‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 56 sur 133 · Acta S. Cypriani · texte numérisé non relu

Acta S. Cypriani

Lxmv Les Martyrs

prêt à donner la torture, les ongles de fer, le chevalet, le feu, pour brûler, disloquer, déchirer : plus d'instruments de supplice en un mot que le corps humain n'a de membres ^ »

Quand les accusés étaient chrétiens, nous le voyons dès le temps de Pline, les instruments du sacrifice, le vin, l'encens, les images des dieux et de l'empereur parmi les objets mis en évidence dans le prétoire*.

Le lieu varie, nous voyons des procès dans le cirque, dans le théâtre, dans le stade, au bord de la mer. Cela s'explique par la coutume des villes et peut-être aussi par quelques circonstances minuscules dont nous ne savons rien^.

Il ne faut pas se représenter les audiences d'après ce que nous pouvons voir aujourd'hui. 11 y régnait une liberté assez voisine du désordre. Le premier venu pouvait interpeller l'accusé, le railler ; les appariteurs se livraient à ces facéties d'un goût douteux qui ont fait dans tous les temps la joie des gens de bureau*. Parfois ce sont des cris au magistrat de qui l'on réclame des peines plus sévères ou bien des objurgations aux martyrs dont on voudrait sauver la vie^ Des soldats, des appariteurs, des avocats, le peuple, crient, raillent, clament sans réserve, sans pudeur. Plusieurs fois le magistrat est débordé par la foule, et, dans ces circonstances, le type poltron de Pilate

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