‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 90 sur 133 · lo. 18. 3i-38a. — 8G. Le. 28. 4-i8a · texte numérisé non relu

lo. 18. 3i-38a. — 8G. Le. 28. 4-i8a

Les Martyrs

chefs S et étant accusé par les princes des prêtres et les anciens, il ne répondit rien.

Pilate lui dit alors : a N'entendez-vous pa» toutes les accusations dont ils vous chargent ? »

Et il ne lui répondit rien, de sorte que le gouverneur en était tout étonné. Or le gouverneur avait coutume au jour de la fête de Pâques de délivrer au peuple celui des prisonniers qu'il voulait ; et il y en avait alors un fameux, nommé Bar-Abbas. Comme ils étaient donc tous rassemblés, Pilate leur dit- : u C'est la coutume parmi vous, qu'à la fête de Pâques je vous relâche un criminel : voulez-vous donc que je relâche le roi des Juifs ? »

Tous alors se remirent à crier, et dirent : u Non, pas celui-là, mais Bar-Abbas. » Or, Bar-Abbas était un voleur^ qui avait été mis en prison à cause d'une sédition excitée dans la >ille, et d'un meurtre qu'il avait commis'*. Et le peuple, étant venu, commença à demander ce qu'il leur accordait toujours. Pilate leur répondit ^ : « Lequel voulezvous que je vous déli^Te, Bar-Abbas, ou Jésus qu'on appelle Christ ? » Car il savait bien que c'était par envie qu'ils l'avaient livré. Or, pendant qu'il était assis sur son tribunal, sa femme lui envoya dire : « Ne vous mêlez point dans l'affaire de ce juste, car j'ai aujourd'hui beaucoup souffert dans un songe à cause de lui. »

Mais les princes des prêtres et les anciens persuadèrent au peuple de demander Bar-Abbas.

Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus qu'on appelle Christ^ ? ))

Ils crièrent de nouveau : (( Crucifiez-le ~ ! »

Pilate, qui voulait délivrer Jésus, leur parla de nouveau, mais ils criaient de leur côté : « Crucifiez-le ! crucifiez-le ! »

1. Me. i5. 3. — 3. Ml. 37. 12-173. — 3. lo. 18. 39-40. — '4. Le. a3. 19. ■ 5. Me. i5. 8-93. — 6. Mt. 27. 17b. 22. — 7. Me. i5. 18.

La Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ii

Il leur dit pour la troisième fois : « Mais quel mal a-t-il fait ? Je ne trouve rien en lui qui mérite la mort. Je vais donc le faire châtier, après quoi je le laisserai aller. ))

Mais ils redoublaient leurs instances, demandant avec de grands cris qu'il fût crucifié, et leurs clameurs allaient toujours croissante

Pilate ^ leur relâcha, selon leurs désirs, celui qui avait été mis en prison pour un meurtre et une sédition^, et ayant fait flageller Jésus, il le leur abandonna.

Les soldats du gouverneur emmenèrent ensuite Jésus dans le prétoire, et rassemblant autour de lui toute la cohorte, après lui avoir ôté ses habits, ils le couvrirent d'un manteau d'écarlate^, et ils entrelacèrent une couronne d'épines, la lui mirent sur la tête ^, et un roseau dans la main droite ; et, fléchissant le genou devant lui, ils se moquaient, et lui disaient : u Je te salue. Roi des Juifs. )) Et en lui crachant au visage, ils prenaient son roseau, et lui en donnaient des coups sur la tête ^ ; et ils lui donnaient des soufflets.

Pilate sortit donc de nouveau, et dit aux Juifs : « Voici que je vous l'amène, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. » Jésus sortit donc, portant une couronne d'épines et un manteau d'écarlate ; et Pilate leur dit : (( Voilà l'homme. ))

Dès qu'ils le virent, les princes des prêtres et leurs serviteurs se mirent à crier, en disant : u Crucifiez-le ! crucifiez-le ! )) Pilate leur dit : « Prenez-le, et crucifiez-le vousmêmes, car pour moi je ne trouve en lui aucun crime. » Les Juifs lui répondirent : u Nous avons une loi, et d'après cette loi il doit mourir, parce qu'il s'est donné pour le Fils de Dieu. »

I. Le. 23. 20-23. — 2. Me. i5. i5a. — 3. Le. aS. aoa. — 4. Mt. 27. a6b-28. — 5. lo. 19. 2. — 6. Mt. 27. 29b-3o.

Les Martyrs

Pila te, entendant ces paroles, fut encore plus efïrayé, et, rentrant dans le prétoire, il dit à Jésus : « D'où êtes-vous? )) Mais Jésus ne lui fit aucune réponse.

Pilate lui dit alors : « Vous ne me parlez point? Ne savezvous pas que j'ai le pouvoir de vous faire crucifier et que j'ai le pouvoir aussi de vous déli%Ter ? )>

Jésus lui répondit : « Vous n'auriez aucun pouvoir sur moi, s'il ne vous avait été donné d'en haut. Voilà pourquoi celui qui m'a livré entre vos mains est coupable d'un plus grand crime. »

Et depuis ce moment Pilate cherchait à le délivrer, mais les Juifs criaient : « Si vous le délivrez, vous n'êtes point ami de César, car quiconque se fait roi se déclare contre César. »

Alors Pilate, entendant ces cris, fit amener Jésus hors du prétoire, et prit place sur son tribunal, dans le lieu appelé en grec Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha. Or, on était à la veille du sabbat de Pâques, vers la sixième heure ; et il dit aux Juifs : u Voilà votre roi. )) Mais ils se mirent à crier : « Prenez-le, prenez-le ! Crucifiez-le! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les princes des prêtres lui répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que César*. »

Pilate. voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte croissait de plus en plus, demanda de l'eau, et se lavant les mains devant le peuple, il leur dit : « Je suis innocent du sang de ce juste : c'est vous qui en répondrez. « Et tout le peuple lui répondit : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants^. »

Et il le leur abandonna pour être crucifié^.

.\lors Judas, qui l'avait li\Té, voyant qu'U était condamné, fut touché de repentir ; et reportant aux princes des prêtres

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