LÉGENDE DE LA PLANCHE Y
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d'un poil bourru el Pi. IV, fig. iv, et PI. V,
i plus fréquente
Formes pléomorphitjiies du Microsporum lanosum.
i u ' 'ment i;i
I. — Culture de la forme pléomorphique duveteuse du Microsporum lanosum. sur gélose maltosée après 12 jours.
1*. I2. — Même culture après o5 jours.
II. — Culture de la forme pléomorphique glabre, humide du Microsporum lanosum, sur gélose maltosée après 25 jours.
II*. - Même culture après 25 joury.,u' 'inoculation sponia
m fait que semblent il abord
III. — Culture d'une forme pléomorphique demi-duveteuse, demi-
glabre du Microsporum lanosum. sur gélose maltosée après
Vv • ' ' <l<' conlaniii.
lo jours.
. ■ . Q su
IV. — Culture de la forme pléomorphique duveteuse (villeuse) du
Microsporum lanosum, sur gélose glucosée après 24 jours.
V. — Culture de la forme pléomorphique duveteuse du Microsporum lanosum, sur gélose glucosée après 50 jours.
■Ni B. — Toutes ces formes sont réversibles l'une à l'autre.
►nt il atteints de la form Mini.-, à la vérité •
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SABOURAUD. — Teignes.
Planche V
Masson & Cie. Editeurs.
Pholotypte Berlhaiid, P;ms
MICROSPORUM LANOSUM.
d'Homme à Homme est des plus faciles, puisqu'on l'observe très souvent cause d'épidémies de famille.
Le Microsporum lanosum est d'inoculation expérimentale aisée. Le Cobaye reste l'Animal de choix. Quel que soit le procédé employé, après quatre ou cinq jours on ne doit plus voir trace de l'inoculation; et c'est ici le lieu de relever une erreur fréquemment faite. Ce n'est pas après quatre ou cinq jours qu'on peut croire une inoculation de Microsporum valable ou nulle.
Ceux qui ont parlé d'inoculations positives, après cinq jours, ont pris pour un résultat positif les traces des traumatismes de l'inoculation. En fait, c'est vers le huitième jour, qu'apparaît un point rose squameux, qui n'est tout à fait visible et reconnaissable, à l'œil nu, qu'au dixième e1. onzième jour. Et cesi est de règle pour tous les Microsporums expérimentalement inoculables. Ce point squamo-croùteux grandit. A son niveau, la peau s'épaissit, l'épiderme se soulève et la lésion se recouvre d'une croûte assez épaisse d'où sortent les poils par bouquets. Plus tard, après vingt jours, cette croûte tombe avec les poils de la région, laissant par conséquent une surface glabre irrégulière, qui est guérie. Quand on palpe à ce moment la peau du Cobaye, on perçoit très nettement, au pourtour de la lésion, un bourrelet annulaire peu marqué, mais appréciable.
La maladie semble s'éteindre tout à fait et spontanément, après un mois, par la disparition de ce bourrelet et je n'ai jamais été témoin sur le Cobaye d'une prolongation quelconque et encore moins d'une reviviscence de la maladie.
Fig. 75. — Microsporum lanosum dans le poil du Cobaye.
A, réseau mycélien péripilaire à l'orifice du follicule.
B. mycéliums intrapilaires descendants. D, écorce sporulaire du poil.
1 j\ M' -4<- ">v^ V Vit;
^^mwï
228 MICROSPORIES.
Vers le 10' cl le 12e jour de cette évolution, il est aise d'extraire «le la lésion des pincées de poils, ou d'étudier ceux qu'on enlève avec la squame-croûte. Les poils malades sont objectivement très analogues à ceux de la tondante du Chien et de la tondante microsporique de l'enfant. Bodin, qui le premier l'avait remarqué, n'avait étudié que sommairement les poils malades des Cobayes et les avait décrits comme identiques à ceax du Chien malade ou aux cheveux de l'entant atteints par le Microsporum Audouïni.
Cette vue d'ensemble est trop succincte, car les poils du Cobaye inoculés de M. lanosurn ont fourni les notions les plus complètes et les plus précieuses sur la structure des Microsporums dans le cheveu humain, et en ont fait comprendre beaucoup de détails qu'on eut incomplètement compris sans eux.
Le M. lanosurn, lorsqu'il envahit le poil du Cobaye, y développe des filaments mycéliens verticalement descendants, dont les bifurcations vers la profondeur, et la multiplication de haut en bas sont bien plus aisées à voir que sur le cheveu humain. De même il est plus facile de comprendre l'édification de l'écorce sporulaire à la surface du cheveu et le mode de sa formation. Enfin le réseau mycélien, à l'orifice, pilaire (d'où partent les filaments plongeants qui infectent le cheveu) et la gaine de spores elle-même, se reproduisent, sur le poil du Cobaye, avec plus de clarté que sur le cheveu humain (fig. 75).
Je mentionne seulement ces détails, puisque nous les avons étudiés plus haut. Mais je devais rappeler l'aide précieuse que les inoculations animales ont prêté à ce sujet difficile et controversé.
Les inoculations des formes pléomorphiques du Microsporum lanosurn varient du tout au tout dans leurs résultats, suivant l'ancienneté de la culture que l'on emploie. Lorsqu'on emploie une culture récemment extraite d'une culture primaire, elle-même récemment obtenue de l'animal d'origine, on obtient à coup sur des résultats positifs. Et cela même, quand la culture pléomorphique est arrivée à un point de dégradation où elle ne présente plus, à l'examen microscopique, aucune espèce de formes différenciées du mycélium.
Si, au contraire, on essaie d'inoculer une culture pléomorphique d'extraction ancienne, et gardée vivante au laboratoire, depuis des années, on n'obtient plus que des résultats négatifs. J'ai pratiqué ainsi huit essais avec la culture pléomorphique du il/, canis {lanosurn), envoyée par Bodin, sans obtenir aucun des résultats positifs qu'elle lui avait donnés autrefois, tandis que mes cultures pléomorphiques les plus dégénérées du M. lanosurn donnent encore aujourd'hui des résultats positifs sans faute.
MICROSPORUM FELINEUM. 229
MICROSPORUM FELINEUM (G. Fox cl F. Blaxall, 1896)
I. Historique. — Nous avons étudié et inoculé le Microsporum felineum dont l'étude va suivre, mais nous ne l'avons pas rencontré sur les cinq cents cas de dermatomycoses humaines étudiés par nous en série. Il est donc au moins très rare clans la région parisienne, s'il y existe. Il n'en est pas de même en Angleterre, où il semble être, au contraire, assez commun. Et ces deux parasites, qui se ressemblent beaucoup, pourraient être considérés comme deux variétés fixes, issues originairement d'un même type.
La première mention du Microsporum du Chat fut faite dans un travail de T. Colcott Fox et Frank R. Blaxall, intitulé : Notes on two rases of tinea circinata, que publia le « British journal of Dermatology » en 1896 ('). Ce parasite est aujourd'hui connu de tous les dermatologistes anglais.
Il a été retrouvé en 1902 par Mowborn, à New- York, qui en a publié une nouvelle étude bien documentée (-).
Un troisième travail, de A. Lefèvre, de Bruxelles, parait bien avoir eu pour objet le même parasite, mais n'a pas beaucoup ajouté à nos connaissances sur le sujet f3).
II. Étude clinique. — Nous serons brefs en ce qui concerne le type, morbide que ce parasite détermine chez l'homme, puisque nous ne l'avons jamais observé. D'après Fox et Blaxall, le parasite chez l'homme présente une prédilection pour les régions glabres. Il crée des lésions érythémateuses sèches, sans tendance à la vésiculation ou à la pustulation; ces lésions présentaient un centre bistre et un liséré rouge périphérique. Une lésion décrite ainsi devait, en tous détails, ressembler à celles que nous avons vu créées par le Microsporum lanosum. Cependant les lésions en cocarde ne sont pas rares (4). Et c'est là un fait que le Microsporum lanosum ne m'a pas montré au cours des quatre dernières années.
Fox et Blaxall observèrent quatorze cas de cette affection duc au même parasite, dont cinq cas faisaient une petite épidémie. De ces
(») Tome X, ri" 112 (1896), p. 354. Cf. aussi même journal (1898, p. 37).
(-) Voir la note 1 de la page 230.
(5) A. Lefèvre. Un nouveau Microsporon pathogène pour l'homme. Le Microsporon du chat {Annales du service de Dermatologie, de Syphiligràphie et d'Urologie de l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, 1904, n° 1, p. 24).
(4) « So many of the rings a second macule started and followed the lines of évolution of the flrst. »
230 MICROSPORIES.
14 cas, neuf n'affectaient que le cuir chevelu, deux le cuir chevelu et le corps, trois la peau glabre seulement ; deux plaques du cuir chevelu évoluèrent comme des kérions. Les mêmes i'aits cliniques furent retrouvés à New-York par A. D. Mewborn et si semblables qu'il est inutile d'en retracer le tableau (').
III. Origine animale. — Dès la première enquête de Fox et Blaxall, la concordance du témoignage des malades avait fait suspecter le Chat, avant la démonstration expérimentale que les deux auteurs en fournirent plus tard; la même vérification a pu être faite par Adamson à Londres, par Mewborn à New-York, etc.
Ce n'est pas à dire que tous les cas humains relèvent d'une contagion animale qu'on puisse retrouver. Mewborn marque expressément le contraire. Et nous avons souvent rencontré la même impossibilité en ce qui concerne le Mirrosponon lanosum. Mais l'origine féline des cas humains peut être fréquemment mise en évidence. Du reste, plusieurs observations, dont une de Bunch, semblent démontrer que ce parasite du Chat peut s'observer chez le Chien.
Il ne parait pas que la maladie chez le Chat ait été décrite complètement. Elle semble caractérisée par un grand nombre d'aires déglabrées et croûteuses, la maladie étant souvent évidente à tous les yeux. Les lésions expérimentales d'inoculation que nous avons produites sur le Chat naissent le neuvième jour sous la forme d'une tache, d'un rouge vineux sombre où la peau est légèrement épaissie et soulevée. Lorsqu'on suit attentivement l'évolution de la lésion, à travers les poils coupés ras, on voit l'épidémie se phlycténiser en des points multiples de la surface rouge. Les phlyctènes sont jaunes. Leur contenu se concrète sans qu'elles s'ouvrent, et elles se trouvent transformées en une croûte agglutinant les poils. Les poils tombent six jours plus tard sans résistance. Beaucoup d'entre eux sont parasités, mais non pas tous. En tombant, ils laissent une surface glabre, exulcérée, qui s'épidermisera lentement. Jusqu'à ce moment la lésion est prurigineuse, le Chat malade se gratte de ses pattes et de ses dents qui doivent servir à la dissémination du parasite.
C'est la seule teigne que j'aie vu transporter spontanément par l'animal inoculé, en- d'autres points que ceux qu'on avait inoculés, mais sans qu'il se soit produit plus de trois points nouveaux.
Dans son évolution spontanée, la maladie paraît beaucoup plus sérieuse, de durée plus longue, avec des points d'inoculation multiples. Expérimentalement, cette maladie s'est toujours terminée par
(') Le litre même de ce travail suffit à le résumer : A case of ringworm of the face, and Iwo of the scalp contractée! from a Microsporon of thé cal. New-York médical journal for november 15, 1902,
MIGROSPORUM FELINEUM.
guérison spontanée en un mois, mais sur le Châtia repousse des poils a demandé trois mois pour être complète.
IV. Examen microscopique. — La description du parasite, dans les lésions humaines, manque de précision et de figuration, dans les divers travaux plus haut mentionnés. La note de Mewborn présente quelques schémas, mais ils sont un peu sommaires, et peut-être entachés d'erreur.
Sur les plaques érvthémateuses de la peau glabre, on trouve le mycélium parasitaire, sans aucune difficulté, dans les écai lies épidermiques (Fox et Blaxall), sous forme de longues chaînes de mycélium sporulé (Mewborn).
De même, dans le sérum des vésicules, où Mewborn trouva, dit-il, une branche mvcélienne portant des spores latérales (?), mais il est probable que ces soidisant spores étaient des bourgeons de bifurcation.
Tous les auteurs qui ont vu les cheveux de l'enfant envahis par ce parasite constatent leur identité avec le cheveu microsporique ordinaire (/).
N'ayant pas de poil humain atteint de Microsporum felineum, nous avons l'ait reproduire un poil de Chat, de ceux que nous avait adressés Adamson. Au premier coup
(') Mewborn décrit sur les poils follets des régions glabres envahies : <■ A sheath of large, longitudinal chain-like spores » de 4-8 y.} mais il s'agit sans doute des gros mycéliums d'envahissement si bien décrits par Adamson et étudiés plus haut; car, ailleurs, Mewborn dit expressément que les cheveux de l'enfant étaient identiques aux cheveux microsporiques ordinaires. Ayant examiné un poil envahi, sur une biopsie bien faite, il constate dans la profondeur du follicule, au-dessous de la gaine de spores des filaments mycéliens (correspondant évidemment à la frange d'Adamson), et il interprète ce fait en disant que le parasite, tant qu'il garde la forme mvcélienne, n'est pas mûr; mais cette erreur d'interprétation nous montre, une fois de plus, qu'il s'agissait bien d'un Microsporum dont c'est la structure normale au bas de la partie radiculairc du cheveu.
Fig. "i. — Poil d'un Chat atteint de Microsporum feli neum envoyé par Adamson. x 260, sans coloration.
MICROSPORIES.
d'oeil, l'identité de forme de ce parasite avec le Microsporum Audotiïni est évidente et, sur cette figure, aucune particularité différentielle ne saurait être relevée (fîg. 74).
V. Cultures. — Les cultures du Microsporum felineum sont assez aisées à bien caractériser. D'abord leur extrême rapidité de croissance les classe aussitôt parmi les Microsporums animaux à culture vivace. Le duvet grisâtre des cultures les rattache manifestement aux Microsporums comme aussi leur mycologie (Planche VI). Parmi les Microsporums vivaces, le Microsporum felineum se caractérise par sa forme régulière en disque plat, sans saillies ni plicatures, avec un petit bouton central signalant la piqûre d'inoculation. La culture se partage très vite en un petit disque central de poudre d'un jaune havane ou de couleur chamois et une périphérie de duvet blanc radié très fin, un peu jaune par transparence sur les milieux glucoses (') (PI. VI, fig. i5, i2, n).
Plus tard, en vieillissant, le centre chamois se rétrécit, étant recouvert de flocons duveteux blancs ; un peu plus tard, à l'âge de six ou sept
semaines, la culture présentera des toulTes de duvet blanc pléomorphique, facile à séparer de la culture primaire, et tout à fait différent d'elle, difficile à distinguer de beaucoup de duvets pléomorphiques analogues (PI. VI, fig. iv, iv2).
VI. Inoculations. — Nous avons inoculé le Microsporum felineum au Chat, au Chien et au Cobaye. Il nous a donné, dans tous les cas et sur tous ces Animaux, des inoculations positives.
L'inoculation chez le Cobaye n'apparaît positive qu'au neuvième ou dixième jour, et son évolution dure quinze à dix-huit jours environ, et se termine par la guérison spontanée.
Au dixième jour, l'inoculation est signalée par un point rouge qui est squamo-croûteux trois jours plus lard.
La lésion augmente de dimensions pendant huit jours et régresse après ce temps. Sous la croûte, au
(') Sur pomme de lerre, le M. felineum fait une strie rougeàtre qui à la longue se recouvre d'un duvet assez rare et assez ras pour laisser la strie rouge transparaître.
Fi
— Formation de la cuirasse microscopique autour du poil du Cobaye, 10 jours après l'inoculation du Microsporum felineum. x260. Bleu de Sahli. A, filaments distincts. B, cuirasse constituée par eux.
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I, I. — Culture primaire du Microsporum felineum sur gélose maltosée, après 12 jours (en matras d'Erlenmeyer).
1*, \K - Même culture après 18 jours (en tubes)'.' ff
un peu plus tard, a 1 Age de six ou sept I3, I3. — Même culture, après 50 jours (en matras d'Erlenmeyer).
II, II. — Culture primaire du Microsporum felineum sur gélose glucosée après 18 jours (en tubes).
III, III. — Culture primaire du Microsporum felineum sur gélose pepto-
nisée, après 20 jours (en tubes).
IV, IV. — Culture de la forme pléomorphique duveteuse du Microspo-
rum felineum sur gélose maltosée, après 12 jours (en
matras d'Erlenmeyer). nnnia*ir>
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IV2. — Même culture après 50 jours.
au < )obaye. 11 nous a ■•'-. dans tous les cas etsur tous ces maux, des inoculations positives.
L'hioculalion chez le Cobaye n'apparaît positive qu'au neuvième ou dixième jour, et son évolution dure quinze à dix-huit jours environ, et se termine par la guérison spontanée. Au dixième jour, ['inoculation est si- :260.bu?u gnalée par un point rouge qui
squamo-croûteux trois jours plus tard.
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SABOURAUD. — Teignes.
Planche VI
Masson et Cie, Éditeurs
Phototvpie Berlhand . Paris
MICROSPORUM FELINEUM.
début, on trouve l'épidémie suintant comme sous la phlyctène d'un vésicatoire. La lésion est démangeante, et le plus souvent la croûte est arrachée par l'animal lui-même, par morsure. La plaie sèehe et guérit ensuite et le poil repousse.
Chez le Chien et le Chat, le poil plus touffu et plus foncé sur la plaque autrefois malade signale la place où elle a été.
L'examen des poils et squames est aisément positif, dix jours après l'inoculation. Le Microsporum felineum comme le Microsporum lanosum pourrait servir à l'étude de la morphologie générale des Microsporums dans le poil. A la vérité, le mycélium intra-pilaire du M. felineum est moins facile à voir et à suivre que celui du M. lanosum. En revanche, le M. felineum donne les meilleurs exemples qu'on puisse voir du mode de formation de la cuirasse microsporique péripilaire par un lacis mycélien à la surface du cheveu (fig. 75).
Pourtant le parasite est plus petit chez le Cobaye que chez l'Homme,
mais les éléments qui font la
cuirasse microsporique sont
rectangulaires, en sorte que
leur direction et la continuité
du filament dont ils dépendent
restent visibles (fig. 76 et 77).
Si compactes que soient les
fausses spores de la cuirasse,
on distingue la direction du
filament qui les a faites, même
quand cette direction est curviligne et capricieuse. C'est ce
que les deux figures ci-contre
montrent nettement. Chez
tous les Animaux inoculés le
parasite a gardé l'extrême
petitesse qu'on lui voit en ces
figures. Ceci vient à l'appui
de l'opinion de Fox et Blaxall
qui ont vu chez le Chat des
« spores » plus petites que celles du Microsporum Audouïni, et celle de Mewborn, qui a vu, autour du poil du Chat, de fines « spores » en mosaïque n'ayant pas plus de 1-2 p. chacune.
Fig. 7G. — Microsporum felineum. Formation île la cuirasse microsporique autour du poil du Cobaye, x 2f>0.
Bleu de Sahli.
Fig. 77. — Microsporum felineum. Formation de la cuirasse microsporique autour du poil du Cobaye au 10" jour de l'inoculation.
x260. (Bleu de Sahli.)
23i MICROSPORIES.
MICROSPORUM EQUINUM (Bodin, 1898)
T. Historique. — L'histoire du Microsporum equinum est tout entière l'oeuvre de Bodin. 11 en a donné la première description avec M. Delacroix en 1896 ('). Mais, à cette époque, ses recherches avaient été trop peu suivies pour que cette première étude pût être complète; il la reprit par la suite, en une monographie presque parfaite de tous points (2), à laquelle nous nous reporterons souvent et à laquelle nous ferons de nombreux emprunts. Bodin a été, par la suite, as&e/> heureux pour retrouver à Rennes, sur le Cheval et sur l'Homme, le même Microsporum, à plusieurs reprises. Jusqu'ici ce Dermatophyto n'a pas élé retrouvé ailleurs, ni par d'autres observateurs (r>). Je dois à l'obligeance de E. Bodin les cultures de ce type que j'ai pu étudier.
II. La maladie chez le Cheval. — Il est à remarquer que chaque auteur a toujours trop de tendance à généraliser les cas particuliers dont il a été témoin. Lorsque j'avais étudié un premier Microsporum, sur le Cheval, j'avais cru qu'il était le seul. Bodin en trouve un second et dira que : « sous le nom de trichophytie du Cheval c'est la tondante microsporique que décrivent les traités classiques de médecine vétérinaire »(M. Plus tard, Matruchot décrira une autre mycose du Cheval sous le même nom. Ainsi de suite. J'ai dit déjà que ces mycoses, chez l'Animal comme chez l'Homme, sont nombreuses et différentes, et «pie le seid travail utile est de les nommer d'un nom propre et de les différencier.
« Je ferai remarquer, ajoute Bodin, que la tondante du Microsporum est, chez le Cheval, de beaucoup plus fréquente que les trichophyties véritables ». Et cela est encore une chose variable, suivant les temps et les lieux, puisque nos recherches, pendant vingt mois, n'ont pu trouver un cas de microsporie du Cheval alors que nous rencontrions, dans le même temps, huit cas de trichophytie causée par le Trichophyi Ion décrit par Matruchot. Mais, Bodin, observant sur deux régiments d'artillerie, trouvait la même microsporie chez tous les Chevaux contaminés arrivant au régiment, tandis qu'en une année entière il ne rencontrait pas un seul cas de trichophytie. C'est que, sans doute, les
(') E. Bodin. Les teignes tondantes du cheval et leurs inoculations humaines. Th. do Paris, 1896.
(2) E. Bodin. Le Microsporum du cheval. Archives de Parasitologie, 189.8, ,179- 409, avec 2 planches.
C') Il vient d'être retrouvé en Danemark par Henrik Banc. : quatre l'ois en quatre cas sporadiques, sur des Chevaux de régiment (Inédit).
('') E. Bodin. Le Microsporum du cheval. Archives de Parasitologie, 1898. p.7>8|.
MICROSPORUM EQUINUM. 235
Chevaux arrivaient à ces régiments, des mêmes dépôts de remonte, où sévissait une épidémie due au parasite qu'il décrivait.
Bodin note, en passant, ainsi que beaucoup d'auteurs vétérinaires et Raillet en particulier, que ce sont surtout les jeunes Animaux, les Poulains, qui sont atteints. Pour lui, ce Microsporum passe très facilement d'un Cheval à l'autre, « soit par les contacts accidentels qu'ils peuvent avoir entre eux, soit, ce qui est le plus fréquent, par les harnais ou les objets de pansage. Dans une écurie nombreuse, un seul Poulain, atteint d'herpès contagieux, suffit pour contaminer, en quelques jours, la plupart des autres Chevaux, si l'on ne prend pas les mesures prophylactiques nécessaires ('). »
« Dans la tondante du Microsporum, les jeunes Animaux sont en général atteints au niveau des régions supérieures du corps, sur l' encolure, aux épaules, sur les lianes, à la croupe; sur les membres inférieurs au contraire, on voit beaucoup moins souvent des lésions mycosiques. »
Les lésions que décrit Bodin sont identiques à celles que j'ai vu causées parle Trichophyton de Matruchot. Au moins ne puis-je indiquer de différence. « A leur début, les plaques de tondante ne se traduisent que par un soulèvement des poils, sur la peau qui semble comme boursouflée. Ces poils ont d'ailleurs un aspect normal, ils ne sont ni cassés, ni décolorés, ni engainés à leur base par un étui blanchâtre, comme dans la tondante [microsporique] de l'Enfant ou comme dans celle du Chien. »
« Mais avec l'évolution de la mycose, ces plaques prendront d'autres caractères. En effet, les poils soulevés ne vont pas tarder à tomber, car ils sont fragiles, ayant été envahis à leur base par les éléments du parasite. Au moindre frottement, à la moindre traction, ils viennent par bouquets, entraînant à leur base des squames grisâtres qui les agglutinent les uns avec les autres. »
« Si l'on examine alors le placard cutané sous-jacent on voit que son aspect est celui d'une plaque arrondie ou ovalaire, à contours absolument nets, et marquant d'une tache grisâtre la robe de l'Animal. Sur cette plaque, aucun poil n'apparaît plus; seulement on y trouve des squames grisâtres et absolument sèches, peu abondantes d'abord, mais qui forment, au bout de deux ou trois jours, une couche assez épaisse; et si l'on vient, par le grattage, à enlever cette couche de squames, la peau apparaît, avec sa couleur normale, ne présentant ni rougeur, ni tuméfaction, ni aucune autre lésion que cette desquamation que je viens de mentionner. »
« Dans un grand nombre de cas, continue l'auteur, j'ai observé ces
(') J.cir. citai., p. 382.
236 MICROSPORIES.
lésions à leur début; j'ai même examiné dos plaques d'herpès très jeunes, sur lesquelles j'enlevais les poils dont le soulèvement ne faisait que commencer, et jamais, dans aucun cas, je n'ai pu surprendre la moindre trace de lésion vésiculeuse ou huileuse. »
Et Bodin ajoute que Raille! avait déjà fait remarquer l'absence de vésicules dans l'herpès contagieux du Poulain.
« Cette absence de vésicules, ajoute-t-il, cette sécheresse des lésions, est un caractère important, et je ne crains pas d'y insister, car il aide singulièrement à la différenciation de la mycose [microsporiq.ue] d'avec les trichophyties. »
« Une fois établie sur le Cheval, que devient la tondante du Microsporùm lorsqu'elle est livrée à elle-même? Chaque plaque se forme, s'agrandit, puis s'arrête dans son évolution, et finit par guérir, au bout de deux ou trois mois environ, et sans laisser de traces cicatricielles. Mais ce n'est là que le cycle évolutif d'une seule lésion; à côté d'elle, il en est d'autres, qui ont pris naissance plus tard, et qui évolueront d'une façon identique, prolongeant ainsi la maladie, qui peut durer mi an et même davantage. »
III. La maladie chez l'Homme. — Chez le Cheval, l'herpès eontagieux se développe avec la plus grande facilité et se transmet aisément d'un Animal à l'autre. Chez l'Homme au contraire, le Microsporum du Chevaine détermine que 1res rarement des lésions durables et bien earaclérisées.
« D'après les renseignements que j'ai pu recueillir, écrit Bodin, il se développe, même assez souvent, chez les palefreniers, de petites lésions cutanées, érythémaleuses, très fugaces, qui s'éteignent seules, et qui sont, très probablement, des inoculations du Microsporum du
Cheval Mais je n'ai vu qu'un seul cas où le Microsporum du Cheval
a causé une lésion humaine durable et bien nette....
« Il s'agissait d'un cuirassier âgé de 24 ans, en contact journalier avec un jeune Cheval atteint d'herpès contagieux, et qui présentait, sur la partie antéro-latérale du cou, à .1 ou i centimètres du bord inférieur de la mâchoire, une plaque arrondie de 5 centimètres de diamètre environ.
« Le début de l'affection remontait à trois semaines, à peu près, et avait eu lieu par une simple tache érythémateuse; progressivement cette tache avait grandi, et, tandis qu'elle conservait, à la périphérie, le type érythémateux, elle semblait guérir au centre.... Au niveau de la partie centrale, la peau avait à peu près son apparence normale, mais la bordure, en pleine activité, présentait un cercle de 4 à 5 centimètres, à contours bien délimités, érythémateux seulement, ne fai-
(') Loc. citai., p. 584,
MICROSPORUM EQUINUM. 237
tant point de saillie notable au-dessus des téguments, et sans aucune espèce d'infiltration du derme.
« En aucun point je ne pus trouver... la moindre trace de vésicules ou de pustules.
« Quelques poils se trouvaient au niveau du cercle, puisqu'il s'étail développé dans cette région du cou où naît la barbe, chez l'adulte ; ces poils ressemblaient à de petits points noirs saillants et engainés, à leur base, par une petite collerette blanche. Tout autour de chaque poil, enfin, existait une petite zone de desquamation fine.
« En résumé l'affection se caractérisait par un cercle érythémateux, sur lequel les poils cassés étaient entourés par un petit étui blanchâtre. L'évolution avait été lente, puisqu'en trois semaines, ou un mois, la lésion circinée n'avait atteint qu'un diamètre de '5 centimètres. Des badigeonnages iodés amenèrent la guérison en quinze jours ('). »
IV. Examen microscopique. « Les poils malades se présentent au microscope sous le môme aspect que les cheveux de l'Enfant atteinte de tondante rebelle de Gruby-Sabouraud. (Microsporie).... » (Bodin).
Le parasite comprend des sporules et des filaments mycéliens.
« Les sporules, arrondies ou légèrement polyédriques, par pression réciproque, d'un diamètre de 2 à 3[x, et juxtaposées sans dessiner aucune figure régulière ni aucun chapelet de spores... forment au poil une gaine qui l'entoure, mais sans le pénétrer.
Toutefois cette gaine n'est pas très régulière et continue. On voit souvent, dit Bodin, dans cette gaine du poil d'herpès contagieux du Poulain, de petits îlots irréguliers, et au niveau desquels le tissu pilaire apparaît sans être recouvert de spores.
« Quant aux filaments mycéliens du parasite, ils sont situés dans le poil lui-même. Ce sont des mycéliums de 2 ja à 2 p. 5 de diamètre transversal, serrés les uns contre les autres, dirigés dans le sens même de l'axe longitudinal du poil (Bodin ne dit pas dans quel sens ils se dirigent) (2), et présentant des cloisons transversales qui les divisent en segments rectangulaires très allongés.
En somme, conclut sommairement Bodin :
« Les trois Microsporums aujourd'hui connus (3J sont identiques dans leurs lésions pilaires. »