ISABELLE, RENÉ
René entre par la petite porte de gauche. Il e!>t enveloppé d'un manteau de couleur sombre.
ISABELLE, s'élançant vers Ini.
Ah ! René ! vous enfin !
RENÉ, se reculant et saluant^avec froideur et respect.
Voti'e Altesse réclame Ma présence... et je viens pour obéir, madame.
ISABELLE, étonnée, douloureusement .
Quoi ! c'est vous qui parlez ainsi ; René, c'est vous Que devant Dieu j'appelais mon époux"?
Quoi ! vers vous quand mon cœur s'élance.. Vous que j'aime, René !
RENÉ, avec force, l'interrompant.
Silence !
Je ne vous connais plus !... .Non ! non ! Vous n'avez plus le droit de prononcer mon nom !
ISABELLE, émue.
Mon Dieu !... je me soutiens à peine.
A René avec douceur.
Que me reprochez-vous ?
RENÉ, avec amertume.
Vous voulez être reine !
ISABELLE
Reine ! Ah ! croj-ez que mon cœur
Met plus haut son honneur !
Ignorez-vous donc quelle épreuve Mon père, hélas ! m'a fait subir ?
RENÉ, avec emportement.
Il fallait résister !
ISABELLE, de même.
Il fallait obéir !
Maintenant je suis prête à vous donner la preuve
Que je n'aime que vous... Fuyons pour oublier,
Fuyons ces destins redoutables.
Fuir?... Nous serions deux fois coupables. Vous êtes reine...