Passio S. Maris, S U. (Baxuze, Miscellanea, t. I, p
Préface iv
Les archives fonctionnaient régulièrement *. Dès que les pièces y avaient été versées, elles étaient à l'abri de toute altération ^ il n'en était pas ainsi tandis qu'elles se trouvaient entre les mains du commentariensis. Un martyr nommé Victor, ébranlé par la torture et craignant d'y être appliqué de nouveau, « aborda en secret le commentariensis et fît humblement appel à sa pitié, le suppliant de rayer son nom des Actes et de le délivrer ; il lui offrait en récompense un petit fonds de terre qu'il possédait. Le commentariensis accepta, et fit sortir Victor de prison pendant la nuit ^. »
Les archives étaient dépositaires de pièces auxquelles on avait à recourir fréquemment. Tertullien renvoie ses concontradicteurs aux archives de Rome *. Pour le cas particulier du martyre, nous avons plusieurs témoignages. Eusèbe a conservé un fragment d'Apollonius qui contient ces mots : ce En ce qui regarde Alexandre, il faut que la vérité soit connue ; cet homme a comparu devant ^Emilius Frontinus, proconsul d'Asie, non pas comme chrétien, mais pour des vols commis, alors qu'il avait déjà apostasie. Ceux qui voudront s'instruire complètement de cette affaire n'auront qu'à recourir aux archives publiques de la province d'Asie^. » Dans la même province, Théodore, évêque d'Iconium, parle d'une pièce de cette nature éta-
1. Voy. FusTEL DE CouLAivGEs, InsUtutious politiques de l'ancienne France, t. I. — De l'Administration romaine, p. 302(édit. Jullian, iSgi).