‹ Les temps prehistoriques en BelgiqueChapitre 12 sur 19 · Argile d'origine interne S, Cavité sépulcrale · texte numérisé non relu

Argile d'origine interne S, Cavité sépulcrale

D. Dalle qui a dù servir à la fermer. H. Salle des festins funéraires.

F. Foyer.

Echelle da 2 i/3 millim. pour 1 mètre. Fig. 17. — Coupe géologique du trou du Frontal.

Abri sous roolie.

Le rocher surplombe entre le trou du Frontal et le trou des Nutons, dans l'espace limité par les deux gros piliers calcaires placés en avancement, à mi-côte. Un

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

sondage a fait connaître que des silex taillés et des ossements s'y trouvaient dans l'argile jaune sous un amas de pierres éboulées. Nous aurons occasion d'y revenir.

Le trou Rosette est une petite caverne située au som- trou Rosette. met du même escarpement. Des ossements de castor et de renne et de nombreux restes du squelette humain y étaient enfouis également dans l'argile jaune.

Une autre petite caverne, le trou Reuviau, dans un i^e (™» iî,-«,i?„». ravin* sur le chemin qui conduit de la Lesse à Furfooz, a fourni, dans les mêmes circonstances géologiques, des ossements de cheval, de renne, d'ours, etc., brisés de main d'homme.

Il en est de même du trou de la Naulette. A l'entrée,

trou de la Nauletic.

au-dessus du limon dont il a été question à propos de la célèbre mâchoire, on a rencontré sous l'argile jaune des silex taillés et des ossements d'animaux actuellement étrangers à nos climats.

Mais voici une autre station qui apportera un contin- i.e r™« de chauux. gent précieux aux renseignements obtenus à Furfooz.

Le joli hameau de Chaleux, si gracieusement placé dans une sinuosité de la Lesse, fait vis-à-vis à un énorme rocher de calcaire près duquel est une large ouverture béante. C'est l'entrée de la caverne de Chaleux. Comme le trou des Nutons, dont elle a à peu près la disposition intérieure, elle est claire dans tous ses points, sauf à l'extrémité, dans un petit couloir qui n'a, du reste, rien offert d'intéressant.

Elle dut aussi son origine à une source thermale ou

l'homme

minérale dont les produits, de l'argile rouge intense et pure, recouvre la paroi inférieure.

Un dépôt d'alluvion y succède et contenait les osse ments de l'âge du mammouth, dont il a été fait mention précédemment.

Le plafond du souterrain commença à s'effondrer après ce dépôt et accumula à l'entrée un amas de pierres. L'homme vint alors habiter la caverne. Il y laissa, comme témoins de son séjour, une prodigieuse quantité d'objets de sa fabrication et d'ossements des animaux qu'il avait mangés. Par ceux-ci, nous pouvons définir l'époque géologique durant laquelle il y vécut. Parmi ces reliefs de repas, nous ne voyons plus ni mammouth, ni rhinocéros, ni hyène, ni ursus spelœus dont nos indigènes firent si grande consommation à l'âge précédent. Nous y trouvons encore le renne, le chamois et le cheval associés au cerf, au loup, au renard, etc. Nous avons donc bien affaire à l'âge transitoire entre l'âge du mammouth et l'âge actuel, c'est à dire à l'âge du renne.

L'effondrement Mais ces restes vont acquérir une valeur inattendue. "^^Itses^" Le revêtement interne de la voûte de la caverne s'effon-

consèquences. nouvcau sur uuo échellc considérable. Un ébou-

lis pierreux recouvre la plus grande partie de ce sol d'habitation, sur une étendue de plusieurs mètres, et comme tout parait indiquer que l'effondrement fut subit et causa l'abandon de la caverne par l'homme qui avait apporté les abondants débris indiqués ci-dessus, on conçoit les données importantes qu'on pouvait retirer de la disposition des objets sur le sol.

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Les fouilles mettaient au jour le sol de la caverne comme il était au moment du départ des indigènes : les objets enfouis sous un amas de pierres, qu'on ne peut estimer à moins de 50 mètres cubes, avaient été immobilisés et soustraits à toute atteinte perturbatrice jusqu'au jour où la pioche entama ce vaste amas pour en exhumer les précieux restes enfouis.

Les produits de l'effondrement étaient recouverts d'une couche d'argile jaune analogue à celle que nous venons de décrire dans d'autres cavernes. Elle formait le sol même de la caverne quand les recherches y commencèrent.

La troisième station de l'homme de l'âge du renne découverte en Belgique, est celle de Montaigle. Les cavernes y présentent les mêmes dépôts dans des conditions particulièrement favorables pour fixer leur

La station do Montaigle.

Sur les alluvions aux nombreux débris de l'âge du mammouth, décrits dans la première partie de cet article, on a rencontré des silex taillés avec des ossements de renne, de cheval et une quantité considérable d'ossements de taupes, de campagnols, de lagopèdes de Norwége et de poissons d'eau douce.

Ces restes étaient de même à Montaigle enfouis dans l'argile jaune contenant de nombreuses pierres; puis, au milieu d'autres pierres formant éboulis et recouvrant l'argile, on retrouve encore, avec des ossements, des silex taillés, dont plusieurs annoncent par leurs formes un âge postérieur, l'âge du silex poli. Les ossements

Preuves de l'existence de restes de l'âge du renne dans les cavernes de cette localité.

l'homme

de cet éboulis n'appartiennent ni au renne, ni à aucune des espèces qui reporteraient son ancienneté au delà de l'époque géologique dite actuelle.

Ces observations ont été spécialement faites dans le trou du Sureau, où la succession des trois âges durant lesquels l'homme se servit de silex travaillés comme instruments usuels, est ainsi établie géométriquement par la superposition directe des trois dépôts.

La stratigiaphie Cot examcu descriptlf qui nous fait passer en revue ce 1 ge u renne. -^^^ cavemes liabitées par l'homme durant l'âge du renne, conduit à des remarques importantes. Les témoins du séjour de nos indigènes y sont toujours superposés aux alluvions qui caractérisent l'âge du mammouth.

Ils sont contenus dans de l'argile jaune empâtant des fragments de roches et analogue à l'argile des campagnes du Condroz et de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Si la caverne a fourni des restes de l'âge de la pierre polie ou des âges postérieurs, ces restes y ont été trouvés au dessus de l'argile jaune.

L'argile Cos faits prennent plus d'importance encore quand

des campagnes . - -i i u i i • t

et les silex polis, uous ajoutous quo les silex de lage delà pierre polie, relativement si abondants sur nos plateaux, se trouvent à la surface du terrain, à moins que des circonstances accidentelles et faciles à déterminer ne les aient enfouis. Dans tous les cas, ils ne sont jamais à la base de l'argile des campagnes non remaniée. On peut donc émettre comme règle que dans les cavernes ou à ciel ouvert, ils sont superficiels.

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L'âge de ce dépôt d'argile jaune, qui recouvre notre province d'une nappe continue et qui est souvent surmontée du limon terre-à-briques, semble ainsi bien nettement déterminé. Elle prendrait place dans la série des temps à la fin de l'âge du renne et avant l'âge de la pierre polie.

Mais comme une conclusion aussi absolue conduit à i-i p'aœ

de l'âge du renne

des difficultés géologiques considérables, dont l'examen dans le temps, serait d'un autre domaine que celui de cet exposé, il est préférable de nous en tenir, pour le moment, aux indications stratigraphiques précises et non contestables offertes par les cavernes, à savoir :

La superposition des débris de l'âge du renne sur les couches de l'âge du mammouth ;

L'antériorité de l'âge du renne sur le phénomène qui forma dans nos cavernes la nappe superficielle d'argile que l'explorateur n'est pas parvenu à distinguer de l'argile des plateaux ;

Enfin l'apparition de l'âge de la pierre polie subséquente à la formation de cette argile, aussi bien dans les cavernes que sur les plateaux.

La faune elle-même n'est pas moins caractéristique, sa faune, comme nous l'avons vu, d'une part par la disparition des espèces dont les congénères ont aujourd'hui pour patrie les régions tropicales, et d'autre part par le maintien de l'association, aux espèces de notre région tempérée, des espèces reléguées au Nord ou sur les principales montagnes européennes.

Comme le renne était alors particulièrement abondant dans notre pays, on a donné le nom d'Age du

l'homme

renne à l'époque que nous venons de définir par la géologie et par la paléontologie.

Degré Nous pouvons maintenant aborder l'étude des peu-

d'abaissement 1 1 • de nos indigènes, plades qui régnaient sur ces lieux, et qui se distinguaient à peine des bêtes fauves par leurs instincts et leur manière de vivre. C'était réellement l'homme à l'état de nature. Profitant comme les animaux sauvages des abris que leur offraient les rochers, vivant au jour le jour du produit de leur chasse, elles avaient une installation si misérable, des outils tellement informes que longtemps de savants observateurs fouillèrent leurs habitations sans reconnaître qu'elles avaient servi de refuge à l'homme, que ces silex et ces ossements d'animaux étaient les œuvres ou les restes de repas d'êtres humains.

Peut-être n'est-il plus aujourd'hui sur tout le globe une race aussi peu civilisée que l'étaient nos indigènes.

Restes Mals avant de les suivre dans leurs retraites pour y

du squelette liumain

retrouvés obscrvcr Icurs moeurs et coutumes, nous devons nous

dans nos cavernes. - ^ • , i r n m

demander quels étaient ces hommes, a quelle race ils appartenaient, quels pouvaient être leur taille et leur aspect.

C'est au trou du Frontal que nous devons de pouvoir répondre à ces questions, sans lesquelles il n'existe pas réellement d'ethnographie.

Dans cette sépulture de l'âge du renne, si féconde en renseignements sur nos premiers temps, seize cadavres avaient successivement pris place. Malheureusement

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beaucoup d'ossements avaient été brisés et détruits par la vétusté. Deux crânes, pièces qui jouent un grand rôle dans les études de ce genre, étaient seuls conservés : c'est le crâne d'une femme et celui d'un jeune homme. Un certain nombre de parties d'autres crânes ont cependant encore été retrouvées et sont des éléments précieux de confirmation.

L'Anthropologie ou histoire naturelle de l'homme L'Anthropologie repose sur un triple faisceau d'investigations : la linguistique à laquelle nous ne nous arrêterons pas, puisque des inductions hasardées pourraient seules être faites sur le langage d'hommes que l'histoire même a oubliés et qui, étant à l'état sauvage, n'avaient point imaginé d'écriture ; les caractères ostéologiques dont on a compris si récemment l'importance ethnique et qui seuls nous éclairent sur les races perdues ; les caractères extérieurs sur lesquels est fondée la véritable histoire naturelle de notre espèce pour les races encore vivantes.

En envisageant l'ensemble des populations du globe. Répartition on a été amené à les réunir en trois groupes, d'après la r^ces humâmes couleur générale de la peau. Ainsi se sont introduites ""l^TolJ^iZ^t^a dans la science les dénominations de race blanche ou "''^ caractères

extérieurs.

caucasique, de race jaune ou mongolique, de race noire ou éthiopique.

A la couleur delà peau qui, on le conçoit, présente de nombreuses variations et ne peut être prise que dans un sens approximatif, se rattache un ensemble de caractères dotant chaque rameau d'un aspect spécial.

C'est ce qui donne à cette classification, fondée sur les caractères extérieurs, une si grande importance scientifique.

Ainsi, pour ne parler que des races blanche et jaune qui nous intéressent ici, la race mongolique " se recon- « naît à ses pommettes saillantes, à sa tête presque « en losange, à son nez petit et peu proéminent, à son " visage plat, à ses yeux étroits et obliques..., à son " teint plus ou moins olivâtre ^ »

Ces distinctions n'existent pas dans la race caucasique proprement dite, ainsi qu'il est facile de s'en assurer, puisque toutes nos populations appartiennent à la race blanche.

La crânioiogie. Au point de vuc ostéologiquc ou mieux crâniologique, on examine d'abord le contour du crâne. Est-il allongé? Il est dolichocéphale. Est-il arrondi, de manière que le diamètre du front à l'occiput soit à peu près égal au diamètre pris en largeur? Il est brachycéphale. La dolichocéphalie et la brachycéphalie existent simultanément dans les trois rameaux, mais sont rarement réunis dans une même race.

La face offre des éléments plus efficaces de détermination. La race blanche a le visage ovale. La race jaune, par suite de la largeur des pommettes, de son front étroit et du menton en pointe, a le visage simulant, dans ses contours généraux, un losange dont l'angle supérieur serait arrondi. Cet aspect est saisissant à la vue d'un Chinois et d'un Japonais.

1 D'Omalius d'Halloy, Des races humaines, 5« éd., 1869, p. 59.

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La verticalité ou l'avancement des mâchoires sont encore des caractères auxquels on a égard, mais qui se présentent simultanément aussi dans les trois rameaux.

Appliquant ces données aux crânes de Furfooz et Caractères aux portions de têtes trouvées en même temps, nous ^ Furfooz. voyons qu'ils sont peu volumineux, qu'ils prennent place entre les brachycéphales et les dolichocéphales, tendant cependant vers la brachycéphalie. La partie faciale (fig. 18) offre, dans ses contours, la tîgure d'un as de carreau arrondi au sommet; les orbites sont un peu tournées en dehors, la face est aplatie et les traits émoussés.

Fig. 18. Crâne d'un jeune homme découvert dans le trou du Frontal, à Furfooz, un quart de la grandeur naturelle.

La mâchoire supérieure est projetée en avant dans le crâne de femme.

Enfin, dans les mâchoires ou portions de mâchoires recueillies, le menton est généralement pointu.

142 l'homme

Lu race Ces crâiies forment le type que le célèbre anthropo-

Moiigoloïde. . ^ i J. i

légiste, M. Prûner-bey, appelle Mongoloïde^ .

Mais le rameau mongolique est extrêmement vaste : il renferme les deux tiers de la population du globe. On peut citer, parmi les mieux caractérisés, les Chinois, les Japonais et la plupart des habitants de l'empire russe qui ne sont pas slaves.

Elle fuit partie C'cst pamii Ics populatious mongoliques de ce vaste

du rameau . , . , . ,

iiyperboréen- cmpire, ics moius avancées du continent européen, ouraiieii. Prûner-bey trouve les représentants de ses

Mongoloïdes des cavernes de la Lesse, particulièrement chez les Finnois, les Lapons, les Esthoniens, peuples qui confinent à la mer Baltique et au golfe de Bothnie.

M. de Quatrefages serait porté de son côté à les rapprocher des Esthoniens -.

Sans identifier à ces populations vivantes nos peuplades au visage aplati et aux pommettes saillantes, nous devons admettre entre elles de grands rapports de races, une voisine parenté. Le mieux est aujourd'hui de considérer nos indigènes de l'âge du renne comme une famille^ distincte et sans doute détruite du grand rameau hjperboréen et ouralien. De même que nous voyons dans le règne animal les groupes d'espèces vivantes se compléter par les espèces fossiles,

1 Comptes-rendus du Congrès antéhistorique de Paris en 1867, 2'î part. p. 347.

2 Rapport sur les progrès de V Anthropologie, p. 260, 1867.

3 Voyez la sigEifleation exacte de la nomeuclature anthropologique dans l'ouvrage précité de M. d'Omalius.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 143

l'espèce humaine se composerait de familles encore existantes et de familles paléontologiques parmi lesquelles prendrait place, sur le même rang que les Lapons, les Finnois, les Esthoniens et autres , la famille mongoloïde de la Lesse.

Nos indigènes étaient d'une taille au dessous de la moyenne. Les os des membres dénotent une hauteur totale qui ne dépassait guère l'MO,

On sait que la taille moyenne des hommes, dans notre pays, est aujourd'hui de 1™65^

Les mains étaient longues et les doigts effilés.

La principale habitation de nos anciennes popula- Le <™«

, . 1 T < • 1 1 ^ 1 f'i' Chulcux fut

tions sur la Lesse, a en juger par le nombre énorme de sur la Lesse débris qu'elles y abandonnèrent, fut le trou de Chaleux, habitation"' dont elles furent chassées par l'écroulement de la partie peuplades, interne de la voûte.

Leurs ustensiles, leurs armes, leurs parures furent ainsi, avec tous les objets de leur installation et les restes de leurs repas, enfouis sous une épaisse couche de pierre et soustraits, jusqu'à notre temps, à toute atteinte extérieure.

Les renards et les blaireaux eux-mêmes ne purent percer une telle couche et produire dans les terres sous-jacentes les dégâts et les mélanges qui furent souvent à regretter dans d'autres cavernes, notamment dans le trou des Nutons.

Près de l'entrée , mais de manière cependant à être situation tiu foyer, abrité sous la voûte du souterrain, un large espace était

1 M. QuETELET, Phijsique sociale^ 1868, t. II, p. 71.

l'homme

recouvert cle cendres, de charbon, de sable et d'argile, avec des os et des silex ayant subi l'action du feu. C'était le foyer de la peuplade.

Il est bon de remarquer que quand on fait du feu dans un de ces souterrains, il faut placer les bois enflammés vers l'ouverture pour avoir moins à souffrir de la fumée. Tant que le vent ne souffle point par rafales ou dans la direction de la caverne, la fumée y pénètre peu, surtout si, au moyen de branches ou de paillassons, on établit une espèce de paravent à l'extérieur, ce que du reste la peuplade faisait sans doute.

Dans le cours des explorations, les ouvriers allumaient toujours leur feu vers l'entrée du souterrain, comme le faisait l'homme du renne.

Installation Tout autour du foyer étaient disséminés d'innombra-

de 11 peuplado

dans bles ossements et silex taillés, ainsi que des plaques de

\e Iruii lie Chaleur.

grès et des cailloux roulés. A côté, se trouvait un cubitus de mammouth posé sur une dalle de grès.

Le sol était au surplus couvert de ces débris dont la quantité diminuait seulement vers le fond.

On observait un arrangement analogue dans le trou des Nutons à Furfooz, mais il était moins reconnaissable, parce que les restes, n'ayant pas été protégés par un éboulis, étaient mélangés à l'argile jaune qui recouvre, dans toutes les cavernes, les témoins de l'habitation de l'homme de cet âge.

Nombre Inattanda L'outillage était en rapport avec cette installation.

des éclats de silex. •^ Tli? x

Les éclats de silex en étaient la base. Ils turent

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taillés en nombre étonnant : on en a recueilli à Chaleux plus de trente mille !

Ils étaient à tous les états de taille, depuis le résidu de la fabrication jusqu'à l'instrument complètement achevé.

Nos indigènes dépeçaient évidemment les blocs dans l's «aient

fabriqués dans

leurs habitations. Le bloc de sdex est recouvert dans la caverne, son gisement naturel d'une épaisse croûte de décomposition que portaient un certaij] nombre d'éclats retrouvés dans nos cavernes.

''%jjMMmaBjctiigjii/ ■

Fig. 19. Nvicléus ou bloo-matrice, résidu central de la taille du bloc de silex, provenant du irou de Chaleux. Gr. nat.

On y a, en même temps, recueilli une certaine quantité de noyaux ou blocs matrices (fig. 19). Ce sont des fragments de silex de forme prismatique, résidu central du dépècement du bloc.

l'homme

Procédé de la taille.

Instruments de percussion.

Kclat j d'emploi usuel.

Caractère unique de ces éclats pendant l'âge du renne.

La taille du bloc se faisait, en effet, au moyen de chocs, par l'enlèvement circulaire des lames plus longues que larges et qu'on cherchait à produire très minces.

En vertu des propriétés physiques du silex, un coup adroit porté avec un corps dur — et un caillou se prête très bien à cette opération — détache de la masse un éclat de cette forme. Les coups, donnés méthodiquement les uns à côté des autres, enlevaient des lames jusqu'à ce que le bloc fut réduit à un noyau dont on ne pouvait plus tirer parti. C'est un véritable écaillement par percussion.

Les percuteurs étaient des cailloux roulés. On en a retrouvé plusieurs avec la trace de chocs répétés contre un corps dur.

Les éclats, dûs à un coup maladroit ou détaché des parties défectueuses, entrent pour une forte part dans ce nombre si considérable de débris.

Ceux qui servaient d'outils et principalement d'instruments tranchants, sont des éclats minces et étroits. Du côté où ils ont été détachés, ils sont plats et portent, au sommet, une protubérance arrondie dont un segment est écaillé et qui indique l'endroit où le coup a été porté. Ils présentent de l'auti^e côté plusieurs faces qui correspondent chacune à la face de détachement d'une autre série de lames.

De tels éclats s'appellent couteaux. Toute la taille du silex se faisait, pendant l'âge du renne, suivant ce procédé. Aucun de ces instruments n'affecte la forme triangulaire rencontrée dans les couches de l'âge du

mammouth. Tout silex taillé dans les cavernes de l'époque que nous étudions, appartenait au type des lames minces et étroites. C'est, peut-on dire, le caractère archéologique le plus prononcé de l'âge du renne.

Flg. 20. Couteau. Grandeur naturelle.

Ces couteaux ont été souvent retaillés sur leurs Appropriation

, . spéciale

arêtes latérales et termniales pour être appropriés à tvun certain nomure

- ' • A 1 ' • • d'entre eux.

des usages spéciaux. Aux uns, on a enlevé semi-circulairement, à une extrémité, une série de petits éclats. Ils les rendaient propres ainsi à épiler les peaux des animaux, au moins à en juger d'après l'usage que font encore les Esquimaux d'instruments semblables . L'autre bout pouvait servir à tarauder. On appelle cet instru- Grattoirs. ment g7^attoh\ (Fig. 21).

Fig. 21. Grattoir en silex provenant du trou de Chaleux. Gr. nat.

D'autres couteaux étaient retaillés à une extrémité pour y produire une pointe. Ils servaient sans doute alors de poinçons. (Fig. 22).

l'homme

Poinçons. H J Gii a aussi beaucoup dont on a enlevé la moitié de la largeur dans le but probable d'en faire aussi des poinçons. (Fig. 23).

Quelques uns sont à dents de scie ; d'autres en forme de pointes de flèches.

Là se bornent les appropriations des éclats de silex. Elles n'étaient guère destinées qu'à fournir les instru ments nécessaires à la confection des vêtements. Elles nous montrent, en outre, que ces vêtements étaient des peaux d'animaux, le grattoir servant à épiler celles-ci et les poinçons à faire des trous pour la couture. S'ils se fussent vêtus de tissus, ces poinçons si solides eussent été inutiles et les grattoirs sans raison d'être. Au surplus, la connaissance des vêtements tissés est tellement en opposition avec les mœurs de ces hommes, qu'on pouvait, à priori, déclarer qu'ils ne la possédaient pas et que la dépouille des animaux servait seule à les couvrir.

Les Peaux- Rouges et les CaiFres emploient la moëlle

Fig. 22. Poinçon en silex provenant du trou de Clialeux. Gr. nat.

Fig. 23. Poinçon en silex provenant du trou de Ciialeux. Gr. nat.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

Usago des couteaux.

des animaux pour assouplir leurs vêtements de peaux. Comme nos indigènes ont extrait la moelle de presque tous les os des animaux de certaine taille qu'ils ont pu se procurer, nous pouvons croire qu'ils l'appliquaient aussi, au moins en partie, à cet usage.

L'emploi de l'éclat ordinaire, du couteau, est clairement dénoté par l'état de ses bords. Il était réservé à couper des substances dures, comme le montre son tranchant émoussé. (Fig. 20).

D'autres ont servi à lisser des substances résistantes, telles que les merrains de bois de renne.

Les bois de renne étaient employés à faire des pointes Pointes de dards

eu bols de renne.

de dard. L'andouiller ou branche du bois était détaché Leur mode

. . de fabrication.

du merrain (tronc du bois) au moyen de deux incisions à bords obliques pratiquées à la base de l'andouiller. Un effort suffisait alors pour les séparer. Nous faisons de même quand, pour casser un bâton trop gros, on y pratique des entailles jusqu'à ce que l'effort de la main soit suffisant pour amener la rupture.

Fig. 2i. Lame de s-llex, ayant servi ù arrondir les portions do bois de renne. Gr. nat.

Le merrain, dépouillé de ses appendices et réduit en portions de 10 à 15 centimètres, était arrondi au moyen de lames de silex qui s'ébrèchent et se creusent sous l'action du frottement (fîg. 24). L'un des bouts était

L HOMME

terminé en pointe, l'autre était taillé en coin pour être emmanché dans un bâton fendu (fîg. 25). Les faces du coin recevaient enfin de légères entailles qui ajustaient plus solidement l'arme dans la hampe (fig. 25 et 26).

Fig. 23. Pointe de dard, FIg. 26. Fragment de pointe de dard,

prov. du trou de Chaleux. Gr. nat. prov. du trou de Chaleux. Gr. nat.

Autre emmanchure d'armes.

En appelant pointes de dard ces portions de bois de renne affilées et destinées à être emmanchées, nous avons voulu indiquer, en termes généraux, qu'elles servaient évidemment à des armes de trait. Aucune observation ne tend à faire croire que nos indigènes connaissaient l'arc.

Les pointes de dard recueillies à Chaleux sont nombreuses. Le trou des Nutons n'en a fourni que deux.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

Deux portions cylindriques de bois de renne offrent un détail curieux. L'un des bouts est taillé en coin dont les faces sont rayées comme dans les précédents. Ce bout était destiné à être emmanché. L'autre bout a reçu une entaille profonde pour recevoir un silex ou un os en forme de pointe de flèche. Les sauvages de l'archipel malais fabriquent encore des armes tout à fait analogues.

Les' bois de renne employés à cette fabrication ne Les bois de renne

ainsi employés

provenaient qu'exceptionnellement de rennes tués par étaient

. . . . des lois de mue.

nos indigènes. G étaient des bois de mue. — On sait que tous les cerfs perdent chaque année les ornements de leur front. — Ces bois avaient été quelquefois récoltés en nombre considérable. On en a trouvé, dans le seul trou des Nutons, près de 150 qui n'avaient pas été utilisés.

D'autres merrains travaillés semblent, d'après leur analogie avec des instruments semblables d'Esquimaux, Lis.soirs. avoir été des lissoirs pour les coutures des vêtements.

Mais il est des instruments dont le travail plus déli- Aismiies. cat cadre peu avec des objets d'un travail si grossier : quinze aiguilles en os et peut-être en ivoire ont été recueillies à Chaleux et à Furfooz.

Fig. 27. Lame de sUex, employée probablement, à la fabrication des aiguilles. Gr. nat.

Nous pouvons entièrement rétablir le mode de fabri- Manière

^ . de les fabriquer.

l'homme

cation de ces aiguilles. On voit sur un radius de cheval des entailles symétriquement pratiquées pour enlever des lamelles ou, pour nous servir d'un terme de vannier, deséclisses. Ces lamelles étaient arrondies, sans doute au moyen d'éclats de silex qui, par le frottement, s'ébréchaieut et se dentelaient (fig. 27). On obtenait ainsi la forme recherchée. L'extrémité qui devait être perforée est brusquement arrondie, l'autre est effilée (fig. 28).

Fig. 28. Aiguille- Gr. nat.

L'aiguille recevait enfin son chas, comme semble le prouver l'une d'elles qui avait reçu toute sa forme, avant d'être perforée.

Poterie. Toutos les demcurcs de nos indigènes contenaient

des fragments d'une poterie extrêmement grossière. Les fragments recueillis dans le trou du Frontal sont les seuls qui aient pu être réunis et qui montrent la forme Le vase du vasc. C'était un pot d'assez grande dimension. La

du Irou lin Frontal. ^ •a, >^n- i ^• ^ ^ ;•,

pate est noirâtre, a éléments lies avec de petits morceaux de spath calcaire pour en empêcher le retrait. Elle est modelée à la main et non cuite. Le vase portait six renflements latéraux dont cinq seulement ont été retrouvés. Ils sont superposés deux à deux, disposés en trois groupes et percés d'un trou vertical par lequel on passait une corde, sans doute faite en tendons. Leur moyen Lcur procédé pour so procurer du feu n'est pas moins " ^îe'feu!"'*' curieux. Ils battaient le briquet sur un rognon de pyrite au moyen d'un silex. Ils en détachaient ainsi de

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

très menues parcelles qui s'enflammaient à l'air. La figure 29 montre un de ces rognons échancré d'une manière caractéristique.

Outre la méthode expérimentale par laquelle on démontre la possibilité et même la facilité de se procurer ainsi du feu, l'induction, basée sur la comparaison d'usages similaires chez les sauvages actuels, nous autorise à admettre l'existence de ce procédé chez nos indigènes. Les Esquimaux et d'autres peuplades sauvages se servent de la pyrite pour obtenir le feu, • Les fragments de cette substance sulfureuse sont assez rares dans ces habitations anciennes et il n'y a pas lieu de s'en étonner, non plus que d'en conclure à un usage exceptionnel de la pyrite. Elle appartient à la variété sperkise qui tombe rapidement en déliquescence sous l'action de l'humidité, et nos cavernes ne sont pas précisément un milieu propre à les préserver de cette cause de décomposition. On peut donc parfaitement admettre que la moindre partie des fragments qu'ils ont possédés, a pu se conserver.

Fig. 29. Rognon de pyrite sur lequel on a battu le briquet provenant du trou de Clialeux. Gr. nat,

l'homme

Usage Les plaques de grès qu'ils transportèrent dans leurs

des plaques de grès , i i ■ i i n , i

et des cailloux, demeures, semblent, par leur grand nombre et par la difficulté du transport, dénoter qu'elles leur étaient d'un grand usage, mais nous ne pouvons faire à ce sujet que des conjectures.

La présence des cailloux roulés s'explique mieux. Ils s'en servaient pour tailler les silex. Comme durant l'âge du mammouth, l'homme du renne brisait, dans le but d'en extraire le contenu cérébral et médullaire, les crânes et les os longs des animaux qu'il tuait. Il le faisait au moyen d'un instrument contondant qui n'était sans doute autre que ces cailloux, vu la trace des coups à l'extrémité de bon nombre de ces os. Peut-être cette opération s'exécutait-elle sur les dalles de grès dont nous venons de parler. On ne peut du reste croire qu'elles servirent à faire des bancs, car elles n'étaient pas superposées dans le trou deChaleux. La recherche du bien-être ne semble pas avoir été jusque-là chez nos troglodytes.

Grossièreté Tols étaient donc les ustensiles des Mongoloïdes :

de l'outillage;

insalubrité des éclats de silex pour couper, d'autres éclats pour trouer et pour épiler les fourrures, des aiguilles pour coudre les vêtements, de la pyrite pour battre le. briquet, des cailloux pour briser les os creux, de la poterie, des plaques de grès, des pointes de javelot. Couverts de peaux de bêtes, ils avaient pour refuges, contre les intempéries de l'air, des excavations souterraines mal aérées et souvent si humides après les pluies ou le dégel, que les ouvriers employés à l'exploration y

des cavernes.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

étaient, à ces moments, mouillés comme au dehors par un jour pluvieux. C'était certes l'état sauvage dans sa plus misérable expression.

On ne peut pourtant contester qu'ils avaient un goût Goût de ces

peuplades

très prononcé pour la parure. pour la parure.

Les ornements abondent dans leurs demeures : des pendeloques de toute sorte, des pierres à reflets agréables, des substances propres à la peinture du corps.

A ce trait, nous reconnaissons encore le sauvage qui imprévoyance

habituelle

de l'indispensable passe immédiatement au superflu et des sauvages, dont la décoration personnelle forme, avec la rechercbe de la subsistance, une constante préoccupation. Ainsi nous le dépeignent les ethnographes. Tout ce qui n'est pas la satisfaction du moment présent lui est étranger. Par suite d'une chance heureuse, jouit-il d'une abondance passagère, il se livre à tous les débordements de la gloutonnerie et aux pratiques les plus puériles. La pensée que la famine et les plus dures privations l'attendent le lendemain, ne naît pas chez lui. L'expérience est de nul effet. Les besoins les plus impérieux le font seuls agir, et il ne compte, pour y satisfaire, que sur son industrie de chaque jour. Il n'a aucune idée du bienêtre ; et quand cette idée pénètre chez lui, il n'est plus réellement à l'état sauvage : il a songé à assujettir des herbivores et à multiplier certains végétaux qui lui donnent des ressources assurées.

L'insouciance et l'imprévoyance sont un des traits les plus caractéristiques du moral naturel de l'homme. La dure expérience l'a conduit à l'épargne, et on peut

l'homme

dire que là est son progrès fondamental, car ce progrès fut le point de départ de toute civilisation, précurseur même de l'apparition du métal dans ses oeuvres.

Nos Indigènes Nos cavemes ont fourni des morceaux de mine de fer

se peignaient

le corps en rouge, rouge OU oligisto qui, à en juger par leur structure, proviennent des localités où on en fait une si grande exploitation dans les environs de Namur.

Cet oligiste a été gratté pour en obtenir une poudre fine, comme le témoignent quelques uns des morceaux.

De nos jours, les sauvages de l'Amérique du Nord mélangent la poudre d'une substance analogue à de la graisse et se dessinent sur le corps, avec cette pommade, des raies et diverses figures auxquelles ces peuplades accordent une grande importance.

Les observations faites sur l'oligiste des cavernes de la Lesse, rendent extrêmement probable, chez nos indigènes, la coutume de se colorier le corps en rouge, d'après la méthode employée par leurs confrères, les Indiens de l'Amérique du Nord.

Fig. 30. Fragment de fluorine trouée provenant du trou du Frontal. Grandeur naturelle.

Ornements divers. La fluorine est une substance cristalline, facilement La fluorine, (,}iyg^|j]^e cHstaux régullcrs d'une certaine taille et

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

souvent d'une nuance violette qui rappelle l'améthyste, 11 y en a des filons assez considérables dans la bande calcaire qui sépare le Condroz de l'Ardenne, notam^ ment à Givet, à Lavaux-Sainte-Anne et à Vierve.

Un grand nombre de petits fragments de cette substance ont été employés par nos indigènes. Quelques uns portent même un trou pour être suspendus (flg. 30). D'autres ont été usés par frottement et ont reçu la forme de pierres arrondies de pendeloques.

Des dents d'animaux, notamment la canine d'un Les.iems

d'animaux,

jeune ours, ont été perforées, et des plaques d'ivoire nvoire, ont été arrondies, polies et trouées au centre (fig. 31). C'étaient évidemment des ornements.

Fig. 31. Plaquette d'ivoire ayant servi d'ornement provenant du trou de Clialeux. Gr. nat.

Ils employaient au même usage du jayet qu'on trouve Le jayet, près de notre pays dans des marnes du nord de la Lorraine. Une lame de ce jayet avait été l'objet d'un travail analogue à celui des plaques d'ivoire.

Il n'est pas jusqu'à l'ardoise des environs de Fumay L-ardoise.

l'homme

qui n'ait attiré leur attention. On en a recueilli des échantillons au milieu de leurs débris.

Des morceaux de stalactite même se trouvaient dans la caverne de Chaleux, quoique ce souterrain n'en ait jamais produit d'un aussi grand diamètre que celui de ces fragments. Celle-là y avait donc été importée.

Mais leurs principaux ornements étaient des coquilles fossiles. Elles proviennent du gîte tertiaire de Courtagnon près de Reims et de Grignon près de Versailles, d'après l'examen qu'en ont fait les savants les plus compétents sur la matière.

On en a trouvé 54 échantillons dans le trou de Chaleux, 12 dans le trou du Frontal, 1 dans le trou des Nutons.

Fig. 32. Natice tertiaire trouée avec un instrument affilé et provenant tlu trou de Clialeux. Gr. nat.

Ces coquilles ont été d'ordinaire trouées artificiellement près de la bouche, soit par un outil appointé (fig. 32), soit par frottement, comme le font les enfants pour des noyaux d'abricots ou de cerises (fig. 33).

Fig. 33. Natioe tertiaire trouée par frottement et provenant du trou de Chaleux. Gr. nat.

Si la plupart sont de petite taille, il en est d'autres qui atteignent d'assez fortes dimensions. Un exemplaire

La stalactite,

Les coquilles trouées,

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de Cerithium giganteum, espèce si distinctive pour les couches de l'étage parisien, a été trouvé dans le trou du Frontal. Il a 16 centimètres de longueur et porte 24 trous. Une turritelle de même origine ail centimètres.

Nos indigènes possédaient encore à Chaleux trois Aufs^ fossues

° de diverses

dents et une vertèbre de requins fossiles, sans doute provenances, aussi d'origine champenoise, La vertèbre, naturellement trouée au centre, a été suspendue comme ornement.

Ils avaient aussi d'autres fossiles, coquilles et polypiers, provenant du calcaire dévonien et plusieurs polypiers provenant du grès vert de Vouziers (département des Ardennes).

Il n'est pas jusqu'à des fossiles d'espèces encore inconnues dans la science, que ces amateurs de parures n'aient recueillis et apportés dans leur retraite. C'est une loge d'un grand mollusque cloisonné, du genre Nautile, provenant de l'étage dévonien des psammites du Condroz, lesquels, comme on sait, servent de base au calcaire carbonifère où sont excavées toutes ces cavernes et affleurent par bandes alternantes avec le calcaire, dans le Condroz et l'Entre-Sambre-et-Meuse.

De tels fossiles y sont une rareté, et comme aucun ouvrage de paléontologie n'a encore, à notre connaissance, signalé ce Nautile, il pourra porter, en commémoration des antiques chercheurs qui l'ont su trouver, le nom de Nautilus Aborigenum,

Ces objets, la plupart étrangers au pays, révèlent

l'homme

Ces objets démontrent l'existence de relations étrangères chez nos indigènes

non seulement un trait caractéristique de leurs mœurs, leur goût pour l'ornementation de leur personne, mais aussi le fait plus inattendu de leurs relations avec des régions notablement éloignées des bords de la Lesse. Le tableau suivant est destiné à faire apprécier la direction et l'étendue de ces relations :

Énumération, provenance et nombre de ces objets.

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