I. lusBBB, Hist. eccl., VI, 4i
Lixiv Les Martyrs
devant les hommes, je le renierai devant Dieu » ; les apostats disaient : « Nier qu'on soit chrétien n'est pas renier le Christ* ». D'autres niaient la faute à cause du défaut d'intention; en invoquant Jupiter, ils tournaient, disaient-ils, leur esprit vers le Dieu véritable ^, ou bien en en adorant le soleil, ils adressaient leur prière à Dieu, « Soleil de l'éternelle justice^ ». Toutes ces escobarderies ne trompaient personne, mais les païens se contentaient de l'accomplissement matériel des rites : « Consens des lèvres, conserve, si tu veux, ta croyance. Sacrifie comme l'a fait Moïse ; sacrifie à qui tu voudras, à ton Dieu même, au Dieu unique, si tu n'en veux reconnaître qu'un seul* ». Le sacrifice fut parfois omis. On disait à saint Platon : « Renie seulement le Christ, ou laisse croire à la foule que tu l'as fait par écrit '^ n. Ou encore on insinuait à l'accusé que la violence l'excusait de toute faute : u Quel mal y a-t-il à sacrifier pour sauver ta vie, à saluer du nom de Seigneur l'empereur qui est notre maître ^ ». « Mille moyens, dit M. Le Blant, étaient cherchés pour échapper à la pression des païens. On achetait à prix d'argent la faveur de n'être pas inquiété ; au lieu de cette renonciation écrite qu'à l'heure du jugement dernier des arges accusateurs produiraient devant le tribunal de Dieu, on