INSTRUMENTATION ET APPAREILS
Je dois exposer de quelle instrumentation nous nous sommes servis d'abord pour parvenir au but cherché. Et voici un géométral qui en représente fort bien la disposition.
La force électrique nécessaire pour actionner tout le système est minime, elle correspond à une lampe ordinaire de 10 bougies. La prise de courant sur un secteur électrique est donc banale.
Le courant passe d'abord par un rhéostat (I) dont le but est d'amorcer graduellement la mise en marche d'une dynamo (2) en créant le champ magnétique nécessaire à sa rotation, sans secousse électrique capable de brûler son induit. On y eût ajouté un commutateur si notre courant, au lieu d'être continu, eût été alternatif. Notre dynamo de 5/4 de cheval actionnait une machine statique à 12 plateaux de 75 centimètres de diamètre qu'elle faisait tourner à raison de 950 tours à la minute. Le courant de haute tension ainsi produit, recueilli par les condensateurs de la machine statique, est transmis par deux fds conducteurs bien isolés aux deux pôles de l'ampoule.
Sur le trajet de ces conducteurs est interposé, en court circuit, un spintemnètre (9), dont récartement mesure, en centimètres d'étincelle, la résistance du milieu intérieur de l'ampoule au courant qui la traverse.
Toutes les ampoules à rayons X, dont le vide est pratiqué à l'hydrogène, offrent cette particularité que le passage des rayons X y raréfie les traces d'hydrogène qui y sont restées, et qui facilitent, par la conductibilité de ce gaz, le passage du courant. Donc, pour que le débit de rayons X demeure constant dans une ampoule, il faut lui restituer perpétuellement les traces d'hydrogène que son travail lui fait perdre. Pour cela Villars a modifié l'ampoule de Crookes par un dispositif des plus ingénieux. Sur une effilure latérale de l'ampoule il a soudé le bout ouvert d'un tube de platine fermé par son autre extrémité, à la façon d'une bougie filtrante. Quand la résistance de l'ampoule augmente, on chauffé avec un brûleur Bunsen ce caecum de platine. Il rougit, devient poreux et laisse rentrer dans l'ampoule un peu de l'hydrogène libre de la flamme.
Mais on pourrait rendre ainsi l'ampoule de Crookes beaucoup trop molle et le spintermètre n'en laisserait rien savoir. C'est ici qu'intervient un autre appareil de mesure : le radio-chromomètre de Bcnoist. Cet appareil a la forme d'un escalier tournant dont les marches sont
taillées dans un bloc d'aluminium et dont le giron est occupé par une mince lame d'argent transversale. On conçoit que des rayons X qui
Fig. 418. — Géométral de l'appareil radio thérapique.
1. Rhéostat placé au niveau de la prise du courant sur le secteur de la ville.
2. Dynamo correspondant à 3/4 de cheval-vapeur, ô. Sa poulie de transmission.