‹ Les teignesChapitre 129 sur 155 · BIB · texte numérisé non relu

BIB

IwilS

SHMiwwÉ

Fig. 587. — Duvet blanc pléomorphique stérile du Microspovum cquinum. x 60.

;microsporum fulvum.

Microsporum falvum. — Mycologiquement, le Microsporum fulvum est le très proche parent des Microsporum lanosum, felineum, etc.... (fig. 588).

Sa culture est chargée de fuseaux multiloculaires en nombre infini,

Fig. 388. — Microsporum fulvum. Culture de six jours en bouillon maltosé. x 70. Les cartons x 260 montrent le détail des fuseaux et celui des filaments mycéliens.

obscurcissant le centre de la préparation et distincts seulement sur ses bords. Ces fuseaux ont la forme et le caractère de ceux des Microsporums animaux. Leur abondance semble plus grande encore que

culture primaire) de son Microsporum equinum, mais un imperceptible duvet blanc qui nait sur les bords de la culture primaire quand elle vieillit, car celuilà montre des thyrses sporifères. Et d'autre part, c'est en inoculant ce duvet soi-disant pléomorphique que Bodin a retrouvé à la culture de retour la forme primaire du Microsporum equinum, ce que nos expériences de contrôle n'ont jamais reproduit avec le duvet secondaire vrai et pur d'un Dermatophyte. En d'autres termes, le duvet inoculé par Bodin comme pléomorphique et qui portait des conidies devait appartenir à la culture primaire du Parasite. C'est pourquoi il montrait des conidies, et c'est pourquoi sa rétroculture était la culture primaire. Le vrai duvet pléomorphique de cette espèce est stérile, et après une inoculation positive aurait donné à la rétroculture le même duvet blanc pléomorphique.

ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DEHMATOPIIYTES

dans aucune autre espèce similaire. Et c'est la seule espèce où j'ai vu des fuseaux portés au nombre de douze à quinze sur une même tige mycélienne se terminant en pinceau pour les soutenir (fig. 289). De place en place les gros mycéliums radiés périphériques donnent

Fig. 589. — Microspovum fulvum. x 260. A, groupe de fuseaux. B. détail inycélien. C, organe

Modulaire.

lieu à de minces branches latérales contournées comme des cheveux Irisés et que nous avons observées en d'autres espèces. Enfin le long des filaments mycéliens on rencontre aussi un organe (figure 389, G) qui paraît extrêmement proche comme forme, structure et signification de l'organe nodulaire du Trichophylon (gypseum) lacticolor.

Microsporum villosum. — Les cultures en goutte pendante du Microsporum villosum présentent aussi tous les caractères mycologiques des Microsporums vivaces, avec leur centre criblé de fuseaux au point d'en être obscur. Du centre de la culture s'échappent des multitudes de rameaux mycéliens radiés, peu ramifiés (fig. 590). Souvent, autour de la culture première, de petites cultures secondes ont pris naissance, reproduisant les traits caractéristiques de la culture première. Enfin, un examen l'ait même à un grossissement faible (x 75) montre excentriquement de gros rameaux mycéliens composés ordinairement d'articles courts, subdivisés et ramifiés, comme un bois de cerf. Ces formes qui semblent être des formes de souffrance et de dégénérescence peuvent s'observer dans d'autres espèces et ne nous semblent en caractériser aucune (fig. 591).

Fig. 590. — Microsporum villosum. Culture de 10 jours en bouillon glucose, x 75.

A if o

Fig. 591. — Microsporum villosum. Arborescences mycéliennes terminales, x 260.

ETUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES

Microsporum pubescens. — Les cultures en goutte pendante du Microsporum pubescens le rattachent nettement au groupe des Microsporums vivaces. C'est toujours, sur le même réseau mycélien, la môme extraordinaire abondance de fuseaux multiloculaires montrant de 4-10

Fig'. 392. — Microsporum pubescens. Culture de six jours en bouillon glucose, x "260 diamètre;

loges et remplis d'un protoplasma granuleux. Plusieurs hérissés de fausses échinulations. On trouve aussi, disséminés dans la culture, surtout en son centre, les mêmes thyrses sporifères plus ou moins longs portant sur des branches primaires ou secondaires courtes, des conidies sessiles ou pédiculées, piriformes, quelquefois agglomérées en petites grappes.

MYCOLOGIE DE L'ACHORION SCHONLEINII. 695

MYCOLOGIE DES ACHORIONS

Il est extrêmement difficile de parler de la mycologie des favus. Il y a en ce moment, nous le savons, cinq parasites différents à qui l'on peut donner le nom (YAchorion.

C'est YAchorion de Schônlein qui fait tous les cas de favus du cuir chevelu de l'homme.

C'est YAchorion appelé Qi/inckeanicm par Bodin et YAchorion gypseum (1907), décrit par le même auteur. Enfin YAchorion gallinae de Mégnin-Sabrazès, tout récemment étudié par Suis, Suffran et moi. Le cinquième est YOospora canina de Sahrazès que je n'ai pas étudié.

Or, si l'on examine mycologïquement les quatre premiers de ces Parasites l'étude première ne montrera d'abord aucune parenté reconnaissable entre eux.

L'Achorion banal, comme toutes les cultures glabres, lisses, humides et verruqueuses que nous connaissons parmi les Dermatophytes, ne montrera que des mycéliums difformes et des chlamydospores intercalaires; l'Achorion de la Souris (Quinckeanum) et l'Achorion gallinae montrent nettement les formes mycologiques d'un Dermatophyte, mais elles les rapprochent de Microsporums tels que le Microsporum equinum par exemple.

Enfin (et ceci est encore plus étrange), la mycologie de YAchorion gypseum de Bodin le classe sans aucune hésitation parmi les Microsporums animaux, dont il a tous les organes différenciés.

Ainsi la première opinion mycologique concernant les quatre Achorions mycologiquement étudiés, est qu'ils ont entre eux peu de points communs. Cependant une enquête plus approfondie montrera, contrairement à l'opinion des premiers observateurs, que dans quelques cas les cultures en goutte de l'Achorion banal peuvent montrer des hyphes longues portant des conidies piriformes comme tous les Dermatophytes et ne permet pas de le classer parmi les Oospora, comme on l'avait jadis supposé.

L'Achorion banal sera donc considéré parmi les autres comme le Trichophyton violaceum parmi les autres Trichophytons, c'est-à-dire comme une espèce à culture glabre dont les hyphes sporifères ne se développent que rarement et mal.

Dans ces conditions on doit, semble-t-il, conclure : que les Acho-

ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES

rions, s'ils donnaient leur fructification externe complète, seraient placés par elles à côté des Microsporums (').

ACHORION SCHONLEINII

Quand on examine des cultures de Y Achorion Schonleinii sur milieux solides après dilacération, on n'y trouve que des mycéliums

Fis. 393.

Achorion Schonleinii. Éléments de la culture en goutte à développement tardif. X 260.

grêles et contournés, des amas de spores endogènes comprises dans des filaments mvcéliens dégénérés et tous ces éléments sont si grêles.

(') On pourrait évidemment conclure inversement que V Achorion Gypseum n'est pas un Achorion, cpje c'est un Microsporum du type des Microsporums animaux, mais que certains Microsporums animaux peuvent, sous l'influence de causes accidentelles, donner lieu à des godets vrais.

Cette opinion reviendrait à dire que le godet est une possibilité de Dermatophytes divers, non seulement d'espèces mais de groupes différents (!) et que le godet n'est pas caractéristique du favus, c'est une opinion dont nous avons montré plus haut le peu de fondement

Ce qu'il faut bien comprendre surtout c'est qu'en ces matières il est difficile d'éviter la logomachie. Quelle définition avons-nous d'un Achorion? Nous n'en avons aucune qui soit sans reproche. Définir un Achorion par sa culture en éponge n'est pas possible, puisque nous avons des Achorions ou du moins des Dermatophytes qui donnent des godets et qui sont duveteux.

Définir un Achorion par l'aspect clinique de la lésion et ses godets ne donne

MYCOLOGIE DE L'AGHORION SCHONLEINII. 697

si pauvres, qu'on n'en peut tirer aucun renseignement utile. Donc, en

Fig. 394. — Achorion Schonleinii. Chlamydospores intercalaires ou pédiculées. x "260.

ce qui concerne l'étude mycologique du favus, les cultures en goutte suspendue sont nécessaires.

Pour en obtenir de bonnes il faut choisir avec grand soin la culturepas à l'esprit toute satisfaction puisque on peut prendre un favus herpeticus pour une trichophytie, puisqu'il y a des favus certains sans godets, et enfin puisque certains Parasites comme l'Achorion gypseum donnent lieu tantôt à des godets, tantôt à des cercles et tantôt même à un kérion.

Définir un Achorion par l'aspect de son Parasite dans le poil, étant donné ce que nous savons de la constance générale du type parasitaire dans le poil, serait sans doute la méthode de choix, mais nous en avons encore trop peu d'exemples pour conclure sur ce point avec certitude.

Dans ces conditions, rien n'est facile comme de jouer sur les mots d1 'Achorion et de Godet et de donner aux faits connus toutes les explications possibles entre lesquelles, faute de définition, nous ne pouvons choisir aucune fermement.

Nous croyons, quant à nous, préférable pour le moment, de considérer, comme des Achorions tous les Dermatophytes donnant lieu même inconstamment à des godets, et nous en avons plus haut donné les raisons.

ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DËRMATOPHYTES

mère qui servira de reproducteur. Les cultures de favus humain, quoique d'espèce semblable, diffèrent beaucoup de vitalité. Une l'ois

Fig. 595. — Culture jeune de Y Achorion Schonleinii uniquement composée de fausses spores en chaîne. Type : Oospom. x 260.

sur vingt, on en trouvera une de développement rapide, c'est celle-là qu'il faut choisir.

On peut poser en principe, que toute culture en goutte dont le

Fig. 596. — Début d'une bonne culture en goutte de V Achorion du favus; culture de deux

jours. (Obj. 7, ocul. 2.)

développement n'est pas manifeste après trois jours ne donnera au microscope que des résultats insignifiants.

MYCOLOGIE DE L'ACHORIQN SCHONLEINII. 699

Car si on examine ces cultures lentes et pauvres, on les observe

H. Cil/et

Fig. 397. — Culture en goutte del'Achorion Schonkinii, après six jours, — Formes amiboï des.

(Obj. 7, ocul.2).

uniquement composées de chlamydospores en chaîne, ou de fila-

Fig. 598. — Achorion Schonleinii. Tètes de clou (Chlamydospores pédiculées), dans des cultures en goutte en milieux sucrés, x 260.

ÏTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES.

ments atrophiques, sur lesquels des chïamydospores intercalaires ou pédiculées (fig. 594).

L'étude des Trichophytons et des Microsporums nous en a montré de semblables. Ce sont des types de reproduction de souffrance ou de suppléance, extrêmement peu importants quant aux déductions qu'on en peut tirer touchant la classification botanique d'un Champignon.

Ce sont pourtant les seules formes botaniques que presque tous les auteurs précédents ont décrites chez l'Achorion. Mais il n'en est poinl

Fig. 399. — Achorion Schônleinii. Chandeliers faviqucs. x 260.

ainsi lorsque nous examinons une culture jeune, à développement rapide ; alors nous verrons les éléments qui en ont été la semence donner lieu à des filaments mycéliens épais, immédiatement ramifiés (fig. 596, 597).

Ces filaments mycéliens sont de diamètres extrêmement dissemblables, ils n'ont pas d'unité morphologique stable, leurs filaments se ramifient « en bois de renne » avec des rameaux quelquefois plus larges que le mycélium dont ils sont issus. On dirait un développement « amiboïde », tant les filaments mycéliens défient toute description morphologique précise. C'est dans ces cultures vivaces, qu'on peut trouver les plus belles formes de fructification. A l'œil et à l'esprit elles évoquent l'idée d'une « plasticité » singulière, d'un êtr|

MYCOLOGIE DE L'ACHORION SCHONLEINII. 701

en évolution. Ces cultures, quand elles sont une fois parvenues à cette

Fig. 400. — Ackorion Schonleinii. Organes pectines, x 260.

plasticité spéciale, peuvent subir de très nombreuses transformations.

Fig. 401. — Achorion Schonleinii.

Chlamydospores rappelant l'organe nodulaire du Trichophyton. x 260.

ÉTUDE MYCOLOGIQUE DES DERMATOPHYTES

1° Tantôt le long- des mycéliums naissent de longs filaments à peine septés terminés par un renflement conoïde : « têtes de clous faviques », déjà mentionnés par les auteurs (fig. 598).

2° Tantôt les terminaisons mycéliennes en massue et en fuseaux'se multiplient sur toute la périphérie de la goutte pendante. Ces renfle-

Fig. 40-2. — Centre de formation mycélienne provenant du bourgeonnement d'organes

nodulaires. x 260.

ments terminaux, souvent bifurques près de leur terminaison, sont quelquefois réunis en bouquets dénommés autrefois : chandeliers faviques (fig. 599).

5° D'autres fois, les filaments mycéliens, loin de se gonfler en massue, s'effilent, s'allongent, se contournent et donnent lieifà des

• «ïKk

%Êtî

Fig. 40ô. — Cultures en goutte de YAchorion Schonleinii (6 joursj. Formation des conidies (Obj. 1/2, ocul. 2.)

Fig. m.

Spores externes, déhiscentes

de YAchorion Schonleinii. x 260.

rameaux secondaires disposés en dents de peigne, et d'une multiplicité incroyable. C'est une disposition qui rappelle l'organe pectine des Microsporums (fig. 400).

•4° Les chlamydospores intercalaires existent même dans les cultures en goutte à développement rapide de l'Achorion; on les y voit souvent réunis en amas contournés rappelant l'organe nodulaire de certains Trichàphytons microïdes et du Microsporum fulvum (fig. 401).

5° Enfin, on peut, en certaines de ces cultures en goutte, obtenir la

MYCOLOGIE DE L'ACHORION SCHONLEINII.

sporulation externe du Favus, et cette sporulation s'effectue suivant le type même que montre la sporulation des THchophytons et celle du Microsporum Audouini (fig. 405, 404).

Les spores externes du Favus sont implantées directement sur un

Fig. 405.

Spores externes de YAchorion Schonleinii . (Obj. 7, ocul. 2. Leitz.)

Déhiscence des spores.

mycélium terminal, ou sur des rameaux secondaires. On peut les voir même au nombre de deux ou trois supportées par un pédicule très grêle trifurqué. Leur forme est régulière, elles sont toujours piri-

Fig. 406. — Organe de fonction inconnue observée à la périphérie d'une culture d'Achovion très active (7e jour). (Obj. 1/12, ocul. 2. Leitz.)

formes ; leur dimension est plus variable que chez le Trichophyton, elle varie du simple au double. Cette fructification est irrégulière; de-ci, de-là une spore manque et est remplacée par un bourgeon mycélien. Il est à remarquer enfin que ces spores sont très facilement déhiscentes et qu'on trouve souvent, autour d'un mycélium veuf,

1 vx \

SMk

^^^^"T/O^l JHv^M^

^jf^

^Kb^ii/à^ ÎTv;

/ >V Mr^nt

Sj

^ip

Jp

/\L V/li

%Mn

WÊ

CT

MlMff

Wffli

fc

VA TmW \

4L i wx j\

VA

~^-Vî/ 77 Ib5*^

xf 1

ikCbiW

1/ xj jj/v

}A\ok5

SlX

Page 1