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DÉFINITION DU MOT TEIGNE

Au début d'une étude générale des teignes, la première chose à faire est de donner de ce mot une définition, or cela ne se peut faire sans raconter son histoire.

C'est Bazin qui lui a donné le sens moderne qu'on lui attache aujourd'hui universellement ('). Bazin a voulu qu'on réservât ce nom aux maladies des poils causées par des parasites végétaux, mais avant de revêtir cette acception précise, ce mot en avait eu beaucoup d'autres, moins distinctes. Tous les vieux mots ont ainsi changé; de sens au cours des âges. Le mot teigne, qui est très vieux, n'a pas échappé à cette règle (*).

Il est né au cours de la décadence latine. Après avoir nommé, sous la plume d'Horace, les insectes qui rongent les laines et les livres, il en est venu peu à peu à désigner les poux et toutes sortes de vermine, enfin toutes les maladies sordides du cuir chevelu (3).

(1) C'est dans ses Recherches sur la nature* et le traitement des teignes (1855. p. Il) que Bazin, répondant à la question : Doit-on supprimer le mot teigne? écrit : <- Je pense qu'il y a de l'avantage à garder tce mot, comme expression générique, pour désigner tout un ordre d'affections contagieuses, propres au système pileux.... Je définirai la teigne : une affection des poils, produite ou entretenue par la présence d'un végétal parasite. »

(2) J'ai donné ses origines premières dans le second volume de cet ouvrage : Les maladies desquamatives : Pityriasis et alopécies pelliculaires, Masson et C'°, 1904, p. 8.

(3) C'est en ce sens que l'emploie l'évêque Fortunat, qui vivait à la cour du roi Sigebert, à Cologne, au vie siècle. Fortunali opéra omnia, 1786, t. II, p. 85.

Les grands médecins de la Renaissance italienne comme Mercuriali continuèrent, suivant la tradition du bas latin, à désigner par le mot de teignes toutes les maladies de la tête, uniformément ('). C'est en ce môme sens que l'employaient Guy de Ghauliac et toute notre vieille médecine du moyen âge, née de la médecine arabe qui ellemême était galéniste.

Tous les galénistes admettaient cinq types de teignes, qui se perpétueront avec leurs mêmes noms jusqu'au début du xixc siècle avec Alibert. De ces cinq teignes anciennes, deux seulement sont à considérer ici : la tinea lujjinosa, qui était le fa vus des auteurs modernes, et la tinea favosa, de favus (rayon de miel), nom qui désignait sans aucun doute, non pas la maladie qui est notre favus moderne, mais bien l'impétigo à croûte mielleuse (-).

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