en Grèce, comme l’atteste le Liber pontificalis [Inventaire descriptif des Tapisseries de haute lisse conservées à Rome , p. 45).

de saint Jean^ raconté par les Actes « Et il y avait un homme qui était portait et qu’on mettait tous les la Belle Porte, pour demander l’autemple. Cet homme, voyant Pierre temple, les pria de lui donner Taules yeux arrêtés sur lui, Pierre lui dait attentivement, s’attendant à Alors Pierre lui dit : Je n’ai ni ardonne. Au nom de Jésus-Christ de l’ayant pris par la main droite, il le les chevilles de ses pieds devincha et entra avec eux dans le

Spectatrice de la Guérison du Paralytique.

(D’après le carton original de Raphaël.)

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