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feu, en deux tronçons qu'il faut, par la pensée, placer: bout à bout. En liant les énormes mycéliums plongeants descendent le long du Iheveu, collés à lui. Ce sont eux qui vont en déterminer l'infection. Ils se divisent en îlots de grosses spores, qui vont se multiplier à leur our, et dont les îlots, arrivant à se juxtaposer, feront la gaine continue le petites spores en mosaïque, qui revêt le cheveu jusqu'au niveau du collet du bulbe, et s'arrête en ce loint, pendant qu'au dessous d'elle descendent, un aeu plus bas, les extrémités du fin mycélium intralilaire formant la frange d'Adamson.
Dans les microspories dues aux Microsporums viraces, il est bien plus facile et plus fréquent de trouver, au long du cheveu, ou détachés de lui, les gros mycéliums plongeants, mélangés plus ou moins aux microspores détachées de l'écorce parasitaire du cheveu. (Fîg. 69 et 70.;
Cela est plus fréquent pour plusieurs raisons, dont la principale est que les tondantes du M. lanosuiyi-, guérissant plus vite que celles du M. Àudouïni, sont souvent observées plus près de leur début, et montrent, par conséquent, le stade initial de l'infection. Il est possible que ce stade se prolonge d'ailleurs davantage chez elles.
Quoi qu'il en soit, l'opposition entre ces énormes mycéliums (fîg. 70) A et les microspores (B) souvent adhérentes encore à des cellules épidermiques (C) est extrêmement frappante et le fait mérite d'être bien connu pour éviter des confusions. Un autre aspect du Microsporum lanosum doit aussi être rappelé c'est celui qu'il présente dans les poils à bulbe plein (fîg. 71), c'est-à-dire morts. Sur ces follets le mycélium
Fig. 70. — Dissociation complète d'un cheveu atteint par lé Microsporum lanosum. En A, mycéliums rubanés géants. En B, fragment de la cuirasse sporulaire. En C, cellule épidermique restée adhérente à la cuirasse sporulaire. (Bleu polychrome, x 2(i0.)
Hg. 71. — Microsporum lanosum. Terminaison du mycélium inlra-pilaire dans le bulbe d'un cheveu mort.
MICROSPORIES.
intra-pilaire A est très visible, la gaine mierosporique s'arrête (B), comme toujours, au niveau du collet du bulbe, tandis que la frange d'Adamson se développe au point de remplir le bulbe plein de filaments arliculés dont l'extrémité, affleurant la surface du poil, est terminée par un renflement en massue.
Ainsi se présente le Microsporum lanosum dans la squame, et dans le cheveu. Dans le poil de la barbe, dans les cas que nous avons pu examiner, il y avait identité pleine et complète avec les ligures que nous venons de présenter, ce qui rend inutile d'en parler séparément.
Cultures. — Je commencerai par figurer ici l'aspect de la culture du Microsporum caninum, d'après Bodiiï. Bien que la nécessité de la
Fig. ~±. — Culture du Microsporwn caninum sur gélose au moûf de bière au loc jour. Grandeur naturelle, d'après Bodin el Almy.
culture sur milieu étalon, de formule constante, fût déjà connue et établie, Bodin, n'ayant pu retrouver la maltose qui avait servi à mes premières expériences, avait cultivé son parasite sur une gélose au
MICROSPORUM LANOSUM. 225
moût de bière, milieu excellent mais de composition inconstante, et voilà la figure que ce parasite avait pris sur ce milieu (fîg\ 72).
Cette figure était incomparable aux suivantes, obtenues sur milieu d'épreuve maltosé. Ceci montre la nécessité, pour les auteurs qui s'occupent de cette question, de comparer toujours leurs types parasitaires sur un milieu de composition constante.
A ses débuts, sur le milieu d'épreuve maltosé (PI. IV, fig. i, r2) la culture du M. lanosum est seulement plus vivace et plus duveteuse que celle du M. Audouïni et elle présente une petite aire centrale glabre et poudreuse. A cet âge, elle montre les plus réelles analogies avec celle du M. felineum anglais de Colcott Fox et Blaxall que nous étudierons dans le chapitre suivant (PI. VI, fig. i).
Mais bientôt, autour de son aire centrale glabre, un anneau de duvet blanc laineux saillant se formera, qui est tout à fait caractéristique et permet à coup sûr l'identification de l'espèce, car aucun autre Microsporum animal ne présente rien de semblable (1).
Au 25° jour le M. lanosum aura pris sur gélose maltosée l'aspect indiqué par la figure ï* de la PI. IV.
Le centre de la culture est ombiliqué, semé souvent de gouttelettes d'eau de condensation. L'anneau laineux fait autour de cet ombilic un relief, saillant de \ millimètres, et large d'un centimètre, d'un blanc très pur, qui ne jaunira qu'en vieillissant; le pourtour de la culture est fait d'un tapis rond de rayons immergés, recouvert d'un duvet couché, fin et grisâtre. Cette culture atteint son plus beau développement : (J à 10 centimètres de diamètre en 25 à 50 jours. Mais à cette date elle commence à vieillir, à se déformer.
Sur gélose glucosée, la culture devient aussi laineuse, mais irrégulièrement, et non suivant un anneau, comme sur le milieu maltosé. En outre son auréole de rayons immergés prend une teinte jaune, d'un jaune serin, très visible par transparence (PI. IV, fig. m2).
Sur pomme de terre, la culture s'accuse d'abord comme une large traînée rougeâtre, glabre, qui se recouvre ensuite de touffes de duvet blanc bientôt confluentes, masquant la tache rouge sous-jacente presque absolument. Cette culture est tout à fait analogue à celle du M. Audouïni sur ce milieu, mais elle est deux fois plus précoce et plus vivace.
Duvet blanc pléomorphique du Microsporum lanosum. —
Tous les Microsporums vivaces ont une dégradation pléomorphique,
(') C'est en se basant sur l'existence de cet anneau dans les cultures du premier Microsporum animal (dit du cheval) photographiées sur milieu d'épreuve en 1892-94. (Saboiraud. Trichophyties humaines. Atlas, p. 57, fig. 166 et 167), qu'on peut à peu près sûrement identifier ce Microsporum au Microsporum lanosum.
226 MICROSPORIES.
mais chez le M. lanosum le pléomorphisme peut se traduire par trois formes culturales très différentes (PI. V). Tantôt c'est un gâteau rond de duvet blanc à peu près impossible à différencier de la plupart des duvets pléom orphiques des différents Microsporums animaux dont l'étude suivra : PI. V, fîg*. i, i2, tantôt on le voit prendre la forme d'un plateau radié, immergé dans l'épaisseur du milieu, de surface lisse, glabre et humide, et de couleur brunâtre (PI. V, fig. n et n2). Tantôt enfin, la culture est velue et comme hérissée, non plus d'un duvet fin, mais d'un poil bourru et grossier (PI. IV, fig. iv, et PI. Y, lig. iv). Cette dernière forme est la plus dégradée, la plus fréquente et la plus stable. Il est à remarquer que ces trois formes pléomorphiques sont réversibles l'une à l'autre, et que principalement la forme glabre humide, la plus instable, revient souvent en vieillissant (PI. V, fig. ni) à la forme poilue que l'on doit considérer comme la plus fixe, et que prennent toujours à la longue les cultures conservées au laboratoire depuis très longtemps (').
Inoculations. — A voir les épidémies nombreuses dues au Microsporum lanosum, on pourrait croire que l'inoculation spontanée en est très facile chez les Animaux. C'est un fait que semblent d'abord contredire les expériences de Suis et Suffran.
Avec deux de leurs Chiens malades ils ont essayé de contaminer deux Chiens d'expérience, âgés l'un de dix-huit mois, l'autre de six ans. Ils les placèrent pour cela, deux par deux, dans des cages étroites où ils mangeaient et couchaient côte à côte ; les contacts étaient multiples, ils étaient de tous les instants. Chaque fois l'expérience a été prolongée pendant quatre jours, ce qui aurait pu suffire pour assurer la contamination des Animaux indemnes. Or ces essais sont restés infructueux; ni l'un ni l'autre de ces deux Chiens d'expérience n'a contracté la maladie. Les deux Chiens malades étaient atteints de la forme à suppuration folliculaire qui paraît la plus grave; mais à la vérité ce stade ne doit pas être le plus contagieux.
L'inoculation expérimentale facile de cette teigne, d'Animal à Animal (par piqûre et insertion d'un poil malade dans le trou de la piqûre) et l'inoculabilité facile de sa culture, sont des faits qui contredisent les expériences infructueuses de contagion par cohabitation et montrent simplement qu'elles devraient être reprises, en variant les conditions extrinsèques. Beaucoup des cas humains observés plaident dans le même sens. La transmission spontanée de ce parasite
(') Arrivé à son dernier terme de dégradation la culture pléomorphique du M. lanosum, sur pomme de terre, se présente comme une saillie plate, de surface cérébriforme, de couleur blanche; la culture autour d'elle a coloré la pomme de terre en jaune d'ocre.
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