‹ Les teignesChapitre 89 sur 155 · ECZE MA M ARGIN AT U M · texte numérisé non relu

ECZE MA M ARGIN AT U M

d'élément mycéliens, mais ils sont très polymorphes. Leur aspect le plus ordinaire est celui que nous fournit la figure 197 et qui est très caractéristique : Un réseau de filaments mycéliens entre les couches de l'épiderme corné; filaments composés de cellules quadrangulaires disposées bout à bout et dont le diamètre transversal varie peu, taudis que leur diamètre longitudinal varie du simple au triple (fig. 198); cellules à double contour comprenant une enveloppe cellulosique assez épaisse et un protoplasma très peu granuleux. Le diamètre extérieur des filaments est de i à o a environ.

Ces filaments sont fragiles ; les manœuvres de montage de la préparation les dissocient. Alors les

Fig. 200. — Fragment de la préparation précédente, x 750, montrant la structure élémentaire du Parasite.

Fi-. 201.

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L.... — Rubans mycéliens faits de cellules incomplètement mûres et non déhiscentes (x 260 sans coloration).

cellules quadrangulaires se séparent les unes des autres puis s'accolent entre elles, ce qui rompt la régularité des filaments. Ces

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TEICH0PHYT1ES.

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figures sont caractéristiques et je ne les ai observées que dans l'épidermophytie inguinale. La préparation 199 : Jacques de L... 24 ans, sportsman, présente un autre aspect du même Parasite. On y retrouve sur un plan, profond, les filaments à cellules quadrangulaires déjà décrites ; mais on y voit surtout des chaînes de cellules oblongues ou ovoïdes, plus ou moins longues, renflées dans le sens transversal et pouvant atteindre 7 à 8 \x de diamètre. Il semble (fig\ 500) qu'on voie en chaque cellule un ou plusieurs noyaux, mais ce sont des agglomérations protoplasmiques sans réaction nucléaire

aux colorants basiques.

La figure 201 provenant du même malade nous montre encore un autre aspect du même Parasite. Ici les rubans mycéliens sont pour la plupart solides, et le montage de la préparation ne les brise pas. On observe que les filaments ont des bords réguliers et que les cellules y sont comme incluses. Cependant certains filaments sont déjà composés de cellules plus mûres et deviennent moniliformes.

Remarquer aussi que dans le filament jeune (à droite, fig. 202) on ne voit aucune granulation protoplasmique, tandis que les cellules du filament plus vieux (à gauche, fig. 202) en sont pleines.

La figure 205 provient d'une autre malade Mme F..., et ses deux parties soulignent encore mieux la différence qui existe entre le filament mycélieiî jeune (à gauche) et le filament adulte (à droite), dont les éléments sont déhiscents (').

Les caractères de VEpiderntop/tyton inguinale, dans la squame, le rattachent, on le voit, aux Trichophytons. Pour tous les Dermatologistes expérimentés, les figures précédentes affirment une trichophytie épidermique.

Ce mycélium peu flexueux, rectiligne, ne ressemble pas à celui des

(') H n'est pas sans intérêt de rappeler, après l'examen des préparations précédentes, que la préparation microscopique de 1' « herpès inguinal » placée par Devergïe, dans son Traité pratique des maladies de la peau, 2e édition, 1857, pi. VI, montre superposés ces mycéliums rubanés et les chapelets d'art icles olivaires dans la même préparation, et que cette préparation est crime extrême véracité.

Fig. 20"2. — Deux fragments de la préparation précédente, X 750, montrant lu double structure élémentaire du parasite. A droite, filament jeune; à gauche, filament plus vieux.

ECZEMA MARGINATUM.

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Microsporums. La régularité de son ordonnance cellulaire exclut le Favns. La dimension et la disposition de ses éléments excluent l'idée

Fig. 205. — M"" V... — Deux fragments d'une même préparation. Scpuame de la marge d'une épidermophylie axillaire. A gauche, mycéliums rubanés jeunes; à droite, chapelets d'éléments olivaires, adultes, granuleux, déhiscents (x 260).

d'un Erythrasma. L'absence de nids de spores et la régularité de division des mycéliums excluent enfin le Microsporum furfur du Pityriasis versico lo r .

IL Étude culturale. — Contrairement à la description de Foutrein et suivant ce que Hebra, Photinos et moi avons observé, l'épidermophytie inguinale est vésiculeuse au niveau de l'ourlet qui en délimite les bords, mais les vésicules sont ordinairement si fines qu'il faut les bien chercher pour les apercevoir. Lorsqu'on veut opérer l'ensemencement du Parasite en partant des lésions, il faut, avec une curette ou le bord d'une lame de verre, pratiquer un raclage du liséré rouge qui en fait la marge. Ensuite on ensemence le déchet épidermiquc ainsi prélevé, par fines parcelles, à la surface de la gélose nutritive. En général les squames de cette épidermophytie ne sont pas très infectées secondairement et la culture sur milieux d'épreuve est facile.

UEpidermophyton inguinale n'est pas un Parasite d'une vitalité comparable à celle des grands Trichophytons pyogènes.

Sa culture se présente six à sept jours après l'ensemencement,

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comme un point jaunâtre hérissé de duvet. Sa croissance est lente car la figure i de la planche XXV le représente Agé de \X jours sur milieu d'épreuve. A ce moment, cette culture radiée présente ordinairement un point un peu excentrique, saillant comme un capuchon. Elle est d'une couleur jaune verdâtre très caractéristique, analogue à celle d'un citron incomplètement mûr. Elle est aride et poudreuse (fîg. i2, pi. XXV). En vieillissant, elle grandira peu à peu, mais sans beaucoup dépasser 2 centimètres de diamètre. Elle gardera ses caractères, son orbicularité, ses radiations qui, avec l'âge, augmentent de nombre, et même, le plus souvent, son capuchon excentrique ; elle gardera toujours sa couleur jaune citron, sa consistance cartonnée, et sa surface poudreuse. Les quatre figures désignées plus haut qui sont semblables deux à deux, montrent l'identité que revêt ordinairement la culture de ce Parasite, quand il est placé dans les mêmes conditions physico-chimiques (1).

Altérations de sénilité. Pléomorphisme. — Un caractère de ces cultures tend aies distinguer de toutes autres, c'est la promptitude avec laquelle elles montrent des formes de sénilité et de dégénérescence. Bien que la plupart des cultures trichophy tiques puissent, dans des

conditions données, présenter des formes pléomorphiqnes, Y Epidermophyton inguinale se distingue de toutes sous ce rapport.

Pendant que les cultures poursuivent leur développement avec lenteur, après 3 ou i semaines environ, la culture commence à perdre sa couleur jaune verdâtre et à prendre une teinte grise plus neutre. Vers cette époque apparaissent en divers points de petites protubérances, grosses comme des têtes Fig. 20i. — Protubérances séniies sur d'épingle, et qui grandiront peu à peu.

une culture de V Epidermophyton ,-,,, ,111

inguinale après 90 jours, Elles sont blanches, ou grises, ou

jaunes, d'abord duveteuses comme la culture-mère, mais souvent d'une couleur un peu différente (fig. '204). Ces points altérés, si on les transfère sur milieu neuf, donnent encore lieu à la culture primaire que nous avons décrite plus haut. Mais,

(') Il faut noter toutefois que sur tous milieux, aussi semblables à eux-mêmes qu'on puisse les faire, on observe d'un ensemencement à l'autre quelques petites différences dans la saillie des cultures et leur forme, un peu plus que dans aucune autre espèce du groupe. Voyez PI. XXV, 1' 1' Leur couleur jaune verdâtre et leur aspect aride sont constants. Si on doutait de l'identification de ce Parasite, l'apparition précoce de ses formes de sénilité, leurs particularités, et ses caractères botaniques spéciaux suffiraient à en faire affirmer l'espèce.

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Épidermophyton inguinale.

lenlilé que i II. — Cultures de 18 jours sur gélose maltosée.

11, I1. — Variété, une fois rencontrée, d' Epidermophyton inguinale.

Cultures de 18 jours sur gélose maltosée.

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12, l2. — Cultures de oO îours —

13, I3. — Cultures de 30 jours sur gélose peptonisée 5 0/0.

I, 2, 5, 4. — Apparition et développement (sur la culture première de l'Épiderinophyton) de la forme duveteuse pléomorphique secondaire. Après 50 jours. distingue de lo II, IL — Forme pléomorphique duveteuse de ï Épidermophyton inguinale.

Cultures de 30 jours sur gélose maltosée.'

H| a\ ec lenteur.

II2, II2. — Cultures de 45 jours —

II5, II5. — Cultures de 30 jours sur gélose peptonisée 3 0/0.

II1, II1. — Culture mixte de la forme primaire et de la forme pléomorphique mélangées.

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ABOURAUD. — Teignes.

Planche XXV

Masson et Cie, Éditeurs

Pliototyyue Berthaud, Pans

ECZEMA MARGINATUM

bientôt, de nouveaux points blancs surgissent, ceux-ci tout à fait duveteux, d'un blanc de neige, contrastant avec la couleur neutre de la culture primitive (pi. XXV, fig. I, 2, 5, 4). Et ces duvets prennent de jour en jour, dans la physionomie de la culture, une importance prépondérante.

Ces duvets blancs représentent une altération définitive de la culture, et une transformation pléomorphique transmissible par hérédité. Si on laisse encore la culture vieillir, rapidement le duvet blanc

Fig. 205. — Epidermophylon inguinale. — Culture du duvet blanc pléomorphique âgée de 50 jours sur milieu d'épreuve. Grandeur naturelle.

la recouvrira toute entière. Partout de nouvelles touffes de duvet blanc surgiront, et la culture primitive, tout à fait cachée, sera devenue méconnaissable.

Le pléomorphisme de Y Epidermophylon inguinale comme celui des autres Dermatophites est évitable^'mais à condition de maintenir les cultures-mères sur des milieux de conservation exclusivement azotés et ne contentant aucun hydrate de carbone. Si Ton garde ainsi YEpidermophyton inguinale sur milieu peptonisé à 5 0/0, voici les cultures que l'on obtiendra (PI. XXV, i3i3i3).

Elles diffèrent beaucoup, comme forme, des mômes cultures sur milieu d'épreuve, mais elles gardent leur couleur jaune citron et leur aspect poudreux, ainsi que leur consistance cartonnée. Seulement elles ont pris un aspect montueux et un centre creusé en godet avec un umbo saillant au milieu de la dépression centrale. Elles garderont, sur ce milieu, ce même aspect indéfiniment, sans jamais fournir de duvet blanc, permanent, héréditaire pléomorphique. Ainsi peut-on conserver, pure de toute altération, celle de toutes les cultures de Dennatophytes qui a le plus de tendance à s'altérer et à perdre son type primitif.

Quand on prend la culture pléomorphique blanche de YEpidermophyton inguinale et qu'on la transporte sur une une gélose peptonisée à 5 0/0 et non sucrée, voici la culture que l'on obtient

kkk TRICHOPHYTIES.

pi. XXV, il3). C'est une culture craquelée, atrophique misérable; on voit que le milieu convient peu au Champignon ainsi transformé. La culture meurt dans cette forme sans être revenue à son type originel.

III. Inoculations. — Quelques moyens que nous ayons pris, l'inoculation de la culture de l'Épidermophyton inguinale est restée négative au Cobaye, au Chien et à l'Homme et de même celle de son duvet blanc pléomorphique.

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