M1CR0SP0RUM AUDOUINI
existent dans des plans différents, il arrive qu'un filament mycélien n'est jamais au point, en même temps, sur une grande longueur. Ce caractère s'oppose assez à la direction souvent reetiligne des filaments trichophy tiques.
Un deuxième caractère également notable, c'est que les filaments onduleux du Microsporumdans l'épiderme corné portent fréquemment des protubérances latérales plus ou moins accentuées (fig. 9).
Enfin un caractère apparent remarquable est la rareté des cloisons transversales sur le trajet des mycéliums. Ce dernier caractère, qui
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Fig. 9. — Mycélium du Microsporum Audouïni dans la s/juame, au cuir chevelu. — Examen sans coloration. Dissociation de la squame dans l'acide formique. Lavage à l'eau et montage dans la glycérine, x 2fi0. Le carton représente un point de la préparation à un gros sissement de 750 diamètres.
n'est qu'apparent, a été donné comme réel par Fox et Blaxall('). Mais sur des préparations colorées, il est aisé de voir (fig. 10) que des filaments, dont les cloisons S3mblaienttrès éloignées l'une de l'autre, sont en réalité septés à de très courts intervalles, par des cloisons qu'on ne voyait pas, et qui séparent le fila nsnt mycélien en des cellules rectangulaires à peine deux fois plus longues que larges. Ce caractère apparaît constant.
(') In microspjruna, wather in the macules of glabrous skin, or the scalp, or n the hair follicle, the mycélium is, as a rule, segmented only at longs inter-
a \>lm.kj iniii iviiiLiv, ijii^ ni>i.uiiuiii 10, aa d iuic, r5*3giiic;iiL^»-i unir ai- iv7iic,o luiv^i-
als or appears quite plain though it often branches irregularly in a characteistic way. C. Fox and F. Blaxall. Some remarks on Ringworm. British mr-
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ristic way. . .
dical Journal, 2 décembre 1899, p. 4 du tirage à part
MICROSPORIES.
On remarque en outre, sur des préparations colorées, que les filaments du Microsporum apparaissent plus petits, et que leurs sinuosités onduleuses sont devenues des zigzags brusques.
Lorsque ces préparations sont examinées à un très fort grossissement, (carton de la lig. 10) elles montrent une paroi cellulosique assez épaisse à double contour, et un protoplasma condensé, granuleux, mais dont aucune granulation basophile ne saurait être prise pour un nayau vrai. (')
Lorsque les filaments parasitaires, rampant dans l'épaisseur de
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Fig. 10. — Mycélium du Microsporum Audouïni dans la squame, au cuir chevelu. Les colorants montrent qu'il est cloisonné, partagé par des septa en cellules rectangulaires. En A, amas de noyaux leucocytaires venus dans la squame par exocytose. (Bleu de Sahli x 260, le carton x 750.) t
l'épidémie, rencontrent un ostium folliculaire, ils suivent l'épiderme folliculaire et s'infléchissent vers la profondeur, mais ils sortent de l'épiderme et vont ramper entre le follicule et le cheveu; bientôt ils
(') Fréquemment, Fox et Blaxall ont vu et décrit des cellules mycéliennes nucléées « obviously nucleated ». Ceci à mon avis est une erreur d'interprétation. Dans beaucoup de préparations de cheveux ou de squames microsporiques, on pourrait interpréter le protoplasma d'une cellule comme un noyau, l'intervalle entre les deux contours de l'enveloppe comme le protoplasma de la cellule, qui n'aurait alors qu'une enveloppe mince d'épaisseur invisible. De même dans la trichophytie, les spores paraissent souvent avoir un triple contour, dont on pourrait interpréter le plus interne comme le contour d'un noyau. Mais c'est une erreur d'optique facile à démontrer : la spore étant grossièrement sphérique, si l'on met exactement au point son centre, son pôle supérieur ne sera plus au point, et au moment où il sort du point de vue de la lentille, il en sort suivant
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adhèrent à sa surface puis, soulevant une cellule de la cuticule du cheveu, ils pénètrent dans le cheveu lui-même et se multiplient dans le cheveu en descendant vers la profondeur. Pendant ce temps d'autres filaments mycéliens descendent à sa surface, et s'y subdivisent, de façon à former une couche ininterrompue d'éléments sporulaires arrondis à la surface du cheveu.
Ce mode d'envahissement du cheveu est plus facile à voir lorsqu'on étudie les Microsporums animaux, aussi le décrirons-nous avec eux, et nous étudierons d'abord le cheveu microsporique tel qu'il se présente à l'examen au cours de la tondante microsporique banale.
Le Microsporum Audouïni dans le cheveu. — Le Microsporum Audouïni affecte, dans le cheveu, une disposition complexe; pour être aisée à suivre, sa description doit donc être scindée en paragraphes distincts : ces paragraphes doivent être disposés dans un certain ordre ; cet ordre sera celui dans lequel les divers aspects du parasite se montrent à l'observateur.
Supposons une plaque de tondante microsporique déjà vieille, comme elles le sont presque toujours quand elles s'offrent à l'observation; le médecin, pour pratiquer son examen microscopique, épile entre le pouce et l'index une douzaine de cheveux cassants, à sa surface. Ce sont des fragments de quatre à cinq millimètres environ, car les cheveux, qu'on a enlevés au doigt, se sont cassés presque au niveau de leur point d'émergence hors de la peau, ou deux millimètres plus bas. Ces tronçons de cheveux montrent, au moins dans leur partie basse, l'écorce grise caractéristique. Exposons comment ils se présentent à l'examen microscopique extemporané. Nous savons suivant quelles techniques on les prépare, par le chauffage dans une solution potassique à 50 pour 100. Pour décrire leur aspect je peux transcrire presque exclusivement les textes écrits il y a quinze ans. Ils peuvent suffire car ils ont gardé leur exactitude.
« Qu'on imagine une baguette enduite de colle et saupoudrée de sable fin, tel est l'aspect du cheveu.... Ce qui, à l'œil nu, apparaît
une section ronde d'un diamètre plus petit que celui de la cellule (3e cercle intérieur). Pour s'assurer de la véracité de cette explication, il suffît de chercher à mettre au point le contour de ce noyau irréel. On n'y parvient jamais et quand on essaie, on ïe voit disparaître. A la vérité il y a des Trichophytons animaux (à culture faviforme) dont les spores sont effectivement nucléées, mais ce fait est extrêmement rare, et n'a, je crois, été observé que par moi (Voy. Trichophyties humaines, p. 78 et Atlas, p. 26, flg. 105).
Il est à peine besoin de mettre le lecteur en garde contre une autre erreur d'optique faite par plusieurs auteurs. La direction des filaments mycéliens dans l'épiderme ne suit jamais les intervalles des cellules épidermiques . Ils ne traversent jamais non plus, les cellules, mais ils suivent leur direction propre entre les divers lits cellulaires.
MICROSPORIES.
comme un étui blanchâtre autour du cheveu n'est pas, comme il semblerait, un fourreau de cellules épidermiques, c'est un tissu ou un feutre, uniquement composé des éléments agglomérés du parasite. C'est une mince gaine parasitaire adhérente au cheveu qui en est
revêtu comme un arbre de son écorce (fîg. 11).
« Si l'on examine un cheveu malade, après l'avoir dégraissé dans l'éther, et lavé à l'alcool, puis éclairci par une essence, sa surface paraîtra couverte en totalité d'une innombrable quantité de petites sporules rondes, toutes égales, toutes contiguës, dont la réunion ne dessine aucun filament régulier, mais qui sont au contraire, irrégulièrement juxtaposées comme les cailloux d'une mosaïque, et cette comparaison paraîtra plus juste, quand on examinera ce cheveu à un plus fort grossissement. Car alors, chaque spore apparaîtra entouré d'un mince espace clair. Ainsi préparé un cheveu montre des spores de !2 [x environ.... Si l'on veut prendre une connaissance morphologique plus complète du parasite, on traitera le cheveu par une dissolution aqueuse de potasse à 50 pour 100. on recouvrira la préparation ainsi faite d'une lamelle et on chauffera presque jusqu'à ébullition. La préparation extemporanée ainsi obtenue donnera de très utiles renseignements.... « A un assez fort grossissement (obj. 7, ocul. T> Leitz.) on verra que la vis micrométrique peut établir dans le cheveu trois plans superposés. « Le premier (plan supérieur) est uniquement composé des sporules juxtaposées que nous connaissons. Disposées sur une couche,
(') La spore double presque de dimension quand on a éclairci le cheveu par la potasse, comme il sera dit plus loin.
Fig. 11. — Le cheveu de L'enfant dans la teigne tondante microsporique. Mise au point superficielle pour montrer l'écorce sporulaire qui enveloppe le cheveu. Préparation extemporanée par la potasse à 00 °/0 sans coloration x 260. — En B on voit sous l'écorce sporulaire le corps du cheveu; en A l'écorce autour du cheveu ; C estime cellule épidermique.
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elles ne forment pas d'amas superposés et elles ne laissent point, non plus, entre elles, d'espace libre. Et cette juxtaposition ne montre aucune série linéaire de spores, aucun filament mycélien sporulé. C'est une couche uniforme de spores égales disposées sans ordre, autour de lui.... Mais en abaissant un peu la vis, on arrivera au 2e plan (plan moyen ) qui est au niveau du cheveu lui-même ; et la substance même
Fig. 12. — Le cheveu microscopique. Plan moyen passant par le centre du cheveu. On ne voit de sporules qu'autour de lui. Préparation exlemporanée par la potasse à 50 °/0, sans coloration x 260.
du cheveu apparaîtra alors complètement intacte, avec son pigment brunâtre, ses stries et ses plicatures longitudinales,... ses bords seulement sont érodés; alors la gaine parasitaire ne s'apercevra plus que sur les bords du cheveu et « par sa tranche » (fig. 12). « Enfin si l'on abaisse encore l'objectif, on retrouvera (plan inférieur), derrière le cheveu, la même gaine que l'on observait au-devant de lui. Mais ses détails seront moins précis parce que l'œil ne pourra la voir qu'au travers du cheveu interposé. »
L'ensemble de ces constatations établit d'une façon certaine la dis-
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position des spores. Elles forment une gaine continue autour du cheveu et elles ne le pénètrent pas dans sa substance.
Étude élémentaire des sporules qui constituent la gaine du cheveu. — Examinons maintenant la structure élémentaire de la gaine de sporules qui recouvre le cheveu. Là encore je n'ai qu'à reprendre mes descriptions anciennes.
« J'ai dit que le cheveu, traité d'abord par l'alcool, ne montrait que de très fines spores, de 2 y, séparées les unes des autres par un très mince espace clair. Quand on traite, au contraire, le cheveu par la solution aqueuse de potasse, les éléments parasitaires, au même grossissement semblent avoir augmenté de volume (5 u.) et en particulier l'espace intersporulaire semble plus large. Il est certain, en effet, que l'action du liquide a pour résultat de gonfler la cellule eryptogamique, et ce détail avait été parfaitement vu par Gruby. Si l'on a poussé un peu loin le chauffage du cheveu dans la solution potassique, en appuyant légèrement le doigt sur la lamelle couvre-objet, on dilacérera le cheveu. Qu'on cherche ensuite dans une telle préparation, on trouvera presque sûrement un point où la gaine parasitaire se sera détachée du cheveu, et, comme un pan de manteau flottant, ne lui sera plus rattachée que par un bord. Le mince voile constitué par le parasite se trouvera en pleine lumière, et la morphologie de ses éléments deviendra parfaitement nette. Alors on observera que chaque spore est constituée par deux parties, une masse (protoplasmique) ovalaire, centrale, un peu obscure, et une enveloppe hyaline assez épaisse (cellulosique) parfaitement claire et transparente, limitée par un bord à peine visible, sans double contour. Ces détails apparaîtront mieux encore, si l'on a fait glisser sous la lamelle (à la
place de la solution potassique) une goutte d'eau éosinée à ^^j
parce que la spore végétale se colorera légèrement plus que le milieu ambiant. Chacune des spores de la gaine, en raison de sa forme ronde ou ovale, donne à toutes les spores qui l'entourent un point de tangence presque égal. Il s'ensuit que, même en supposant que ces cellules naissent bout à bout, comme des cellules mycéliennes, — ce qui doit être, — leur forme rend leur série linéaire indistincte. Elles paraissent donc toutes juxtaposées, comme le seraient des lentilles serrées en mince couche sur un papier, sans qu'on puisse distinguer entre ces cellules aucune agrégation en filaments. Et en ce qui concerne l'épaisseur de la gaine qu'elles forment, quand on examine le cheveu, et qu'on observe alors la gaine parasitaire par la tranche, cette épaisseur semble de 15-20 \k. C'est là encore une erreur d'optique. Quand un fragment de cette gaine est détaché du cheveu et
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renversé hors de lui, on peut observer qu'elle est constituée par une couche très mince de spores. Si elle semble épaisse quand on la regarde par la tranche, c'est qu'on en voit en réalité une coupe biaise, et il suffit, pour le prouver, d'observer que toutes ses parties ne sont pas au point en même temps. »
Telle est, en résumé, la première description du Microsporum Audouïni qu'il faille présenter, parce que c'est sous cette forme et cet
Fig. 15. — Fragment de la cuirasse de sporules du cheveu microsporique. — En A le point qui a été représenté par le carton x750; B est une cellule épidermique.
Sans coloration x 260.
Fig. 11. — Fragment de la cuirasse de spores du M. Audouïni banal. A est le point qui a été figuré par le carton x 750. B est une cellule épidermique. (Bleu de Sahli, x260.)
aspect qu'on peut toujours l'observer et qu'on le rencontrera tout d'abord.
Cependant, dira-t-on, il existe quelques figurations anciennes du Microsporum Audouïni, d'ailleurs sous le nom de Trichophyton et confondu avec le Trichophyton : ainsi dans le livre de Hardy, dans celui de Devergie, et l'aspect du parasite n'y est pas tel que vous le décrivez. C'est que le Microsporum Audouïni ne montre sa disposition parfaite et intégrale, autour du cheveu, que dans sa portion radiculaire, parce qu'il se trouve protégé à ce niveau contre tous les traumatismes. On peut alors observer que la gaine de spores est ellemême étroitement recouverte d'une pellicule hyaline, translucide, qui
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protège la gaine sporulaire et la maintient en forme exactement cylindrique. On se rend compte de ce détail très nettement, en examinant à ce niveau le bord de la gaine sporulaire du cheveu. On observe que ce bord est rectiligne et on aperçoit, par la tranche, la membrane claire, hyaline, à double contour, qui recouvre la gaine de spores (fig. 15). Mais, très vite, cette membrane hyaline est détruite. Alors la
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