‹ Les temps prehistoriques en BelgiqueChapitre 18 sur 19 · L'HOMME PENDANT L'AGE DE LA PIERRE POLIE · texte numérisé non relu

L'HOMME PENDANT L'AGE DE LA PIERRE POLIE

On rencontre souvent dans notre pays des silex ouvrés épars sur une surface limitée. Ils ne sont que très accidentellement enfouis, et ces exceptions sont dues à un remaniement du sol, soit par la culture, soit par les agents atmosphériques.

Quand on se met à recueillir ces silex, on s'aperçoit caractères des siiex

• -, T •-, HT- trouvés àla

immédiatement que le travail dont us ont été 1 objet, est surface du soi. bien différent de celui des âges précédents. Au milieu des éclats de rebut et des résidus de la taille, se trouvent des lames souvent plus larges qu'auparavant, des pointes de flèches à ailerons d'un travail remarquable

Fig. 37. Pointe de flèche à ailerons. Gr. nat.

(fig. 37), des fragments polis et enfin des haches polies de 10 à 25 centimètres de longueur (fig. 38), qui ont

l'homme

fourni le nom du nouvel âge. Ces silex polis sont, dans nos régions occidentales, assez nombreux pour être le caractère le plus saillant du troisième âge de la pierre,

Fig. 3i. Hâohe polie en silex et emmanchée dans une portion de bols de cerf. 1/2 Gr. nat.

illustré par les admirables découvertes des Danois et ^"époque'' qîiV^îr^ dcs Suisscs. Cost en effet d'alors que datent l'érection

dolmens -i y , • i ^ i i

duDaneuiarcketies de CCS euormes moHuments en pierres appelés dolmens "^"Vsuisse! '^'^ célèbres ■ cités lacustres. Les non moins célèbres

PENDANT LES ACtES DE LA PIERRE.

« kjoekkenmoeddings » semblent avoir précédé en Danemarck l'âge des dolmens, mais ils sont postérieurs à l'âge du renne de notre province.

Avec ce troisième âge de la pierre, nous sommes Époque récente de

géologues.

entrés dans une nouvelle ère géologique, l'époque récente ou actuelle des géologues. On ne peut plus y faire de coupures zoologiques ou stratigrapliiques comme pour les temps antérieurs : les phénomènes y ont encore trop peu varié ou, pour employer des termes plus en rapport avec les lois de la géologie , sa durée est encore trop courte pour être appréciable par des modifications dans le régime de la nature.

Nous pouvons cependant établir, par les sciences Moyens

^ . . de la subdiviser.

d observation, la succession des temps pendant cette époque ; mais il nous faut pour cela employer le moyen exactement inverse de celui dont nous nous sommes servis pendant les âges du mammouth et du renne. A peine constations-nous des variations dans la manière de vivre et le savoir-faire de nos habitants durant ces longues époques, tandis que les phénomènes physiques et biologiques nous mettaient entre les mains les éléments chronologiques qui établissaient la succession de ces temps. Cette succession, à partir de l'âge du renne, nous sera révélée au contraire par les variations souvent profondes dans l'ethnographie, et les divers états de civilisation vont se succéder rapidement dans les pays occidentaux avec les vicissitudes que l'histoire a en partie enregistrées. On a donc adopté ici une nomenclature archéologique en remplacement de la nomenclature zoologique en usage pour tous les temps antérieurs.

l'homme

A l'âge du renne succèdent l'âge de la pierre polie, puis les âges du bronze et du fer avant d'atteindre chez nous la période historique. Ce terme « âge de la pierre polie 5' , désigne la première partie de l'époque géologique actuelle.

Ses formations La principale formation géologique de l'époque récente est la tourbe. Mais , dans notre province, ce produit d'une végétation cryptogamique ne se développe que très rarement. Nous ne pouvons y caractériser cette époque d'une manière générale, que par la constatation qu'elle est postérieure aux dépôts de l'argile jaune des campagnes et de la terre à briques ou limon de la Hesbaye, puisque, sauf dans les cas de remaniements du terrain et de formation de terrains locaux, les silex polis sont superficiels.

On peut y signaler cependant l'action locale de quelques phénomènes géologiques : la formation du tuf, comme à Rouillon et à Marche-les-Dames, les alluvions déposées par la Meuse et ses tributaires, les déjections des torrents, les éboulis , les remaniements des dépôts antérieurs, notamment de la terre à briques qui se déplace facilement à cause de la ténuité de ses éléments.

Ses caractères Les caractères biologiques de cette époque sont éga-

biologiques. i i i • ± i ^

lement bien tranches.

Nombre d'espèces de l'âge précédent ont émigré. Le renne, le glouton se sont réfugiés sous les régions polaires; le bouquetin, le chamois, la marmotte, sur les montagnes élevées du centre de l'Europe; l'Antilope

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

saïga et probablement le clieval, sur la limite cle l'Europe et de l'Asie.

C'est le second appauvrissement subi par notre faune dans les temps quaternaires. Le mammouth et plusieurs espèces dont les congénères sont de nos jours l'apanage de régions plus chaudes , disparurent à la fin du creusement des vallées et furent rayés de la liste des espèces vivantes. Le renne, avec les types qui réclament un climat mieux adapté à leur nature que celui que nous avons aujourd'hui en partage, disparut à son tour quand le dépôt d'argile jaune se forma dans nos cavernes.

Malgré ces réductions considérables, notre pays n'en était pas moins doté, au début de l'époque que nous étudions, d'un groupe d'animaux dont nos bois feraient aujourd'hui difficilement soupçonner l'existence.

On y comptait, à côté du cerf, du chevreuil, du sanglier, du loup, du renard, etc., l'ours brun, le lynx, le bœuf urus, l'aurochs , l'élan et le castor.

Malheureusement l'homme, augmentant bientôt ses l' homme a Jétruit

dî , . • 1 1 y une partie de la

^ action sur ces animaux, ne tarda pas a pro- f^une que la nature

céder à une élimination qui eût fini par être radicale, si laissait, on n'eût pris des mesures préventives qui consistèrent longtemps dans les privilèges féodaux, et qui sont continuées aujourd'hui par les lois sur la chasse. Cela n'en sauva qu'une partie.

Les principales espèces succombèrent sous les coups des exploits cygénétiques : l'ours des Alpes, le martin des foires, dont César ne fait pas mention dans ses « Commentaires mais dont on retrouve des ossements dans les tourbières et que les chroniqueurs du

l'homme

X'^ siècle citent encore; l'aurochs, qui serait actuellement complètement détruit, si les Czars n'avaient rendu en leur faveur des ukases pour la conservation d'un troupeau de huit cents têtes dans les forêts lithuaniennes ; le bœuf urus, que César décrit \ et qui, d'après une chronique, parut encore dans un festin en Suisse, au XIP siècle ; l'élan, qui vivait aussi dans nos bois à l'époque de l'invasion romaine^; le castor , que l'impitoyable poursuite de l'homme a forcé de changer son instinct de constructeur en celui de fouisseur, et qui n'existe plus qu'en couples isolés sur le Rhône et le Danube.

Rareté des restes de Los témoius dc l'âge do la picrro polie sont beaucoup

'a pierre polie

s nos cavernes, plus rares dans nos cavernes que les restes des âges du mammouth et du renne.

Si nous faisons abstraction des quelques pièces isolées et éparses sur le sol de quelques uns des souterrains de la Lesse, nous ne pouvons citer, dans notre

1 De Bello Gall., lib. VI, cap. 28.

D'après CuviKR,le «bos cervi figura» décrit par César (ibid.cap. 29), serait le renne. Il habitait, disent les Commentaires, les profondeurs de la forêt hercynienne et non la Gaule.

Il est bon de rappeler qu'aucun ossement de renne n'a été trouvé parmi les restes de l'âge de la pierre polie et des âges suivants,' non seulement dans notre pays, mais aussi en France, en Suisse, en Angleterre et en Danemarck, tandis qu'il est prouvé que cette espèce existait alors dans le Mecklembourg et en Suède. On a récemment cherché à acclimater le renne dans les Alpes. On aurait reconnu que la nourriture convenable n'y est pas en quantité suffisante pour que cet animal puisse y subsister en troupeaux. {Matériaux pour Vhist. de Vhomme, t. V, p. 265).

2 iMd., cap. 27.

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province, que cinq cavernes où l'exploration ait été fructueuse pour la connaissance de l'ethnographie de ce troisième âge de la pierre. Ce sont les cavernes de Chauvaux, de Pont-à-Lesse, du Sureau et du Chêne à Montai gle, de Gendron.

Nous examinerons d'abord les cavernes de Pont-à- Lesse et de Montaigle, afin de fixer d'une manière indiscutable les mœurs usuelles de ces peuplades. Nous ferons ensuite l'étude de la célèbre caverne de Chauvaux et enfin nous décrirons la caverne de Gendron qui semble avoir été une sépulture de ces indigènes.

Le trou de Pont-à-Lesse est plutôt un abri sous Trou roche qu une caverne. 11 est situe a une certaine distance du trou Magrite et vis-à-vis du pont jeté sur la rivière.

Au dessus de l'argile jaune, qui recouvre dans d'au- ossements, très cavernes de la même vallée les débris de l'âge du renne, s'étendaient des éboulis offrant, à leur base et vers la moitié de leur hauteur, deux veines d'ossements avec débris d'industrie.

Plusieurs de ces ossements appartenaient à l'homme : c'étaient une portion de mâchoire inférieure, un fémur, un tibia, deux péronnés, un corps de vertèbre, un fragment d'os iliaque.

Les autres ossements se rapportent au grand bœuf, au sanglier, à la chèvre, au cerf, au campagnol, au coq de bruyères et à un poisson qui pourrait être le brochet. Ces ossements sont relativement peu nombreux, mais brisés suivant la méthode en usage durant les âges précédents.

l'homme

Des coquilles terrestres du pays y étaient en plus grand nombre, et on peut douter que les habitants de la caverne en eussent fait leur subsistance, car elles étaient généralement entières. Deux espèces étaient principalement représentées : l'hélice des haies [Hélix nemoralis) et une autre hélice en forme de cône aplati [Hélix lacipicld). On y a aussi rencontré quelques valves à'Unio hatavus.

Proiluits

Des fragments d'une poterie grossière, mal cuite, diniiustiie. ^^g^ fragments de spath comme liant et modelée à la main, étaient les plus abondants débris de l'industrie humaine. Quelques éclats de silex crétacé, deux lames taillées de même substance (iîg. 39) et une pointe de flèche à ailerons étaient leurs outils. On y rencontra aussi une défense de sanglier percée d'un trou.

Des cendres, des charbons et des ossements carbonisés indiquaient qu'ils y avaient fait du feu et cuit leurs repas.

La petite quantité de ces débris montre que la caverne fut habitée temporairement.

Trous ihi Sureau et Le trou du Sureau et le trou du Chêne contenaient, ù Montligie, au dessus de l'argile jaune, des os de cerf et de sanglier, des fragments de poterie aussi grossière que celle de Pont-à-Lesse , des silex taillés au nombre desquels était aussi une pointe de flèche à ailerons.

Ces restes étaient recouverts d'un éboulis pierreux dans le trou du Sureau. Mais, dans le trou du Chêne, ils se trouvaient dans une couche terreuse qui paraît due aux résidus de la décomposition des feuilles soufflées en

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grande quantité par le vent chaque année dans le souterrain, résidus que les blaireaux, qui s'y étaient creusé des terriers, avaient mélangés à l'argile du dépôt sousjacent.

Fig. 39. Couteau en silex provenant du trou de Pont-à-Lesse. Gr. nat.

Le contraste entre ces débris et ceux de l'âge du

l'homme

Conlraste entre rGIlIlô consiste donc tout à la fois dans leur gisement,

'âge du renne et -, ■■ i > t -i i •^ i i <

ràge de dans le caractère du travail du silex , dans les espèces la pierre polie, ^j^^^j^j^^gg y étaient représentées.

La caverne de Après avolr préclsé le caractère du troisième âge de chnueauj;. ^Q, pierre dans les cavernes de notre province fouillées récemment, nous aborderons l'examen de la caverne de Chauvaux dont l'exploratioQ, remontant déjà à plus de vingt ans, fait date dans l'histoire des recherches exécutées dans nos cavernes.

La grotte de Chauvaux est une petite excavation dans un énorme rocher calcaire qui se dresse sur l'un des flancs de la vallée de la Meuse près de Godinne,

Abondance des eiitrc Namur et Dinant. Les fouilles de M. le profesossenients humains; ^^^^ Spriug^ j mirent au jour de nombreux ossements humains : c'étaient des os de femmes et d'enfants brisés souvent par éclats longitudinaux et cimentés par la stalagmite, ce qui a permis au savant explorateur de maintenir, dans de gros blocs de brèche, la disposition respective des ossements, après avoir opéré les fouilles. Il y trouva aussi des charbons et de la poterie, ainsi que des haches polies qui donnent la date archéologique de ces débris. Plusieurs ossements humains auraient reçu les atteintes du feu.

Faune associée. M. Spriug j siguala encoro des os d'animaux qu'il rapporte, avec plus ou moins de certitude, à cause de la rareté des portions du crâne et des dents, à des cerfs, à des bœufs, à des sangliers, à des chiens ou

1 Bull, de l'Académie roy. de Belgique, l^e série, t. XX, p. 427. 1853 ; 2« série, t. XVIII, p. 479, 1864 ; et t. XXII, p. 187. 1866.

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renards, etc. ; quelques os de bœufs et de cerfs sont tellement volumineux, surtout à leurs épipliyses, que . rien ne s'oppose, dit-il, à ce qu'on les attribue à l'urus, à l'aurochs et à l'élan.

Cette caverne n'aurait donc produit de débris ni des Ces débris sont de animaux du groupe éteint, ce qui exclut l'âge du la pierTe poue. mammouth, ni des animaux du groupe des espèces émigrées sous les influences naturelles, ce qui ne permet pas de rapporter ces restes à l'âge du renne. Ses débris sont, par conséquent, de l'époque géologique actuelle. Les haches polies, mentionnées plus haut, confirment ces données et indiquent en même temps l'antiquité de ses débris, ainsi que leur contemporanéité avec ceux de la caverne de Pont-à-Lesse et des couches supérieures des souterrains de Montaigle.

Dès 1853, année où il fit connaître ses découvertes, La présence des

MCI • ^ •, ^ 11 • f ji» ossements humains

. Sprmg emit des vues remarquables qui lurent 1 un a été interprétée

des premiers pas tentés dans une voie rationnelle pour '^"'^anJbausune! l'interprétation de la présence des ossements fossiles dans les cavernes. Il les envisagea à un point de vue ethnologique, au lieu qu'antérieurement on avait mis leur introduction sur le compte de deux causes bien différentes de celle-là : l'une, erronée, les attribuait à un transport par les eaux; l'autre, plus vraie, mais applicable seulement à une partie des cavernes, en faisait des repaires de carnassiers qui y auraient laissé leurs propres ossements et transporté ceux de leurs proies.

Pour M. Spring, les ossements d'hommes et d'animaux de la caverne de Godinne auraient été les restes

l'homme

des repas des peuplades indigènes des bords de la Meuse . Ces peuplades eussent donc été cannibales. Faits à l'appui, arguments sérieux furent donnés à l'appui do

cette interprétation. Les ossements humains sont cassés longitudinalement ; quelques uns portent la trace du feu ; une portion de crâne humain offrait « une fracture " opérée par un instrument contondant. L'instrument « lui-même se trouvait engagé dans la même portion « de brèche. C'était une hache en pierre d'un travail « grossier et sans trou pour y adapter un manche. 55 En outre, l'observation que ces ossements étaient tous des ossements de femmes et d'enfants, permirent à M. Spring de considérer le cannibalisme de la peuplade, non pas comme accidentel et résultant d'une nécessité passagère, mais comme un cannibalisme raffiné et entré dans les mœurs, ainsi que les peuplades des îles de rOcéanie le pratiquent.

Trois cavei-nes de Ccttc cxplicatlon a uuo importauco particulière pour '""dL'o'ssëmrntr^iiotre ethnographie ancienne, car le fait de Chauvaux iiumains associés demcuro pas isolé dans nos cavernes.

aux débris A

des repas de nos Nous avous signalé sur la Lesse, dans deux d'entre

indigènes. ^

elles, des ossements humains au milieu des débris des repas de l'homme de l'âge du renne, et dans un autre souterrainla répétition de lamême observation pour l'âge de la pierre polie, c'est à dire pour l'âge contemporain des restes de la caverne de Chauvaux. Il était donc naturel de penser à leur appliquer l'interprétation de M. Spring, en notant toutefois la différence dans la proportion des ossements humains et des ossements d'animaux. Cette proportion était en faveur des premiers à Chauvaux,

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 225

tandis que les derniers prédominaient dans les trois On ne peut

- n^TiT < ' Interpréter ce

cavernes de la vallée de la Lesse, ou par conséquent mélange

.,1 1,1 ii V 1 17 ±1 1 • comme preuve île

on ne pourrait, dans 1 hypothèse de 1 anthropophagie, cannibausme. que difficilement admettre le cannibalisme passé à l'état de coutume chez les peuplades qui habitèrent le souterrain.

Au surplus, à part le mélange d'ossements humains ^ ces ossements

Jr ' 1 o humains ne sont pas

aux « débris de cuisine r> de nos indigènes de la Lesse, ,

état qu'à Chauvaux.

les observations ne paraissent même pas y démontrer que ces ossements soient les restes de monstrueux festins. Aucun d'eux ne présente la trace de coups portés, dans l'intention de les fendre, avec un caillou ou tout autre outil. S'ils sont quelquefois brisés, c'est transversalement, et alors la cause de la rupture n'est autre que le poids des terres superposées. Du reste, la cassure longitudinale et oblique doit elle-même être, avons-nous vu, regardée comme due à des actions étrangères à l'homme, tant que la marque des coups, destinés à la produire, n'est pas constatée.

Ces ossements ne portent pas davantage la trace du feu; mais nous devons nous rappeler, avant d'en rien inférer, que le contraire est très exceptionnel sur toutes les portions d'os , un peu notables et susceptibles de détermination, dans toutes les cavernes qui contenaient des débris de la nourriture de nos indigènes.

On pourrait objecter que les os des membres contiennent chez l'homme si peu de moelle, que nos peuplades ne se donnaient pas la peine de les briser pour l'en extraire. Mais alors comment pourrait-on déclarer que ces ossements prouvent le cannibalisme? Les moyens

l'hOxMME

habituels de constatation nous échapperaient, et il faudrait y reconnaître une nouvelle différence bien sensible entre la manière dont les hommes de la Lesse mangeaient leurs semblables et le cannibalisme de la peuplade de Chauvaux.

D'après la méthode qui a été suivie jusqu'ici, nous ferons mention des faits d'ethnographie actuelle qui pourraient jeter quelque lumière sur la présence de ces ossements humains dans les habitations des peuplades de Chaleux, du trou de Reuviau et de Pont-à-Lesse, Comment on peut Les voyageurs rapportent avoir vu, au milieu des ^ présence"^ résidus dc uourriture accumulés près des huttes des humX'sTbTelvés Esquimaux, des ossements de notre espèce. Il est de hl'nourriturrd'és Cependant bien constaté que les habitants des régions Es(iuimaux. polaircs ne sont point anthropophages.

La présence de ces ossements humains pourrait être expliquée par la profonde indifférence des Esquimaux pour leurs morts, quand ils leur ont donné la sépulture. Ils laissent violer ces sépultures par les renards et les chiens qui, naturellement, profitent aussi des amas de débris de nourriture amoncelés près des huttes des naturels et qui pourraient y apporter ces débris du squelette de l'homme ^

Différences dans les j)^ rcstc, Ic canuibalisme fut-il reieté pour les peumœurs des ' J i. L

peuplades sauvages pladcs de la Lcssc, il ne s'ensuivrait pas qu'il n'eût pu

d'un même pays. x x j.

exister à Chauvaux. Nous avons vu les différences de moeurs qui semblent avoir existé, durant l'âge du renne.

1 Voyages de Farry, cités par Lubbock, loc. cit., p. 417.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

entre les peuplades de la Lesse et de la Molîgnée. Et M. Spring fait remarquer, avec raison, qu'en supposant la contemporanéité absolue des peuplades de Chauvaux et de Pont-à-Lesse, des différences de mœurs entre des peuplades aussi voisines se représentent chez les peuples non civilisés, dont les tribus ont souvent un développement propre dans leur manière de vivre et do faire.

Mais il est impossible, d'un autre côté, de tirer argument, dans le sujet, des textes cités par M. Spring. De ce que les Irlandais du temps de Strabon et une peuplade des Gaules du temps de S* Jérôme auraient été anthropophages, il ne s'ensuit pas que nos populations des âges de la pierre l'aient été ; elles sont antérieures à tout souvenir de l'histoire et on ne peut leur soupçonner aucune communauté ethnique avec des peuples connus parles historiens dans la même région.

La présence exclusive dans la caverne de Chauvaux d'ossements de femmes et d'enfants, ou au moins la rareté d'ossements d'hommes concorde, jusqu'à certain point, avec les observations faites, tant sur les ossements humains des habitations souterraines de la Lesse que sur les ossements de la sépulture de Furfooz.

Cette dernière coïncidence, jointe à la prédominance On pourrait

, j 1 • T , 1) • peut-être expliquer

des ossements humams sur les ossements d animaux la présence des

-, -, 1 L T r^i 1 j^n 1-,-iv ossements liumains

dans la grotte de Chauvaux, la rareté des objets dm- dans la caverne dustrie qu'on y a trouvés, enfin les dimensions et la dis- "'^ Chauvaux, en position de cette caverne, nous ont porté à nous demander si elle ne pouvait recevoir une interprétation

supposant que cette caverne a été une sépulture.

différente de celle qu'elle a reçue. Au lieu d'avoir été un lieu de réunion pour les repas d'une peuplade de l'âge de la pierre polie, n'a-t-elle pas été la sépulture de cette peuplade? Dans cette hypothèse, qui n'est ici que suggérée, on attribuerait principalement aux bêtes fauves qui auraient forcé l'entrée du caveau funéraire, les cassures des ossements et le désordre apporté dans leur disposition respective.

Les renards et les blaireaux ont hanté toutes les cavernes que nous avons fouillées jusqu'à ce jour et y ont souvent causé, dans toutes les parties où ils pouvaient pénétrer, de grands dommages parmi les restes délaissés par l'homme ou par les animaux. Le renard va, paraît-il, jusqu'à exhumer des ossements de ces âges reculés pour les ronger à l'époque des neiges ou quand il nourrit ses petits.

La conjecture que nous émettons sur la cause de la présence des ossements dans la grotte deChauvaux,ne pourrait évidemment prendre une base sérieuse que si on constatait définitivement, après un nouvel examen, l'absence de marques des coups qui les auraient fendus. Il faudrait aussi que les traces, prises pour les atteintes du feu, pussent être attribuées à une autre cause.

La Le même doute ne peut exister pour une caverne

caverne de Gendron. ... i x > i /-< i r\' j i • i i ■

Située sur la Lesse, près de Gendron. 0 était bien une sépulture, et plusieurs faits portent à rapporter à l'âge de la pierre polie l'époque où elle fut établie.

La caverne de Gendron s'ouvre au sommet de l'escarpement ; elle est formée d'un couloir bas et étroit se

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 229

rétrécissant vers l'extrémité. A l'instar de nombre de cavernes du pays , elle porte le nom de trou des Nutons.

^ A. Humus avec ossements hu- >::Ç- mains.

B. Limon de l'âge du mammouth

et de l'âge du renne.

S. Stalagmites.

D. Dalle de schiste.

Fig. 40. Coupe géologique du trou de Gendron.

Son sol rocheux était recouvert, à l'entrée, par du ses dépôts, limon B (fig. 40). Puis venait un humus A, formé par la décomposition de feuilles, à en juger par sa légèreté et sa ressemblance avec la terre dont se servent les fleuristes sous le nom de « terre de bruyères ». On trouva dans ce terreau des ossements humains, se rapportant à dix-sept squelettes. Ils étaient en très mauvais état, et on ne put en recueillir que des fragments. L'humidité et la nature du terrain meuble qui les entourait rendaient le milieu impropre à leur conservation. Pour comble, des renards et des blaireaux, dont on retrouvait les restes, annonçant par leur état et leur couleur la présence récente de ces animaux, s'étaient malencontreusement terrés au milieu de ces débris de squelettes en voie de décomposition.

l'homme

Disposition des ossements humains.

Les ouvriers purent cependant observer que les fouilles mettaient successivement au jour des débris du crâne, puis des débris du tronc et des bras, puis ceux des jambes sur une première longueur de deux mètres. Deux groupes d'ossements étaient ainsi juxtaposés (fig. 41).

Echelis de 1 m. pour 200 m.

Objets d'industrie.

riaques de schistes qui ont pu servir à fermer le souterrain.

Flg. 41. Plan de la caverne de Gendron, montrant la disposition des squelettes humains d'après les fouilles.

Ils rencontrèrent ensuite dans le même ordre une deuxième, une troisième, puis une quatrième rangée de trois squelettes, chacun représenté par quelques portions d'os.

A partir de la quatrième rangée, un petit squelette était placé dans le sens de la largeur.

Un sixième rangée de deux squelettes reprenait la disposition longitudinale.

Un petit squelette placé encore transversalement la séparait de la huitième rangée, dont les restes de deux squelettes étaient étendus suivant l'axe de la caverne.

Un petit éclat de silex et trois fragments de poterie furent trouvés à l'entrée du souterrain (P, fig. 41).

En D (fig. 40), sur la pente de l'escarpement et immédiatement sous l'orifice du souterrain, gisaient deux grandes plaques d'un schiste étranger aux parois de la

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

caverne et aux couches qui y touchaient. Elles furent donc transportées par l'homme, puisque depuis l'âge du mammouth les phénomènes de transport, à cette hauteur, ne se manifestèrent plus en dehors du lit des tor- . rents. On peut y voir les restes d'une ou de plusieurs dalles au moyen desquelles l'homme, qui vint placer ces cadavres dans la caverne, ferma l'orifice de celle-ci pour les mettre à l'abri des bêtes fauves (D, fig. 41). Cet obstacle aurait été déplacé à une époque peu éloignée, car les ossements de renards et de blaireaux forment contraste, par leur degré de conservation et leur couleur, avec la vétusté des ossements humains. Le seul débris plus moderne que la poterie et le silex, qui y ait été rencontré, est un bouton en métal sans millésime, portant sur l'exergue « District de Saintes ^ et au centre la formule constitutionnelle « la loi et le roi » .

Nous avions évidemment affaire, dans cette caverne, La caverne de à une sépulture très ancienne dont voici l'âge probable une^tépuluire* de déduit des éléments géologiques et ethnographiques lapiefre poiie observés.

L'humus ossifère recouvre les dépôts qui, par leurs caractères paléontologiques et minéralogiques , se relient aux dépôts des âges du mammouth et du renne. Il serait donc d'une époque postérieure à ces âges, c'est à dire, qu'il ne remonterait qu'à l'époque géologique actuelle,

La présence de l'éclat de silex dénoterait l'âge de la pierre polie, car c'est à cette époque seulement que, dans l'ère récente, on se servit du silex comme instrument usuel.

l'homme

Cette donnée est confirmée par l'examen de la poterie. Façonnée à la main, mal cuite, sa pâte est faite de grosse argile où du spath calcaire pilé a été introduit pour en diminuer le retrait. Cette fabrication la rapproche de la poterie de l'âge du renne.

Il semble que les Sigualous cnflu uu usago que pourrait faire soup-

cadavres y avalent

été recouverts çonHcr la préscuce de l'humus dans lequel les ossements

de feuilles.

étaient enfouis.

Les feuilles qui ont formé l'humus par leur décomposition, ont été, semble-t-il, introduites dans le souterrain en même temps que les cadavres dont on retrouyait les débris du squelette.

Le terrain était, en effet, recouvert au fond du souterrain par un dépôt de stalagmite épaisse, en certains endroits, de 60 centimètres (S,fig. 40). Elle n'était pas mélangée à ces détritus végétaux et ceux-ci ne la recouvraient pas. Elle est donc de formation postérieure à l'introduction des éléments de l'humus, et l'action qui amena l'humus lui-même né se renouvela pas pendant tout le temps que le suintement de la roche mit à déposer la matière stalagmi tique. On doit en conclure que ce n'est pas le vent qui poussa les feuilles dans la caverne, comme nous venons d'en voir un exemple à Montaigle.

De plus, la stalagmite du trou de Gendron a dû se former avec une lenteur exceptionnelle et, vu son épaisseur, représente un laps de temps notable. La caverne est creusée dans une roche schisteuse où des bancs de calcaire argileux de 15 à 20 centimètres alternent avec les feuillets de schistes. Les infiltrations ne se char-

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

geaient donc de sel calcaire que dans une partie des parois, tandis que dans les autres cavernes explorées, elles exercent leur action sur toute la masse rocheuse qui surmonte le souterrain. On peut donc affirmer que le temps que la couche de stalagmite a mis à se former à Gendron, fut exceptionnellement long.

On n'a observé dans la sépulture de Furfooz aucun vestige d'une telle coutume.

D'après les mâchoires inférieures, le type ethnique caractères de cette tribu se rapprocherait du type des Mongo- ossementrimmams loïdes. Les molaires ont aussi la couronne usée hori- cette caverne, zontalement.

Le mode de sépulture si généralement employé du- Les dolmens

dans la

rant l'âge de la pierre polie dans toute la région qui province de Namur. s'étend des bords de la Baltique aux Pyrénées, les « dolmens », n'ont laissé dans la province qu'un témoin dont on ait conservé le souvenir : c'est celui de Jambes, près de Namur, qui aurait été détruit, il y a environ 40 ans.

Nos cavernes ne nous ont pas fourni d'autres don- contrastes

dans riiabitation

nées ethnographiques sur cet âge de la pierre. Aucun de rnomme des grands souterrains, qui furent le siège d'un séjour de la pierre polie prolongé de nos indigènes durant l'âge du mammouth

ses prédécesseurs.

OU durant l'âge du renne, ne fut l'habitation choisie par l'homme durant cette époque.

Ses débris se trouvent au contraire dans les champs, le plus souvent sur les plateaux élevés, quelquefois sur les bords de la Meuse. Nos indigènes avaient donc fini par substituer.le plein air et des huttes aux excavations

l'homme

insalubres que la nature leur offrait et qu'ils habitaient à l'instar des bêtes fauves.

Dans ce fait de l'habitat, il y a un trait distinctif aussi considérable entre ces tribus d'époques différentes, que dans leur industrie perfectionnée du silex. Insuffisance Nous uo possédous malhcureusement encore, sur la doniiées "recueillies manière dc vlvrc et de faire de nos populations de l'âge en Belgique sur pierro poKo Quo dos dounécs fort incomplètes en

les mœurs jr i T. ■ r

'^^^ùTrf'^e^^ Belgique, et il y a peu d'espoir d'arriver à y réunir un de la pierre polie, ensemble de faits qui nous édifie à leur sujet, comme nous avons pu l'être pour les âges précédents.

Puisque l'homme de l'âge de la pierre polie habitait principalement les plateaux et que des dépôts géologiques ne s'y sont pas formés depuis son temps, on doit s'attendre à ce que les silex travaillés constituent à peu près toutes les traces de son existence qu'on puisse retrouver dans de tels gisements. Ces silex se composent, comme nous l'avons dit, d'éclats de rebut et de résidus de la taille, de couteaux, de pointes de flèche à ailerons et de bâches polies souvent en fragments.

Elles së révèlent C'est ce qu'on a recueilli à Yvoir, sur le plateau de ^"pa'r'^reurs''"* l'Hcrbois qul couronne l'escarpement de la rive droite du Bocq à son embouchure dans la Meuse. La pointe ^e flèche (fîg. 37) en provient.

Une briqueterie à Anseremme, sur les bords de la Meuse, a procuré aussi bon nombre de silex taillés, dans les alluvions déposées pendant l'époque récente par le fleuve.

Nous avons cru remarquer également qu'on les trouve

silex travaillés.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 235

dans les environs de Dinant plus souvent dans les endroits où il y a peu de terre végétale, comme à Falmignoul, à Herbuchenne, à Bioulx; ces endroits ne sont pas susceptibles de culture. Si cette observation se contîrme, ce serait la preuve que ces hommes s'établissaient dans les clairières, puisque nous savons que nos plateaux étaient fort boisés, il y a peu de siècles, et ils devaient l'être, à plus forte raison, à une époque où l'homme n'avait pas d'empire sur la nature.

Ces indigènes semblent, du reste, avoir recherché d'autres circonstances spéciales dans la disposition du terrain. On trouve leurs silex sur plusieurs mamelons isolés par . des vallées ou des ravins et reliés seulement au plateau par un côté. L'escarpement de Furfooz qui offre cette configuration, fut sans doute habité par eux. Le trou des Nutons recélait quelques silex de cet âge et nous en avons trouvé à la surface du terrain sur un des flancs de l'escarpement. Les Romains y ayant établi un camp, au commencement du Bas- empire, on conçoit que les autres vestiges de ces temps aient disparu. Il en est de même à Poilvache où on a trouvé, sur le bord d'un ravin, au pied des ruines, des silex taillés.

De tels emplacements indiqueraient que ces populations avaient besoin de pourvoir à leur défense. Une découverte de M. N. Hauzeur est venue confirmer cette prévision. Il a observé au Pont-de-Bonn, près de Modave, sur le Houyoux, un mamelon avançant en presqu'île dans la vallée. Les bords y sont couronnés d'une barricade de pierres. La gorge de

Principales localités habitées.

Ces tribus paraissent avoir recherché les clairières,

dans des endroits bordés de ravins

qui en rendaient la

défense facile.

Forteresse du Pont-de-Bonn

remontant à cette époque.

l'homme

La forteresse d'Hastedon.

l'ouvrage est fermée par un mur analogue, et on a cherché à y entamer le rocher pour diminuer la largeur de la langue de terre qui réunit le mamelon au plateau ; mais le roc a bientôt présenté une difficulté insurmontable aux travailleurs primitifs. De nombreux éclats de silex, parmi lesquels il y avait plusieurs fragments polis, furent recueillis par le sagace archéologue dans l'intérieur du camp.

LaforteressedeSinsin, décrite par le même savant ^ rentre dans le type topographique de celle-là. Les barricades y sont semblables, mais il n'y a pas trouvé de silex.

Enfin, près de Namur, à Saint-Servais, feu Limelette a découvert ^ une quantité importante de silex taillés et polis, dans l'endroit, bien connu des archéologues, nommé Hastedon, Comme au Pont-de-Bonn, c'est un mamelon relié au plateau par un seul point. Des ravins l'isolent des autres côtés et des amas de pierres en garnissent le bord. L'explorateur a cependant paru exprimer des doutes sur la contemporanéité de cette fortification et l'époque de l'abandon des silex, doutes qu'il serait difficile d'étendre à la forteresse de Pont-de-Bonn.

Le caractère pacifique des peuplades des âges précéces constructions dcuts fait douc placc, dès cette époque, aux luttes

établissent t iiii i

dans les mœurs guemercs. La rccfierche de leur subsistance, la con- ''^gf^gg"*' fection de leurs outils, l'ornementation de leur per-

âges précédents.

1 Annales de la Société Archéologique de Namur, t. V, p. 16.

2 Matériaux pour Vhistoire de Fhomme, de M. de Mortillet, t. II, p. 74, 1865.

Contraste que

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 237

sonne, la satisfaction de leurs besoins journaliers s'aU lient, durant l'âge de la pierre polie, aux soucis de se préserver des attaques de leurs voisins, comme si l'amélioration des conditions de la vie de chaque jour entraînait nécessairement les luttes et les compétitions. Dès que ces peuplades eurent réalisé des progrès importants sur leurs prédécesseurs, les indices de leurs instincts guerriers nous apparaissent de la manière la plus tranchée. Elles avaient abandonné les cavités des rochers pour des huttes ; le travail du silex, beaucoup plus parfait qu'antérieurement, dénote un esprit plus ingénieux et des usages plus variés. Si nous leur appliquons les données fournies par les lacs de la Suisse, comme peut nous le permettre la similitude de leur travail du silex, nous les verrons domestiquer le bœuf, la chèvre, le mouton, cultiver des céréales. Simultanément apparaissent les camps retranchés et les positions fortifiées pour protéger ces tribus. Leur subsistance reposant sur l'épargne eût donc été assurée par des ressources certaines au lieu de dépendre de chasses journalières.

. Les tourbières de la basse-Belgique ont fourni des haches polies emmanchées dans des portions de bois de cerf, comme le montre le spécimen fig. 38, recueilli dans la tourbe, à Anvers, et faisant partie des collections du Musée royal d'histoire naturelle.

Le bois de cerf était aussi employé comme hache et comme marteau, d'après les objets, de même provenance, semblables à ceux des tourbières du Danemarck,

l'homme

qui sont figurés dans le catalogue illustré du Musée des antiquités du nord, de Copenhague', imiice d'un rencontro aussi de temps en temps des haches

trafic lointain. J-

polies en jade vert, substance qui parait provenir des Alpes. C'est l'indice, pour cette époque, d'un trafic avec des contrées relativement éloignées.

Le silex provenait Quant au silcx dc la plupart de nos hâches polies, il

du Hainaut,

semble provenir des champs de Spiennes, près de Mons. C'est un contraste considérable avec le silex des cavernes qui provenait de Champagne. Cette localité intéressante fut, durant l'époque de la pierre polie, d'après un beau travail publié en 1868 - , le siège d'une exploitation du silex. D'anciens puits de mines et des galeries avaient été creusés par l'homme de cet âge. Le silex était taillé et la hache ébauchée sur le lieu même de l'extraction,- ce qui est un nouveau progrès réalisé durant ce dernier âge de la pierre. La substance était ainsi travaillée avant d'avoir, par un long transport, perdu son eau de carrière. Mais la hâche ne semble pas y avoir été polie. « Si l'on cher- « chait, disent les auteurs du mémoire cité, à se ren- « dre compte du nombre de silex taillés qui sont sortis

1 WoRSA^, Nordishe Oldsager, 1859. Cet ouvrage est une œuvre fondamentale qui permet de saisir, en peu de temps, le caractère des mœurs et de la civilisation des populations de chacune des anciennes époques du Danemarck. 11 est parliculiérement utile pour l'étude des âges de la pierre polie, du bronze et du fer de l'Europe occidentale, où l'industrie de ces âges présente partout de nombreux traits de ressemblance.

2 Briart, Cornet et Houzeau, Rapport sur les découvertes faites à Spiennes en 1867 et Bull, de T Académie roy. de Belgique, 1868, 2'= série, t. XXV, p. 126.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 239

« de l'atelier de Spiennes, par la quantité de pierres « qu'on y a extraites et par l'abondance des éclats qui « recouvrent le sol, on arriverait à un chiffre de plu- " sieurs millions. îl n'y a rien d'étonnant à ce que la « plupart des hâches de pierre trouvées dans les Flan- " dres et dans l'Ardenne en proviennent ' . »

Les fragments de bois de cerfs y étaient aussi extrêmement nombreux et ont généralement servi de marteaux. La meule faisait l'office du bois et l'andouiller basai celui de manche. Ils ont sans doute été employés à la taille et, peut-être même, à l'exploitation du silex. Le reste du merrain aurait pu servir à faire des emmanchures comme celle qui est dessinée ûg. 34, ou bien il aurait été débité en lames comme celles dont les habitants des cités lacustres de la Suisse faisaient des dards et des harpons.

Après ces âges de la pierre, les données archéologiques deviennent bien rares dans notre province jusqu'à l'invasion romaine.

Un certain nombre de hâches et d'instruments les plus caractéristiques de l'âge du bronze y ont été trouvés et sont réunis au Musée de Namur.

Nous avons ainsi la preuve matérielle de l'existence, dans notre pays, de cette phase, de la civilisation de l'occident de l'Europe, qui serait due, paraît-il, à l'immense trafic auquel se livraient les Phéniciens ^.

L'âge flu bronze

1 Ibid., p. 27.

2 NiLSSON , Congrès international d'archéologie préhistorique en 1867, p. 238, et de Rougemont, les Sémites en Occident.

l'homme

Il y a quelques années, on fit, sur la rive droite cle la Meuse, vis-à-vis de Freyr, une découverte intéressante d'objets de l'âge du bronze. Ils ont été malheureusemenL perdus. Des ouvriers, travaillant au barrage de la Meuse, mirent en pièces un bloc de pierre, d'environ deux mètres cubes, qui gisait au bas de l'escarpement. Il recouvrait des couteaux, des faucilles, des bracelets en spirales. Un de ces ouvriers nous en fit récemment des croquis qui permirent de rapporter, avec certitude, ces objets à l'âge du bronze, et quand on lui montra le catalogue illustré de M. Worsase, il n'hésita pas à reconnnaître la ressemblance des pièces qu'il avait trouvées, avec les types les plus caractéristiques de cet âge du métal.

On rencontre souvent en France, paraît-il, de telles cachettes de l'âge du bronze.

L'âge du fer. Le fcr s'iutroduisit dans nos régions sous une toute autre influence que l'influence précédente. Il semble qu'il y eut alors une invasion de barbares. Nous sommes dans l'âge gaulois. Les épées de fer pliées et les beaux restes trouvés dans les tumulus de Louette-Saint- Pierre, près de Gedinne \ sont, avec des monnaies, les principaux restes qu'en possède le Musée provincial.

/ère historique. César viut cufin joludro ces régions à l'empire romain et, par ses Commentaires, ouvre l'ère historique de la Belgique.

1 Annales de la Société archéologique cle Naniur, t. IX, p. 39,

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

Une léffende populaire est commune à plusieurs La légende des

. Nutons.

cavernes de la région, qui sont appelées Trous des Nutons.

Les Nutons seraient des nains habiles à travailler les métaux. Ils habitaient les cavernes et ne sortaient que la nuit. Les habitants du voisinage venaient porter, à l'entrée de leurs retraites les outils qu'ils voulaient faire réparer et déposaient, pour salaire, des pains dont ^ ces nains mystérieux et serviables étaient particulièrement friands. Mais, un jour, les villageois auraient mêlé des cendres à la pâte ; les Nutons indignés se seraient empressés de quitter ces lieux et n'y auraient plus reparu.

Les nains changent de noms suivant les localités. Dans la province de Liège, on les appelle Sottais; dans le Luxembourg, Lutons; dans le Hainaut, Sarrasins. Le nom de Nutons leur est surtout réservé dans les environs de Dinant ^

La légende présente aussi des variantes. Ici, leur métier est de ferrer les chevaux, là de faire des paniers ou de préparer le linge. Mais partout ils n'habitent que des lieux sombres et isolés, et disparaissent dès qu'ils se sentent molestés.

On a été quelquefois porté à voir dans cette lé- O" peut

la considérer

gende un souvenir de nos troglodytes des âges de comme un souvenir

dô l'6X.iSt611CG

la pierre. Les Nutons n'auraient - ils pas été les de nos populations

des âges de la pierre.

1 On peut consulter sur les Nutons un article sérieusement étudié qui a paru dans les Annales de la Société Archéologique de Namur, t. IX, p. 121, 1865 et le Dictionnaire de la langue wallonne de M. C. Grandgagnage.

l'homme

derniers représentants de nos anciens habitants des cavernes ?

On peut remarquer d'abord que ces nains, travaillant les métaux et plus habiles dans ce travail que les villageois, sont bien différents, par leur industrie, des peuplades troglodytes qui ignoraient si complètement l'art de réduire les minerais et l'usage des métaux. Ce contraste est déjà de nature à rendre fort peu probable les rapports qu'on voudrait établir entre nos tribus de l'âge de la pierre et les héros de la légende.

Le caractère de cette tradition tendrait aussi à lui assigner une date assez rapprochée de nous. Elle est circonstanciée et échappe presque entièrement au merveilleux. On peut même dire qu'elle est plus cohérente que la chevaleresque légende des quatre tîls Aymon dont les exploits eurent pour théâtre la même région.

i/expioration Mais comme l'observation directe est toujours plus

•des cavernes n'a

pas fourni concluante que les déductions de cette sorte, nous

des restes indiquant i n n i • j i

que les allous rccherchcr les traces que recelaient les ca-

Trous des Nui ons , 911 i

ont été le séjour vemes explorées et qui indiqueraient qu elles ont telles que celles été habltécs par des hommes sachant travailler les métaux.

Les débris des âges postérieurs aux âges de la pierre y étaient accidentels.

Le trou des Nutons, le trou du Frontal et le trou Rosette, cavernes qui s'ouvrent sur l'escarpement de Furfooz, ont offert à leur surface quelques objets Gallo- Romains, médailles, objets en fer et en bronze, fragments de poterie sigillée, dont la présence s'explique

décrites par la légende.

facilement. Au sommet de l'escarpement, on voit encore les vestiges d'une forteresse romaine du commencement du Bas-empire.

On a aussi retrouvé, dans le trou des Nutons, des objets de l'époque Franque et cette même caverne servit enfin, en 1792 et en 1793, de fabrique de salpêtre, à cette époque où la Convention avait imposé aux communes la livraison d'une certaine quantité de cette substance nitreuse pour la fabrication de la poudre-àcanon. Au moment de l'exploration du souterrain, on voyait encore les traces de ce travail dont le souvenir était, du reste, conservé à Furfooz.

Les cavernes de Goyet fournirent quelques moules à balles de mousquet et des morceaux de plomb. La plus grande de ces cavernes, au dire des habitants du hameau, servit de refuge aux miliciens réfractaires sous le premier empire.

Enfin, dans les éboulis de la petite caverne de Pontà-Lesse, on trouva plusieurs squelettes humains. Ils n'étaient accompagnés d'aucun objet qui permit de fixer la date de leur inhumation. Mais cette absence même d'objets ferait croire à une inhumation très récente, puisque, durant toutes les époques antérieures, au moyen-âge, des armes et divers objets étaient généralement placés à côté du mort.

Ce sont les seules cavernes, parmi celles dont on a opéré l'exploration scientifique dans les environs de Dinant, qui aient offert des restes plus récents que les âges de la pierre. Plusieurs portaient cependant le nom de trou des Nutons et, comme on le voit, rien n'indique

l'homme

qu'elles aient servi de retraites à ces tribus de nains comme le voudrait la légende.

La légende Lgg légendcs , relatives à l'existence de nains ou

des nains existe

dans pygmées, ont existé dans beaucoup de pays et à toutes

beaucoup de pays ^ i -i

etmémedans les epoques. M. JNilsson^ donne de nombreux détails lAfiique austiaie. naius OU trols dont il est fait mention dans les

Sagas. On retrouve la même tradition en Allemagne, en Angleterre, en France et même en Italie. Partout le fond de la légende a une grande analogie ; des nains qui évitent de se montrer, établissent de bons rapports avec les habitants du pays et leur rendent des services en fabriquant ou réparant leurs ustensiles, soignant même leur ménage, moyennant un léger salaire. Mais ils sont d'humeur susceptible et ombrageuse. A la moindre vexation, ils se vengent, comme les êtres faibles, par un mauvais coup ou en privant de leurs services ceux qui en ont besoin. ■

Les pygmées et les satyres de la mythologie grecque reproduisent quelques traits de la même tradition. On en retrouve même des vestiges chez les sauvages de l'Afrique australe. Delegorgue fait mention, par ouï-dire, d'une race d'hommes désignés par les Amazoulous sous le nom de Kossobalas et dont la taille ne dépasse pas un mètre. Ils sont de couleur basanée, ont les cheveux noirs et touffus, la barbe épaisse et forte. On craint de leur nuire à cause de la facilité qu'ils auraient d'empoisonner toutes les fontaines de la contrée-.

' L'âge de la pierre en Scandinavie , loc. cit. 2 Loc. cit., t. II, p. 548.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

Mais, envisagée au point de vue de son extension et de son origine , l'étude de la légende des nains sortirait de notre sujet, puisque nos.cavernes, portant leur nom, n'ont point fourni d'indices qui donneraient aux Nutons une réalité matérielle, et c'est ce que nous devons ici nous borner à constater.

l'homme

Nous avons suivi l'homme clans notre province durant toute la longue période où son existence nous est révélée par les éclats du silex dont il se servit comme instruments usuels. Cette phase de l'évolution humaine prit tîn dans l'Europe occidentale, quand fut importé l'art de produire le bronze et que le métal remplaça la pierre.

La fin de l'âge de Ce fut un événement considérable dans le passé de la pieire. ^^^^ populatlous, ot il 8i été amené, d'après l'opinion de plus en plus répandue chez les archéologues, par le commerce des peuples du Levant et notamment des Phéniciens. Cela nous reporte vers le XPet le XIP siècles avant notre ère ' .

Telle serait la première date, encore très approximative, que nous donne l'histoire sur nos contrées. Quand Mais quand commença l'âge de la pierre?

coinmença-t-il ? » j.

Ses plus anciens Les cavernes nous montrent l'homme se développant

indices en Belgique. ii tiit a. l

sur les bords de la^Lesse, en même temps que le pays nourrissait VElephas primigenius et les autres espèces éteintes de l'époque quaternaire. Mais elles ne pouvaient nous en offrir de plus anciens vestiges, puisque ce fut durant cette époque que les vallées se creusèrent. Par conséquent, les cavernes furent seulement

' Lenormand, Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, t. III, p. G2.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE

alors mises en communication avec l'extérieur et susceptibles de servir de refuge à l'homme.

L'antiquité de notre espèce semble cependant bien plus reculée dans nos régions occidentales.

On a découvert à S* Prest, près de Chartres, des i^'i'omme puocène. silex taillés associés, dans un dépôt de pliocène, à des ossements diElephas me^^idionalis et de différents animaux de cette phase de la période tertiaire. Plusieurs de ces ossements semblent même porter la trace de la main de l'homme ' .

D'autres indices de l'existence contemporaine d'êtres humains ont été signalés dans le val d'Arno et en Suède.

Cette époque pliocène, quoique déjà bien éloignée de l'époque quaternaire, serait encore trop récente.

Au Congrès d'anthropologie et d'archéologie de i-'i'ominc miocène. Paris, en 1867, M. l'abbé Bourgeois, professeur au séminaire de Pontlevoy , annonça qu'il avait recueilli des silex taillés et divers autres vestiges de l'existence humaine à Thenay (Loire-et-Cher), dans des couches contenant les ossements les plus caractéristiques de la faune miocène, Dinotherium, Mastodon, Acerotherium, etc.

C'était une étonnante découverte ! Un être vivant d'un régime artificiel, qui se fabriquait des outils, qui utilisait même le feu, aurait existé au milieu de l'époque

1 Le remarquable supplément :PaZeonfo?0(72e humaine M. Hamy, à la seconde édition de V Ancienneté de Vhomme, de Lyell, expose en détail les découvei'tes relatives à l'homme tertiaire.

LHOMMB

tertiaire ! L'antiquité de l'homme, déjà tant reculée dans ces derniers temps, eût été du coup plus que doublée. Preuves apportées Uno tcllc asscrtiou s'écartait tellement de l'état de nos

à l'appui , T 1 T • • 1

de son existence, conuaissances et de la disposition des esprits que, malgré le rang distingué que son auteur occupe dans la science, l'annonce de cette découverte fut accueillie par une défiance générale.

M. l'abbé Bourgeois apportait cependant des arguments de nature à faire prendre au sérieux le fait qu'il avançait.

C'était des silex sur lesquels il signale l'action d'une main humaine. Plusieurs savants, qui ont acquis une autorité spéciale dans l'étude des œuvres lapidaires de nos populations quaternaires, furent de l'avis du savant observateur. D'autres rejetèrent cette opinion. L'Auteur a vu, en 1867, ces silex entre les mains de M. l'abbé Bourgeois lui-même, et il a dû y reconnaître, au moins pour quelques uns d'entre eux, une taille intentionnelle ^

C'était des ossements à'Halitherium , cétacé voisin des lamantins, qui avaient été recueillis par M. l'abbé

1 « Je suis de plus en plus convaincu de l'existence de l'homme à « l'époque tertiaire, m'écrivait récemment M. l'abbé Bourgeois. La « question du gisement n'est mise en doute par personne. Il ne s'agi- " rait que de prouver l'action de l'homme. Mon intention est' de " provoquer, pendant la durée du Congrès de Bruxelles, la nomination " d'une commission, composée d'hommes spéciaux, pour étudier cette " grave question. Je porterai à Bruxelles, les pièces les plus carac- «i téristiques. MM. de Vibraye et Delaunay produiraient celles qui «' font partie de leurs collections. M. de Mortillet pourrait aussi porter « celles du Musée de S^-Germain. «

Dans ces circonstances, la question ne pourrait plus rester longtemps en suspens.

PENDANT LES AGES DE LA PIERRE. 249

Delaunay et sur lesquels on voit des incisions difficilement explicables, comme il paraît, par une action accidentelle.

C'était enfin un " fragment pierreux, composé d'une « pâte artificielle assez dure, de couleur grisâtre, mé- « langée de charbon ' » . L'homme miocène aurait donc connu le feu et s'en serait servi.

L'authenticité du gisement de ces divers objets ne paraît pas contestable et n'est en effet pas contestée, de sorte que la discussion semble devoir seulement se produire sur la réalité d'un travail humain dans les pièces exhumées par M. Bourgeois et son collaborateur, M. Delaunay, et non sur l'antiquité de ces pièces.

La géologie n'est, au surplus, pas seule à vieillir l'hu- La linguistique

• , > 1 • r 1 T T • j.' assigne de son côté

manite dans une si forte mesure. La linguistique con- une très grande duit aux mêmes conclusions, par suite des rapports ^ i.espècé'^humaine. généalogiques qu'on est porté à reconnaître entre les langues.

« Si on admet l'unité du langage, dit le célèbre lin- « guiste Max Mûller-, on est forcé de donner à la race « humaine une antiquité prodigieusement reculée, puis- « qu'elle entraînerait la filiation entre toutes les lan- " gues. Considérons les langues aryennes. Le sanscrit « était, suivant toutes vraisemblances, parlé dans le « nord-ouest de l'Inde plusieurs siècles avant Salomon « et a cessé d'être parlé 300 ans avant J.-C. Sœur du

1 Hamy, Paléontologie humaine, loc. cit., p. 52.

2 Leçons sur la science du langage, 2« édit., traduit de l'anglais,

250 l'homme pendant les âges de la pierre.

latin, du grec, des langues teutoniques, membre du rameau aryen, ce rameau avait déjà une existence indépendante, il y a trois mille ans au moins. Et quand on songe que cet ensemble s'est séparé graduellement du rameau sémitique (langue hébraïque, phénicienne, arabe, etc.), que tous les deux ont eu une origine commune avec le grand groupe touranien (langue d'une partie des peuples mongoliques), dont le génie est si complètement différent ; qu'ensemble encore langues aryennes, sémitiques, touraniennes doivent descendre d'une langue simple dont le chinois nous conserve le modèle, à quand faut-il faire remonter l'époque de ce premier langage? »

Conséquences (jgux sourccs d'invcstigatious nous mènent donc

de ces données

po""" au même résultat, savoir : à reculer l'époque d'appari-

les recherches

ethnographiques tiou dc l'hommc à des temps dont l'ère historique pro-

en Belgique. . i • i

prement dite ne serait que la momdre partie.

Mais elles nous montrent, que nous ne pouvons avec vraisemblance considérer les populations quaternaires des cavernes comme les plus anciennes de notre pays et borner à l'exploration de ces abris la suite de nos recherches. Nos dépôts tertiaires sont à scruter dans ce but, et qui sait ce qu'il sera donné de découvrir, à ceux qui opéreront dans cette voie encore vierge d'investigations.

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