‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 48 sur 133 · Martyr. Polycarpi · texte numérisé non relu

Martyr. Polycarpi

Préface lxxv

obtenait de ne remettre au magistrat que quelques lignes insignifiantes ; pour se soustraire, au moins de sa personne, à la douleur de renier le Christ, on faisait sacrifier à sa place ou un païen ou quelque esclave parfois chrétien luimême et désespéré d'obéir ; ainsi que l'avait fait David menacé par Saûl en fureur, on feignait d'être frappé d une attaque d'epilepsie'. »

l'arrestatio:}

Il n'y avait pas lieu de décerner contre chaque chrétien un mandat d'amener, puisque, selon la teneur de l'édit, il est de prise de corps du moment qu'il se trouvait visé par le texte. Les actes nous montrent plusieurs cas d'arrestation. Le plus ordinairement c'est un piquet de gens de police qui fait la besogne. Le magistrat envoie un strator arrêter sainte Thècle. Une escouade va arrêter saint Polycarpe ; le proconsul d'Afrique fait amener saint Cyprien par des stratores. Au IV^ siècle, sous Dioctétien, quatre protectores sont chargés de saisir un chrétien.

11 faut ajouter à cela les arrestations tumultuaires. A Lyon, pendant la comparution des martyrs, un jeune chrétien, connu de tous, Vettius Epagathus, qui assistait à l'interrogatoire, fut saisi d'indignation à la vue des tortures qu'on infligeait aux inculpés ; il s'avança au pied du tribunal et dit : u Je demande qu'on me permette de plaider la cause de mes frères ; je montrerai clairement que nous ne sommes ni athées, ni impies ». Il se fit alors une grande rumeur. Le légat dit : « Es-tu chrétien ? »

Le Bl.vnt, Les perséc. et les mart., p. i46.

Liivi Les Martyrs

— « Oui ». Il fut mis sur-le-champ au nombre des martyrs *.

Au moment où les magistrats de Cirtha, en Numidie, renvoyaient Jacques et Marien au gouverneur, l'un des frères qui entouraient les martyrs attira les regard» des gentils, car. par la grâce du mart)Te prochain, le Christ rayonnait sur son >isage. o Es-tu aussi, lui cria-t-on, estu du nom et du culte chrétien ? » Il confessa sur l'heure et il fut réuni aux martyrs.

LA DÉTE>TIO>'

Les prévenus pouvaient subir deux sortes de détention. L'une d'elles était la u garde libre», custodia libéra ou privata.

u En ce monde, dit saint Augustin, suivant ce qu'a fait le prévenu, la condition varie ; les uns sont placés sous la garde peu rigoureuse des licteurs ; d'autres sont confiés aux optiones. D'autres enfin sont mis en prison, et, là encore, les grands coupables sont seuls jetés dans les cachots les plus profonds^. »

Le régime de la custodia libéra comportait une demiliberté et il pouvait se prolonger longtemps. Saint Paul attendit pendant près de deux ans sa comparution devant \éron. Il vivait pendant ce temps-là sous la custodia militarisa, c'est-à-dire sous la garde d'un frumentaire prétorien; le geôlier et le prisonnier habitaient un logement parti-

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