ACTE QUATRIÈME
Laissant tomber son manteau qui laisse apparaître sa robe blanchu et la crois rouge.
Et je suis Templier !
ISABELLE, reculant terrifiée.
C'est donc vrai ? Malheureux !... Est-ce assez de douleurs ! Séparés... pour jamais!... Non,non!... pitié !... Je meurs...
Elle se soutient anéantie sur son prie-dieu. RENE, se mettant à genoux près d'elle et avec amour.
Reprends tes sens... et calme tes alarmes, Mon cœur se brise à voir couler tes larmes ! Avant ma mort, daigne me pardonner.
ISABELLE, avec douceur.
Je te pardonne, et du fond de mon âme ! C'est toi, René, toi qui m'as su donner Ce doux amour dont je chéris la flamme, Qui, pour toujours, devait nous enchaîner. Pour ce passé, pour ce rêve d'ivresse Je donnerais tous mes jours pour un jour. Je te pardonne... et pleure ta tendresse. Je te bénis... et pleure ton amour !
RENÉ, se levant.
Ah c'est trop souffrir!... Le destin l'ordonne, Viens donc, ô mort!... A toi je m'abandonne!
ISABELLE
Mais pour prononcer de tels vœux Ton cœur m'avait donc oubliée?
Nous pouvions encore être heureux.
Moi, j'étais libre...
RENÉ
Oh ! non, non, vous étiez liée Dcyliik lous !
ISABELLE
Et pourtant aucun pouvoir humain Ne m'eût contrainte à cet hymen.
Va! li: iii' m'aimes pas, René, comme je t'aime!
RENÉ, faiblissant.
Isabelle !... 0 chère àme... A cette heure suprême
A l'heure des adieux derniers N'accuse pas un cœur qui se brise à tes pieds !
Il la prend dans ses bras. Elle laisse tomber sa tête sur son épaule et tous deux semblent écouter leurs souvenirs.
ISABELLE, comme dans un rêve et avec extase.
Mon âme, en souriant, s'éveillait à la vie.
Des voix chantaient autour de nous Nous écoutions muets, l'âme ravie.
Ce chant disait ; t Le temps fuit, aimez-vous ! »
l'écho, dans le lointain, très doux.
Aimez- vous 1 aimez-vous 1
RENÉ, s'arrachant de ses bras.
Ah ! fais taire ces chants dont la douceur me tue 1 Je sens mon cœur flèi;hir et ma force abattue. Isabelle, j'ai peur d'être parjure !
ISABELLE
Eh bien?
Ne le suis- je donc pas ?
RENÉ, suppliant.
Isabelle, mon âme.
Pitié pour mon honneur !
ISABELLE
Je t'ai donné le mien.
RENÉ
Renier ses serments est une chose infâme 1
ISABELLE
Mais trahir qui nous aime est un crime entre tous ! Ah ! René, plus haut que la terre, [/honneur et les hommes jaloux.
Entends, dans le ciel solitaire, La voix qui murmure : aimez-vous I C'est Dieu qui nous dit : aimez-vous !