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BOURAUD. — Teignes
Planche XXI
Masson et Cie, Éditeurs
Phototypie Berthaud, Pans
LES TR1CH0PHYT0NS MICROIDES. 375
de sa surface totale, tandis que l'autre, Tr. denticulatum est un simple tapis rond de velours blanc, frangé seulement de denticulations qui sont comme les pointes des rayons plus larges et soudés de la culture précédente.
Malgré cette différence considérable entre les cultures, leurs ressemblances, pour le spécialiste, sont plus considérables encore. C'est le même duvet, le même tapis, la même blancheur de neige, la même remarquable luxuriance de développement. Ce sont comme deux cultures de même espèce, dans lesquelles, pour l'une, le tapis de duvet central, et dans l'autre, les rayons gladiolés du pourtour, auraient pris plus de développement.
Quoiqu'il en soit les caractères de cesdeux variétés sont fixes et nous n'avons pu ramener l'une au type de l'autre. Gomme^je le disais pour les Trichophytons du type précédent, des Gypseums, ce sont des variétés proches entre elles mais qu'on ne peut pas confondre.
Hypothèse sur l'origine pléomorphique naturelle des Trichophytons niveums. — Lorsqu'on cultive longuement, dans une collection, les deux Tr. niveums, d'une part, et, d'autre part, les duvets blancs pléomorphiques issus des Tr. gypseums, on ne peut pas ne pas être frappé de leur ressemblance. Rappelons ce que nous savons du duvet blanc pléomorphique des Tr. gypseums. Le plus souvent on ne les obtient pas d'abord tels qu'ils resteront. Ils ressemblent d'abord à la culture-mère dont ils procèdent. Et ce n'est qu'ensuite, et lentement, qu'on leur fait perdre leurs caractères différentiels, en les épurant.
Envisageons, par exemple (PI. XXI), en regard de la culture primaire du Tr. astéroïdes, les premières cultures pléomorphiques qu'on en obtient (fig. u), nous aurons un aspect qu'on peut dire identique à celui du Tr. radians à l'état jeune. Et si nous purifions la culture, elle arrivera à ressembler, en ses caractères, à la culture adulte du Tr. denticidatum (PI. I, XXII, fig. u2).
Si l'on rapproche ces faits de cet autre que les Tr. niveums n'ont pas de dégénérescence pléomorphique, ce qui se comprendrait à merveille s'ils étaient déjà eux-mêmes une forme pléomorphique fixée.... Si on ajoute que le duvet pléomorphique des Tr. gypseums et la culture directe des Tr. niveums présentent de grosses analogies mycologiques, on serait très disposé à conclure que les deux Tr. niveums ne sont que les pléomorphismes fixés de Tr. gypseums. Ceci serait d'une importance doctrinale considérable.
Tout ce que nous savons, tout ce que la pratique des ensemencements trichophytiques nous a appris, est contraire à ce qui précède. Fit-on cent cultures d'un même kérion, on aura cent fois la même culture, et si c'est celle du Gypseum asteroides, les cent seront identiques. Le même fait est aussi certain quand on rencontre un Tr. niveum. C'est toujours lui tout seul qu'on extraira de la lésion.
Mais, on pourrait admettre hypothétiquement que, sous l'influence de causes à déterminer, la transformation pléomorphique qui survient toujours sur les vieilles cultures des Tr. gypseums, en milieu sucré, se soit produite une fois sur un Animal qui le portait.
TR1CH0PHYTIES:
Or, nous savons que ce duvet, une fois né, n'est plus réversible à sa culture-mère, et que, même transmis à l'Animal par l'inoculation, il gardera sa l'orme nouvelle. Si donc l'accident hypothétique que nous imaginons s'était produit, nous aurions aujourd'hui dans la nature, deux Trichophytons fixés : astéroïdes et radians, nés l'un de l'autre, et pourtant irréversibles.
Sans que nous puissions du tout affirmer qu'il en ait été ainsi, nous devions présenter cette hypothèse comme séduisante. Elle s'offrira de nouveau à notre esprit à propos d'un Achorion duveteux, Y Achorion Quinckeariiim. Il n'y a d'ailleurs pas d'autre espèce dermatophytique pour laquelle cette hypothèse puisse être soutenue avec apparence plausible.
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Étude clinique. — Notre première observation clinique de Tr. niveum radian* a présenté un intérêt particulier. C'était sur un vétérinaire de la ville, spécialisé dans le traitement des petits Animaux, un
large placard très vési-.
culeux et pustuleux du dos de la main et un deuxième du poignet, l'un de o et l'autre de 7 centimètres de diamètre. Après 15 jours, épaississement de la peau légèrement surélevée et d'un rouge violet, la lésion restant largement vésiculeuse, sans faire un véritable Kérion. Le malade attribuait sa lésion au Chat, sans qu'il y ait eu vérification de l'hypothèse.
Nos trois autres observations de la même espèce eurent pour objet des enfants :
Edmond Coul... : Placard vésico-pustuleux de la nuque, hors du cuir chevelu, de cinq centimètres de diamètre et de surface impétiginisée.
Louis Can... : Observation identique, mêmé'siège symétrique, même aspect.
Marcel Le feu... : Placard érythémato-croùteux du front, empiétant sur le sourcil, sans parasitisme décelable des poils du sourcil. Squames-croûtes impétigineuses recouvrant un placard rouge, suintant.
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Fig. 165.
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Les Trichophytons niveums.
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I, I. — Culture de 18 jours sur gélose maltosée.
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SABOURAUD. — Teignes
Planche XXII
Masson •& Cie, Éditeurs
Pliototypie Berthaud, Paris
LES TRICHOPHYTONS MICROIDES.
Mes anciennes observations (1893-95) accusaient également le Chat. La caractéristique des lésions avait été leur aspect vésiculeux. L'une en forme de cocarde à double cercle de vésicules ; les vésicules remplies d'un pus séreux et louche dont la culture directe était aisée .et pure.
Voici maintenant nos observations du TV. : denliculalum.
Charles' Gai..., garçon épicier; Sycosis parasitaire par placards disséminés dans la barbe : lésions très inflammatoires, avec adénite, figure difforme, douleur pendant la mastication; léger état saburral et fébrile : Kérion grave.
Jeanne Pasq... : Petit placard du dos du cou en bordure des follets de la nuque. Surface rouge, suintante, squamo-croùteuse, impétiginisée.
Une troisième observation fut faite de cette espèce une fois close ma statistique.
Gondr..., palefrenier : Kérion de la barbe, d'intensité moyenne, mais nettement folliculitique et suppuré ; croûtes épaisses agglutinant les poils malades.
D'après ces observations le TV.
denticulatum semblerait donner des lésions plus souvent pilaires et bien plus inflammatoires que le TV. radians.
Fier. lfi(>. — Trichophylon denticulateum dans le poil humain et autour de lui. x 260.
Étude microscopique. — Il
;est difficile de trouver un poil humain atteint de Tr. niveum,
car ces Parasites font surtout des Kérions des régions glabres. Sur les lésions on trouve assez facilement des squames parasitées dans lesquelles l'aspect du Parasite est assez banal (fig. 165), mais c'est seulement sur notre dernier malade que nous avons pu rencontrer, dans des poils de la barbe, un Parasite dont voici la figuration (fig. 166). Ces figures semblent bien rattacher les Tr. niveum aux Tr. microïdes.
TRICHOPHYTIES.
Les inoculations des Tr.
Inoculations. — Les inoculations des Tr. : hiveum sont aussi aisément et constamment positives que celles des Tr. gypseum, au Cobaye du moins. Et le tableau microscopique que présentent les poils malades est impossible à différencier de celui des poils de Cobaye atteints
Fig, 167. — Tr. radians. Poil du cobaye 12 jours après l'inoculation x 260.
de Tr. gypseum. C'est le même mycélium infra-pilaire et la même écorce de petites spores formant des filaments souvent agminés en faisceaux collés au poil comme une écorce à un arbre (fig. 167).
Jusqu'à plus ample informé, il me paraît impossible de trouver un caractère différentiel entre ces deux groupes par l'inoculation et l'examen des poils malades.
LES TRICHOPHYTONS MEGASPORES. 379