MOI.AI
Défendre l'opprimé fut notre loi toujoui's.
LE ROI
J'ai mon devoir aussi : défendre la couronne ! Un roi met son honneur au-dessus de ses jours. Comme autrefois, Molai, venez à mon secours.
MOLAI
Sire, parlez.
LE ROI
Au roi d'Angleterre je donne Ma fille. Mais il faut, pour sceller cet hymen
Nous ouvrant vers ]a paix un glorieux chemin, L'or qui me fait défaut. Molai, je me décide A m'adresser à vous, car le trésor est vide
Et l'Anglais, toujours exigeant.
Pour ionclure aujourd'hui réclame cet argent. Votre ordre est riche !... Kt c'est, n'est-ce pas, chose faite.. Enguerrand, en mon nom, reconnaîtra la dette.
Voyant que Molai se tait.
Eh bien!
MOLAI, à part.
0 cruel embarras!
Haut et avec foi.
Daignez me pardonner!... ô sire!
Car je ne sais comment vous dire...
L'Ordre est pauvre, et cet or ne nous appartient pas.
Dépôt sacré, c'est celui des fidèles Qui nous ont dit : Chrétiens, courez tous au Saint-Lieu, N'e laissez l'as le Christ au pouvoir des rebelles, Cet or nous fut remis pour venger notre Dieu !
LE ROI
Quoi, vous me refusez?
MOLAI, avec fermeté.
Oui, sire, je le dois!
LE ROI
Dieu m'a fait père et m'a fait maître. Et c'est pour défendre leurs droits Qu'il arma la droite des rois Contre qui ne s'v veut soumettre.
Qu'importe l'ancienne amitié!
La cause que je sers est belle.
Et l'honneur veut que tout rebelle Sans attendre soit châtié!
MOLAI, montrant le cieL
Qui sert son Dieu d'un roi n'attend pas la pitié.