QUATRIÈME PARTIE TRJCHOPHYTIES
On peut définir la Trichophytie : une maladie polymorphe ayant pour localisations l'épidémie corné, le cheveu de l'enfant, le poil de l'adulte, et l'ongle, et pour cause une série de parasites cryptogamiques delà même famille, appelés Trichophytons ; ces parasites ayant pour caractéristique d'être uniquement composés d'articles courts, plus ou moins cubiques ou sphérulaires, réunis en rubans ou en chapelets.
Lorsqu'ils s'attaquent à l'épidémie corné, ces parasites y créent une lésion ronde, et souvent vésiculeuse, (Y herpès circiné (*). Au cuir chevelu, le parasite rend le cheveu fragile et le casse, d'où une forme objective désignée sous le nom de tondante trichophytique. Il peut en, être de même à la barbe, mais, le plus souvent, les trichophyties de la barbe sont suppuratives, par nodules isolés : sycosis triehopliytiqite, ou par larges placards arrondis de folliculites conglomérées : Kérionû Enfin les Trichophytons peuvent envahir l'ongle, ils y produisent
(') Ce nom a pu être une cause d'erreur, à une époque où l'on avait encore peine à distinguer l'herpès circiné trichophytique de l'herpès fébrile. Aujourd'hui, le risque de cette confusion n'existe plus. Et il suffirait d'écrire herpèx-dreiné en un mot, pour que toute amphibologie fût écartée. Il y a vingt ans, Besnier avait raison de vouloir supprimer ce terme du vocabulaire dermatologique (NottË de Kaposi, t. II, p. 799). Mais nous avons aujourd'hui une raison sérieuse de le rétablir. Tous les Dermatophytes, cause de favus, de microsporie, de trichophytie, peuvent déterminer (les lésions cutanées rondes, érythémateuses ou vésiculeuses, ne faut-il pas un mot commun qui les désigne, quel que soit le parasite qui les fait naître. C'est cette signification qu'a le mot anglais Ringwonn. Le mot français : herpès-circiné répond exactement à cette nécessité verbale, et au même sens.
diverses altérations : ongle en moelle de jonc, onychorrexis, onychogryphoses, tontes formes réunies sous le nom commun iVOnyc/iomyèojse trichophytique. L'aspect delà maladie en ses diverses localisations est dicté par la l'orme môme de l'organe qui est son substratum. La triehophytie de la barbe ressemble quelquefois à la tondante du cuir chevelu, mais ces deux types morbides n'ont le plus souvent rien de commun, en apparence, avec l'herpès circiné trichophytique et l'onychomycose.
Ce sont donc quatre études à faire comme de quatre maladies différentes.
Triehophytie cutanée. — Logiquement on pourrait supposer fréquente la concomitance des diverses manifestations trichqphytiques sur le même sujet; au contraire elles ne coexistent pas fréquemment. La tondante trichophytique de l'enfant peut bien s'accompagner de taches érythémateuses fugaces « dans l'atmosphère de la tondante » plus souvent même que la tondante du Microsporum Audouïni, mais il est incontestable, comme Besnier le disait déjà, que « chez les jeunes sujets, la triehophytie isolée des parties glabres est relativement rare, et qu'elle est plus fréquente chez l'adulte » ('). Ce fait à sa raison d'être, car, à Paris du moins, presque toutes les trichophyties, qui n'accompagnent pas une tondante, sont dues à d'autres Trichophytons que ceux qui causent les tondantes.
L'herpès circiné trichophytique est parmi les dermatoses de fréquence moyenne. Devergïe l'a noté une fois sur 45 cas, sur un total de 1800 cas d'affections cutanées diverses. C'est une dermatose discrète, limitée d'ordinaire à une ou à quelques lésions ; les cas où l'on voit les Dermatophytes tendre à la généralisation sont des plus rares (2). Je n'ai vu d'éruption généralisée de ce genre qu'avec le Microsporum lanosum (5) et aussi, mais plus discrètement, avec les Trichophytons faviformes (*).
(') Besnier et Doyox. Notes de Kaposi, note 3, p. 820. t. II.
(2) Il est bien entendu que l'opinion de l'Ecole de Vienne, qui fait du pityriasis rosé de Gibert un herpès tonsûrans inaculosus, est fausse de tous points et rejetée par toute la dermatologie hors de Vienne.
(3) Nous avons cité en leur lieu les observations d'herpès circiné microsporique généralisé de Danlos et de Malherbe. Nouvelles recherches sur les Microsporuins. (Annales de Dermat. et de Syph., 1907. Voir ce vol. p. 217.)
(4) Sabouraud. Les Trichophytons faviformes (Annales de Dermat. et de Syph., 1908, p. (309). Il existe dans la science quelques observations d'herpès circiné ftrichophytique, qui me paraissent devoir être rapportées aux Trichophytons aviformes. Ainsi l'observation de Tenneson et Berdal. Triehophytie disséminée des régions glabres et du cuir chevelu à l'âge adulte; triehophytie généralisée, en placards finement vésiculeux et croutelleux. La malade avait 15 ans; les spores étaient d'un volume double de celui qu'elles ont dans les cas ordinaires (de microsporie) (Annales de Dermat. et de Syph., 1892, p. 709). Neuàiann
248 TRIGHOPHYTIES.
L'herpès circiné tri chophy tique est extrêmement polymorphe. Besnier en citai! neuf types principaux à une époque ou le Kérion des régions glabres n'était encore pas connu comme tri chophy tique (*).
Les auteurs avaient remarqué souvent l'opposition symptomatique entre les trichophylies pilaires et les trichophyties des régions glabres, surtout des régions découvertes. « 11 est commun, disait Besnier, d'y observer aux mains, aux poignets, les formes luxuriantes, les couronnes vésiculeuses très accentuées. » La physionomie des lésions varie, non seulement avec le parasite qui les cause, mais elle varie plus manifestement encore avec la région où on l'observe. Le plus souvent, il n'y a pas de symptômes communs entre une tondante à la période d'état, et un herpès circiné trichophytique ; il y a même d'importantes différences entre l'herpès circiné du dos de la main et delà paume de la main, différences créées par l'existence, à la paume, d'un épidémie corné très épais.
D'autre part chaque type d'herpès circiné a ses formes florides et ses formes abortives, ses diminutifs. Ainsi, à côté des Kérions vrais pustuleux, il va des trichophylies papuleusesdans lesquelles les points suppuratifs s'enkystent et ne s'ouvrent pas, et dont le diagnostic peut devenir anormalement difficile. Pellizari en a cité un cas (2); j'en ai rencontré de semblables.
Ce qu'il y a de plus singulier et de plus frappant, dans l'étude clinique de l'Herpès circiné trichophytique, c'est précisément cette multi formité sur laquelle Celso Pellizari insistait ; et l'étude expérimentale <\u sujet en montre immédiatement les raisons. Qu'on prenne au hasard* deux trichophylies cutanées n'ayant pas une commune origine, elles ne se ressembleront jamais. C'est que « sur deux individus atteints de trichophytie cutanée, n'ayant pas une commune origine, il est presque exceptionnel de rencontrer le même Trichophyton dans leurs deux lésions ». Et si l'on poursuit, de longs mois, l'étude des trichophylies cutanées, même après longtemps, il arrivera, de temps à autre, de
a présenté (à la Soc, viennoise de Dermatologie, le 27 mai 1892) une jeune fille atteinte de trichophytie du tronc, à présent guérie, saui quelques cercles, tous «le la dimension d'une pièce de un franc, et limités par un exsudât séro-purulent. Ce cas pourrait reconnaître les mêmes espèces causales.
(') Trichophytie multiforme commune des parties découvertes : circinée. discoïde, érythémateuse, squameuse, vésiculeuse, pustuleuse, phlycténoïde, eczématoïde, dysidrosiforme, lichénoïde, etc. (E. Besnier et Doyox, Notes de Kaposi, t. II, p. 801).
(2) Il s'agissait d'une fillette dont l'éruption papuleuse ressemblait au lichen scrofulosorum et l'auteur ne reconnut la nature trichophytique de cette éruption que quand sa mère et une de ses sœurs en présentèrent des lésions plus typiques, dont un kérion de Celse. C. Pellizam. Del polimorphismo tricofitico ed in particolare di una forma clinica non descritta. {Lo sperimentale. Sezione clinica, II mai 1895, p. 206). Il semble que l'éruption papuleuse décrite ainsi par Pellizari ait été un cas de granulome de Majocchi,
rencontrer, dans des trichophyties, « quelques-unes d'aspect banal, le plus souvent d'aspect insolite (') », une espèce trichophytique encore inconnue.
L'étude attentive de la Trichophvtie cutanée et des parasites qui la causent conduit très vite à formuler la loi que j'ai appelée : la loi tic spécificité des Trie hop hy tons, qu'il est nécessaire d'établir dès maintenant, non pas qu'elle gouverne seulement l'herpès circulé des régions glabres, mais au contraire parce qu'elle est vraie pour les lésions triehophytiques de tous sièges, et même pour toutes les lésions dermatophytiques : l'avus, trichophvtie, microsporie. C'est la loi de correspondance entre le type clinique d'une lésion et l'espèce parasitaire qui la cause .
Cette loi générale est implicitement admise par tous les dermatologistes, puisqu'ils l'ont à l'œil nu le diagnostic différentiel du favus et de la trichophvtie, et, pour le plus grand nombre au moins, celui de la microsporie. Il s'agit de montrer que cette loi reste vraie lorsqu'il s'agit du diagnostic différentiel des lésions diverses auxquelles donnent lieu les divers Trichophytons. Et l'herpès circulé trichophytique donne de cette loi une très remarquable démonstration.
Loi de spécificité des Trichophytons. — La variabilité d'aspect des lésions trichophytiques, suivant les cas que l'on en observe, n'avait pas beaucoup frappé les auteurs. Les seules remarques précises que l'on rencontre à ce sujet concernent les kérions que certains auteurs attribuaient à la scrofule du sujet (Vidal) et les éruptions de trichophvtie généralisée que d'autres attribuaient au vêtement (2) . Pourtant, « le premier point qui mérite de fixer l'attention, dans l'examen comparatif d'un grand nombre de trichophyties cutanées, c'est l'extraordinaire diversité d'aspect qu'elles présentent suivant les cas ». Car si « ces lésions diverses ont une même cause, pourquoi ne sont-elles pas identiques?» (3)
Une seule réponse peut être faite à cette question : « Les trichophyties se ressemblent parce que leurs parasites causals sont analogues, mais elles différent parce qu'ils ne sont pas identiques (l). »
« Le polymorphisme des trichophyties cutanées, ajoutais-je, devient plus remarquable encore, si on l'oppose à ce fait que, sur un même individu portant plusieurs lésions trichophytiques cutanées, les différentes lésions sont [habituellement] identiques entre elles ("). »
Et la réponse à ce fait est simple et naturelle, car « quand un indi-
(') Sabouraud. Trichophyties humaines, p. 196.
(-) Besxikr et Doyon. Notes de Kaposi, t. II, p. 805.
(5) Saboirald. Trichophyties humaines, p. 87.
(4) Sabcurai d. hoc. cit., p. 90.
(5) Loc. rit., p. 87.
250 TRICHOPHYTIES.
vidu présente plusieurs lésions de trichophytie, elles sont dues toutes au môme parasite »-;(1)
De même, « quand plusieurs individus sont contaminés dans le même groupe ou la même famille, c'est toujours le même Trichophyton que l'on retrouve dans les diverses lésions » (2). Aussi, même sur des sujets différents, les lésions présentées sont-elles d'une homotypie évidente. Il suffit pour vérifier ces lois d'examiner, à ce point de vue, les moulages du musée de l'hôpital Saint-Louis, faits pour la plupart avant même mes premières recherches. Sauf deux, tous les autres comfirment cette règle (3).
Il est bien évident que ces règles n'ont que la valeur de lois naturelles générales. Et dès cette époque, après avoir montré « que la forme de la lésion trichophytique dépend de l'espèce du Trichophylon qui la cause », loi qui explique le polymorphisme qu'on rencontre journellement parmi les lésions tri chophy tiques, sur des individus différents, et leur identité ordinaire si frappante sur le même sujet, je reprenais aussitôt ces faits « pour montrer, après les avoir établis, qu'il serait faux de les généraliser à l'absolu ».
« D'abord il serait prématuré, parce que le rapport de telle espèce trichophytique à telle lésion est chose prouvée ; il serait prématuré, dis-je, d'étendre celte règle à toutes les espèces trichophytiques pour qui la même preuve n'est pas encore fournie. » En outre, « même pour celles qui apparaissent comme le plus hautement spécifiques, il ne faudrait pas énoncer le rapport entre l'espèce parasitaire et les caractères de sa lésion comme absolu et rigoureusement immuable ».
Je montre d'abord « qu'on peut rencontrer sur le même sujet un sycosis typique de la barbe et des cercles trichophytiques de la peau glabre qui ne sont pas des lblliculites trichophytiques ». Ainsi la même espèce peut donc « causer sur le même sujet des lésions suppurées et des lésions non suppurées » (*).
En second lieu, « à la culture d'un cercle trichophytique non suppuré, on peut rencontrer l'espèce pyogène, d'origine équine, qui cause d'ordinaire le kérion et les sycosis. Une espèce trichophytique normalement pyogène peut donc, en certains cas, ne pas s'accompagner de lésions suppurées » (s).
En troisième lieu, on peut trouver, cause d'un sycosis vrai, une espèce trichophytique qui s'accompagne d'ordinaire de lésions à peine inllam-
(') Loc. rit., p. 195.
(-) Loc. cit., p. 195.
(3) Je cite les principaux : 572, 444, 707, 750, S14, 897, 1210. 1557, 1422, 1079, etc. Il y a 2 moulages qui l'ont exception à la règle. Ils seront discutés plus loin. (M Moulage n° 1281 du Musée de l'hôpital Saint-Louis. (3) Loc. cit., p. 119.
matoires ; « une espèce trichophytique qui n'est pas ordinairement pyogène peut donc le devenir ».
Ces exceptions à la loi de spécificité des trichophytons ne sont pas dues à l'adjonction, au Trichoph.yton causal, d'infections secondaires ayant une part dans la symptomatique inaccoutumée de la lésion. Elles ne sont pas dues davantage à la réaction cutanée spéciale du malade, puisque le même malade peut montrer deux types de lésion différents.
Non, lorsqu'un Trichophyton détermine sur un sujet une lésion plus ou moins grave que d'ordinaire, on peut, en certains cas, attribuer cette variation à une virulence variable du parasite. Car ces variations existent dans tout le inonde microbien. Ensuite il est de règle, dans une épidémie, que les lésions deviennent plus inflammatoires à mesure qu'elles se multiplient, et pendant toute la période d'augment de l'épidémie.
En outre, lorsqu'un malade présente une lésion trichophytique non suppurée, et une lésion suppurée, toutes deux du même âge, j'ai toujours vu la lésion non suppurée exister à la peau glabre ou il n'y a pas de follicule profond, et la lésion suppurée avoir pour siège une région pilaire où les follicules pilaires sont profonds. Il semble, comme je le supposais dès 1892, que la différence des lésions soit due dans ce casa la différence anatomique des régions (').
Enfin, ce qu'il faut bien savoir surtout, c'est qu'une lésion qui deviendra un kérion commence toujours avec l'aspect d'une trichophytie érythémateuse bénigne, et ne prendra que plus tard l'aspect du kérion. Cela est de règle au cuir chevelu; deux lésions dues au même parasite peuvent donc différer tout simplement, et c'est l'ordinaire, parce qu'elles ne sont pas de même âge.
Un fait remarquable que nos recherches d'aujourd'hui peuvent mieux préciser, c'est la parenté des lésions causées par deux espèces trichophytiques appartenant à un même groupe. Ainsi toutes les espèces trichophytiques du groupe des Trichophytons gypseums peuvent donner lieu à un kérion; elles n'y donnent pas toujours lieu, mais très habituellement, et quand elles n'y donnent pas lieu, leur lésion reste quand même un kérion avorté, plutôt qu'un herpès circiné banal (2).
(') Loc. citât., p. 122, 123.
(2) C'est après avoir constaté ces faits que j'écrivais : « La ressemblance objective de deux lésions trichophytiques se traduit invariablement (!) à la culture par une ressemblance entre les espèces qui les causent •> ( Trich. hum., p. 196). Ceci serait vrai si les Trichophytons du groupe des gypseums étaient les seuls à pouvoir donner lieu à un kérion, ce que je croyais alors. Mais cette phrase, si on l'appliquait aux Trichophytons en général, deviendrait tout à fait fausse, car les Trichophytons à culture faviforme peuvent donner lieu à des kérions souvent impossibles à distinguer de ceux que causent les T. gypseums. Et il n'y a point île ressemblance entre les cultures des espèces de ces deux groupes.
252 TRICHOPHYTIES.
De même les 5 espèces de Trichophytons faviformes aujourd'hui connues, peuvent donner lieu à une trichophytie impétigoïde aux régions glabres, et à une trichophvtie de la barbe qui secondairement devient un kérion. Les mœurs cliniques, l'origine, l'aspect quelles donnent au cheveu malade est semblable pour les trois espèces.
Il faut bien penser d'ailleurs que les plus fréquentes et les plus caractéristiques des lésions trichophytiques qu'on rencontre en un pays, sont les seules qu'on puisse rattacher à leur espèce causale.
Les auteurs qui ont observé peu de cas de trichophvtie sont nécessairement dans l'impossibilité de connaître la lésion que crée habituellement le Trichophyton qu'ils observent. Et, même après une grosse série d'observations comme la nôtre, nous ignorons encore la lésion que créent d'ordinaire tels ou tels parasites, rencontrés rarement.
La loi de spécificité des Trichophytons, telle qu'elle avait été établie, a été extrêmement mal comprise par beaucoup d'auteurs qui nous ont supposé des opinions que nous n'avions pas. Aussi beaucoup se sont-ils inscrits en faux contre elle (M.
(') Je passerai en revue leurs opinions et leurs arguments. V. Mibelli, le premier, avait mis cette loi en. doute. M. Pelagatti, son élève, étudiant les Trichophytons de la province de Parme (I Trichophytons délia provinçia di Parma. Clinica dermosifUopatica de la lie;/, univ. di Parma, 1896) conclut par trois points : - 1° La pluralité des variétés de champignons trichophytiques est indubitablement prouvée ; 2° Il n'existe aucun rapport entre les diverses formes cliniques et botaniques. Chaque variété étant capable d'occasionner toutes sortes de lésions, depuis la teigne tondante jusqu'au sycosis; 5° Il n'est pas possible d'induire de la forme clinique, la variété trichophytique qui la cause, ni d'induire d'une variété culturale la forme morbide qu'elle produira ». Tout ce que nous verrons prouvera que ces deux dernières conclusions de l'auteur sont des erreurs sûres. La conclusion de l'auteur eût dû être : qu'avec le petit nombre des cas qu'il avait examinés, il n'était pas licite de conclure pour ou contre la loi de spécificité des Trichophytons.
Ducrey et Reale terminent leur: Contribution à l'étude des Trichophyties humaines (Giorn.-iial. d. malat. ven. e délia pelle, XXI, 2, 1895) par trois conclusions qui sont toutes trois vraies, à savoir : « 1° que sur le même individu présentant de multiples foyers de trichophytie, ces divers foyers peuvent montrer différents aspects cliniques; 2° que les lésions trichophytiques peuvent se présenter sous différentes formes cliniques, sur les divers membres d'une même famille, alors qu'il est à présumer qu'ils se sont infectés l'un l'autre ; 5° que l'aspect clinique d'une lésion trichophytique peut changer aux différents stades de leur évolution, une trichophytie sèche du cuir chevelu peut se changer en kérion, une trichophytie sèche de la barbe en sycosis ».De ces trois conclusions, nous avions certifié, dès 1894, les deux premières. Elles énoncent des faits qu'on peut rencontrer, mais la règle, c'est que les faits qu'on rencontre soient inverses. Quant à la troisième conclusion, elle est vraie sans réserve, comme nous le verrons en étudiant les Itérions. Ordinairement une trichophytie ne devient un kérion qu'après un premier stade. Ce premier stade peut faire prévoir le kérion, mais n'est pas le kérion lui-même; nous étudierons ces faits en leur lieu. Ils ne prévalent en aucune manière contre la loi de spécificité. Parmi les auteurs anglais, à cette époque, se rencontre la môme incrédulité. Leslie Roberts en 1894, Allen Jamieson en 1893, Morris et Pernet en 1898, Civen en 1899 ne voient aucun rapport entre la forme clinique des lésions et l'espèce trichophytique en cause. Ces
Plusieurs ont nié la vérité de cette loi parce qu'ils ignoraient de quelles réserves avait été entouré son énoncé. Et d'autres, en croyant modifier cette loi, l'ont seulement énoncée en d'autres termes. En l'ait, les lois de ce genre doivent comporter des réserves parce qu'elles comporleut des exceptions, mais il n'y a pas à douter qu'en dépit de ses exceptions, la loi de spécificité des Trichophytons ne soit véridique. Cette loi n'est qu'une des faces de la loi plus générale de la spécificité des Dermatophytes. Geux-mêmes qui la nient font le diagnostic clinique du favus à travers ses variétés objectives, et parce qu'ils auront failli une fois à le reconnaître, ils n'en prétendent pas le diagnostic impossible. Aujourd'hui tout dermatologiste valable doit diagnostiquer, à l'œil nu, un cas ordinaire de Microsporief1), un cas d'Eczéma marginatum de Hebra, pourquoi' supposer impossible le diagnostic d'autres types dermalomycosiques, cela est irrationnel. Nos élèves nous voient journellement porter des diagnostics d'espèees trichophyliques que la culture, huit jours après, vérifie. Sans doute ce sont des diagnostics de probabilité, et l'expérimentation peut les infirmer quelquefois. Mais la fréquence même de leur exacti-
affirmations s'expliquent très bien; aucun de ces auteurs n'ayant examiné et cultivé un nombre de ras suffisant pour s'éclairer, car l'immense majorité des cas de dermatomycoses en Angleterre étant, laite par le Microsporum Audouïni, les observateurs avaient toujours vu trop peu de cas de trichophytie. Il est bien à remarquer que les trois auteurs anglais, qui tendent à accepter partiellement la loi de spécificité des Trichophytons sont ceux qui ont. le plus étudié et suivi celte question. C'est Fox et Blaxall d'une part, qui admettent que ■• les Trichophytons endothrix donnent lieu ordinairement à des lésions sèches et êrythémateuses,. tandis que les Trichophytons ectothrix, d'origine animale, ont une tendance spéciale à produire des lésions hautement inflammatoires, souvent pustuleuses ». (Notes on two cases of tinea circinata. Brit. Jauni, of Dermat., X, n° 112). A la vérité, ces auteurs, et Adamson avant eux, affirment trouver des Microsporums dans les kérions, mais cette question très importante a déjà été discutée plus haut (p. li.î) et le sera plus loin quand nous traiterons dés Trirhophytims microïdes. Et l'on verra que bien loin d'entamer la loi de spécificité des Trichophytons, celte observation la confirme. De même Adamson. en 1S95, dans son premier travail exclusivement histologique, mais très étudié, remarque comme Gruby autrefois, qu'à un aspect microscopique correspond un aspect clinique uniforme (Loc. rit., p. 2). De même enfin de récents travaux italiens tendent à se rapprocher de ma conception delà loi de spécificité. Antonio Reale ($ul. phiralismo et pleornorphismo tricofitïco. Xapoli 1901), et surtout M. Tmni (Siillu ligne, 1902, p. 9K), qui admet que chaque espèce trichophytique (ail en général une certaine lésion quoiqu'on puisse observer d'un cas à un autre cas quelques différences. C'est répéter, en d'autres termes, la loi de spécificité énoncée par moi en 1894. Cette note et le texte de ce chapitre étaient écrits avant que ne parût le récent article de M. Dalla Favera (de Parme). Ses conclusions se ramènent à celles de Pelagatti, étudiées plus haut, et sont passibles des mêmes objections. Délia Favera et Pelagatti sont tous deux élèves de Mibêlli. (:) « Une fois qu'on a bien compris les signes différentiels des teignes, il est aussi facile de diagnostiquer les teignes tondantes entre elles que de les distinguer du favus. » L. Wickham. Une épidémie de teigne tondante à l'asile Lambrechts (Annales de Derrhat. et île Syph., t. V, n" <>, juin 189i, p. 633).
254 TRICHOPHYTIES.
tude prouve la loi générale de spécificité, c'est-à-dire la correspondance de la lésion à l'espèce qui la détermine.
De la tondante trichophytique. — Rien n'est moins aisé que de donner une description d'ensemble des tondantes trichophytiques; elles sont multiformes autant que les différents cas d'herpès circiné, et pour les mêmes raisons ; et leurs symptômes sont moins frappants que ceux de l'herpès circiné parce que beaucoup dépendent de la forme et de l'aspect des cheveux malades qui sont très petits. Aussi nous tiendrons-nous forcément dans les généralités.
L'âge des tondantes est l'âge scolaire. On en peut voir dès le premier âge (:) et inversement après 15 ans {-) mais c'est de 4 à 15 ans que l'on en voit naître le plus grand nombre de cas.
Ainsi que Besnier l'a fait remarquer, « après l'âge de 15 ans en moyenne, la trichophytie s'éteint spontanément au cuir chevelu, lequel est devenu impropre à sa culture, même quand il n'a jamais été atteint auparavant » (3).
Chose remarquable, on peut voir chez l'adulte « des portions de cercles trichophytiques de la nuque, de la barbe ou du frontse continuer dans le cuir chevelu, mais sans y déterminer de trichophytie pilaire vraie » (4). Ces faits cliniques gardent encore des obscurités, bien que la démonstration de la pluralité trichophytique et les études montrant que les Trichophy tons qui font les grands cercles de la peau glabre ne sont pas ceux qui font les tondantes aient expliqué beaucoup de ces apparentes anomalies.
Nous allons décrire l'aspect ordinaire de nos tondantes trichophytiques. Chez beaucoup d'auteurs celle description n'est encore pas faite, la seule qu'ils donnent correspondant exactement et exclusivement à la tondante microsporique (;i).
Un des premiers caractères à mentionner, dans la description de notre tondante trichophytique banale, est la fugacité de la circination épidermique qui la précède. Voir une circination trichophytique nette, au cuir chevelu qsI la quasi certitude qu'elle ne relève pas d'une espèce trichophytique banale. On ne l'observe guère, au cours d'une tondante, que quand il survient une inoculation nouvelle, et sous la forme d'une tache érythémateuse.
(') Nous citons plus loin les observations sur ce point de C. Pellizari, etc.. elles n'entament point la validité de la règle générale que nous énonçons.
(-) Deux t'ois, j'ai rencontré la tondante à culture acuminée chez l'adulte, à 17 ans et à 22 ans. A 12, 15, 15 ans, elle n'est pas rare (Cf. Trichophytie* humaine*, p. 174). J'ai observé deux cas de trichophytie, l'un à 55 ans, l'autre à plus de 60, chez deux femmes, au cours de mes dernières recherches.
(ri) Besnier et Doyon. Notés de Kaposi, 2e Edit.. t. II, p. 797.
(4) Besxiep.-Doyon. Luc cit., p. 797.
(5) ('/'., par exemple, M. Morris, loe. citât., p. 01, 02.
Par la suite, et lorsque la tondante sera constituée, la surface de la plaque sera propre et son épidémie sain, ou bien, en l'absence des soins d'hygiène habituels, on trouvera, sur chaque point malade, des amas squamo-croûteux assez adhérents, épais d'un millimètre, laits de squamules feuilletées jaunâtres, dans lesquelles les cheveux malades sont enclavés. Dans le premier cas, le cheveu, cassé à l'orifice folliculaire, est gros, noir, semblable à un comédon (Tr. acuminatum) la plaque est alors « bronzée et grenue » (E. Besnier). Dans le second, le cheveu est plié et replié, en w, dans la squame. Il est gris jaunâtre, long de 5 millimètres hors de la peau. (Tr. cratéri forme.) Dans le premier cas, la plaque peut présenter très peu de cheveux sains parmi les malades. Dans le second, elle en présente toujours un grand nombre.
Dans les deux cas, un caractère éminent est l'abondance, lapetitesse et l'extrême dissémination des lésions. On peut trouver plus de cent points malades sur le même cuir chevelu, partout situés, et les plus petits peuvent comprendre un seul cheveu malade, ou deux, ou trois (1).
Dans la majorité des cas, la tondante trichophvtique s'accompagne d'inoculations à la peau glabre du visage, de l'oreille, du cou. Ce sont des taches érythémateuses amorphes, abortives, et qu'il est fréquent de voir disparaître sans traitement, et plus rare de voir devenir un cercle vrai d'herpès circiné, quoique le fait soit possible.
En dehors de ces types cliniques qui pour nous, en France, sont les plus fréquents, il y en a beaucoup d'autres plus rares. Il y en a dans lesquels le cheveu malade, d'un gris jaunâtre, droit, de 2 à 3 millimètres de hauteur, n'est pas sans ressemblance avec le cheveu de la tondante à petite spore ; d'autres, dans lesquels les plaques sont recouvertes d'une épaisse couche de croûtes impétigineuses, ou demiimpétigïneuses, demi-grasses.
D'autres plaques sont roses et un peu infiltrées, d'aulres ne montrent point d'érylhème, mais de gros poils noirs, cassés dans la peau, et augmentées de volume, au point que le follicule en est rendu saillant.
Et ces orifices folliculaires peuvent être, chacun, marqués d'un point rouge isolé, premier rudiment de folliculite. Dans d'autres cas, la folliculife est suppurée et chaque poil centre une pustulette, ou une pustule vraie, et l'ensemble de la lésion formant un placard surélevé, rouge, exulcéré, arrive à présenter la physionomie connue du kérion vrai. Et le kérion peut être bénin, et se terminer sans cicatrice ou grave et évoluer vers la cicatrice.
Lorsqu'une tondante revêt le caractère inflammatoire du kérion vrai, on peut l'observer même chez l'adulte, mais le cas est rare; au cuir chevelu il reste beaucoup plus fréquent chez l'enfant.
(') Besnier avail parfaitement vu et signalé ce fait. Loc. cil., p. 797. (-) Besnier. Loc. cit., p. 798.
256 TRICHOPHYTIES.
On voit combien l'aspect des tondantes lrichophytiques peut être variable, et leur diagnostic épineux; malgré cela, comme le dit très justement Besriier, si le diagnostic peut être obscurci par les altérations d'un eczéma, d'un impétigo concomitant, après avoir déblayé la tête, et mis les surfaces au clair, le diagnostic clinique est toujours possible.
L'évolution des tondantes lriehophvtiques]est variable, et en grande partie liée à l'aspect objectif qu'elle présente. Plus une tondante tri chophy tique est dépourvue de tous symptômes inflammatoires, plus sa durée risque d'être longue. Et comme tel est le fait le plus fréquent, à Paris, ces tondantes y ont une durée qui se chiffre par années. Les tondantes Lrichophytiques sèches, comme les londantesmicrosporiques banales, durent très bien trois, quatre, cinq ans, et davantage, quand on les laisse à elles-mêmes.
("elles dont le follicule envahi est marqué d'un point rouge sont déjà moins torpides; le cheveu malade, épilé lentement, vient entier à la traction, et celui qui lui succédera dans le même follicule sera sain. Leur guérisonpeul s'observer en <> à 7 mois. La guéri son survient plus vite dans les tondantes accompagnées de folliculite M'aie, et dans les kérions dont la suppuration détache cl élimine le cheveu malade. La durée des trichophvties nettement suppuratives est ordinairement comprise entre six et huit semaines.
Teignes tondantes suivies d'alopécies momentanées ou définitives. — J'ai observé une lois avec Brocq, sur la tète d'un enfant atteint de pelade ophiasique typique, une teigne tondante trichophytique en points disséminés. (Test là une simple coïncidence qu'on peut supposer très rare.
En dehors de tels faits, tous les dermatologistes se rappellent des cas de teigne tondante dans lesquels les cheveux; malades avaient peu à peu disparu sans laisser de traces, leur disparition créant des plaques chauves, alrophiques, sur lesquelles la réintégration des cheveux ne se fait qu'avec une 1res grande lenteur. Ce sont ces cas qui constituent le « bald-ringworm » des Anglais.
Si Ton excepte de la bibliographie du sujet les travaux anciens où la confusion entre la pelade et la teigne tondante est certaine, les premiers auteurs qui aient attiré l'attention sur cette forme clinique sont Aldersniilh et Livcing(-). Celui-ci, avec l'observation d'un cas de tondante dont les plaques, en quinze jours, devenaient lisses et brillantes, entourées de cheveux sains, parmi lesquels, quelques cheveux malades.
(') Bi'.sMi'.r.-DovoN. loc. rit, il. Note I do la p. 822, I. II.
(-) R. Liveing. Remarks on bald tinea forisurans and vegelables parasites (Brit. med. jniirn., -8 av. 1882). Liveing suppose, à tort, cpje ce sont <le tels cas qui avaient fait croire à la pelade parasitaire.
Crocker voulait que la pelade pût succéder in situ à la trichophytie, môme après longtemps. Hutchinson disait plus simplement ce que nous croyons : que la trichophytie peut amener l'atrophie du cheveu et faire des plaques glabres, ce qui est une forme rare, et un mode d'évolution presque toujours limité à un ou deux points malades, au cours des tondantes où on l'observe.
Dans un cas signalé par Max Joseph, il s'agissait de deux garçons atteints d'une teigne tondante si peladoïde qu'il avait pris d'abord le cas pour une pelade. C'est la contagion de la mère et du père qui permit de certifier le diagnostic, et on trouva alors le Trichophyton dans les soidisant pelades des deux enfants (').
Un cas semblable fut rapporté par Dubreuilh et Frèclie. Il s'agissait « d'un trichophyton ectothrixà petites spores (?) 'de culture vivace, provenant d'un chat (2). D'autres cas analogues ont été fournis par Crocker en 1898 (3), par [Colcott Fox en 1902(4). Les symptômes de tous ces cas coïncident. Dans tous, il s'agit de tondantes sans réaction inflammatoire, et, dans laquelle, les cheveux malades disparaissent peu à peu entièrement, et laissent une plaque chauve, bordée de cheveux sains, entre lesquels quelques cheveux malades, qui permettent seuls un diagnostic formel. Longtemps après, après deux mois et plus, un lanugo réapparaît, et la plaque redevient chevelue, presque de la môme manière que la plaque peladique vraie.
Ce processus, dont nous ignorons les causes immédiates, peut s'observer avec plusieurs parasites différents, et même 'avec la tondante microsporique, comme avec la tondante trichophy tique ; il ne s'agit donc point d'une modalité spéciale, liée à l'existence de tel ou tel Dermatophy te , mais à un processus réactionnel d'exception, indépendant du parasite causal. Quoi qu'il en soit, c'est un mécanisme de guérison par expulsion du cheveu malade, et si, malgré lui, on voit ces tondantes persister longtemps, c'est que, rarement, l'expulsion des cheveux malades est complète sur toute la surface [des plaques, et que, le plus souvent, autour d'elles, quelques cheveux malades persistent.
Deux autres types d'alopécie peuvent s'observer après les tondantes. Lorsqu'autour de chaque cheveu malade se produit une réaction inflammatoire, le [cheveu malade se décolle et est expulsé. Ce phénomène se produit alors non seulement au pied des cheveux malades, mais au pied des cheveux restés sains sur la plaque. Il s'ensuit une dépilation complète et curative. Si le phénomène a été bénin, la repousse s'effectue à peu près intégralement. Mais si le phénomène a été plus brutal, l'alopécie peut être définitive et totale et j'ai fait mouler, au cours de sa durée, et après sa guérison, une trichophytie de ce genre qui en témoigne (5).
(1) Max Joseph. Soc. berlinoise de Dermatologie du 5 déc. 1895.
(2) W. Dubreuilh et D. Frèche (de Bordeaux). Transactions of the third Congress of dermatology. Londres, 1890.
(s) Dermatological Society of great Britain and lreland. Séance du 29 juin 1898. (4) Colcott Fox. Dermatological \Society of London. Séance du 11 juin 1902, in Brit. journal of Dermat., 1902, p. 261.
(3) Musée de l'hôpital Saint-Louis, n09 1693 et 1709.
258 TRICHOPHYTIES.
Il faut donc excepter ces cas de la règle très justement émise par Besnier et Doyon à propos de la restitution intégrale et spontanée des cheveux sur les plaques de tondante guérie :
« Nous ne connaissons pas, disent-ils, d'alopécie définitive due au Trichophyton, hormis les cas où l'application intempestive d'agents irritants (l'huile de croton, par exemple) a déterminé des altérations irréparables. » Cela est vrai, sauf après les kérions violents qui sont certainement capables, sans intervention thérapeutique, de se terminer par cicatrice.
Étude générale des trichophyties de la barbe. — La trichophytie de la barbe est aussi polymorphe que possible. Cela s'explique aisément par le grand nombre des Trichophytons qui la peuvent causer, d'autant que certains d'entre eux, peut-être tous, sont capables de faire, suivant les cas, des lésions de physionomies un peu différentes. En outre, il est évident qu'une lésion, quand elle régresse, ne peut pas conserver l'aspect qu'elle présentait à son stade de début et d'état.
En raison de ce polymorphisme, les premiers caractères des trichophyties de la barbe qu'on doit noter seront moins formels que topographiqnes. On peut dire l°)qne la trichophytie de la barbe présente toujours des lésions localisées, disséminées, irrégulières, et asymétriques quand elles sont bilatérales; 2°) que la moustache n'est pour ainsi dire jamais attaquée par elles (2), et 5°) que la gouttière sous-narinaire particulièrement n'en est jamais atteinte.
Ces seuls caractères, pourtant négatifs, permettent d'éliminer, presque sans faute, les pyodermites simples des mêmes régions, car elles affectent une prédilection pour la gouttière sous-narinaire et la moustache, leurs lésions sont presque toujours bilatérales et symétriques, et on peut même les observer jusqu'aux deux sourcils.
En général, toutes les trichophyties de la barbe ont les mêmes caractères topographiques, mais on peut en observer de caractères symptomatiques très divers. Nous envisagerons seulement ici leurs variétés les plus communes.
I. — Il en existe d'abord un type sec, sans réaction inflammatoire perceptible, et ce type présente encore des variétés.
Tantôt on observe, sur les joues, des cercles d'herpès circiné plus
(M E. Besnier et Doyon. Notes de Kaposi, p. 799, note 1. t. II.
(-) En quatorze ans, je n'ai observé qu'une fois une trichophytie de la moustache, sur ses bords, en deux points très limités. Besnier avait remarqué cette extrême rareté. La génération médicale antérieure à la sienne, qui confondait encore les pyodermites locales avec les trichophyties, avait fait de grosses erreurs sur ce point. Nous avons signalé plus haut celle de Bazin, on pourrait signaler de même celle de Tilbury Fox (Leçon clinique sur le sycosis parasitaire, rapportée dans les Annales de Dermatologie, 1875-74, p. i67), lequel mentionne expressément le sycosis sous-narinaire, comme triehopbytique.
ou moins nets, plus ou moins grands, complets ou partiels, limités ou non à leur seule bordure ; tantôt on ne trouve pas d'herpès circiné, même rudimentaire, et toutes les lésions épidermiques se résument en des taches pityriasiques, vulgairement dénommées « dartres », et dont le seul caractère personnel est leur permanence sur le même point, car elles reparaissent après chaque traitement superficiel.
Dans ces triehophyties sèches, les principales lésions sont pilaires c'est dire qu'il faut faire quelque attention pour les distinguer. Tantôt le poil malade est inclus dans la peau, recouvert par l'épidémie corné. Il apparaît sous la l'orme d'un point noir, plus ou moins gros, plus gros que la section d'un poil normal, ou bien, sous la l'orme d'un sigma, d'une boucle de point d'interrogation. Les poils ainsi atteints sont disséminés, un par un, ou par petits groupes de quelques-uns, au milieu des autres poils sains. Et tantôt il n'y a que quelques groupes semblables, tantôt, au contraire, toute une joue en est criblée^1).
Toutefois, dans un certain nombre de cas, il se produit une inflammation folliculaire profonde, et la lésion, quia commencé froidement, finit par des abcès syeosiques.
D'autres fois, le poil malade est court, mais il sort de la peau, et sa couleur le l'ait différer des poils normaux qui l'avoisinent. Il est grisâtre et faux-plié, ou encore recouvert d'une mince écorce grise, plus ou moins irrégulière, rendant sa surface raboteuse.
Dans tous ces cas, l'examen à la pince permet de préciser le diagnostic, car, dans les triehophyties sèches, le poil malade est fragile, et la pince n'en extrait qu'un fragment court, non terminé par le bulbe, tandis que les poils sains du voisinage sépilent entiers.
Dans un autre type, la trichophytie sèche se reconnaît aisément à l'œil nu. Chaque poil gros, gris, et court, faisant sur la peau une saillie de un ou deux millimètres, sort d'un petit cratère corné de un millimètre et demi de large, qui ressemble au cône corné de la kératose pilaire des bras chez les jeunes gens(-).
Tous ces types secs peuvent aboutir à des abcès folliculaires disséminés, ou même à une suppuration générale, hypodermique de la région.
II. — En face de la trichophytie sèche de la barbe, on doit placer un type impétigoïde plus fréquent. En surface, l'épidémie corné est érodé sur les petits points malades; un peu de sérosité exsudée fait une squame croûteuse mince. Cette forme se complique de nodules syeosiques sous-jacents, plus ou moins gros et nombreux (').
I1) C'est l'aspect que fournissent d'ordinaire les Trichoppytons endothrix que l'on rencontre dans la barbe : Tr. violaceum, Tr. acuminatfân, Tr. reg:ulare. (-) Tr. rosaceum.
(3) Cf. Triehophyties humaines, p. IX".
260 TRICHOPHYTIES.
III. — L'aspect clinique connu sous le nom de sycosis parmi les dermatologistes est réservé, par la plupart d'entre eux, à des suppurations nodulaires, intra-dermiques, disséminées, sous-jacentes ou non à des lésions exsudatives et suppuratives de la surface'.
Le sycosis ainsi défini est fréquent; il est primitif ou secondaire, et même des trichophyties d'abord sèches peuvent y conduire.
Tantôt les nodules sycosiques sont hypodermiques. La pression ne suffit pas à les évacuer, il y faut le galvano-cautère, et l'on peut être étonné de la profondeur à laquelle on rencontre le foyer suppuratif. Dans d'autres cas, au contraire, où ils sont plus superficiels, l'expression fait jaillir du pus, ou un bourbillon, ou même un fragment de poil enrobé de pus. Quelquefois, les nodules sycosiques sont encore plus superficiels, et font la surface de la peau mamelonnairc. Chacun de ces mamelons peut être violacé, cl, au travers de son acumination obtuse, on peut voir du pus sous l'épiderme aminci. Ce sont là des sycosis de durée assez brève. Les sycosis à petits nodules disséminés, rares et profonds, peuvent durer au contraire de longs mois.
IV. — Il faut distinguer du sycosis le kérion. Cette distinction verhaie que je n'ai pas toujours faite (*) a sa raison d'être : le sycosis n'est pas le kérion, et beaucoup d'auteurs ont distingué ces deux formes très justement (-). Le kérion est un placard rond ou ovale de folliculites trichophytiques contiguës. Sa forme parfaite est celle d'un macaron, car la lésion est surélevée dans toute sa surface, et criblée d'abcès folliculaires, promptement visibles et vite ouverts, transformant les follicules en des puits purulents, d'où la suppuration évacuera le poil mort. Ainsi, dans cette forme de frichophylie, les folliculifes ne sont pas éparses mais conglomérées. C'est là leur caractère essentiel. Un kérion, au lieu d'être de surface plane, peut prendre la forme hémisphérique d'une coupole; sa surface exulcérée peut offrir un aspect fongueux. Dans d'autres cas, la saillie du kérion peut être énorme, d'un centimètre et plus; il constitue dans ce cas une tumeur molle, analogue à celle de la botryomycose, mais non pédiculée comme elle. .
Dans tous ces cas, l'épilation à la pince; enlève les cheveux morts sur toute la surface malade. Le processus inflammatoire les a détachés de leur racine. Enfin, sous le kérion même, on peut voir une nappe de pus se produire et toute la masse du kérion devient molle et mobile ; elle peut se détacher par sphacèle, et après guérison laisser une cicatrice de sa forme et de sa dimension.
En d'autres cas encore, les kérions multiples se soudent plus ou
(') Cl'. Trichophyties humaines, p. III.
(2) H. Tennkson. Traité clinique de Dermatologie, 189.", p. 240.
STRUCTURE GENERALE DES TRICHOPHYTONS. 261
moins l'un à l'autre, et au-dessous d'eux se forment, de-ei dc-là, des abcès plus ou moins gros, communiquant ou non, dont certains peuvent survivre aux lésions de surface, et, quand on les ouvre, après des semaines, ils ne contiennent plus du pus vrai, mais un liquide séreux et huileux analogue au liquide synovial, et plus ou moins teinté de sang.
L'évolution des trichophyties de la barbe, comme celle de toutes les trichophyties, varie surtout avec le degré d'inflammation dont elles s'accompagnent. Sèches, elles peuvent durer des aimées ; suppuratives, elles ne durent que quelques semaines.
Du reste, l'aspect non inflammatoire des lésions trichophytiques, à leur début, ne doit pas faire certifier qu'elles resteront telles jusqu'à leur fin. La plupart des kérions, et les plus nets, et les plus violents, commencent par un placard dont la peau est à peine rose, couverte de squames jaunâtres, un peu grasses, et dont les cheveux malades sont gris et engainés d'une collerette. Cette phase primaire peut être courte, ce qui peut faire croire au kérion d'emblée. Le kérion d'emblée existe peut-être, mais plutôt sur les régions glabres.
La parenté objective de toutes les lésions trichophytiques de la barbe sur le môme sujet est presque constamment évidente. Et même, quand une trichophytie présente cette forme sycosique où les nodules disséminés pourraient donner, à la même lésion, suivant ses points, un aspect polymorphe, il est curieux devoir combien les diverses lésions sont analogues.
11 est au contraire frappant de voir le polymorphisme extrême des trichophyties de la barbe en général, et combien il est rare, dans une série de cas pris au hasard, d'en rencontrer deux consécutifs qui se ressemblent.
C'est également un fait curieux de voir, dans notre pays au moins, en face des tondantes trichophytiques presque toujours sèches et sans réaction inflammatoire, des trichophyties de la barbe ordinairement suppurées. C'est que le Tr. cratériforme, qui fait la majorité des tondantes trichophytiques sèches de l'enfant, n'a encore jamais été vu dans la barbe, et que les Trichophytons fréquents, dans le poil de la barbe, chez l'homme, s'observent très rarement dans le cheveu de l'enfant. Mais les causes qui font certains Trichophytons plus fréquents en certaines localisations demeurent encore inconnues.
STRUCTURE GÉNÉRALE DES TRICHOPHYTONS DANS LE CHEVEU
Étude morphologique du Trichophyton. — Lorsqu'on cherche à différencier les cas de trichophytie que l'on rencontre, par les ré-
262 TRIÇHOPHYTIES.
sultats de l'examen microscopique, on se rend aisément compte que l'examen des squames « ne peut pas fournir d'éléments sérieux à une catégorisation des faits ». car, « le Trichophyton, dans les lésions circinées de la peau glabre, est d'un polymorphisme extrême, et les squames dune même plaque trichophytique peuvent montrer des éléments parasitaires tout différents les uns des autres » (1). Du fait de ce polymorphisme tous les Triehophytons en arrivent à se ressembler dans la squame.
Au contraire, dans le cheveu ou le poil, la structure des différents
mn.ailUi .
,Fig. 82. — Trichophyton extrait d'un cheveu de la teigne tondante de reniant. — Mycélium sporulë. Trichophyton endothrix. (Ocul. 3, obj. 7. Leitz.)
Triehophytons est essentiellement monomorphe, et très aisément reconnaissable. Les Triehophytons sont uniquement représentés par des filaments mycéliens parallèles, tous composés d'articles-courts, à peine plus longs que larges, juxtaposés en chaîne et réunis deux à deux par des facettes d'articulation. Chacun de ces articles est formé d'une enveloppe cellulosique et d'un contenu protoplasmique; suivant la forme sub-cubique ou sub-sphérique de chaque article le filament prend la forme d'un ruban ou d'un chapelet (fig. 82).
Ces articles courts sont ce que les dermatologistes désignent sous
(l) Triclwphyties humaines, p. 62.
STRUCTURE GENERALE DES TRICHOPHYTONS. 263
le nom de « spore myeélienne », et ainsi, un filament est dit « sporulé » quand il est fait d'articles courts, el « non sporulé » quand il n'est septé qu'à de larges intervalles. Il demeure entendu que ces mots, déviés de leur sens mycologique, peuvent être employés, suivant l'usage des dermatologistejs, et par abréviation, mais que les « spores » mycéliennes ne sont pas des spores, c'est-à-dire de vraies graines, mais plutôt de simples organes de végétation de défense.
Suivant les espèces trichophytiques, la « spore » peut être grosse (8 ia) ou petite (5 \l), ronde, ovale, ou carrée. Mais toujours, et pour toutes les espèces trichophytiques, elle garde son agmination en files régulières, suivant le grand axe du cheveu dans sa longueur. Ce caractère, commun à tous les Trichophytons dans le cheveu'oulepoil, suffit à faire reconnaître, au microscope, le type du parasite que Ion a sous les yeux.
Un deuxième fait très important, c'est que la disposition du parasite, dans le cheveu, gai'de une remarquable similitude sur tous les cheveux malades d'une même tête : « Les cheveux d'une même tête présentent un envahissement plus ou moins complet du parasite, mais toujours un parasite de forme identique » (*) et « dans toute l'épaisseur et dans toute la hauteur d'un même cheveu la morphologie des éléments parasitaires reste la même » f2). « C'est [donc] dans le cheveu ou le poil qu'il faut chercher les éléments d'un examen microscopique différentiel des Trichophytons (3). »
Dès 1895 je remarquai (après Gruby, mais sans avoir alors lu son texte) que, dans les cas de tondante trichophytique banale, les Trichophytons montraient toutes leurs chaînes de spores exclusivement contenues dans l'intérieur du cheveu, et, pour cette raison, je les désignai sous le nom de Trichophytons endothrix. Inversement j'observai qu'à l'examen microscopique des trichophyties de la barbe on trouvait non seulement le poil envahi, mais entouré de filaments mycéliens (''). Et je nommai les Trichophytons de ce type : Trichophytons ectothrix (5).
(') Trichophyties humaines, p. 65.
(-) Trichophyties humaines, p. 64.
(3) Loe. citât, p. 62. L'identité d'aspect du parasite sur la même tête ne fut admise ni par tous, ni promptement, aussi mentionnerai-je l'affirmation conforme (dès 1896) de Adamson, qui est l'un des auteurs qui a le plus et le mieux étudié la morphologie des Dermatophytes. Pour lui, le même aspect microscopique est constant pour le même cas, et pour ceux que ce cas a déterminés par contagion. Adamson insiste et dit même qu'en aucun cas il n'a trouvé différents tableaux parasitaires coexistant sur la même tète.
(4) Saboup.aud. Contribution à l'étude des Trichophyties, IIIe mémoire. Annales de Dermat., 5e série, t. IV, p. 826 et planche V. Juillet 1893.
(5) La définition des Trichophytons ectothrix a donné lieu à de multiples confusions que j'ai relevées dès l'origine, en particulier au Congrès de Londres.
Cette distinction entre les Trichophytons, extrêmement attaquée à l'origine, est à peu près universellement admise aujourd'hui (').
Cette distinction entre les Endothrix et les Ectothrix reste fondamentale et définitive, il faut savoir néanmoins cependant qu'à la période de premier envahissement du cheveu, qui est analogue chez lous les Trichophytons, un examen trop succinct peut conduire l'observateur à des erreurs d'interprétation (2). En ordre, parmi les Endothrix et parmi les Ectothrix, le microscope peut établir encore des subdivisions importantes.
Il existe d'abord une série de Trichophytons qui sont assurément des Endothrix et qui gardent pendant longtemps les caractères spé-
La plupart des autours anglais crurent que, pour moi, les ectothrix entouraient le cheveu sans l'envahir, et c'est ainsi que Fox et Blaxall purent écrire : « later researches appear no demonstrate that the hair itself may be more profoundly implicated than Sabouraud atflrst observed and hence the term endo-ectothrix». (An inquiry, etc., p. 7.). El c'est ainsi que naquit le mot endo-ectothrix dont la définition' est exactement celle que j'avais donnée au terme ectothrix. Mon premier texte et les planches qui l'accompagnent ne laissent aucun doute sur ce point. « L'examen... montre que le parasite... occupe non seulement le poil mais sa gaine, (loc citât., p. 832). « Le poil est occupé par des séries linéaires de grosses spores... gui le remplissent corriplètemcht » etc....
(*) La querelle concernant la valeur diagnostique de l'endothricité et de l'éctôthricité des Trichophytons a toute une littérature. Dés son premier travail (1895) Adamson vérifia la distinction des endothrix et des ectothrix. De même Bodin (Th. de Paris, 1895). Par contre, les trois principaux travaux italiens, en dehors de ceux de Mibelli, la nient complètement, ce qui prouve au moins une chose, c'est que les ectothrix ne sont pas fréquents en Italie. Pour Ducrey et Reale l'examen microscopique ne permet pas la différenciation entre des Trichophytons Vndothrix et des ectothrix (Lor cit.). Pour Pelagatti (1896), la disposition du Champignon par rapport au poil n'a pas de valeur diagnostique différentielle. Et même pour Truffi (1902) et pour Dalla Fâvera (1909), l'endothricité ou l'éctôthricité sont encore des phénomènes sans valeur.
En Angleterre, M. Morris croit que l'endo ou l'éctôthricité des Trichophytons doit être en rapport avec le degré de l'invasion parasitaire. Tandis que Fox et Blaxall, comme Adamson, écrivent : « There can be no doubt of the existence of a group of Ectothrix trichophytons found in scalp lésions, as on glabrous skin, clearly dlstinguishable clinjcally, microscopically and by culture, from both the endothrix Trichophytons and from Microsporum. ». An inquiry, etc., p. 18, 19. Aujourd'hui, la distinction des endothrix et des ectothrix ne rencontre plus guère d'opposants; sauf Dalla Favera, tous ceux que la question intéresse, et avec lesquels je suis en correspondance, l'admettent comme indubitable. Il faut croire que cette différenciation est plus difficile à faire en Italie par manque de points de comparaison. Dès 1894, Les Trichophyties humaines concluaient par ces mots qui restent vrais : Comment dire « qu'on ne peut aucunement se baser sur l'examen microscopique pour établir, parmi les différents cheveux trichophytiques, une différenciation morphologique, lorsqu'il y a cinquante ans, cet examen a pu suffire à un observateur attentif pour établir l'existence des groupes parasitaires que l'étude bactériologique vient aujourd'hui vérifier ». (p. 71-72).
(2) « Althonght in the completely invaded hair, one could ahvays readily dislinguish Microsporum, endothrix Trichophyton and ectothrix Trichophyton from one another, vet the method of invasion by the fungus vas similar in ail. » (Lettre de Adamson, 1906.)
STRUCTURE GENERALE DES TRICHOPHYTONS
ciaux que tous les Trichophytons 'prennent autour du cheveu, à la période de début de l'envahissement, à savoir la présence, autour du cheveu, de quelques filaments extra-pilaires rampant sur eux; de plus, parmi les Eclothrix, il y a encore une distinction à faire, et celleci est capitale. Il y a des Ectothrix à spores grosses (de 5-8 |ic), c'est-àdire de dimension égale sinon supérieure aux spores trichophytiques ordinaires, tandis qu'il y a des Ectothrix à spore petite (3-4 \l) qui évoqueraient à la pensée l'aspect caractéristique des Microsporums si, dans l'écorce que le parasite constitue aux cheveux, on ne trouvait, parmi les spores détachées, ou dont les files sont indistinctes, un très grand nombre de filaments sporulés, tout à fait étrangers à la structure des Microsporums. Cet aspect est assez trompeur pour avoir causé maintes confusions. J'appellerai ces Tri- »
chophytons Microsporoïdes ou plus simplement Microïdes.
Ainsi donc les différents Trichophytons peuvent revêtir quatre types microscopiques, dans le cheveu ou le poil humain.