IV. — LES TRICHOPHYTONS ECT0THR1X MICROIDES
Avec l'étude des Trichophytons microïdes nous abordons un chapitre nouveau de notre sujet. Et il est nouveau non seulement parce qu'il aura pour objet des faits très différents de ceux que nous connaissons, mais aussi parce que ces faits sont en grande partie méconnus et qu'ils n'ont jamais été envisagés comme il convient.
Nous définirons les Microïdes : des Trichophytons caractérisés, à l'examen microscopique du cheveu, par la petitesse de leurs spores
(») Fox et Blaxall. Loi: rit., 1899, p. 9.
(2) Mac Leod. Kérion Celsi. Drrmat. Soc. of London, 15 mars 1901.
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extrapilaires qui constituent au cheveu une gaine analogue à celle des Microsporums, avec cette différence que cette gaine est faite, toute ou partiellement; de spores en chaîne dont les files sont aisément distinctes et reconnaissables.
Avant de commencer l'étude analytique des Triehophytons microïdes, je crois utile de présenter de leur groupe une vue générale et synthétique. Et puisque la caractéristique première du groupe est microscopique, c'est par l'étude de leurs caractères microscopiques que je commencerai.
Examen microscopique des Triehophytons microïdes. — Ces
Triehophytons se rencontrent habituellement dans des trichophyties suppurées; cependant l'examen microscopique doit porter sur le cheveu ou le poil malade plutôt que sur la squame ou sur le pus.
Nous savons que l'aspect des divers Triehophytons n'est pas caractéristique dans la squame. Il en est de même dans le pus. Le pus' trichophytique contient presque toujours du Parasite, car sa culture est presque toujours facile, abondante, et pure. Mais, dans le pus, l'examen direct, avec ou sans coloration, ne montre que peu d'éléments parasitaires reconnaissables, sans doute parce qu'ils y existent dissociés et se présentent à l'œil comme des débris nucléaires dont le pus foisonne.
Souvent l'examen du pus n'est positif que quand on y rencontre un fragment de poil ou de follet, ou ,de l'écorce parasitaire qui revêtait un poil malade ; alors il montre à l'état de débris ce que l'examen du poil montrera plus précisément.
Beaucoup d'auteurs ont affirmé que la recherche d'un poil malade dans un kérion était difficile ; cela est vrai si l'on cherche un poil malade sur une lésion en régression, ou même à la période d'état. Car souvent les poils malades ont été expulsés déjà de leur follicule par la suppuration. Mais au premier stade d'un kérion, les cheveux malades abondent et leur recherche est facile. Leur préparation extemporanée ou définitive se fera toujours d'après les règles techniques déjà établies.
Ces cheveux ou poils présentent un aspect si particulier qu'un dermatologiste avisé, peut, avant toute culture, les reconnaître au seul examen microscopique.
Et d'abord on peut dire que de tous les Dermatophytes les Tr. microïdes sont les plus complexes. Ils montrent réunis des éléments morphologiques que nous connaissons pour les avoir rencontrés chez les Microsporums, chez les Triehophytons, ou que nous verrons chez les Achorions, mais qui n'existent chez chacun d'eux que séparément, tandis qu'ici ils sont réunis.
1° Le caractère premier des Microïdes quia causé bien des erreurs, est de faire autour du cheveu une écorce sporulaire très analogue,
LES TRICHOPHYTONS MICROIDES.
presque semblable au premier abord, à celle du M. Audouïni. Ces spores ont à peu près la même dimension, et souvent il semble qu'elles soient agminées l'une près de l'autre sans enchaînement. Mais lorsqu'on dissocie cette gaine on rencontre toujours, au milieu des spores égrenées, des multitudes de chapelets de spores que les Microsporums ne montrent jamais.
2° Comme les Microsporums, les Tr. Microïdes ont un mycélium intrapilaire. Il est tait de tigelles minces, septées à de lointains intervalles comme celui des Microsporums, mais aussi de rubans d'éléments quadrangulaires que le corps du cheveu microsporique ne montre jamais.
La plus curieuse des caractéristiques des Microïdes est le polymorphisme étrange de leurs éléments intrapilaires, polymorphisme au moins égal à celui que nous montrera plus loin le cheveu favique.
On trouve côte à côte des filaments flexueux et d'autres rectilignes (ceux-ci, comme ceux des Microsporums, apparaissent bleutés sur des préparations non colorées) ; des spores en chaîne de dimension et de réfringence divers, le tout dans un cheveu criblé de bulles disséminées que nous retrouverons dans le corps du cheveu favique (fig. 156).
Lorsqu'on examine un seul point du cheveu, le diagnostic peut être hésitant. Mais la réunion des éléments disparates fait
d'abord penser au diagnostic vrai, car les différents aspects que nous représenterons séparément, coexistent dans la même préparation.
Enfin l'un des moyens les plus simples et les meilleurs de faire un diagnostic extemporané rapide est de procéder par écrasement du cheveu. Après chauffage dans la solution de potasse, on écrase et on
Fier. 13&.
Mycélium intrapilaire d'un Tr.
microïde. x 260.
TRICHOPHYTIES.
examine. Au milieu de la fourmilière de petites spores qu'on aura dissociées autour du cheveu par écrasement, se verront de très nombreuses files de spores tout à l'ait étrangères à la morphologie des Microsporums. Ce tableau n'est offert que par les Trichophytons ectothrix du groupe des Microïdes. Les très nombreuses figures que nous en présenterons, montreront, un par un, les différents aspects que ces parasites peuvent présenter, et serviront mieux que toute description à les faire bien reconnaître.
Les Trichophytons microïdes forment deux groupes culturalement très distincts. Les (jypseinn* dont la culture est poudreuse ou plâtreuse et les Niveums, dont la culture est un duvet neigeux.
Nous étudierons d'abord le groupe des Tr. gypseums. Il comprend aujourd'hui six espèces ou variétés fixes, qui se ressemblent étroitement par leurs caractères de cultures. Je présenterai d'abord le tableau comparatif de leur fréquence à Paris sur 500 dermatomycoses consécutives.
TRICHOPHYTONS MICROÏDES
Groupe des gypseums.
Tr. astéroïdes .
Tr. radiolatum.
Tr. lacticolor
Tr. granulosum.
Tr. farinulentuni .
Tr. persicqlor .