‹ Les teignesChapitre 100 sur 155 · I. — FAVUS HUMAIN · texte numérisé non relu

I. — FAVUS HUMAIN

ÉTIOLOGIE CONTAGION

La maladie nommée Favus et dont l'Àchorion Schônleinii est la cause première, demande ordinairement pour naître un ensemble de causes accessoires dont le rôle, dans son étiologie, n'est pas négligeable.

On peut observer des cas de Favus nés en ville, et dans une classe sociale élevée; en général pourtant le Favus est une teigne rurale qu'on n'observe guère hors de la classe pauvre.

La contagion du favus est possible à tout Age sans doute, puisqu'on a pu obtenir des inoculations positives sur l'adulte, mais en pratique, on ne voit guère le favus naître qu'à l'âge scolaire. Il est rare chez les nourrissons, bien qu'on en ait vu quelquefois contaminés par leur mère. Il est plus rare encore chez l'adulte. Chez le vieillard il n'est que le reliquat d'une ancienne contamination.

La contagion se fait par l'école et par la famille ; souvent on trouve à l'origine d'un cas de favus une cohabitation étroite et prolongée d'un enfant sain avec un individu malade. Cette condition n'est jamais mieux réalisée que dans les familles pauvres où la sordidité et la promiscuité sont constantes.

Suivant les pays, le favus se présente à l'état d'endémo-épidémie permanente, ou au contraire par cassporadiques. Tel est le cas en nos contrées. On ne l'observe guère, dans la région parisienne, que par cas isolés ou peu nombreux, si bien que de bons auteurs ont pu douter jadis de la contagion ('). Et comme toujours, ceux qui niaient la contagion à l'origine du favus croyaient à l'hérédité de la maladie (2). Ces opinions d'auteurs qui étaient de bons cliniciens prouvent au moins que la contagion du favus n'est pas, dans tous les cas, aisée à suivre. C'est qu'elle peut ne pas survenir, même quand sont réunies toutes les

(') Alibert après l'avoir admise l'a révoquée en doute. Gibert admettait encore la naissance spontanée du favus. Cazenave qui croit absolument à la contagion ajoute : « Pourtant il existe des faits qui établissent d'une façon bien évidente que le favus peut se développer spontanément. » (Loc. cit., p. 249).

(-) Alibert disait (loc. cit., p. 502): « Les deux tiers des'individus qu'on a occasion de rencontrer dans les hôpitaux sont venus au monde avec le levain teigneux. >•

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