LES PETITS MI'CROSPORUMS
client de conclure ainsi et m'obligent à considérer cette culture comme celle d'une espèce distincte.
Le M. velveticum a été observé dans une tondante infantile de type banal. L'examen microscopique des cheveux n'a montré aucune particularité notable, bien que les préparations et les examens aient été par la suite plusieurs fois renouvelés, en se servant des cheveux malades pris au début et conservés. La culture diffère de celle du M. Audouïni d'une façon sensible.
C'est un velours blanc, plus blanc, plus dru, plus serré que le duvet grisâtre du M. Audouïni banal.
Les figures de la planche III, fîg. i montrent ces caractères. Lorsque la culture vieillit elle se partage en quatre ou cinq secteurs, séparés par des rayons creux, et le centre de sa culture, qui reste duveteux, prend une teinte brunâtre très fine et à peine marquée. Plus la culture du M. velveticum vieillit, plus elle se différencie de celle du M. Audouïni, comme les figures ci-contre en témoignent, et ces différences ont persisté les mêmes pendant plus de deux années.
Sur pomme de terre, la culture se présente comme faite de beaux bouquets duveteux serrés plus abondants, et plus drus que le duvet du M. Audouïni sur même milieu.
Les inoculations du M. velveticum au Cobaye sont toujours restées négatives.
Microsporum umbonatum (Sabouraud, 1907).
Le Microsporum umbonatum est une espèce microsporique exceptionnelle, en nos pays tout au moins. Elle a été observée et nommée en 1907 ('»).
Elle a été trouvée sur deux enfants de nationalité russe, frère et sœur, récemment arrivés en France, et tous deux atteints d'une tondante microsporique en apparence banale. Comme le frère et la sœur s'étaient contaminés mutuellement, leur culture fut identique, et très différente de la culture ordinaire, ainsi que le montre la planche III, fïg. ii2 et \v\
Cette culture se présente d'abord, après quinze jours, comme un petit bouton très saillant de duvet blanc, très finement aréole de rayons duveteux courts, à la surface du milieu. Après vingt-cinq jours, la culture a pris exactement la forme ronde du bouclier antique avec son umbo conique central, d'où le nom donné à cette espèce
(') R. Sabouraud. Nouvelles recherches sur les Microsporums. Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, mars, avril, mai 1907.
172 MICROSPORIES.
microsporique. La culture vieille est partagée en secteurs par des fossettes rayonnées, et dans son ensemble prend une forme florale des plus élégantes (PI. II, fig\ n3).
Sur pomme de terre, après vingt-trois jours, le M. umbonatum, ensemencé par strie, se développe par points blancs arrondis, très peu duveteux, disséminés sur une strie rougeâtre à peu près glabre. Après trente-sept jours, toute la strie forme exactement une couche de givre.
La culture du M. umbonatum n'a pu être inoculée au Cobaye. S'agit-il d'une espèce microsporique fréquente en Russie? Peut-être, elle n'a jamais été retrouvée depuis.
Michosporum tardum (Sabouraud, 1909)
Le Microspôrum tardum (PI. III, fig. ni1, m2 et m3) apparaît comme une espèce naine du Microspôrum Audouïni banal. On l'a toujours observé dans une tondante que rien ne signalait à l'attention, et clans laquelle le parasite avait les caractères normaux des Microsporums. La culture seule faisait la différenciation. Nos figures la représentent à vingt-sept jours, à quarante-cinq jours, et à trois mois, ayant, à chacune de ces dates, à peine la moitié des dimensions qu'aurait eues le M. Audouïni. La culture est aussi plus tassée, le duvet plus dru, plus court et plus serré que celui des cultures microsporiques banales. Autour de la culture vieille, on voit, dans l'épaisseur du milieu d'épreuve, des rayons fins, qui viennent affleurer la surface, et se recouvrent lentement de duvet court, souvent irrégulièrement et par places. L'ensemble, sur tous milieux sucrés, donne l'aspect d'une culture pauvre, souffreteuse ; et elle reste ainsi toute sa vie. Les générations successives de ces cultures restent identiques, avec une fixité égale à celle des espèces les mieux connues et les plus fréquentes. Il ne s'agit donc pas d'une culture atrophique par hasard, mais d'une espèce ou d'une variété fixe, de caractères héréditaires.
L'apparition tardive de points duveteux excentriques m'a fait croire un instant à l'existence d'une forme pléomorphique, mais le réensemencement de ces duvets a toujours donné la culture primaire sans changement. Donc la forme pléomorphique de cette culture, si elle existe, est inconnue.
L'inoculation de cette culture est toujours demeurée négative.
Tels sont les faits principaux concernant ce Microspôrum. Comme l'indiquent nos chiffres, c'est à Paris le plus fréquent des Microsporums atypiques. Il s'est présenté 15 fois sur 500 dermatomycoses.
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