ACTE PREMIER
CHATILI.ON.
Il rit, il se querelle !...
Il paiera !
EM. UEKH AND.
Vous, René, qui vous retient ici?
RENÉ, gaiement.
mon père, grâce à vous, je n'ai d'autre souci
Que de me laisser vivre ; Et comme mes amis avaient fixé ce jour Pour fêter calment mon retour, Ce matin, Chatillon m'a sommé de le suivre.
CHATILLON, montrant la taverne.
C'est là, qu'en son honneur, et jusqu'au couvre-feu, On doit trinquer beaucoup et... divaguer un peu.
ENGL'ERRAND, secouant la tète.
Oui, l'on nomme cela le plaisir, à votre âge !
Ce fou de Chatillon !,.. Quand deviendra-t-il sage?
CHATILLON, gravement.
Qui sait ? Jamais peut-être, ou peut-être demain !
Mais puisque nous parlons présage, Tout à l'heure, René, viens donc montrer ta main
A la gentille bohémienne ;
Elle a lu déjà dans la mienne, Et, d'honneur, m'a prédit le plus heureux destin : Honneurs, fortune !
RENÉ
Allons !
ENGL'ERRAND, qui allait s'éloigner, revenant vivement à René.
Ah ! je t'en prie, arrête !
CHATILLON
Monseigneur En guerrand !
RENÉ, à son père.
Mais cela n'est qu'un jeu ?
Et je puis, sans danger, céder à sa requête...
E\GUERUAND, sérieux.
Ne cherche pas, mon fils, à dérober à Dieu
Les choses dont il veut nous faire des mystères...
CHATILLON, étonné.
Vous croj^ez, monseigneur, à de telles chimères ?
ENGlîERRAXD, avec tristesse.
J'ai peur de l'avenir en songeant au passé ; Une Gypsie experte en son art exécré Autrefois m'a prédit le trépas de ses frères... Tous deux sont morts ainsi qu'elle avait annoncé.
A lui-même avec effroi.
« La croix rouge, a dit la sorcière.
Ouvrira dans ton cœur la blessure dernière ! »
Haut.
0 triste souvenir du bonheur effacé 1