DE L'ASIE-MINEURE ET DE BITHYNIE
sous DOMITIEN
Tout ce que l'on sait sur ce sujet se réduit à quelques vagues désignations et un seul nom. L'Apocalypse et la Lettre de Pline à Trajan sont les deux seuls documents qui fassent allusion aux effets de la persécution en Asie-Mineure et en Bithynie. Les Actes de saint Ignace sont trop postérieurs pour donner au renseignement qu'ils nous fournissent sur le même sujet une égale autorité ; néanmoins ils sont recevables, et nous sommes, d'après ces pièces, autorisés à étendre la persécution de Domitien à tout le littoral de l' Asie-Mineure : à Antioche, en Syrie; à Smyrne, en Lydie; à Pergame, en Mysie; et au nord, sur les rives du Pont-Euxin.
Nous savons le nom d'un martyr à Pergame, Antipas, « lequel paraît avoir souffert près du fameux temple d'Esculape, peut-être dans un amphithéâtre en bois non loin du temple, à propos de quelque fête ». Quant aux apostasies de Bithynie dont parle Pline, il est permis de les reporter à la persécution de Domitien. La lettre à Trajan peut dater de la lin de l'année 112, c'est-à-dire dix-huit ans après la persécution. Or Pline fait remontrer les apostasies qu'il relate à une vingtaine d'années auparavant.
[ASIE-MOEURE.]
Apocalypse, vi, 9-1 1; xx, k; n, 9-10, i3. — Acta Ignatii, édition FuîJE, t. II, p. 260. — TiLLEMo:vT, MéiTi., t. II, note II sur la persécution de Domitien. — REifA:y, Origines du Christianisme, t. IV, p. i83 et suiv. II rapporte ces martyrs à la persécution de
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Néron afin de les faire rentrer dans son système chronologique (aujourd'hui généralement abandonné. Voy. Har!«ack, Gesch. der altchr. Lilt., t. II, p. ilib). — P. Allard, Hist. des Perséc, t. I, p. ii4 et suiv. — BoLL., ApriL, II, 3.
[BiTHTXIE.]
Plike, Epist. X, 97. — Pour la discussion de Pline, voyez : DiERAUER, dans Budiwger, Untersuchungen zur roemischen Kaisergeschichte, I (1868), p. ii3, 126, note 2. — Mommsen, dans l'Hermès (1868), p. 59. — Le même, Elude sur Pline le Jeune, trad. MoREL (1873}, p. 70 (Bibl. de l'Ec. des Hautes-Etudes, XV fasc. (1873), p. 25-3o, 70-73). — Keil, Plinii Epistolœ (Leipzig, 1870). — Noël Desvergers, Comptes rendus de VAcad. des Inscr. (1866), p. 83-84. — Biograph. gén., art. Trajan, col. 593-696. — Rerait, Origines du Christianisme, V, p. 472. — P. Allard, Hist. des Perséc., t. I, p. ii4 et suiv.
AsiE-MrNEURE
J'ai vu sous l'autel les âmes de ceux qui ont été tués à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils ont rendu. — Je vis aussi les âmes de ceux à qui l'on avait tranché la tête pour avoir rendu hommage à Jésus, et pour avoir annoncé la parole de Dieu. — Je connais tes tribulations, dit le Seigneur à l'ange de l'Église de Smyrne. Ne crains rien des choses que tu dois souffrir. Voici que le diable va envoyer quelques-uns d'entre vous en prison, afin que vous soyez tentés, et vous souffrirez une tribulation qui durera dix jours. — Et à l'ange de l'Église dePergame : Je sais en quel lieu tu habites, en quel lieu siège Satan ; je sais que tu restes fidèle à mon nom et que tu n'as pas renié ma foi. Et dans ces jours s'est montré mon témoin fidèle Antipas, qui a été tué chez vous, où Satan
habite.
(Apocalypse.)
Ignace, successeur d'Evode sur le siège d'Antioche, gouvernait cette Église, qu'il avait conduite jadis comme un sage pilote, pendant les tempêtes et les persécutions. Il
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opposait aux assauts ses prières, ses jeûnes, la force de sa parole ou la pureté de sa doctrine, et détournait le péril par la fermeté de son âme, car sa principale crainte était de voir succomber la faiblesse ou l'extrême naïveté de quelquesuns. Voyant l'orage apaisé, il se réjouissait.
(Martyre de saint Ignace.)
BlTHY]\IE
Quelques individus, dit Pline, nommés par le dénonciateur, ont avoué qu'ils étaient chrétiens, et bientôt ils ont nié qu'ils le fussent. Ils avouaient qu'ils l'avaient bien été, mais ils assuraient qu'ils avaient cessé de l'être, les uns il y a trois ans, d'autres depuis plus longtemps encore, certains même depuis vingt ans.
(Lettre de Pline.)