LES C( ACTES DES MARTYRS )) ET LEURS SOURCES
Etablissement. — Rédaction. — Conservation. — Expéditions. — Valeur judiciaire, — Modes de destruction. — (( Actes )) et u Passions ». — Notaires ecclésiastiques. — Fortune des Actes. — Collections d'actes des martyrs. — Martyrologes. — Du dessein de ce recueil.
L'existence et la pureté des sources primitives sont assurées. Saint Astère, évêque d'Amasée, vit au IV^ siècle une peinture sur toile sur laquelle était retracée l'histoire du martyre de sainte Euphémie. u Le juge, dit-il, est assis sur un siège élevé; il regarde la vierge d'un œil farouche. Autour de lui sont ses doryphores et de nombreux soldats, puis des greffiers (notarii) tenant leurs tablettes et leurs styles à écrire. L'un de ces hommes, levant la main de la planchette enduite de cire, regarde fixement la chrétienne en se tournant vers elle comme pour lui enjoindre de parler plus distinctement, afin d'éviter toute erreur dans la transcription des réponses K » Ces greffiers faisaient partie de l'administration romaine, ainsi que nous le voyons dans ce dialogue : « Pendant que Magnilien, le greffier, écrivait les réponses des chrétiens, le proconsul Gabinius lui dit : « As-tu inscrit les noms de tous ? » Magnilien répondit : « Si ta Puissance l'ordonne, je lirai mon texte. » Le proconsul Gabinius dit : u Lis-le. » Alors Magnilien, le greffier, dit et lut : u Les noms que j 'ai notés sont les suivants :
CoMBBVK, Sancti Patrisn ostri aliorumque orationes, p. 209.
iiv Les Mcirtyrs
Maxime, Dadas et Quintilien^ » Afin de suivre l'interrogatoire sans rien omettre, les greffiers usaient d'une écriture sténographique appelée notes tironiennes ^. Les pièces ainsi établies étaient transcrites ultérieurement en caractères vulgaires. Elles n'entraient que sous cette dernière forme dans les archives judiciaires.
Nous connaissons plusieurs greffiers dont les transcriptions nous sont parvenues. Ce sont d'abord Néon et Eustrate, qui se convertirent à la vue des violences soutenues par les chrétiens, puis Cassien. Celui-ci, indigné par une sentence de mort, lança à terre son registre et son stylet. Dans les Actes du diacre Habib, martyrisé sous Licinius, à Édesse, nous voyons que « les notaires écrivaient tout ce qu'ils avaient entendu à l'audience, et les Sharirs delà ville (gens de police) écrivaient le reste, c'est-à-dire ce qui avait été dit en dehors du prétoire. Suivant l'usage, ils rapportaient au juge tout ce qu'ils avaient entendu, et leurs dépositions étaient rappelées dans les Actes ^ » Plusieurs pièces, d'une valeur malheureusement très médiocre, parlent des Acta écrits devant le tribunal* et sur l'ordre du président ^
1. Acta LL. Maximi, Qaintiliani, Dadœ, S /»• {Act. SS., i3 avril, t. II, p. 974.) Voy. encore Gesta collationis Carthag., dies 3, S i, 8.
2. Voy. les travaux de Schmitz. Pour mémoire seulement, Carpen- TiER, Tardif.
3. Clretos, Ancient syriac Documents (i864^, p. 73, sqq. — Rubers Du Y AL, La littér. syr. (1899), p. 127, suiv. — Ce document sera donné dans le tome deuxième.
4. Acta S. Paphnutii,^ 22. (Act. SS., 24 sept.) — Acta S. Eapli, S i, 2, (la version grecque) dans Cotelier, Monumenta Ecclesue graecx, t. I, p. 193.