LE MARTYRE DE SAINT JACQUES LE MAJEUR
APOTRE A JÉRUSALEM, l'aN 44
La rivalité politique qui séparait les familles illustrées par le souverain pontificat se traduisait par des iniquités destinées à détourner pour un temps la faveur du peuple au profit du parti victorieux. Les translations du pouvoir de la famille de Hanan à celle de Boëthus amenaient de nouvelles concessions au goût populaire, qui, en ce temps, à Jérusalem, était tourné aux disputes religieuses. Hérode Agrippa devint, par l'entraînement de cet état de choses, un violent persécuteur. Quelque temps avant la Pâque de l'an 44, il fit couper la tête à l'apôtre Jacques, fils de Zébédée, frère de Jean. L'exécution ne paraît pas avoir été ordonnée par le Sanhédrin, mais par Hérode luimême, qui jouissait du ius gladii, ou droit de faire mourir par le glaive. C'était la répétition de ce qui s'était passé pour Jean- Baptiste. Les circonstances de ce martyre sont inconnues, à la réserve d'un seul trait qui nous a été conservé par Clément d'Alexandrie.
EusÈBE, Hist. ecclés., livre II, ch. ix. — Boll., Julii VI, 5-/17, 69-114. — Anal. Boll. (i885), IV, app. 467-8.
Le martyre de saint Jacques le Majeur, Apôtre
Dans le même temps, c'est-à-dire sous le règne de l'empereur Claude, le roi Hérode entreprit de persécuter quel-
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ques membres de l'Eglise, et fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean. Dans le septième liwe de ses Institutions, Clément rapporte du même Jacques une chose tout à fait digne de mémoire, qu'il avait apprise des anciens. Il dit donc que celui qui avait mis Jacques en jugement, voyant avec quelle liberté il confessait la foi du Christ, fut touché de sa constance, et confessa lui-même qu'il était chrétien. Ils furent, dit-il, l'un et l'autre conduits ensemble au supplice. Dans le trajet, cet homme ayant prié Jaccjues de lui pardonner, l'apôtre s'arrêta un instant, puis il lui dit en l'embrassant : « La paix soit avec toi. » Et ils furent ainsi tous deux décapités en même temps.