‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 55 sur 133 · Voy. Le Bla.nt, Les actes des martyrs, p. i · texte numérisé non relu

Voy. Le Bla.nt, Les actes des martyrs, p. i

Lixxn Les Martyrs

gnement de la province. Dans une pièce célèbre concernant saint Ephrem d'Edesse, nous voyons le détail d'un procès criminel romain à une époque très voisine des persécutions. L'accusé est mis en prison. Après 42 jours il comparaît, mais la cause est remise, il attend 70 jours, seconde comparution et remise de la cause, enfin après 38 autres jours, dernière comparution et mise en liberté. L'arrestation provisoire avait duré cinq mois*.

Dans le cas où l'accusé avait été mis en arrestation par les magistrats municipaux, des rescrits impériaux réglaient la procédure à suivre : « Lorsque les irénarques auront arrêté des brigands, ils les interrogeront sur leurs complices et leurs receleurs ; ils enverront ensuite l'interrogatoire au juge par lettre close et scellée. Les accusés qui seront transmis avec un elogiam devront être entendus ex integro, bien qu'il y ait eu lettre de renvoi et même s'ils ont été conduits par l'irénarque. Ainsi ont répondu le divin Pius et d'autres princes, afin que ceux-là mêmes qui ont été recherchés par ordre ne soient pas, à l'avance, tenus pour condamnés, et que leur procès s'instruise à fond^. »

Nous voyons que plusieurs martyrs sont renvoyés à une juridiction différente ou bien que le juge se dessaisit de la poursuite^.

Il arrivait encore que le juge se fît sui\Te, pendant ses tournées d'assises, de plusieurs accusés à l'abjuration des-

I. Ephrem, 0pp. grœc, t. III, p. 62 et suiv. Voy. Lb Bujn, ouvr. cité, p. i3, note 3, sur une instruction préliminaire.

a. L. 6, De custod. et eihib. reorum [Digest., iltiii, 3).

3. Àcta S. Acacii, dans Ruisart. Martyr. S. Myronis, § 7 ; Àcta S. Paphnutii, S a3 {Act. SS., 2U sept); Acta S. Clementis Ancyrani, § 62 {Act. SS., a a janvier).

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quels il tenait d'une façon particulière. Les saints Tarachus, Probus et Andronicus furent traînés par le gouverneur de Cilicie, de Tarse à Siscia, de Siscia à Anazarbe, interrogés et torturés dans chaque ville et enfin mis à mort. D'autres martyrs supportèrent un semblable traitement ^

l'audience

Plusieurs textes nous apprennent que la convocation du peuple à l'audience se faisait par la voix du crieur public, prœcOy ou au son de la trompette^, a Tous les citoyens étaient contraints de venir assister au jugement », dit le document sur Ephrem, que j'ai cité ^. Les actes de saint Cyprien, dont tous les détails sont assurés, relatent aussi le fait d'une convocation*.

L'audience comportait une grande solennité. Le juge et les assesseurs occupaient des sièges élevés. A l'entour se trouvaient les ojficiales. « Regarde, écrit saint Cyprien, décrivant le tribunal, les lois des douze tables s'y voient gravées, mais le droit est violé en leur présence ; l'innocence succombe en ce lieu même où elle devrait trouver protection ; les adversaires y font rage, la guerre est enflammée parmi ces citoyens en toge, et le forum retentit de leurs grandes clameurs. Voici la lance et l'épée, le bourreau

I. Acta SS. Tarachi, Probi et Andronici, S i, 4 et 7. Voy. Acta S. Tatiani, Dulx, S 'i3 {Acta SS., i5 juin) ; Acta S. Naboris, S 8 (i2 juill.) ; Acta S. Maximi, SS 2, 8 (i5 sept.) ; Acta S. Janaarii, S 6 (19 sept.) ; Acta SS. Sergii et Bacchi, S 20, 28, 26 (7 oct.) ; Acta S. Cxsarii, S 4 (1" nov.). Le Blant, Les actes des Martyrs, pp. 5o, 109.

». Senèque, De Ira, l, xvi ; Tacite, Annal., II, xxxii.

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