LE MARTYRE DE SAINT JACQUES
PREMIER ÉVEQUE DE JÉRUSALEM A JÉRUSALEM l'aN 62
Jacques fut sacrifié à la haine d'Anne le Jeune, cinquième fils d'Anne, le grand-prêtre qui avait contribué plus que personne à la mort de Jésus, et grand-prêtre lui-même. Hanan le Jeune ou Anne était un homme hautain, dur, audacieux. C'était la fleur du sadducéisme, la complète expression de cette secte cruelle et inhumaine, toujours portée à rendre l'exercice de l'autorité insupportable et odieux. Jacques, frère du Seigneur, était connu dans Jérusalem comme un âpre défenseur des pauvres, et un prophète à la façon antique, on l'avait surnommé le Juste et il se montrait un des plus exacts observateurs qu'il y eût alors de la Loi. On avait une grande admiration pour ce vieillard (il avait, dit-on, quatre-vingt-seize ans quand il mourut), qui pratiquait la vie des ascètes dans toute sa rigueur : abstinence des nazirs, abstention de tout breuvage enivrant et de la chair des animaux, ne coupant jamais ses cheveux, s'interdisant les onctions et les bains, ne portant iamais de sandales ni d'habits de laine et se vêtissant de simple toile. On le voyait toujours prosterné dans le temple. Ses genoux avaient contracté des calus comme ceux des chameaux. Hanan résolut sa mort.
BoLL., AcTA SS. I mai. — Kcessing, Dissertatio de anno quo mortem obierit Jacobus frater Domini, 1867. — Luchini, Atti sinceri (1777), pp. 221-6. — Ruinart, Acta Martyr, sine. (1689), 1-5. — Renaît, Origines du Christianisme, passim. Voyez l'Index général, pp. 120 et suiv. Avec les réserves ordinaires quand il s'agit de cet auteur. — Stiltog, S. J., dans Acta SS. Dis-
sertatio de fratribus Domini Jacobo, Josepho, Juda et Simone qua quaeritur an allas ex illis fuerit inier xii Apostolos (1757), septemb. vi, p. i-xxii. — Tillemost, Mém. h. e. (iCgS), 1, 365-83 ; Gio-GSg, app. (19 p). — Mombert, James the son of Alphaeus and James the brother of the Lord are Ihey identical? dans Princet. Bev. (i865;, ixxvii, i. — Schaf, Dos Verhaeltniss des Jacobus Bruders des Hem Zu Jakobus Alphai (i843), 8', 99 pp. — De plus on peut consulter les introductions aux nombreux commentaires à l'épître qu'il a écrite. — Le récit que l'on donne ici est un fragment conservé par Elsèbe, Hist. eccl., 11, a3, du livre V des Hypomnemata d'Hégésippe, auteur de la seconde moitié du second siècle (vers 180), sorte de touriste primitif, qui circulait dans les diverses églises dont il recueillait sur place les traditions