HP
Fig. 15. — Cheveu microsporique examiné sans coloration ix 260) au niveau de sa partie radiculaire. On peut voir que I'écorce de spores est enveloppée d'une gaine hyaline continue qui la maintient dans sa forme.
gaine de spores, n'étant plus contenue par elle, devient plus irrégulière, moins égale, grumeleuse. Les spores ne forment plus, autour du cheveu, une gaine régulière, mais par places elles manquent, et, en d'autres points, elles sont agglomérées par petits paquets. Ainsi la gaine de spores s'écaille^ s'effrite et disparait, d'abord par places, puis tout à fait, laissant la surface du cheveu raboteuse, parsemée de spores isolées. A l'œil nu, le cheveu a perdu son écorce grise, il est devenu d'un diamètre moindre, d'une couleur terne, jaune grisâtre. Cet aspect correspond à un étal de vétusté du parasite et du parasitisme, mais il
MICROSPORÛM AUDOUINI.
demande à être décrit, d'autant plus que c'est presque toujours cet aspect du cheveu microsporique que les anciens auteurs avaient vu exclusivement et figuré. En décrivant cet aspect en 1895 ('), je disais :
« Le cheveu, débarrassé de la majeure partie de ses spores, montre une surface rappelant l'écorce régulièrement craquelée de certains arbres, celle de l'ormeau, par exemple, dont les parties saillantes forment des losanges très allongés. »
(Voir fig. 15 et 1(3.) Et je reproduisais ainsi sans le savoir une comparaison que Devergie avait faite déjà :
« Si l'on examine le cheveu malade au microscope, et que l'on prenne surtout un des cheveux cassés du centre de la plaque, on voit que toute sa surface est tracée de sinuosités linéaires avec ou sans spores, qui lui donnent l'aspect d'une écorce de chêne (2). »
Le cheveu ne montre plus alors que des résidus et des vestiges de son écorce sporulaire ; sa surface est devenue rugueuse, ses bords sont comme déchiquetés, il a l'air usé, diminué de volume, et il se termine par un bout obtus, fibrillaire, en balai.
En outre, l'écorce sporulaire ne dissimulant plus le corps du cheveu, on peut apercevoir dans son épaisseur, en nombre variable mais ordinairement restreint, et seulement par places, des tubes mycéliens incolores de 2 à 5 j/. de diamètre, allongés dans le sens du cheveu et disséminés dans son épaisseur. Ces tubes mycéliens,
toujours plus difficiles à suivre de l'œil que ceux du favus ou des Trichophytons endothrix, sont un peu sinueux, non tout à fait rectilignes.
Ils sont irrégulièrement coupés de septa tantôt proches (2-5 p.) tantôt distants (5-8 p.), toujours peu visibles. Ces détails, qui s'obser-
(') Sabouraud. Sur une mvcose inno'minée. Annales déJ'V Institut Pasteur, 1893. p. '218.
(2) Devergie. Traité pratique des maladies de la peau, IIe édit. , 1857, p. 543. Le texte de Devergie est accompagné d'une figure qui représente évidemment cet aspect du cheveu microsporique et qui est, comme le dit Devergie, « très fidèle ».
Fig. 1(5. — Cheveu microsporique examiné dans sa portion aérienne, près de son point de fracture. L'écorce de sporules qui l'enveloppait est presque toute désagrégée. Sans coloration x v260.
164 MICROSPORIES.
vent assez aisément dans les préparations faites à la liqueur potassique, disparaissent presque complètement, si le cheveu est monté dans la glycérine (').
Le mycélium du Microsporum Audouïni dans le cheveu. — « Il y a deux façons de décrire le parasite Microsporum, a écrit Bodin(2) : on peut le décrire tel qu'il est, reconstituant ainsi le champignon dont on ne peut voir en même temps toutes les parties. C'est la description de Gruby. »
« Ou bien on peut le décrire, comme un premier examen le montre, à l'observateur non prévenu, c'est ce que la grande majorité des cliniciens, moins immédiatement soucieux du vrai que de l'utile, préféreront; telle est la description de Sabouraud. »
En réalité, des centaines de médecins ne verront du Microsporum Audouïni que ce que j'en ai décrit plus haut, pour un seul dont la curiosité scientifique recherchera ce qui va suivre.
Si l'on veut prendre de la forme du Microsporum Audouïni dans sa vie parasitaire une vue plus complète, il faut l'examiner sur un cheveu malade retiré entier : « Il faut chercher, sur les bords d'une plaque en activité, [un cheveu engainé dans sa partie aérienne et que l'épilation cependant extirpera en totalité avec son bulbe pilaire. Qu'on porte un tel cheveu sous le microscope, on verra que la gaine parasitaire dans sa partie radiculaire s'amincit progressivement. A un ou deux millimètres de l'orifice pilaire, cette gaine, jusque-là complète et sans interstices, ne montrera plus, sur la racine pilaire, que des îlots de spores, îlots séparés par de larges intervalles. Et plus bas, la racine tout à fait normale ne montrera plus aucune spore (3). »
C'est sur un cheveu, retiré ainsi tout entier, que la disposition du mycélium parasitaire inclus, dans le cheveu, apparaîtra. Pour le mieux voir, on peut d'abord décortiquer le cheveu de sa gaine de spores, artificiellement : « on place le cheveu dans une goutte de la solution de potasse à 40 pour 100, on le recouvre d'une lamelle, puis on désagrège sa gaine de spores, en frottant légèrement la lamelle contre la lame, sans écraser le cheveu, et cela pendant assez longtemps pour
(') Lorsqu'un cheveu de microsporie est resté très long et se trouve, par vétusté, dépouillé de sa cuirasse de spores, si les filaments mycéliens toujours assez rares sont visibles sur de grandes longueurs, surtout si leur trajet est rempli d'air et visible dans la préparation comme un fil d'argent, on peut être conduit, par la figure microscopique qu'on observe, à prendre un reliquat de microsporie pour un reliquat de favus. L'examen d'un autre cheveu, surtout au niveau de son émergence de la peau ou dans sa partie radiculaire, lèverait tous les doutes.
(2) Bodin. Les teignes tondantes du cheval, et leurs inoculations humaines, 1895, p. 25 et 50.
(3) R. Sabouraud. Sur une mycose innominée, p. 95.
MICROSPORUM AUDOU1NI. 165
que le liquide compris entre les deux feuilles de verre prenne une teinte opaline autour du cheveu, ce qui annoncera la désagrégation des spores périphériques. On enlève alors le cheveu, ce qui se fait sans difficulté, car il doit avoir gardé sa consistance relative, et on le porte dans une autre goutte de la solution de potasse, sur une nouvelle lame ('). »
Mais cet artifice n'est pas absolument nécessaire, car le mycélium intra-pilaire est d'autant plus intéressant qu'on l'examine sur un point plus inférieur du cheveu, où l'écorce sporulaire raréfiée le masquera moins. Mon texte de 1894 continuait ainsi : « Qu'on chauffe alors la lame avec précaution, sans aller jusqu'à l'ébullition, mais assez pour qu'on puisse écraser le cheveu par une légère pression sur la lamelle. Si alors on examine la préparation avec un objectif n° 9 de
Leitz, ou mieux avec un objectif à immersion j~ on observera que
ce cheveu, qui semblait si intact quand il était entier, est rempli de tigelles d'une extrême ténuité. Les plus grosses qui sont les plus rares ont le diamètre des spores, à peine 2 [x.... Sur les plus grosses tiges... on voit nettement les septa mycéliens, distants de 15-18 ja, environ, et aussi la paroi de ce tube mycélien, paroi marquée par un bord mince très légèrement ombré. » « L'examen dans l'eau ou dans la solution de potasse ou dans l'acide formique, montre ces détails avec la dernière évidence, alors que toutes les préparations montées dans la glycérine ne les montrent pas (2). »
Cette description était incomplète; elle a été complétée depuis, je la reprendrai en traitant du mode d'envahissement du cheveu par le parasite.
Brièvement on peut dire que le mycélium du Microsporum Audouïni plonge verticalement dans le cheveu vers sa racine, ses rameaux se multipliant de place en place par dichotomie. Les rameaux secondaires gardent le même diamètre que les premiers. Sans coloration ces filaments paraissent rarement cloisonnés. Ils le sont plus qu'ils ne le paraissent, ce qu'on prouve en les colorant. Leur direction est verticale et descendante mais onduleuse, leur forme sarmenteuse. Plus on examine un point inférieur de la racine du cheveu, plus ces mycéliums sont nombreux, plus ils sont fins, moins ils sont cloisonnés. Enfin, au-dessous du point où se termine la gaine de spores, un peu au-dessus du bulbe pilaire, le mycélium est devenu un pinceau compact de tigelles mycéliennes flexueuses qui remplissent le cheveu, et viennent affleurer sa surface sous les dernières sporules de la gaine (3).
(') Sabouraud. Trichophyties humaines, 1894, p. 217.
(2) Ibid., p. 218-219.
(3) « Lorsqu'on prépare un fragment détaché de l'écorce sporulaire, il n'est pas
MTCROSPORIES.
Ces tigelles descendent dans le cheveu plus bas que la gaine de spores, et se termine comme une frange pendante (frange d'Adamson).
Il n'est pas inutile, pour terminer, de résumer cette description, car elle est forcément compliquée. Pour cela je compléterai simplement le premier schéma que j'avais fait du cheveu microsporique.
Au premier examen, avais-je dit, il apparaît comme un tube de verre extérieurement enduit de colle et roulé dans du sable fin. Car ce qu'on voit d'abord, c'est sa cuirasse microsporique.
Mais, dans ce schéma, le mycélium intra-pilaire
du Microsporum serait représenté par le chevelu
d'une racine qui se serait développée dans le
tube de verre jusqu'à se terminer en bas par un
', pinceau de radicelles.
Ce schéma donnerait une idée simple et exacte de la structure du Microsporum Audouïni dans le cheveu, si l'on ajoute : que le bulbe du cheveu vivant n'est jamais envahi, que la frange de radicelles mycéliennes s'arrête immédiatement audessus de lui, que la cuirasse de sporules ne commence qu'un peu plus haut, laissant voir sans obstacle la frange mycélienne terminale pendante au-dessus du collet du bulbe pilaire. C'est ce que Fox et Blaxall avaient représenté par le schéma ci-contre (fig. 17).
Cultures du Microsporum Audouini. — Les premiers essais systématiques des cultures des Dermatophytes en 1892 rencontrèrent le Microsporum Audouïni et le Tfichophylon crateri forme. C'est cette séparation première qui ruina le dogme de l'unicité trichophytique admis à peu près sans conteste jusque-là.
En France, cette différenciation est, en effet, la plus facile à vérifier; les enfants atteints de ces deux tondantes se comptent encore par centaines. En outre, la culture du Microsporum Audouïni est
rare de trouver entre les spores des débris sigmoïdes de ces tigelles qui semblent faire partie de l'écorce sporulaire elle-même. •■ Sur une mycose innominée. Annales de l'Institut Pasteur, 1894, p. 94.
Fig. i;
MICROSPOHUM AUDOUINI. 167
aisée; à la seule condition que l'on opère proprement, « la grande majorité [des cultures directes] sera pure d'emblée de toute association bactérienne et aussi de toute association cryptogamique('). »
En outre, cette culture se conserve quasi indéfiniment sur les milieux nutritifs les plus simples, sans montrer aucune de ces dégénérescences pléomorphiques qui, pendant si longtemps, ont obscurci la question des Dermatophytes.
Enfin l'examen microscopique des cheveux parasités permettait de différencier le Microsporum Audouïni des Trichophytons et corroborait la différenciation faite par les cultures.
C'est pour toutes ces raisons que le Microsporum Audouïni, en France et en Angleterre, a été l'espèce cryptogamique autour de laquelle les idées dermatologiques ont évolué et qui les a fait changer d'orientation entièrement.
Notons aussi que les espèces de Microsporum, différentes du Micros porum Audouïni, sont en infime minorité par rapport au nombre des cas de Microsporum Audouïni du type ordinaire, à ce point que l'on a considéré quelque temps le Microsporum Audouïni comme une espèce unique. Et cela a facilité la progression des idées en ces matières en ne montrant toute leur complexité que peu à peu.
Tout naturellement, mes premières communications insistaient surtout sur les caractères de culture du Microsporum Audouïni sur des milieux faciles à préparer, que tous les laboratoires connaissaient et employaient communément.
« La culture la plus caractéristique que l'on puisse obtenir du Microsporum A udouïni, disais-je, est la culture en strie sur pomme de terre. En sept ou huit jours, la strie est devenue une traînée grise, puis d'un brun rougeâtre rappelant une traînée de sang qui aurait pénétré le milieu, par imbibition, sans faire aucun relief à sa surface. Au bout de dix ou douze jours, sur cette strie, commence à paraître un duvet rare et court qui s'épaissit par place en petit bouquets. Sur ce milieu la végétation de ce cryptogame est pauvre. Cependant j'insiste sur la grande valeur de ces cultures, et voici pourquoi ; c'est que, sur le même milieu le favus produit une culture saillante et tourmentée, de surface contournée, cérébriforme, d'une consistance rappelant celle de la pâte de carton et le Trichophyton [de la tondante trichophytique ordinaire] une mince couche plate poudreuse, d'un jaune brunâtre (2). »
Sur les milieux d'épreuve formulés en 1894, milieux maltosés ou glucoses, les cultures du Microsporum Audouïni sont très caractéristiques. Sur gélose maltosée, elles commencent par un petit disque de
(') Sabouraud. Sur une mycose innominée. Annales de l'Institut Pasteur, 1 89." février, p. 97.
(-) Sur une mycose innominée, p. 97-9S.
168 MICROSPORIES.
duvet blanc, portant, au centre, une acumination minime qui signale le point où la semence fut déposée. Cette culture, à la température moyenne du laboratoire, naît au quatrième ou cinquième jour, elle atteint cinq centimètres de diamètre en un mois. Elle peut atteindre au double, en deux mois, si les dimensions du matras lui permettent d'y parvenir (PI. II, fig. i).
Le duvet des premiers jours est d'un blanc pur, mais, plus la culture vieillit, plus ce duvet paraît court et serré, la culture est comme un tissu de laine à poil ras, et sa couleur devient d'un blanc moins parfait et comme grisâtre.
En même temps qu'elle pousse, la culture forme souvent des sillons radiés réguliers, trois ou quatre, partageant la culture en autant de secteurs. Et quand elle vieillit, de nouveaux sillons intercalaires, plus petits, se forment jusqu'au nombre de dix environ (PL II, fig. i2 et i3).
Lorsqu'une culture dépasse huit centimètres, ses plis s'effacent et elle montre des cercles concentriques, alternativement plus ou moins duveteux. La dimension de ces cultures a empêché de les reproduire. Sur gélose glucosée, la culture a la consistance et l'aspect d'un feutre ; la face dorsale des grandes cultures montre, en leur pourtour, un liséré rougeàtre assez marqué, visible aussi par transparence, et qui peut être presque glabre en surface. Sur gélose maltosée et sur gélose glucosée, les cultures du Microsporum Audouïni sont presque identiques.
Sur de très vieilles cultures du Microsporum Audouïni en milieux sucrés, on peut voir naître, à la longue, quelques touffes isolées de duvet dont l'aspect est très analogue à celui des duvets pléomorphiques de beaucoup de Dermatophytes. J'ai cultivé ces duvets, plusieurs fois et en série, sans parvenir à me convaincre qu'il s'agit d'une forme pléomorphique vraie; le fait est possible cependant, mais la différence objective entre la culture primaire et la culture pléomorphique serait alors très légère (J).
Comme presque tous les Dermatophytes, le Microsporum Audouïni pousse à la température du laboratoire, autour de 15° centigrades environ; et si on met ces cultures à l'étuve, celle-ci ne doit pas dépasser 22° à 25°. A de plus hautes température la culture s'altère.
La durée de vie du Microsporum Audouïni en pratique n'est limitée que par la dessiccation du milieu. J'ai repris des cultures vivantes, après dix-huit mois, sur des tubes de gélose préservés de la dessiccation par un capuchon de caoutchouc.
Inoculations. — Dans ma première étude expérimentale du Microsporum A udouini, je n'avais pu obtenir de ce parasite aucune ino-
(') Je reparlerai de cette question à propos du Microsporum vetveticum, p. 170.
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SABOURAUD. — Teignes.
Planche II
Masson et Cie, Éditeurs
Phniotypie Berthaml Paris
MICROSPORUM AUDOUINI. 169
culation positive à l'animal. Quant aux inoculations à la peau glabre de l'homme, elles avaient donné lieu à « de légères rougeurs, non circinées, accompagnées d'une légère exfoliation épidermique... lésions en tout semblables aux efflorescences épidermiques qui accompagnent très rarement... l'évolution de cette tondante » (').
Depuis lors, la question de l'inoculabilité du Microsporum Audouini a toute une littérature. Parmi les auteurs, les uns, comme Bodin, ont reproduit mes expériences et avec un semblable insuccès (2). D'autres, comme Courmont en France (3) et Mario Truf'fi (4) en Italie ont affirmé avoir inoculé ce parasite à l'animal.
L'an passé, j'ai repris les inoculations au Cobaye du Microsporum Audouini de l'enfant, en prenant des Cobayes naissants, en utilisant des cultures adultes, des cultures vieilles. Je n'ai pas obtenu un résultat positif, quel qu'ait été le procédé : frottis, scarifications, et même insertion de culture dans le trou d'une piqûre d'aiguille un peu grosse (3).
Une seule fois j'ai obtenu un résultat positif, en implantant un cheveu microsporique de l'enfant dans un trou fait à la peau du Cobaye avec une aiguille ; cette opération est des plus aisées à réaliser.
A partir du dixième jour qui suivit, il se produisit une lésion squameuse, arrondie, très parasitaire d'aspect et très durable, qui atteignit à un centimètre de diamètre et ne commença à s'éteindre et à disparaître qu'après vingt-cinq jours, plus d'un mois après l'inoculation. L'examen microscopique des squames et des poils ne montra aucun élément parasitaire, mais des ensemencements, pratiqués au vingt-huitième jour, me donnèrent deux cultures positives de Microsporum Audouini sur douze. J'ai donc obtenu par cette méthode une inoculation positive au Cobaye, mais sans avoir pu donner la preuve de sa nature par l'examen microscopique.
M. Truffi m'a écrit pour me confirmer la certitude qu'il avait de l'inoculabilité du Microsporum Audouini au Cobaye et l'impossibilité de mettre en doute les résultats positifs de ses inoculations.
Étant donné d'autre part que l'inoculation du cheveu microsporique de l'enfant peut donner lieu sur le Cobaye à une lésion effective, certifiée par la rétroculture, je suis conduit à penser que certaines cul-
(') Sabouraud. Sur une mycose innominée... etc.... Annales de l'Institut Pasteur, février 1893, p. 103-104.
(2) E. Bodin. Les Champignons pathogènes de l'homme. Encyclopédie Léauté, p. 136-137.
(3) P. Courmont. Inoculation à l'homme du Microsporum Audouini. Comptes rendus de la Société de Biologie, 13 juin 1896, p. '201. De l'inoculabilité à l'animal du Microsporum Audouini. Province médicale, 1896, n° 28, p. 326.
(») Mario Truffi. Sulla tigne, 1902.
(3) Sabouraud. Nouvelles recherches sur les Microsporums. Annales de Dermatologie, mars 1907, p. 176.
170 MICROSPORIES.
tures de Microsporum Audouini sont inoculables au Cobaye, peutêtre lorsqu'elles ont été récemment extraites d'une lésion active de l'enfant, ou bien lorsqu'elles montrent à la culture une vitalité inaccoutumée, car il y a quelques légères différences, sur ce point, entre les cultures de diverses provenances; ou encore lorsque la culture provient d'une épidémie au cours de laquelle le parasite a renforcé sa virulence. Mais je persiste à dire, d'après mes expériences, que l'inoculation positive des cultures du Microsporum Audouini au Cobaye est exceptionnelle et que cette inoculation reste négative dans le plus grand nombre de cas.
L'intérêt de cette question est d'ailleurs limité puisque l'inclusion dans la peau du Cobaye d'un cheveu microsporique banal de l'enfant produit une inoculation positive indubitable.
En outre, l'inoculabilité spontanée du Microsporum Audouini de l'enfant à ranimai semble certaine puisque Suis, étudiant les teignes spontanées du Chien, a pu retrouver sur le Chien, une fois sur seize cas de teigne, le Microsporum Audouini banal dans une lésion de microsporie authentique. J'ai confirmé moi-même la culture directe ainsi obtenue.