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AVANT-PROPOS

Dans le plan général de l'ouvrage dont ce livre fait partie, l'histoire des Teignes, à laquelle il est consacré, ne devait être présentée que beaucoup plus tard. J'ai cru devoir l'écrire dès aujourd'hui.

C'est que toute recherche scientifique passe par des alternatives d'activité et de sommeil, et l'étude des Teignes vient d'accomplir, dans les vingt années dernières, un immense progrès. Entre toutes les affections que la peau humaine peut présenter, les maladies de l'épiderme causées par des parasites cryptogamiques forment le groupe le plus clair et le mieux circonscrit. Or, les opinions de la Dermatologie ont évolué sur ce sujet. Il a été remanié de fond en comble, agrandi au delà de toute prévision.

On croyaitconnaîtreles Teignes en 1890; elles étaient, en réalité, presque inconnues de tous points. On ne savait guère que leur existence ; cliniquement on n'avait fixé que leur symptomatique générale. Et leur thérapeutique était au moins, pour la plupart d'entre elles, à peu près illusoire.

Avec les méthodes expérimentales, on a, depuis lors, repris leur étude par la base. Ainsi pouvons-nous écrire un livre qui n'aura presque rien de commun avec celui qu'on eût écrit sur le même sujet, il y a vingt ans.

On ne peut assurément considérer comme clos ce chapitre de la Dermatologie, et supposer terminée l'étude expérimentale des Epidermatophytes. II n'en est pas moins utile pourtant de sommer ce qu'on sait aujourd'hui des Teignes pour que les recherches à venir puissent s'appuyer dorénavant sur des faits dont il existe un exposé d'ensemble et une figuration explicite.

En outre, les Teignes ont, en ces dernières années, trouvé un mode de traitement, à ce point supérieur aux méthodes thérapeutiques d'autrefois, qu'on peut considérer celles-ci comme périmées désormais.

Depuis cinq ans, les Teignes sont devenues des maladies aisément curables; les Rayons X ont fait cette merveille, et c'est l'un des progrès les plus certains qu'ait accompli, en ces dernières année;?, la Dermatologie tout entière.

Toutes ces raisons montrent ce sujet comme ayant parcouru une étape dont il est nécessaire de fixer l'histoire, et c'est ce que ce livre a voulu faire.

Paris, 1er mars 1910.

R, Sabouraud.

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