‹ Les teignesChapitre 54 sur 155 · II. Trichophyton plicatile · texte numérisé non relu

II. Trichophyton plicatile

II, II. — Cultures de 20 jours sur gélose maltosée.

112, II2. — Cultures de 35 jours

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113, 11°. — Cultures de 2 mois —

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114, II4. - Cultures de 2 mois (en tubes).

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l'étude de la trichophytie hum juin 1893, p

SABOURAUD. — Teignes.

Planche XIII

Masson et Cie, Editeurs

Phototypie Berthaud, Pans

TRICHOPHYTON CEREBR1FORME. 323

Histoire et bibliographie. — Lorsque je rencontrai cetle espèce, en 1893, je la confondis d'abord avec le Tr. cratériforme(1). C'est quelques mois plus tard que je la différenciai, en des termes qui ne peuvent prêter à aucun doute. J'établis ses caractères propres de culture sur moût de bière gélose, sur pomme de terre, sur milieu d'épreuve où « la culture se présente avec un centre craquelé formé de contournements cérébriformes ». En outre, j'en fournis dans l'Atlas des Trichophyties humaines deux photographies caractéristiques (2), et j'explique comment on doit éviter la confusion de cette espèce et de l'espèce à culture cratériforme(3). Cette faute signalée n'empêcha pas plusieurs auteurs de la refaire après moi. En 1895(4), et même en 1906 (3), Adamson croit que le Tr. crateriforme fait la moitié des trichophyties de la barbe en Angleterre. Cependant, Mibelli, en 1896, retrouvait à Parme mon « Trichophyton à culture vermiculaire », dans 4 trichophyties légères de la barbe sans véritables nodules sycosiques (6). Mais, en 1900, Bodin publia, comme Adamson, un cas de trichophytie de la barbe dû au Tr. crateriforme C), et il affirme de nouveau le fait dans son petit ouvrage sur les Champignons parasites de V homme (8). A la vérité, personne ne peut dire que le Tr. crateriforme ne se rencontrera jamais dans une trichophytie de la barbe, néanmoins, parmi les 400 cas de dermatomycoses soumis par moi à la culture en' 1892-1894, et parmi les 500 cas étudiés par moi depuis 1906, je ne l'ai jamais rencontré. Si les auteurs précités avaient connu le Tr. cerebriforme, on pourrait provisoirement admettre leur opinion, mais jamais ils n'en ont expressément différencié le soi-disant Tr. crateriforme qu'ils rencontraient dans la barbe. Bodin, nommant ce parasite Tr. flavum, d'après mes travaux ajoute même qu'aucun auteur, après moi, ne l'a signalé.-C'est que ceux qui l'avaient rencontré l'avaient méconnu.

Origine animale du Tr. cerebriforme. — Sur l'origine animale de ce Trichophyton, il n'a été écrit, je crois, que des erreurs. Les premières sont venues de moi. J'avais obtenu cette culture, en 1893, d'une trichophytie de la barbe chez un officier d'artillerie de la garnison d'Orléans. Cet officier me raconta que depuis dix-huit mois, les chevaux de son régiment avaient présenté 150 cas d'herpès circiné, et que 6 infirmiers-vétérinaires en avaient été atteints.

Je me mis aussitôt en rapport avec M. Angot, vétérinaire en premier du régiment, et j'allai étudier cette épidémie à Orléans. Elle touchait à sa fin; je vis plusieurs chevaux guéris ou en guérison, j'examinai des squames et des poils, j'en emportai même pour en essayer la culture. Cependant, ces cultures restèrent infructueuses, bien que l'examen microscopique m'ait montré le parasite dans plusieurs poils. J'ignorais

(') Sabouraud. Contribution à l'étude delà trichophytie humaine. IIe mémoire. Annales de Dermat. et de Syph. février, 1893, p. 116.

(2) Atlas des Trichophyties humaines, iig. 124-125.

(3) Trichophyties humaines, p. 189, note 1.

(4) Adamson. Observations on the parasites of Ringworm. British Journal of Dermat., 1895, VIII, p. 201.

(5) Lettre particulière.

(6) V. Mibelli. Sur la pluralité des Trichophytons. Annales de Dermat et de Syph., 1896, p. 733. Il est à remarquer que d'après les plus récents travaux le Tr. crateriforme n'existe pas en Italie.

(") Annales de Dermat. et de Syph., décembre 1900, p. 1205.

(8) E. Bodin. Les Champignons parasites de l'homme. Encyclopédie Léauté, p. 108.

32^ TRICHOPHYTIES:

encore que l'ensemencement du poil de Cheval trichophy tique ne doit être pratiqué qu'avec le millimètre inférieur de sa portion radiculaire. J'ignorais aussi que les poils de nos Animaux domestiques portent, le plus souvent, des germes de Moisissures en grand nombre, et que si on ensemence par tronçons leur portion aérienne à côté de leur portion radiculaire, les cultures seront presque toujours recouvertes de Champignons étrangers, et perdues sans recours. Enfin, je ne connaissais pas alors les Trichophytons ordinaires du Cheval.

Aussi, devant l'ensemble si imposant des Commémoratifs, je ne crus pas pouvoir mettre en doute l'origine équine du Trichophyton que l'officier m'avait présenté. C'est seulement plusieurs années après qu'un doute m'est venu. Et voici mes raisons de douter encore :

1° Les six cas de trichophytie cutanée des infirmiers-vétérinaires étaient déjà guéris quand je fus à Orléans. Chaque fois, le parasite n'avait attaqué que l'épidémie, bien que plusieurs cercles parasitaires aient eu la barbe pour siège et eussent été mal traités. Ceci est contraire aux mœurs du Tr. cerebri forme . qui envahit les poils, sans faute, lorsqu'il a créé sur les joues la première lésion d'herpès circiné. 11 est, à la rigueur, possible que l'officier dont j'avais ma première culture, eût contracté sa trichophytie ailleurs qu'au régiment. En tous cas, je n'ai pas fourni la preuve de son origine.

2° Jamais, par la suite, dans aucun des cas de trichophytie animale directement étudiés par moi ou par d'autres, on n'a retrouvé ce Trichophyton. J'en ai trouvé beaucoup d'autres et, en particulier, un qui pouvait bien avoir été la cause de l'épidémie d'Orléans, et qui a été décrit et cultivé pour la première fois en 1898, par Matruchot et Dàssojiville(1).

Plus tard, ne retrouvant pas ce Trichophyton chez le Cheval, et l'ayant observé chez des ruraux, je crus qu'il s'agissait d'un Trichophyton du Veau. Bodin, l'étudiant dans sa monographie des Trichophytons du Cheval, le crut, pour les mômes raisons, originaire des bovidés (â).

Lorsque R. Blanchard résuma les plus récents travaux parus à cette époque sur les Dermatophytes, dans le Traite de pathologie générale de Bouchard (3), il crut les symptômes observés par moi sur le Cheval dans l'épidémie d'Orléans, identiques à ceux que Mégnin avait donnés à la trichophytie équine spéciale qu'il avait attribuée à un Trichophyton depilans, hypothétique (*). Mon Trichophyton « à culture jaune craquelée, vermiculaire », devenait ainsi le Trichophyton depilans du Cheval (Mégnin).

Plus tard enfin, Gueguen f5), supposant certaine cette identification de Blanchard, décrit, d'après moi, les cultures craquelées, vermiculaires, en les attribuant au Tr. depilans de Mégnin . Et il ajoute, d'après Mégnin, (qui n'avait point fait de cultures), que ce Trichophyton produit des lésions

(') Matruchot et Dassonvii/le. Recherches expérimentales sur l'Herpès du Cheval; un nouveau Trichophyton producteur d'herpès. Congrès de CA.F.A.SÀ Nantes, 11 août 1898.

(-) E. Bodin. Les teignes tondantes du Cheval et leurs inoculations humaines.

(5) R. Blanchard. Parasites végétaux (à l'exclusion des bactéries). Traité de Pathologie générale de Bouchard, Paris, 1896, Masson et C'% édit., t. II, p. 811-925.

(4) Weber et Mégnin. Note sur le Trichophyton depilans. Bull. Soc. centr. de méd. vétér., 1882, p. 1247-1250.'

(5) Gueguen, Les Champignons parasites de l'Homme et des Animaux. Paris, 1904, p. 141.

TRICHOPHYTON GEREBRIFORME. 325

chez le Veau, chez le Cheval, chez l'Homme, et qu'il existe probablement sur le Bœuf et sur le Mouton. Or, de ce que je viens de raconter, il ressort qu'on n'a jamais obtenu une seule fois cette culture d'un Animal quelconque : Cheval ou Veau, Bœuf ou Mouton, et que l'Homme est jusqu'ici, son seul hôte connu de façon certaine ('). La proportion des cas de trichophytie dûs à ce Parasite parait largement différer suivant les pays. Tandis que nous observions ce Parasite 15 fois seulement sur 500 dermatomycoses à Paris, Dalla Favera à Parme rencontrait 45 fois le môme Tr. cerebriforme sur 144 observations : 55 fois à la barbe, 4 fois au cuir chevelu, 0 fois sur la peau glabre. La préférence de ce Tfichophyton pour la barbe de l'Homme paraît donc partout évidente, et encore plus à Parme qu'à Paris.

Étude clinique. — L'affection à laquelle donne lieu le Tr. cerebriforme peut s'observer sous forme d'Herpès circiné, de Trichophytie de la barbe et de Tondante trichophytique, mais, chose remarquable, surtout à Paris où les trichophyties de la barbe sont rares relativement aux tondantes, c'est surtout dans les trichophyties de la barbe qu'on le rencontre.

I. Le cercle d'herpès circiné auquel donne lieu le Parasite peut atteindre et dépasser les dimensions d'une pièce de 5 francs. C'est un cercle rose, légèrement saillant en totalité au-dessus de la peau voisine, sec d'abord et pour ainsi dire non vésiculeux ; puis quand la lésion vieillit, la surface de 1'épiderme corné est soulevée par un suintement léger, pseudo-impétigineux, et, sous la squame-croûte qui se l'orme ainsi, on peut trouver quelques pustulettes folliculaires orificielles disséminées.

IL A labarbe de l'Homme la lésion débute ordinairement de même, et cette trichophytie est l'une de celles qui montrent à leur début le cercle d'herpès circiné le plus longtemps remarquable ; mais souvent une partie du cercle s'atténue, alors que le reste demeure, et la lésion se réduit à un segment de cercle.

Les poils malades sont d'abord peu nombreux, souvent disséminés sur la surface du cercle, par groupes de trois à cinq poils malades, séparés par des poils sains.

Ces groupes se multiplient et persistent après la disparition des cercles, et ceci représente une deuxième phase de l'affection. Alors, les cercles ont disparu complètement, les groupes de cheveux malades sont très nombreux, et, sur ces points, s'observent de petites lésions

(') Peut-être faut-il faire une exception et ce serait pour le Chat. En effet. Punch, élève de J,-J. Pringle qui a publié l'un des meilleurs travaux expérimentaux sur les dermatomycoses communes à l'Homme et aux Animaux a trouvé, sur un Enfant de 9 ans, et sur le Chat de la maison, des plaques de tondante dont la culture pourrait être celle du Trichophyton cerebriforme. Mais cette identification n'est point certaine. Cf. J.-R. Bunch. On ringworm infection in man and animais. British médical journal, février 1891 (6e cas).

326 TRIGHOPHYTIES,

épidermiques pseudo-impétigineuses. Ce sont des points que le bout du doigt cacherait; leur surface est facilement humide au grattage, et, à cause de cela, montre souvent de petites croùtelles séreuses, jaunes, comme de la poussière de résine (').

A cette deuxième phase, plus durable que la première, succède ordinairement une troisième : phase des abcès monilif ormes, phase sycosique. L'irritation de surface des points malades disparaît, mais, audessous de plusieurs d'entre eux, la peau s'infiltre, et il se forme dans son épaisseur des séries de petits abcès oblongs, intra-cutanés, distincts les uns des autres, le plus souvent allongés dans le sens transversal. Ces abcès, douloureux, et d'évolution lente, varient en dimension de celle d'un grain de blé à celle d'un noyau d'olive. On peut en voir plusieurs, disposés l'un au bout de l'autre et communiquants. La barbe entière en présente de cinq à vingt ; même lorsqu'ils sont nombreux, ils restent distincts sans que leur réunion ait jamais formé un cercle de kérion(2).

Lorsque j'ai décrit pour la première fois cette trichophytie spéciale, je croyais que ces abcès n'étaient pas trichophytiques mais microbiens, sans doute parce que l'un des abcès que j'avais ensemencés avait été infecté secondairement. En réalité, chaque abcès se collecte autour d'un débris de poil trichophy tique, qui en fait le centre, et qu'on y retrouve assez facilement sur des coupes sériées.

La culture de ces abcès reste stérile, ou bien, quand on a ensemencé le cheveu qui est en leur centre, elle donne le Trichophyton causal. Ces abcès, comme je le disais, « ont peu de tendance à s'ouvrir spontanément, et persistent par places, isolés les uns des autres » pendant des mois, obligeant souvent à de petites ponctions évacuatrices au galvano-cautère, pour arriver à la guérison.

A la barbe, cette trichophytie, présente donc trois phases : I. une première phase d'invasion épidermique : cercle d'Herpès circiné.

L2. — Une deuxième phase d'envahissement pilaire, au cours de

(*) Voici en quels termes je décrivais ces lésions en 1894 :

« Trichophytie de la barbe, à forme de dermile humide disséminée.... Sa première caractéristique est la dissémination des lésions par petits placards. On trouve de deux à dix et douze points malades où l'épiderme est exfolié comme par une application vésicante ou une brûlure légère. Il y a à leur surface une légère exsudation séreuse, et quelquefois, une gouttelette concrétée d'un jaune d'or, est attachée, deci-delà à la base d'un poil sain ou malade. » Trichophy lies humaines, 1894, p. 187.

(2) Voici ce qu'en disait mon texte de 1894 : « Quelquefois, mais seulement plus tard on voit apparaître des points d'induration. Mais ces points sont hypodermiques, et, de plus, tous isolés, sans que ce processus se complique de folliculite agminée.... Ces points indurés, profonds, et disséminés aboutissent rarement à former des rudiments d'abcès qui peuvent se disposer en chapelets moniliformes, suivant les plis sous-mentaux. » (Trichophy ties humaines, p. 188.)

TRICHOPHYTON CEREBRIFORME.

laquelle les lésions épidermiques se réduisent au minimum et les lésions pilaires sont plus nombreuses et plus distinctes.

o. — Et une troisième phase d'abcès moniliformes sous-cutanés disséminés.

Aspect du poil malade. Dans cette trichophytie, le poil malade est gros, grisâtre, quelquefois contourné dans la peau, suivant le type Irichophy tique, en w ou en s, à la surface de l'épiderme ou dans l'épaisseur de l'épiderme corné ; le plus souvent, il dépasse la peau de trois millimètres; il est cassant à l'épilation, et amène parfois avec lui une collerette épidermique infiltrée de parasite.

III. La tondante. — La tondante infantile, à laquelle ce parasite donne lieu quelquefois, se présente sous un aspect ordinairement reconnaissable. Car, d'abord, elle débute par un cercle de trois à quatre centimètres de diamètre, plus rose, plus saillant, plus durable et par conséquent plus visible que celui qui précède la tondante à culture cratériforme. En second lieu, cette lésion épidermique crée très vite une sécrétion légère sur toute sa surface, en sorte que la lésion se trouve recouverte de squames, grisâtres sur leur face externe, jaunâtres sur leur face profonde qui est moite. Au-dessous d'elles on voit de petites pustules miliaires, assez peu nombreuses.

Les cheveux malades, grisâtres, repliés en w ou en z sont tout à fait analogues aux cheveux du Tr.

cratériforme.

L'inflammation impétigineuse de surface demeure assez permanente mais superficielle. Après la guérison, la tache ronde restera longtemps teintée de rose, mais jamais je n'ai vu cette lésion passer par un stade inflammatoire du type du kérion, ni môme par une phase d'abcès moniliformes du type que crée le même Trichophyton à la barbe de l'Homme adulte.

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Fig. 129.

Tr. cerebriforme dans le cheveu de l'enfant, x 260.

Etude microscopique. —

Dans l'étude microscopique

du poil ou cheveu atteint par

le Tr. cerebriforme, voici les points qui me paraissent devoir être mis

en lumière.

TRICHOPHYTIES.

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Au premier examen, s'il est fait d'une façon rapide, rien ne distingue le parasite du Tr. cratéri forme, si l'on examine un cheveu tel que le représente la fig. 1*29, par exemple.

Mais si nous examinons s u ccessive m e n t cinq ou six cheveux ; d'une préparation, nous ne tarderons pas à en rencontrer plusieurs qui montreront, en dehors d'eux, des filaments parasitaires parallèles au cheveu. Le Tr. cérébriforme n'est donc pas un endolhrix exclusif quoiqu'il soit endothrix pur sur certains cheveux (fig- 130).

Et tandis que le parasite dans le cheveu est composé de spores moyennes, ovalaires, en chaînes plus ou moins distinctes, les filaments extra-pilaires seront plus gros, rubanés, découpés par des cloisons en éléments carrés, ou bien faits de chaînes d'éléments subsphériques de grosseur diverse, irrégulièrement dichotomisées (fig. 131).

Il est à remarquer que le Tr. cérébriforme se présente comme les Trichophytons endothrix, tantôt sous forme d'éléments quadrangulaires à angles mousses, réunis en chaîne, et ces chaînes résistent pour la plupart à la dissociation par la potasse (fig. 152); tantôt, au contraire, les cellules parasitaires sont dissociées une par une; elles ont perdu toute cohésion (fig. 153), et il semble bien que -ce l'ait soit

1 ii.

130. — Tr. cérébriforme. Aspect du parasite néo-endothrix. x 260.

TRICHOPHYTON CEREBR1FORME.

indépendant dn degré de dissolution du cheveu dans la solution potassique, car on peut dans la même préparation observer les deux types pour ainsi dire côte à côte, ou sur des fragments de poil voisins. Ceci semble dépendre du degré de maturité des éléments sporulaires.

Les filaments parasitaires situés hors du cheveu gardent plus longtemps les formes rubanées, et les éléments gros et difformes qui sont caractéristiques du stade d'invasion des Dermatophytes.

Les caractères microscopiques de ce parasite ne sont pas tels d'ailleurs qu'ils suffisent à faire affirmer son

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Fig. 151. — Tr. cerebri forme. Cellules arrondies dans le cheveu; filaments hors de lui.x260.

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Fig. 152. — Tr. ce reb ri forme. Le cheveu dissous, presque loules les cellules parasitaires conservent leur organisation en filaments, x 260.

espèce. On peut seulement l'induire des caractères cliniques et microscopiques. Et c'est la culture seule qui donnera une certitude.

Inoculations. — L'inoculation du Tr. cerebri forme au Cobaye, pratiquée suivant les techniques ordinaires, est aisément positive.

Dix jours après l'inoculation, apparaît, au centre d'une aréole rouge, une croûte roussâtre englobant les poils à leur base.

Ces poils repris et examinés 4 ou 5 jours plus tard montrent des filaments mycéliens dans leur épaisseur.

La lésion du Cobaye est tou-

'RICHOPHYTIES.

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Fig. 135. — 7'/'. cerebriforme, Le cheveu étant dissous, presque tous les filaments sont rompus et les cellules parasilaires dissociées, x 260.

jours fugace, elle dure 15 jours environ et guérit par dessiccation et

chute de la croûte et des poils, comme toutes les lésions similaires.

Trichophyton plicatile (Sabouraud, 1909).

Nous n'avons rencontré le Tr. plicatile que deux l'ois sur 500 dermatomycoses; les deux l'ois, dans la barbe de l'Homme et avec les caractères suivants (') :

Emmanuel Bl..., homme de 50 ans portait une trichophytie suppurée de la barbe, du type que nous nommons le kérion en coupole : lésions très saillantes, arrondies, indurées, dont la surface est criblée de pustules. Très facilement on trouvait sur ces lésions, d'ailleurs nombreuses et disséminées sur toute la région de la barbe, des poils cassés à deux millimètres au-dessus de la peau, gris, faciles à saisir avec la pince, mais cassant à l'épilation, tandis que d'autres, ordinairement sains, s'épilaient entiers, sans traction.

Le second malade : Victor Rie..., 23 ans, lorsque je l'ai vu pour la première fois, montrait sur les joues une trichophytie sèche à cercles rouges, couverts de nombreux poils gris, cassés à deux millimètres audessus de la peau, et fragiles.

Un peu plus tard les lésions, sans faire de kérion proprement dit, changèrent d'aspect. Il se forma au-dessous d'elles de nombreuses nodosités intra-cutanées disséminées, distinctes les unes des autres ou fusionnées, quelques-unes très douloureuses.

Le premier malade fut guéri par les émollients, l'épilation et les badigeons d'alcool faiblement iodés.

Le second nous quitta en cours de traitement.

Examen microscopique. — Le Tr. plicatile est un type des Tri-

(') En 1909, Henrik Banc, étudiant les trichophyties de Copenhagne (inédit) vient de rencontrer, sur 80 cas mis en culture, 37 cas de Tr. plicatile : 29 fois dans la barbe avec ou sans localisations accessoires à la peau glabre, (3 fois sur la peau glabre seule, 2 fois dans une tondante de l'enfant. Cette fréquence, en Danemark, d'une trichophytie rare en France est très remarquable.

TRICHOPHYTON PLICATILE. 331

chophytons néo-endothrix. Dans la même préparation de poilsjprove-

Fig 134. — 'J'richophylon piicalile dans le poil de la barbe humaine, x 260. Le carton à 760.

nant du même sujet, on trouve le parasite rigoureusement endothrix et

TRICHOPHYTIES.

d'autres cheveux sont entourés de quelques filaments rubanès. Plus on examine des poils provenant de lésions anciennes, moins on y retrouve semble-l-il de trousseaux filamenteux parasitaires hors du cheveu.

Cultures. — Les culture* du Tr.plicalile sont nettement analogues aux cultures du type cratériforme. Elles sont blanches, de consistance cartonneuse et de surface poudreuse.

Leur surface donne l'idée d'une étoffe soyeuse qu'on aurait laissé retomber sur elle-même de façon que son centre soit tout fait de plis

chiffonnés. La photographie en donne une idée plus nette que la meilleure description et fournit aussi sa différenciation avec le Tr.

cerebriforme ( PI. XIII, fig. n2etn3).

Lorsque les cultures vieillissent elles s'entourent d'une aréole poudreuse moins visiblement rayonnée que celles du Tr. cerebriforme.

Sur leur surface il arrive que , les plicatures se fendillent, mais rien, dans ce phénomène, ne rappelle les lacunes qui caractérisent les cultures même jeunes du Tr. effraction, pas plus que leur surface poudreuse ne rappelle l'aspect grumeleux du centre des cultures du Tr. cerebriforme. Leur aspect spécial est particulièrement visible sur les cultures en tube de la PI. XIII, fig. ii3).

Inoculations. L'inocula-

lion du Tr. plicalile au Cobaye est facile et donne, dans le poil l'aspect d'un Tr. endothrix pur, dont les filaments jeunes, descendant dans le cheveu, font de nombreuses dichotomies et ne sont coupés de cloisons qu'à de longs intervalles.

Trichophyties suppurées et Trichophytons endothrix. — En 1892-943 je croyais que toutes les trichophyties suppurées étaient d'origine animale et causées par des Trichophytons ectothrix. Cette opinion est trop absolue, il faudrait remplacer le mot toute* par ta plupart, car il y a

Fig 155.. — Trichophylon plicatile, dans le poil du Cobaye, 15 jours après l'inoculation, x 260. '

LES TRIGHOPHYTONS MICROIDES. 333

des trichophyties suppurées causées par des Trichophytons endothrix.

Le fait fut observé, d'abord par Mibelli, puis par Colcott Fox et Blaxall. Dans deux cas, ces auteurs virent de larges trichophyties vésico-pustuleuses du scalp, causées par un Tr. endothrix. Plus tard, ils observèrent cinq cas de « kérions spontanés typiques » associés à la présence d'un Trichophyton endothrix dont la culture fut cratériforme. J'avais déjà montré à cette époque, à côté du Tr. cratériforme, l'existence du Tr. cerebriforme, mais ce fait n'avait pas été remarqué, et les observateurs anglais crurent que le Tr. cratériforme rencontré dans les kérions était le même qui fait nos tondantes trichophytiques. Ils en vinrent même à considérer qu'une trichophytie montrant des pustules isolées, traversées chacune par un cheveu malade, ou encore des pustulettes réunies en petits groupes, étaient des caractères qui devaient suggérer l'hypothèse d'un Tr. endothrix(M- MacLeod(2) insiste, un peu plus tard, sur un cas semblable dans lequel la lésion rouge, saillante, large de deux pouces, ne pouvait avoir d'autre nom que kérion et où l'on trouvait un Trichophyton endothrix.

Le dernier travail de Colcott Fox sur les Endothrix de Londres remet les choses au point, en donnant, à peu de chose près, aux Trichophyties endothrix, les caractères que nous leur avons toujours attribués.

Il n'en demeure pas moins trois faits vrais à mentionner : 1° que dans de rares cas, le Tr. cratériforme lui-même peut donner au cuir chevelu une lésion légèrement inflammatoire et finement pustuleuse, de caractères assez analogues à ceux que le même Trichophyton donne à certains de ses cercles d'herpès circiné de la peau glabre.

I 2° Que l'on peut rencontrer des Trichophytons endothrix, par exemple le Tr. violaceum, dans des lésions nettement inflammatoires et pustuleuses.

3° Enfin, que certains néo-endothrix, comme le Tr. cerebriforme et le Tr. plicatile, donnent lieu à des lésions qui peuvent sans doute aller jusqu'au kérion vrai, mais sont normalement sycosiformes.

L'étude scientifique, positive, et la détermination en chaque pays des espèces de Trichophytons endothrix capables de créer des lésions folliculitiques et suppurées est encore à faire.

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