LE TATOUAGE EN GÉNÉRAL. — SON IMPORTANCE DANS LES PAYS CHAUDS
Dès la plus haute antiquité, l'homme, obéissant à un sentiment artistique inné, s’est complu à reproduire des signes ou des dessins sur son tégument, d'une manière durable où même indélébile. On sait que des momies (1) égyptiennes de la XI° dynastie présentent des tatouages absolument identiques à ceux que l’on observe encore sur les Egyptiens modernes.
(1) Fouquet. — Le tatouage médical en Egypte dans l'antiquité et à l'époque actuelle, In archives d'anthropologie criminelle, 1. XIII, 1898.
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À peu près chez toutes les races actuelles, on retrouve ces pratiques. Il est à remarquer que, en général, on ne les retrouve que chez des individus inférieurs au point de vue intellectuel ou moral. Chez les nations civilisées, ce sont les criminels, les prisonniers, les prostituées, les aliénés, les soldats, qui offrent à l'observation le plus grand nombre de tatouages.Mais c'est surtoutchezles peuplades sauvages que les tatouages sont encore en grand honneur.
On est autorisé avec Neumann (1), à regarder le tatouage comme un signe particulier des races peu développées intellectuellement, et, chez les individus appartenant aux peuples cultivés, comme un symptôme de retour à une sphère inférieure de développement intellectuel.
Chez les indigènes des pays chauds où, en général, la civilisation est peu avancée, la pratique des tatouages est presque universelle et joue un grand rôle. Aux iles Samoa (2), le nombre des indigènes non taloués est infinitésimal. Tous les Aïnos (3) se Latouent dès l’âge de 11 à 12 ans. Dans le nord du Laos et au Yun-nan, le tatouage prend une importance considérable (4). Cette pratique semble
(1) Wiener. — Medec. Wochenschrift, 1893. Neumann.
(2) Die Tâtowirung bei der Geschlechter in Samoa. Berlin, Reimer 1899.
(3) Sugamata Journ. anthr. Soc., Tokyo, 1898.
(4) Lacassagne et Magitol. — Tatouage. 7n Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, p. 95, t. XVI.
même y être obligatoire et devient l'objet de soins excessifs.
Nous passerons rapidement en revue les différents pays où se pratiquent les tatouages, quitte à reveur plus loin sur les plus intéressants d’entre eux.
Nous citons ces peuplades en première ligne parce que, chez elles, tous les sujets sont tatoués ou l'immense majorité.
Partout ailleurs dans les pays chauds, les tatouages se pratiquent également, mais sur une moins grande échelle.
Le docteur Batut {1}, dans un bataillon de ürailleurs indigènes algériens, fait observer que la proportion de sujets porteurs de tatouages est de un pour quatre.
En Afrique encore, les tatouages sont pratiqués en Egypte, au Sénégal, au Soudan, dans le Mozambique, chez les Zoulous et les Cafres.
En Asie, ils sont en honneur à Haïnan, Formose, chez les Ouen-mieu-po, peuple barbare du sud-ouest de l'empire Chinois, chez les Japonais (Baitos).
En Amérique du nord, chez les Peaux-rouges; en Amérique du sud, chez les Patagons. les Pampéens.
Enfin, en Océanie, dans toute la Polynésie, c’està-dire tous les Archipels, en Nouvelle-Zélande, aux
(1) Du tatouage exotique et du tatouage eu Europe. L. Batut, p. 77. In archives d'anthropologie criminelle, 8° année,
LMP RTEESS iles Marquises, en Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, Bornéo.
Chez beaucoup de péuplades sauvages les opérations que nécessitent les Llatouages comptent dans la vie d'un individu et sont l’occasion de grandes fêtes.
D'autre part, les troupes européennes en expédition dans les pays chauds ont une plus grande tendance à pratiquer ces habitudes, par esprit d'imitalion, par ennui, par oisiveté forcée pendant une orande partie de la journée, sous les basses latitudes.
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