‹ Les temps néroniens et le deuxième siècleChapitre 91 sur 133 · I. la. 19. 3b. i5. — 2. Mt. 27. 2V25. — 3. lo · texte numérisé non relu

I. la. 19. 3b. i5. — 2. Mt. 27. 2V25. — 3. lo

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et aux sénateurs les trente pièces d'argent, il leur dit : a J'ai péché en livrant le sang innocent « ; mais ils lui répondirent : u Que nous importe ? c'est votre affaire. »

Judas, ayant jeté l'argent dans le temple, se retira et alla se pendre ; mais les princes des prêtres, ayant pris cet argent, dirent : « Il n'est pas permis de le mettre dans le trésor, parce que c'est le prix du sang » ; et après avoir délibéré entre eux, ils en achetèrent le champ d'un potier, pour la sépulture des étrangers ; c'est pour cela que ce champ est appelé encore aujourd'hui Haceldama, c'est-àdire le champ du sang.

Alors fut accomplie cette parole du prophète Jérémie : « Ils ont pris les trente pièces d'argent, pour lesquelles on a vendu celui qui avait été mis à prix parles enfants d'Israël, et ils en ont acheté le champ d'un potier, comme le Seigneur me l'a fait prédire ^ »

Ils s'emparèrent donc de Jésus ^, et l'emmenèrent pour être crucifié ^, et l'ayant chargé de sa croix, ils lui ôtèrent le manteau d'écarlate, et lui remirent ses habits "*.

Or, comme ils sortaient, ils rencontrèrent un homme de Gyrène, nommé Simon ^, père d'Alexandre et de Rufus ^, et le contraignirent de porter la croix de Jésus '^, derrière lui.

Jésus était suivi d'une grande foule de peuple, et de femmes qui pleuraient sur lui avec de grandes marques de douleur. Mais, se tournant vers elles, Jésus leur dit : (( Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ; car bientôt viendront les jours où l'on dira : Heureuses les femmes stériles, et les entrailles qui n'ont pas enfanté et les mamelles qui n'ont point allaité ; ils commenceront alors à dire aux montagnes : (( Tombez sur nous », et aux collines : « Couvrez-

I. Mt. 37. 3. 10. — 2. lo. 19. i6b. — 3. Me. i5. 20c. — 4. lo. 19. 17a. — 5. Mt. 37. 3ib-32a. — 6. Me. i5. 21b. — 7. Mt. 27. 32b.

Les Martyrs

(( nous. )) Car s'ils traitent de la sorte le bois vert, comment le bois sec sera-t-il traité ? »

Il y avait aussi deux criminels qu'on menait avec lui pour être mis à mort.

Lorsqu'ils furent arrivés au lieu qu'on appelle Calvaire S en hébreu : Golgotha^, on y crucifia Jésus ; et les deux voleurs aussi furent crucifiés, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche ^. Ainsi fut accomplie cette parole de l'Ecriture : (( Et il a été mis au rang des scélérats"* w ; et ils lui donnèrent à boire du vin mélangé avec de la myrrhe^, mais il n'en voulut pas boire ^, et n'en prit pas ".

Après qu'ils eurent crucifié Jésus, les soldats s'emjilirèrent de ses vêtements, et en firent quatre parts, une pour chacun d'eux. Ils prirent aussi sa tunique, et comme elle était sans couture, et d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas, ils se dirent entre eux : « Ne la partageons point, mais tirons au sort à qui l'aura. » Afin que cette parole de l'Ecriture fût accomplie : « Ils ont partagé entre eux mes vêtements et ils ont jeté ma robe au sort. » En effet, c'est ce que firent les soldats ^, et, s'étant assis, ils le gardaient^.

Pilate fit aussi faire une inscription, et la plaça au haut delà croix. On y avait écrit : <( jésus de Nazareth, roi des JUIFS. » Comme le lieu où l'on avait crucifié Jésus était près de la ville, un grand nombre de Juifs lurent cette inscription, qui était écrite en hébreu, en grec et en latin. Mais les princes des prêtres dirent à Pilate : « Ne mettez pas : Roi des Juifs ; mais qu'il a dit : Je suis le roi des Juifs. >) Pilate leur répondit : « Ce qui est écrit est écrit *^, »

Cependant le peuple était là qui regardait ^S et ceux qui passaient le blasphémaient en branlant la tête, et lui

I. Le. 33. a6b.-33b. — 2. lo. 19. 17c. — 3. Le. aS. 33b. — 4. Me. i5. a8. — 5. Me. i5. 23a. — 6. Mt. 27. 3iib. — 7. Me. i5. 23c. — 8. lo. 19. a3-2/i. — g. Mt. 27. 36. — 10. lo. 19. 19-22. — 11. Le. 23 35a.

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disant^ : u Toi qui détruis le temple et le reconstruis en trois jours ^, sauve-toi toi-même. Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! »

Les princes des prêtres se moquaient aussi de lui, avec les scribes et les anciens, en disant : u II a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même ^ ; qu'il se sauve lui-même ; s'il est le Christ, élu de Dieu ^, qu'il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui ! Il met sa confiance en Dieu, que Dieu donc, s'il l'aime, le délivre maintenant, car il a dit : « Je suis le Fils de Dieu ^. » Les soldats aussi l'insultaient, et s'approchaient de lui, et lui présentaient du vinaigre, en lui disant : a Si tu es le Roi des Juifs, sauvetoi toi-même ^ ! » Les voleurs qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient de même'^. Or l'un des deux voleurs, qui étaient crucifiés avec lui, blasphémait contre lui, en disant : « Si tu es le Christ, sauve-toi toi-même, et nous avec toi. » Mais l'autre, le reprenant, lui disait : « Tu n'as donc pas non plus de crainte de Dieu, toi qui vas mourir du même supplice ? Encore, pour nous, c'est avec justice, puisque nous souffrons la peine due à nos crimes ; mais celui-ci n'a fait aucun mal », et il disait à Jésus : « Seigneur, souvenezvous de moi quand vous serez entré dans votre royaume. »

Et Jésus lui répondit : « Je vous le dis, en vérité, vous serez aujourd'hui avec moi dans le paradis ^. »

Cependant la mère de Jésus, et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenaient debout auprès de sa croix. Jésus ayant donc aperçu sa mère et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voilà votre fils. » Puis il dit au disciple : « Voilà votre mère. » Et depuis ce moment, le disciple la recueillit dans sa maison^.

Or, depuis la sixième heure les ténèbres couvrirent toute

I. Mt. 27. 39-4oa. — 2. Me. i5. 29b. — 3. Mt. 27. Ixoh. /12a. — 4. Le. 23. 35b. — 5. Mt. 27. /i2b-43. — 6. Le. 23. 36-37. — 7. Mt. 27. 44. — 8. Le. 23. 39-/i3. — 9. lo. 19. 25-27.

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la terre S jusqu'à la neuvième heure, le soleil s'obscurcit^, et à la neuvième heure, Jésus jeta un grand cri, en disant : {( Eloï, Eloï, lamma sahacihani ? », c'est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné^? » Quelques-uns de ceux qui étaient là l'entendirent, et ils disaient : « 11 appelle Ehe''. »

Ensuite Jésus, voyant que tout était accompli, afin de réaliser encore une parole de l'Ecriture, dit : u J'ai soif! » Et comme il y avait là un vase plein de vinaigre^, aussitôt l'un des soldats courut en emplir une éponge^, et, l'ayant mise au bout d'un roseau, il la lui présenta" ; après que Jésus eut pris le vinaigre, il dit : a Tout est consommé^ », mais les autres disaient : c Attendez, voyons si Elie viendra le déli^Ter^ », et Jésus cria : « Père, pardonnez-leur, ils ne savent ce qu'ils font*^. » Alors Jésus jeta un grand cri et dit : K Père, je remets mon âme entre vos mains. » Et ayant dit cela ^S il incHna la tête et rendit l'esprit ^^

En même temps le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les roches se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent ; et sortant de leurs tombeaux après sa résurrection, ils vinrent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs. Le centurion et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et tout ce qui se passait, furent saisis d'une extrême frayeur ^^ ; ils glorifiaient Dieu en disant : « Certainement, cet homme était un juste**, il était vraiment le Fils de Dieu *^ » ; et toute la multitude de ceux qui avaient été témoins de ce spectacle, et qui considéraient tout ce qui arrivait, s'en retournaient en se frappant la poitrine *®.

1. Mt. 27. /jSa. — 2. Le. 23. 44c-i5a. — 3. Me. i5. 34. — k. Mt. 27. I4-. — 5. lo. 19. 28-293. — 6. Mt. 27. /,8a. — 7. Me. i5. 36b. — 8. lo. 19. 3oa. — 9. Mt. 27. 49. — 10. Le. 23. 34a, — 11. Le. 23. 46a. — 12. lo. 19. 3ob. ^ i3. Mt. 27. 5i. 54a. — i4. Le. 23. 47b. — i5. Mt. 27. 54b. — 16. Le. 23. 48.

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Comme c'était la veille du sabbat, et que ce sabbat était fort solennel, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix pendant ce jour, les Juifs prièrent Pila te de leur faire rompre les jambes et de les faire enlever. Il vint donc des soldats qui rompirent les jambes au premier, et à l'autre qu'on avait crucifié avec Jésus ; puis, étant venus à Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais l'un deux lui ouvrit le côté d'un coup de lance ; et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau.

Celui qui l'a vu en rend témoignage, et son témoignage est véritable ; et il sait qu'il dit la vérité afin que vous aussi vous croyiez, car tout cela s'est ainsi fait afin que cette parole de l'Ecriture fût accomplie : « Vous ne briserez aucun de ses os » ; et cette autre parole qui est encore écrite : a Ils verront celui qu'ils ont percée »

Tous ses amis, et les femmes qui l'avaient suivi de la Galilée ^ et qui avaient eu soin de lui ^, parmi lesquelles étaient Marie-Madeleine ^, et Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph^, et la mère des fils de Zébédée*^', et Salomé'', et plusieurs autres qui étaient venues avec lui à Jérusalem^, se tenaient à l'écart et regardaient ce qui se passait®. Le soir étant venu, comme c'était le jour de la préparation et la veille du sabbat ^^, il se trouvait un décurion nommé Joseph, homme juste et vertueux ^^ qui était disciple de Jésus, mais disciple caché, parce qu'il craignait les Juifs ^^, et qu'il n'avait point consenti au dessein des autres, ni à ce qu'ils avaient fait (il était d'Arimathie, ville de Judée, et de ceux qui attendaient le royaume de Dieu ^^), alla hardiment trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. Pilate, étonné qu'il fût mort si tôt, fit venir le centurion, et lui demanda s'il était déjà mort, et le centurion l'en ayant

I. lo. 19. 31-37. — 2. Le. 23. /19a. — 3. Me. i5. 4ib. — 4- Mt. 27. 56a. — 5. Me. i5. Aob. — 6. Mt. 27. 56c. — 7. Me. i5. 4oc. — 8. Me. i5. Aie. — 9. Le. 23. Age. — 10. Me. i5. 42. — 11. Le. 23. 5o. — 12. lo. 19. 38b. — i3. Le. 23. Si.

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assuré S Pilate ordonna de le remettre ^ à Joseph ; ayant acheté un linceul^, celui-ci vint et enleva le corps de Jésus.

Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de linges avec les aromates selon la manière d'ensevelir qui est en usage parmi les Juifs.

Or, il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié ; et dans ce jardin un sépulcre nouvellement fait, où personne n'avait encore été mis ; comme donc c'était la veille du sabbat des Juifs, et que ce sépulcre était proche, ils y déposèrent Jésus ^. Et ayant roulé une grande pierre à l'entrée du sépulcre, Joseph se retira •^.

I. Me. i5. /,3b. liôa. — 2. Mt. 27. 28b. — 3. Me. i5. /i6a. — A. lo. ). 38b. 42. — 5. Mt. 27. 60b.

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