SCENE II
sans se rendre utile... Voulez-vovis que je l'envoie chercher sur les bords de la Seine ?
LE DOCTEUR. — Bah I Je n'ai pas besoin de lui pour faire l'examen de la plaie. Mais pas dehors, pas à l'air, pas à la poussière. {Montrant Nohan.) Comment est-il parvenu ici ?
LiGUEiL. — Appuyé sur mon ordonnance, qui est un gars solide.
LE DOCTEUR. — Bon I Faites-le maintenant ramener dans la maison.
LIGUEIL, apinlant. — Bernard! {Celuici accourt. Nohan, qui s'est soulevé pénible?nent, se dirige lentement vers la maison avec l'aide de l'homme.) Pauvre ami! lui si fort, si jeune, il n'y a pas encore trois jours !
LE DOCTEUR, regardant Johan marcher et disparaître. — Mesurez bien vos forces... Allez doucement... (.4 Ligueil.) Il marche tout de même avec plus de fermeté que je ne l'aurais cru, après une pareille perte de sang.
Les Mêmes, LE DOCTEUR.
LIGUEIL. — Enfin, docteur, vous voici ! Le chirurgien ne vous a pas accompagné ?
LE DOCTEUR. — Il arrivera tout à l'heure. Il a tenu à faire immédiatement l'amputation dune jambe, dont on est venu lui parler au moment où je passais le prendre... Ah! il a aussi une fluxion... {Faisant une indication sur sa joue.) comme ça! Voilà six mois qu'il recule à se faire arracher un petit bout de racine. Il est sensible comme une . jeune miss. {A Nohan.) Eh bien ! comment allons-nous, ce matin ?
NOHAN. — Je VOUS attendais pour le savoir.
LE DOCTEUR, lui tâtant le pouls. — Vous avez moins de fièvre. {Regardant autour de lui.) On donc est notre jeune interne?
LIGUEIL. — Il a, paraît-il, découvert une canne à pêche. Et, comme c'est un garçon qui ne peut pas rester un instant