‹ Les teignesChapitre 113 sur 155 · VI. — Cultures de ô0 îours sur gélose peptonisée · texte numérisé non relu

VI. — Cultures de ô0 îours sur gélose peptonisée

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SABOURAUD. - Teignes

Maxson et Cie, Éditeurs

Phototvpie Bertliaud, Paris

INOCULATIONS DE L'ACHORION SCHONLEIMI. 537

lant des Trichophytons faviformes, leurs caractères différentiels. Les cultures les plus vivaces de l'Achorion Schônleinii, lorsqu'on les maintient en milieux sucrés, peuvent donner lieu à un duvet pléomorphique dont je parlerai plus loin(').

Inoculations. — Les inoculations qu'on peut faire avec le favus diffèrent dans leur but et dans leurs moyens. On peut se proposer de reproduire chez l'Animal ou chez l'Homme le favus de la peau, soit par l'inoculation de cheveux ou de godets faviques, soit par l'inoculation des cultures primaires de l'Achorion, ou encore par l'inoculation de sa forme pléomorphique duveteuse.

Certains ont essayé les inoculations intra-veineuses, intra-oculaires, intra-péritonéales du favus sur divers Animaux.

I. Lorsqu'on parle des inoculations expérimentales de l-Achorion banal, il faut bien savoir que ces inoculations seront bien plus faciles à réaliser en partant du cheveu ou du godet favique qu'en partant de la culture primaire. Lorsqu'on inocule le cheveu favique, il faut se servir de sa portion radiculaire seule qu'on implante dans un trou d'aiguille fait à la peau de l'Animal que l'on inocule. Lorsqu'on se sert du godet, c'est une particule centrale du godet que l'on insère dans une piqûre cutanée faite avec une aiguille fer de lance. Ces inoculations sont assez faciles. Elles donnent presque constamment un résultat positif, chez le Cobaye, par exemple.

Huit à neuf jours après l'inoculation, et alors que les traumatismes d'inoculation ont disparu, on voit naître une tache érythémateuse qui se recouvrira deux jours plus tard d'une croûte engainant les poils. Mais, sur le Cobaye, tout évolue en général comme une trichophytie expérimentale, sans formation de godets même microscopiques. Il y a pullulation mycélienne dans répiderme, dans le poil, puis tout rétrocède; au 25e ou 28e jour, la croûte tombe avec le poil, la tache reste glabre et achève de guérir au 50e jour; la repousse se produit un mois plus tard. Nous avons obtenu des godets chez le Cobaye avec d'autres Achorions que l'Achorion banal, mais pas avec lui.

Sur la Souris, l'obtention du godet est plus fréquente, mais je ne connais pas de méthode qui réussisse sans faute. L'insertion d'une

d'ensemencement, de petites colonies d'un blanc terne, non duveteuses, qui grandissent et deviennent, en trois semaines, de petits monticules blanchâtres, très irréguliers, sans duvet, et ne s'accompagnant pas de pigmentation du milieu, au moins dans les premiers temps.

Sur gélatine, l'Achorion Schônleinii donne une petite culture irrégulière, blanchâtre, non duveteuse. La liquéfaction ne commence qu'au 8e jour et est très lente. Semé sur lait, le Champignon cultive sans donner d'aspect spécial, mais il liquéfie la caséine assez rapidement de telle sorte qu'en trois semaines, un tube de dix centimètres cubes de lait stérilisé, maintenu à l'étuve à 37 degrés, est devenu transparent, ne contenant plus qu'un liquide analogue à du bouillon.

parcelle de godet maintenue avec un point de suture a donné des résultats à Bodin et à moi, mais sans régularité.

Quant à l'inoculation de la culture, elle est bien plus souvent négative, et on observe sur ce point des différences entre les cultures d'Achorion. Telles qui poussent lentement et pauvrement seront d'une inoculation quasi impossible, telle autre qui pousse vite et se développe mieux sera plus aisément inoculable. Néanmoins, les auteurs, en général, semblent considérer cette inoculation comme trop aisée. Aucun ne donne ses proportions d'insuccès, les miennes ont été, de 8 sur 10 avec la culture de l'Achorion Schônleinii.

L'inoculation de la forme duveteuse pléomorphique semble plus facile. Elle donne sur le Cobaye la lésion commune, impossible à différencier des plus pauvres que fournissent sur lui les Dermatophytes. La culture de retour est toujours la culture blanche, duveteuse et non la culture primaire du Parasite, ainsi que Truffî l'a constaté le premier. Truffî (') a obtenu sur lui-même, par l'inoculation au bras, de ce duvet blanc, et après 45 jours d'incubation, un godet typique qu'il laissa évoluer un mois et qui atteignit, en ce laps de temps, I centimètre 1/2 de diamètre (-).

Les inoculations du favus aux Animaux, faites en partant du godet favique, ont été innombrables, beaucoup faites avant l'avènement des méthodes expérimentales.

Citons Mourraud, de Lyon, 1859 (5) ; Kôbner, 18(>ï2-l8()5 (''); Conches, 1869(3); Saint-Cyr, 1869-1870; Horand et Vincent, 187-4(6); Recordon(7); Mégnin (8), Neumann (9), etc., parmi les expérimentateurs. Les Animaux expérimentés ont été la Souris, le Rat, le Cobaye, le Chat, le Lapin. Et sur tous ces Animaux ont été obtenus des résultats positifs.

Je ne citerai pas les modernes, j'en oublierais trop. A peine raentionnerai-je Unna et Bodin, parmi eux, comme ayant fait, sur ce sujet, le plus d'expérimentations. Quant aux essais de tuberculoses laviques expérimentales, ils ont été surtout tentés par Sabrazès. L'ingestion de cultures aux Souris a donné des résultats nuls, l'ino-

(') M. Truffî. Su una forma pleomorfica dell' Achôrion di Schônlein (Gaz. med. di Torino, LI, n° 3. 1900).

(-) M. Truffî. Recherches sur l'Achorion (IVe Congrès international de Dermal. et de Syph. Comptes rendus, p. 424).

(3) Mourraud. Cité par Saint-Cyr (Jour de méd. de Lyon, 1860. p. 595).

(4) Kôbner. Expér. relatées par Hardy. Article « Favus » du Nouveau Die. de méd. et de chir. prat. Paris, 1871, p. 547.

(s) Conçues. 6'. R: de la Soc. des Se. méd., 1869, et Ann. de Dermal., 1875-74, p. 255.

(6) Vincent. Th. de Paris, 1874.

(7) Recordon cité par Mégnin (Soc. cent, de méd. vét. Recueil, 1878, p. 852).

(s) Mégnin. Teigne laveuse à forme lycoperdoïde (C. />'. de In Suc. de IJioL, 1882, p. 252).

(9) Neumann. Loc cit., p. 501.

LA PLURALITE DES ACHORIONS. 539

cuïation dans la chambre antérieure de l'œil du Lapin a permis la rétroculture au oft jour. Le Lapin, inoculé par la veine auriculaire, est mort au 5e jour avec des granulations pulmonaires miliaires, où Ton retrouvait microscopiquement un peloton mycélien intra-vasculaire entouré d'une nappe de leucocytes dont la couche interne nécrosée (M- Ces expériences, reprises par Bodin, lui ont montré que les inoculations, en grande quantité,' de cultures broyées, amenaient la mort par embolies, et, en petites quantités, laissaient le Lapin survivre, malgré la production dans le poumon de formations pseudo-actinomycosiques locales.

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