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III, III. - Culture de 25 jours, sur gélose maltosée.
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SABOURAUD. — Teignes.
Planche III
Masson de Cie, Editeurs.
h'hototypic Berthaud, Paris
Introduction. — En étudiant le cheveu de la tondante à petites spores, nous avons vu sous quelle forme se rencontrait le parasite et quel aspect il prenait autour du cheveu. C'était, si Ton peut ainsi parler, une étude de microscopie clinique. Mais cette étude est insuffisante à nous faire comprendre, en son détail, la morphologie du parasite, qui est très complexe. Et c'est sur elle que nous allons insister dans ce chapitre. ,
Cette étude est très difficile, sinon impossible, à pratiquer avec le cheveu de l'enfant atteint parle Microsporum Audouïni. Elle doit être suivie minutieusement sur le poil du Cobaye inoculé, et par conséquent inoculé d'un Microsporum animal puisque les Microsporums du type humain sont, sur lui, d'inoculation difficile et incertaine.
Avec l'un des Microsporums animaux dont l'histoire suivra, on peut très facilement étudier la structure complète du parasite, dont le disposition, dans ce poil et autour de lui, est plus visible à cause de la diaphanéité du poil du Cobaye, et aussi parce que, chez cet Animal, le mycélium intra-pilaire prend la prépondérance sur l'écorce extrapilaire du parasite, et en devient plus visible. Nous partagerons le sujet suivant ses divisions naturelles.
L'envahissement de l'épidémie précède l'envahissement du cheveu, aussi l'avons-nous étudié tout d'abord ; mais il nous faudra examiner le parasite dans le développement qu'il prend à l'orifice folliculaire (I); lorsqu'il envahit le cheveu lui-même (II); lorsqu'il envahit 1'épiderme folliculaire (III); ensuite nous examinerons le mécanisme de formation de la gaine de spores (IV); puis le développement du mycélium intra-pilaire du parasite (V)... aboutissant à former la frange d'Adamson au-dessus du bulbe pilaire (VI) ; et nous terminerons en étudiant les rapports du mycélium intra-pilaire avec la gaine de spores (VII); question délicate qui nous conduira à présenter le schéma général de la structure des Microsporums dans le cheveu ou le poil (VIII).
I. Envahissement de Vorifice folliculaire. — Lorsque surviennent au cuir chevelu les taches érythémateuses signalant l'infection épidermique, si l'on épile les cheveux qui les couvrent, ils ne semblent nullement malades pour la plupart, et viendront entiers à l'épilation. Mais soumis à l'examen microscopique, beaucoup montreront de nombreux éléments parasitaires. C'est ainsi que l'on peut étudier le début
MICROSPORIES.
de l'envahissement des cheveux. Cet envahissement se produit toujours de la même
façon. A la vérité les variantes sont innombrables, mais elles oscillent très peu autour du type dont la description va suivre. 'Ce que je vais dire s'observe plus souvent, et plus aisément avec les Microsporums d'origine animale. Mais on peut l'observer chez tous les Microsporums, à condition de surprendre une tache microsporique quand elle commence, ou d'examiner les bords d'une tache en extension.
Lorsque les filaments mycéliens, qui se multiplient et s'étendent dans l'épaisseur de la couche cornée, rencontrent un ostium folliculaire, ils s'y multiplient au point d'y créer une masse parasitaire qui n'a pour analogue dans la série des maladies mycosiques que le godet du favus. Cette masse (fig. 18) a la forme
Fig. 18. — Envahissement de l'orifice pilaire par le Microsporum lanosum chez Venfant. — Le parasite constitue un agglomérat conique à pointe dirigée en bas, occupant tout l'oslium folliculaire.
Cet agglomérat est formé d'énormes filaments mycéliens segmentés, A, C et d'amas de grosses spores rondes B (x 260).
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Dissociation par la potasse , lavage , montage dans la glycérine . Sans colora
d'un cône à sommet inférieur dont le cheveu ferait Taxe. A l'œil nu elle semble une collerette blanche, évasée, adhérant plus au cheveu qu'à l'épiderme circonvoisin, car l'épilation du cheveu l'enlève ordinairement avec lui.
Ce cône mycosique est l'ait, pour la plus grande part, de filaments géant* composés d'énormes cellules rectangulaires placées bout à bout.
Fig. 19, — Détail de l'agglomérat mycélièn constitué par le Micros'porum lanosum à l'orifice folliculaire (après une dissociation à chaud par la potasse 50 pour 100). Cette dissociation a déplacé l'agglomérat mycélièn A, qui se trouve croiser un cheveu C par le travers. L'écorce de petites spores de ce cheveu se voit en B. Montage à la glycérine sans coloration, x 260.
Ces cellules semblent avoir en moyenne 12-15 j/. de long, sur 0-7 de large, dans les préparations faites avec la solution de potasse. Elles sont notablement moindres quand elles ont été fixées par l'acide formique et colorées.
La figure 5, très fidèle, relevée à la chambre claire, élément par élément, donne une réprésentation précise de cet extraordinaire agglomérat.
Le cône mycosique de l'ostium folliculaire (A. fig. 19) est composé de deux sortes d'éléments assez différents :
MICROSPORIES.
1° De beaucoup les plus nombreux et les plus importants sont les mycéliums rubanés géants que je viens de décrire ;
2° Il y a ensuite, mélangés aux rubans mycéliens, et formant des
îlots entre eux, de nombreux éléments ovales sporulaires de dimension à peine moins considérable et dont la distribution en fdes régulières n'est plus reconnaissable (B. fig. 20).
Fig. 20. — L'agglomérat mycélieû constitué par le Microsporum lanosum à l'orifice folliculaire n'est pas seulement composé de filaments septés A, mais aussi d'éléments sporulaires ovales, déhiscents B, dont la distribution en chaîne n'est pas aisément visible. En C est le cheveu qui formait l'axe du cône parasitaire (Dissociation par la potasse à 50 pour 100, montage dans la glycérine sans coloration, x 260).
A. Mycéliums rubanés géants.
— Dans les manœuvres d'éclaircissement et de montage des préparations, le cône mycosique est souvent détruit ou dissocié. On peut ainsi le retrouver plus ou moins loin de son point d'origine, comme l'indique la figure 19, dans laquelle un débris considérable de ce cône se trouve placé en travers du cheveu, le long duquel il était placé d'abord. Cette figure montrera la forme rubanée du mycélium, le polymorphisme des éléments cellulaires qui le composent et le mode de leur agglomération. Ces filaments sont peu épais, diaphanes, faciles à dissocier et à rompre. Examinés dans la potasse, ils ont une coloration propre d'un bleu pâle ou vert d'eau, remarquable, très distincte de celle des tissus environnants.
B. Eléments sporulaires ovales.
— Encadrés par les mycéliums rubanés géants que nous venons de décrire, sont des éléments sporulaires, ovales, de dimensions à peine plus petites que les éléments des rubans mycéliens eux-mêmes. Tantôt l'agmination en chaîne de ces éléments est encore partiellement visible, tantôt elle n'est plus du tout reconnaissable, c'est ce que montre parfaitement la figure 20, B.
Parmi les cellules mycéliennes qu'on y voit, on peut saisir toutes les transformations entre la cellule rectangulaire des filaments mycéliens géants, A, et la cellule ronde isolée, déhiscente, B.
Certaines préparations montrent mieux encore commen* les rubans mycéliens forment les agglomérats d'éléments sporulaires. Ainsi la figure 21. Entre les rubans mycéliens sont encadrées des cellules mycéliennes agglomérées les unes aux autres comme des fragments de matière plastique qu'on aurait tassés de façon à ne laisser entre eux aucun intervalle. Les cellules ainsi tassées ressemblent à des gouttes de liquide figées. Et il est impossible de se rendre compte de l'ordre dans lequel elles sont nées bout à bout (L).
Les filaments mycéliens géants, qui constituent le cône mycosique logé dans l'orifice folliculaire, ne comprennent entre eux aucune cellule épithéliale, pas plus que les mycéliums d'Achorion dont l'agglomérat constitue le godet favique. Le cône est donc contenu dans l'ostium du follicule, et ne se développe pas aux dépens de l'épidémie folliculaire.
L'épiderme de l'ostium folliculaire et du follicule sont bien envahis par le parasite, mais cet envahissement s'effectue par le moyen de filaments mycéliens tout à fait différents des précédents.
En somme, et pour résumer d'abord ce qui précède, on peut dire que les Microsporuiïïs, après leur premier
stade d'infection épidermique, lorsqu'ils rencontrent des orifices folliculaires, s'y développent et y prolifèrent de façon à créer dans l'ostium
(') J'ai vu des éléments analogues et je les ai figurés, dans les cultures en goutte d'Achorion. Voyez : La Pratique dermatologique, t. I, art. Dermatophytes, p. 855 et fig. 192.
Fig. 21. — Élude du détail de l'agglomérat m/y célien conique de l'orifice folliculaire. — En A, mycélium septé, géant, descendant au long du cheveu. En B, amas d'éléments polymorphes, moulés les uns sur les autres, et dont la distribution en lilaments n'est absolument plus reconnàissable. EnC, une bifurcation mycélienne (x 260. Montage dans la glycérine après dissociation dans la potasse à 50 pour 100.)
178 MICROSPORIES
un agglomérat mycélien, en forme de cône, constitué par des éléments cellulaires de très grosse dimension, rectangulaires et disposés en rubans, ou bien ovalaires, et disposés en amas.
Il est tout à fait remarquable d'observer que jamais le parasite ne pénètre à ce niveau dans l'épaisseur même du cheveu qui est toujours et tout à fait sain.
11 est également à remarquer que tous les filaments mycéliens du cône se dirigent vers la racine du cheveu. Dans la teigne microsporique, comme dans toutes les teignes, quand on trouve la partie aérienne d'un cheveu parasitée, c'est toujours par la croissance ascensionnelle du cheveu malade, ou, en d'autres termes : le parasitisme des cheveux ne se constitue activement qice dans leur partie radiculaire.
II. Envahissement du cheveu. — C'est le cône mvcosique de lostium folliculaire qui infecte le cheveu.
Voici (fig. 2$) un fragment de ce cône qui montre parfaitement bien le mécanisme de cette infection. En A est une partie du cône luimême. Au-dessous de lui, on voit les rubans de mycélium géant former un faisceau vertical qui s'amincît de haut en bas jusqu'à n'être plus composé que de quelques filaments juxtaposés. Ces filaments ont tout à fait gardé leur position réciproque, parce qu'ils sont collés à un large fragment de la cuticule du cheveu. En sorte que la préparation permet d'apprécier leur transparence, leur minceur, et aussi leur fragilité, car ils sont tous rompus en même temps que la cuticule et au même niveau qu'elle f1).
Au stade où nous observons l'infection et l'envahissement du cheveu, le cheveu est à peine fragile. On peut aisément l'épiler entier, ou ne le casser qu'au niveau du collet du bulbe. Il est donc facile de suivre ce que deviennent les mycéliums rubanés géant*, faits de cellules quadrangulaires, et qui descendent le long du cheveu, collés à sa cuticule.
Les figures suivantes nous le montreront clairement. Elles représentent, dans son intégralité, la partie radiculaire d'un cheveu, et comme cette partie radiculaire était trop longue pour être représentée en une seule figure, on l'a sectionnée en plusieurs, lesquelles doivent être comprises comme si elles étaient placées bout à bout.
On y voit (fig. 25. A) les mycéliums rubanés géants descendre verticalement le long du cheveu, collés au cheveu comme une couche de vernis. Ces tiges mycéliennes plongeantes offrent, à un degré frappant, les caractères des mycéliums jeunes, leur forme épouse celle des
t1) Notons en passant que cette préparation montre (en C) des fragments du reticulwm de filaments grêles qui végètent dans l'épiderme du follicule et que nous décrirons plus loin.
obstacles, les contourne, elle est Quelquefois, ici ou là, un mycélium rectiligne décrit subitement un quart de cercle et reprend ensuite sa direction verticale. Et enfin, plusieurs se résolvent, sous nos yeux, en groupes, d'éléments polyédriques par pression réciproque, disposés en chatons de bague, comme plusieurs diamants montés côte à côte et dont les plus petits sont périphériques. Ces éléments cellulaires, juxtaposés sans ordre, en mosaïque, sont identiques, comme forme et disposition, aux sporules qui font une cuirasse au cheveu microsporique, mais ils sont plus gros (fig. 24 et 25).
Une chose peu croyable et vraie pourtant, c'est qu'il est très difficile de savoir exactement en quel point chaque filament mycélien descendant pénètre sous la cuticule. Tous rampent d'abord à la surface du cheveu et, vers la moitié environ de la hauteur de la racine du cheveu ; on en voit passer sous la cuticule. Il semble que les groupes à facettes, en chatons de bague, soient produits tantôt sur et tantôt sous la cuticule.
Dans ce dernier cas ils restent immédiatement sous-cuticulaires. On peut même se demander si la cuirasse de petites spores ne se fait pas tout entière entre la cuticule du cheveu et le cheveu. Quoi qu'il en soit de ce point spécial, qui semblerait facile à fixer, et qu'il paraît étonnant de trouver litigieux,, la cuirasse de petites spores est de plus en plus complète à mesure qu'on l'envisage sur une partie plus
comme molle, comme plastique.
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Fig. 22. — Comment l'agglomérat mycélien conique de l'orifice folliculaire A se résout en gros filaments mycéliens sentes, verticaux, plongeant au long du cheveu B. En C, débris des filaments grêles de l'épiderme folliculaire (x 260. Préparation sans coloration, dissociation dans une solution de potasse àôO pour 100.
Montage dans la glycérine).
Vue d'ensemble du cheveu microsporique au stade de l'invasion parasitaire. Microsporum lanosum.
.V. B. — Les quatre figures qui suivent doivent être supposées placées l'une au-dessus de l'autre, x 260.
Fig. 23. — Le cheveu à son point d'émergence hors de la peau. E, cellules épidermiques. A, cône mycélien de l'orifice folliculaire, x 260.
Fig. 24, supposée au-dessous de la figure 23. A, fragment inférieur du cône mycélien de l'orifice folliculaire. B, Mycéliums rubanés géants descendant autour du cheveu, x 260.
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Fig. 25, supposée au-dessous de la figure 24 C, Mycéliums rubanés géants donnant lieu à des groupes sporulaires composés d'éléments de plus en plus petits, jusqu'à constituer, en D, la cuirasse microsporique. x 200.
Fig. 26, supposée au-dessous de la figure 2,'> D. cuirasse microsporique constituée. En E, cellules de l'épiderme folliculaire. Au point de fracture F (région sus-bulbaire) apparaissent les filaments ténus de la frange d'Adamson. x260.
MICROSPORIES.
Mg. 27. — Le mycélium du Microsporum soulève la cuticule, et passe au-dessous d'elle dans le corps du cheveu, x 2(50
Tr^ss
basse du cheveu. Et plus les groupes originaux dont la réunion semble
Former cette cuirasse s'étendent, plus leurs éléments sporulaires deviennent petits (fig. 25. C).
Certains des rubans mycéliens géants continuent leur descente sous la couche sporulaire et on les voit apparaître là où cette couche est incomplète.
D'autres passent d'emblée dans l'intérieur du cheveu, sous les cellules de l'épidermicule du cheveu. Comme ces cellules sont imbriquées en sens inverse des tuiles d'un toit, il suffit qu'une extrémité mycélienne soulève l'une d'entre elles pour se trouver de suite dans le corps du cheveu.
Les filaments s'y multiplieront en constituant le trousseau mycélien intra-pilaire du Microsporum, très peu visible dans la majorité des cas, et qui est pourtant d'une importance considérable dans la morphologie totale du Microsporum.
Ce passage du mycélium dans l'intérieur du cheveu avait été très bien observé par Adamson, Colcolt Fox et Blaxall, ainsi qu'en té- l '■'
moigne la figure 28' qui appartenait au travail des deux derniers de ces auteurs.
Fig. 28.
III. Invasion de ï épidémie folliculaire. — Plusieurs des figures qui précèdent montrent, au niveau de l'ostmm fcrili-
culaire, à la place du cône pluspiaut décrit, ou autour de lui quand il existe, des débris de filaments extrêmement ténus, le plus souvent dilacérés.
C'est par eux que s'opère l'invasion de l'épiderme folliculaire. On s'en rendra compte en examinant des préparations de cheveux qui ont enlevé avec eux une partie de l'épiderme folliculaire ; si l'on veut bien les traiter par l'acide formique pour les éclaircir avant de les colorer par un bleu basique comme le bleu polychrome ou le bleu de Sahli.
On afM,ient ainsi des préparations telles aue les représentent les figures 29 et oêr
La fig*ire 29 montre, autour du cône mycélkBR qui occupe la bouche du follicule, et au-çtesous de lui, de rares filamenLs mycéliens extrêmement longs, et graciles, qui plongent verticalement dans la profondeur, entre le cheveu et l'épiderme folliculaire. Ils sont disposés autour du cheveu comme des lanières de fouet pendantes (fig.
29. A). Ces filaments grêles sont faits de fines cellules allongées très régulières. Ils se bifurquent d'abord assez rarement, fournissant soit des rameaux transversaux très brefs, soit des rameaux verticaux très longs. Les uns et les autres sont terminés (fig.