‹ Les tenailles. Point de lendemain. Les paroles restent. Illus. d'après les dessins de Maurice LalauChapitre 28 sur 84 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

IRENE, FERGAN

FERGAN. — Cet enfant, il est maintenant à vous seule... oui! Je vous l'abandonne. Faites-en ce que bon vous semblera... Vous avez dit vrai : je ne pourrais pas lui vouloir de mal. (Faiblissant.) Ce sera déjà bien assez que je m'apprenne à

Les Tennilles

IRENE. — Au FOND DU MALIIKIR, IL n'y A PLIS QLE DES ÉGAUX.

ne plus l'aimer. (Avec autorité.) Vous remmènerez... vous allez partir avec lui.

IRÎCNE. — Je ne partirai pas.

FERGAN. — Comment!.

IRÎXE. — Je ne consentirai pas à être jetée à la porte. Pour mon fils, je ne sacrifierai rien de sa situation rés;ulière, de la considération qui s'attache à sa naissance... légale.

FEiiGAN. — Je vous v Contraindrai donc.

IRÈNE. — Xon.

FERGAN. — Ce divorce qiie vous avez tant réclamé, c'est moi, à présent, qui le veux et qui le demande.

IRÈNE. — Je ne l'accepte plus. ]\Ia jeunesse est passée, mes espérances sont abolies, mon avenir de femme est mort. Je me refuse à changer le cours de ma vie, à bouger, à remuer. Je n'ai plus la volonté que de rester, jusqu'à la fin, où je suis, comme j'y suis.

FERGAN. — Vous voudricz que je vous supporte ?

IRÈNE. — Il le faudra bien. Vous n'avez contre moi rien d autre que mon aveu...

FERGAN. — Est-ce que vous le renieriez au besoin ?

IRÈNE. • — Oscricz-vous m'inviter à le renouveler publiquement 1

FERGAN, anéanti. — Alors qu'est-ce que vous voulez que je devienne ainsi, face à face avee vous, toujours, toujours? Quelle existence voulez-vous que je mène?

IRÈNE. — La pareille à celle que vous m'avez fait mener jusqu'à ce jour. Nous sommes rivés au même boulet. Mettez-vous enfin à en sentir le poids et à le tirer aussi. Il y a assez longtemps que je le traîne toute seule.

FERGAN. — Il n "y a pas de justice.

IRÈNE. — Il y a celle du malheur commun.

FERGAN. — Vous êtcs Une coupable et je suis un innocent.

IRÈNE. — Noas sommes deux malheureux. Au fond du malheur, il n'y a plus que des égaux.

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